Votre panier est actuellement vide !
Les incohérences du Navigo à tarif unique
Alors que l’exécutif régional communique sur la baisse de la dépense mensuelle des Franciliens pouvant aller jusqu’à 39,60 euros pour un passe zones 1-5, la Fnaut a recensé certaines incohérences du passage au tarif unique. D’abord parce que les abonnés ne sont pas tous gagnants financièrement. Il y a naturellement les hausses successives qui ont été anticipées jusqu’à passer à 70 euros au 1er janvier pour la zone 1-2, soit + 34 % en cinq ans. « Cela continue pour les 285 000 abonnés annuels : +10 % en un an », ajoute-on à la Fédération nationale des usagers des transports.
C’est une hausse qui est passée plus inaperçue étant donné que l’abonnement annuel est prélevé mensuellement, mais le total correspond à 11 mois d’abonnement, contre 10,5 auparavant. « Les abonnements deux zones, heureusement conservés en banlieue, subissent aussi des hausses importantes avec + 8,2 % en un an pour le Navigo annuel zones 4-5 et +26,6 % depuis 2010 », a encore calculé la Fnaut.
Et que dire des utilisateurs non abonnés, qui se retrouvent parfois avec une tarification incohérente car la réforme accroît les écarts de tarifs par trajet ? « De façon incompréhensible, le ticket zonal journalier “Mobilis” n’est pas dézoné. Désormais, un aller-retour banlieue – Paris peut donc coûter plus cher qu’un Navigo hebdomadaire toutes zones. » Une aberration qui n’a sans doute pas été prise en compte au moment de l’élaboration du tarif unique de 70 euros. Mais qui s’ajoute à l’objection principale des opposants à cette mesure, présentée par la région et le Stif comme de « justice sociale ».
En effet, le manque à gagner pour le budget transport étant au bas mot de 400 millions d’euros et peut-être plus proche des 500 millions, des projets risquent de manquer de financement.
220 millions sont apportés par la hausse du VT, mais dès 2016, le financement du tarif unique « est flou », poursuit la Fnaut. Selon laquelle il manquera « environ 250 millions d’euros par an dès 2016 ». Sachant que Claude Bartolone plébiscite la mesure et que même la candidate Les Républicains, Valérie Pécresse, a toujours dit qu’elle ne comptait pas revenir dessus, bien qu’elle y soit opposée. D’où la conclusion sans appel de l’association d’usagers en Ile-de-France : la mesure « peut certes faire plaisir à des usagers en grande couronne », mais « s’apparente à un alignement de la qualité de service vers le bas au nom d’un tarif réduit. Le contraire aurait été nettement préférable ».
Laisser un commentaire