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Alain Bocquet dénonce les « méfaits » de la loi Macron
Très remonté contre la loi Macron, Alain Bocquet, député communiste du Nord, s’indigne d’un texte qui « parmi d’autres méfaits…
consacre l’ouverture de l’offre de transport par autocar au détriment du transport ferré et donc de l’industrie ferroviaire ». La filière ferroviaire souffre déjà considérablement : « 8 à 10000 emplois sur les quelque 30000 que fédère aujourd’hui l’industrie ferroviaire sont considérés comme aujourd’hui menacés », rappelle-t-il, reprenant les chiffres de la Fédération des industries ferroviaires. Alain Bocquet, qui a présidé en 2011 une commission d’enquête parlementaire sur la filière ferroviaire, avait déjà alerté sur les difficultés de cette industrie. Cela ne s’est pas arrangé depuis. Et le 17 mars, entouré de syndicalistes de la CGT venus apporter leur témoignage de tous les grand sites ferroviaires, le député a dénoncé dans une conférence de presse la politique industrielle du pouvoir. Ou plutôt son « absence de politique industrielle ».
Sans surprise, Belfort est particulièrement menacé, puisque le site est spécialisé dans les motrices de TGV et les locomotives fret. « On attend le TGV du futur mais on n’y croit plus tellement » dit un syndicaliste de Belfort pour qui le nouveau train, s’il voit le jour, « ne sera certainement pas développé chez nous ». De fait, les motrices de TGV s’apparentent aux locomotives, faites à Belfort. Mais la motorisation répartie, solution a priori retenue pour les futures rames, est développée par Alstom dans d’autres sites. Comme, de plus, la commande de locomotives fret n’est pas d’actualité, le ferroviaire à Belfort n’aurait d’avenir que dans la maintenance. Ce qui veut dire, déplore le syndicaliste, qu’on va « piquer le travail à la SNCF ».
Les commandes dernièrement passées par le Stif et la RATP de MP 14 et de MI09 donnent du travail à Valenciennes (Alstom) jusqu’en 2017. Le Transilien, le Regio 2N, ainsi d’ailleurs que le MI09, permettent à Crespin (Bombardier) de tenir jusqu’en 2017 aussi. Mais après ? Crespin resterait toujours extrêmement menacé. Selon un syndicaliste, les effectifs des bureaux d’étude de Bombardier auraient fondu des deux tiers en un an. Ce qui est conforme, dit un observateur, à ce qu’annoncent les industriels : on commence par fermer les bureaux d’étude quand l’avenir est bouché. Puis, une fois soldées les commandes en cours, on arrête la production.
Les craintes sont vives pour la « matière grise » : les entreprises fautes de perspective recrutent peu. Et les jeunes ingénieurs embauchés, pour les mêmes raisons, ne restent pas toujours en place. Les syndicalistes de la CGT alertent sur la grave perte de savoir-faire qu’encourt la troisième filière ferroviaire mondiale. Cette analyse est partagée par la Fédération des industries ferroviaires ou de Syntec Ingénierie. Tous y voient un paradoxe, à l’heure où le monde entier a un besoin criant de la technique ferroviaire dans laquelle les Français ont un savoir faire reconnu.
Du fait de la gravité de la situation, Alain Bocquet va interpeller les présidents de régions pour que l’investissement ferroviaire régional ne soit pas sacrifié. Il compte aussi saisir le Premier ministre et se scandalise de « l’absence des transports » dans la préparation de la grande conférence sur le climat Cop 21, comme dans la loi sur la transition énergétique.
FD
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