Votre panier est actuellement vide !
La SNCF teste les chasseurs de fraudeurs
"Il y a des fraudeurs qu'on ne pourra jamais décourager. Il y a ceux qui se… trompent une fois et ne recommenceront pas. Il y a enfin les fraudeurs d'opportunités, de calculs. Ceux-là représentent la plus grande partie des fraudeurs : entre 60 et 70 %. Ces fraudeurs calculateurs ont compris comment nous travaillons, ils connaissent nos atouts et nos faiblesses et ils savent que s'ils se font prendre un fois dans le mois, ce n'est pas grave car c'est encore financièrement intéressant pour eux. En revanche, s'ils se font prendre deux fois, ils ne rentrent plus dans leurs frais". De là est partie toute l'expérimentation aujourd'hui mise en place sur le réseau nord de l'Ile-deFrance pour tenter de prendre au piège les resquilleurs calculateurs.
"Nous avons décidé de casser les habitudes de ces fraudeurs pour casser leurs certitudes sur nos méthodes de travail", résume Michel Benjiriou Françoise, le responsable de la sûreté et de la lutte anti-fraude des lignes H, B et K. Parmi les nouveaux modes opératoires, celui qu'il appelle "le rasoir à 3 lames" se décline en trois phases : le premier jour, une gare est totalement bouclée. Même l'immense gare du Nord peut être concernée. "Dans ce cas, on bloque toutes les voies d'une ligne. La dernière fois, on a bloqué six voies pendant deux heures. Ce n'est pas une mince affaires. 100 agents étaient mobilisés! Ils ont dressé 550 verbalisations", raconte Michel Benjiriou Françoise. Une des dernières opérations réalisées en gare d'Ermont pendant trois heures s'est traduite par 600 verbalisations. Deuxième "lame" : le lendemain, la même gare est de nouveaux bouclée aux mêmes heures. Et, troisième lame, le surlendemain, des contrôleurs montent dans les trains desservant la gare et les suivantes. La multiplication des contrôles répétitifs et très visibles doit décourager ceux qui pensaient pouvoir passer entre les mailles du filet. Et les amener à se diriger vers les guichets. Ainsi, en gare d'Aulnay début décembre, les recettes au guichet ont fait un bond pouvant aller jusqu'à 90 % les jours de l'opération 3 lames.
Second type d'opération, celle baptisée "le cabotage": des équipes contrôlent les billets des voyageurs dans une gare puis au bout d'une petite heure passent dans la gare suivante, puis dans la gare suivante… "Ce qui permet d'être très visible dans un délai court", souligne encore le responsable anti-fraude.
Toujours dans le même esprit, un équipe "Optim" (pour équipe opérationnelle de tranquillité intermétier) a été mise sur pied sur la ligne H. La SNCF est en train de la tester. Elle devrait en déployer une autre sur la ligne B, puis sur la D à partir de l'année prochaine.
Cette équipe, composée de 5 contrôleurs et de 5 agents de la Surveillance générale, se déplacent sur des gares identifiées comme concentrant une forte proportion de resquilleurs. "Grâce à leur Iphone, ces agents sont tout le temps connectés aux applications d'alerte de présence de contrôleurs. Dès qu'ils se savent repérés, ils bougent. Nous essayons de casser la fiabilité de ces outils pour qu'ils ne soient plus des outils d'aide à la fraude", poursuit Michel Benjiriou Françoise. Avantage de cette équipe constituée sur la base du volontariat : mobile et autonome, elle peut à tout moment assurer une toute autre mission comme l'assistance aux voyageurs en cas de perturbation ou en cas d'agression.
Reste une sérieuse limite à ce dispositif : une fois pris en flagrant délit, comment obtenir l'identité et l'adresse (réels) des contrevenants? De ce côté là, tout un travail est actuellement mené avec le gouvernement, notamment le Trésor public, pour améliorer la procédure du recouvrement. On parle aussi de renforcer les peines en cas de déclaration de fausse adresse. Le 16 décembre, le gouvernement qui réunit le comité national de sécurité ferroviaire devrait annoncer des mesures de nature à renforcer l'efficacité des santions à l'encontre des fraudeurs dans les transports publics.
Laisser un commentaire