RATP. Une vingtaine de projets immobiliers à Paris

Les travaux des Ateliers Jourdan-Corentin-Issoire ont été lancés le 19 février dans le 14ème arrondissement parisien. Sur cette parcelle …

de 2 hectares, l’ancien équipement industriel de la RATP va être agrandi et modernisé. Le nouveau centre de bus réaménagé avec 50 places de remisage supplémentaires permettra d’accueillir 195 véhicules. Et, dessus du centre, 650 logements vont être construits. Le tout réalisé par trois agences d’architecture. C’est la première illustration du protocole d’accord signé à la fin de l’année dernière entre la RATP et la Ville en vue de construire 2000 logements à Paris dans les cinq ans.

Ce programme est aussi un bon exemple de la politique de valorisation immobilière menée depuis vingt ans par la RATP pour moderniser ses sites industriels et valoriser le tissu urbain. Une politique infléchie dans les années 2000 pour mieux profiter de la manne immobilière.

Principe fondateur : le transporteur a tout intérêt à rester en plein cœur de la ville. « Délocaliser coûterait cher car il faudrait ensuite payer nos salariés pour qu’ils conduisent les trains ou les bus plus loin, puis pour qu’ils les ramènent le matin pour la prise de service. C’est vrai pour nos ateliers ferrés comme pour nos dépôts de bus», explique Rémi Feredj, le directeur du département de la valorisation immobilière, des achats et de la logistique à la RATP. « Il nous faut limiter les circulations de nos bus à vide. Pour cela, nous disposons de deux leviers. D’une part nous sacralisons nos emprises industrielles en centre-ville : nous n’en vendons aucune. D’autre part, nous les développons quand c’est possible ».

Les opérations immobilières lancées consistent en général à « enterrer » les bus et à construire au-dessus des anciens sites. Le plus souvent des logements, parfois des bureaux comme cela a été le cas dans la rue des Pyrénées à la demande de la mairie qui souhaitait un rééquilibrage de l’emploi dans l’est parisien. « Nous menons avant tout une politique industrielle, et non pas une politique de logements. Je réponds à la demande de mes collègues qui me demandent plus de place pour les bus », poursuit Rémi Feredj.

Il faut savoir que plus de 4400 bus de la RATP circulent en Ile-de-France, dont 2200 à Paris. 1000 d’entre eux restent la nuit dans la capitale, dans des dépôts. La RATP tente d’en rapatrier davantage au sein de la capitale pour faire baisser ses coûts (pas de frais de carburant, moins d’usure des roues et de temps de conduite à vide) et garantir une meilleure exploitation puisqu’un bus localisé à Paris peut démarrer immédiatement son service, sans craindre les embouteillages et les retards qui s’ensuivent.

Autre avantage de cette politique, les réalisations immobilières permettent de payer les modernisations des sites. Du moins à Paris où le prix du foncier est élevé. En banlieue, où il y a plus de place (et où 2000 logements sont également prévus dans les 5 ans à venir) l’équation économique n’est pas la même.

Pour mener sa politique, la RATP s’appuie sur ses filiales Logis-Transports, qui gère les logements, et SEDP (aménageur). Au total, entre 1994 et 2014, près de 4000 logements dont 2000 logements sociaux ont été créés en Ile-de-France. A Paris, on en recense 2200, dont 1300 logements sociaux. Logis-Transports propose près de la moitié des logements sociaux aux salariés de la RATP, en particulier aux machinistes et agents de station, assujettis à des horaires très matinaux.

Plus d’une vingtaine d’opérations immobilières sont ainsi prévues les prochaines années à Paris, dont le Centre bus Lagny, près de la Nation, deux dans le 15ème (rue Desnouettes et à Croix Nivert). Huit sites en tout  seront réaménagés dans le cadre du protocole logement signé entre la Ville de Paris et la RATP, dont les Ateliers Jourdan-Crentin-Issoire et l’Atelier Vaugirard. Une quinzaine de « micro-projets » (comportant de 15 à 20 de logements chacun seront lancés cette année

Quant au Grand Paris, l’intervention de la RATP dans ce domaine est limitée : dans le cadre du prolongement de la ligne 14 jusqu’aux Docks de Saint-Ouen, la RATP a un projet de 100 logements privés et 510m2 de commerces au-dessus de la station mairie de Saint Ouen et de 1200 autres, dont 130 logements sociaux, à construire au-dessus de ses ateliers, un peu plus loin. «Nous sommes aussi en train de travailler avec la ville de Villejuif sur l’interconnexion entre le tram et la ligne 15. 150 à 200 logements seront réalisés », précise encore Rémi Feredj. Pour le reste — le développement urbain autour des gares du Grand Paris — , c’est la SGP qui a la main.

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