Bataille de chiffres autour du Lyon – Turin

Le tunnel ferroviaire Lyon – Turin devrait recevoir 813,8 millions d’euros de subvention de l’Europe, dans le cadre du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), a décidé fin juin la Commission européenne. 813,8 millions, cela représente 41 % du coût total selon le promoteur du tunnel. Une présentation qui a aussitôt fait réagir les opposants, évoquant « un nouveau mensonge ». Selon eux, « il manque plus de 400 millions et la subvention envisagée par la Commission européenne, sans que le Parlement ne soit consulté, correspond à 26,57 % du budget présenté par Lyon Turin Ferroviaire ». D’où leurs conclusions : « Aucune des annonces de Lyon Turin Ferroviaire ne se réalise. »

Pour un porte-parole de Telt (Tunnel euralpin Lyon Turin), le promoteur du projet, Bruxelles devrait verser l’argent en deux temps. C’est une nouveauté par rapport à ce qui était attendu. La raison ? « L’Europe veut contrôler que l’argent est effectivement consommé. »

La Commission a donc décidé de verser des subventions sur une période courant jusqu’en 2019, avec une révision cette année-là. En 2020, les 400 millions d’euros manquants pourraient être versés en fonction de l’avancement du chantier. « Ce n’est pas propre au Lyon – Turin. La plupart des projets ont été recalibrés sur 2014-2019 avec un rattrapage en 2020, explique le porte-parole. Ce qui permettra d’aboutir aux 1,2 milliard d’euros demandés à l’Europe. »

« La contribution européenne couvrira la part principale des travaux, complétée par les financements de la France et de l’Italie, à hauteur de 25 % et de 35 % », explique de son côté Jean-Jack Queyranne, le président du conseil régional de Rhône-Alpes dans un communiqué.

« Nous nous sommes engagés pour mener toutes les activités nécessaires, lancer les marchés et mettre en œuvre les travaux principaux d’ici à 2017 », rappelle de son côté, Mario Virano, le directeur général de Telt.

Au total, pour réaliser la section transfrontalière entre la France et l’Italie, dont le coût est estimé à 8,5 milliards (et dont la réalisation est attendue autour de 2030), l’Europe pourrait apporter 3,5 milliards d’euros selon les promoteurs du projet.

Le Lyon – Turin n’est qu’un des 276 projets retenus fin juin par la Commission européenne dans le cadre du MIE. 700 dossiers lui ont été soumis depuis les premiers appels à propositions au titre du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) en septembre 2014. Les choix se sont principalement portés « sur le réseau central du RTE-T [réseau transeuropéen de transport] », a expliqué l’institution européenne qui propose de les subventionner à hauteur de 13,1 milliards d’euros pour la période 2016-2020. Plus d’1,7 milliard d’euros doivent revenir à des projets français. Ce qui fait de notre pays « le premier bénéficiaire », s’est aussitôt réjoui Matignon.

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