Après l’attentat du 21 août, Thalys reconnaît des « points de fragilité »

« Mieux former ses agents à la détection d’attitudes anormales et à la gestion des risques de panique dans des situations de crise extrême et de danger. » Sans faire son mea culpa, mais sans non plus chercher à se disculper, c’est à quoi s’est engagé Thalys le 18 septembre, en conclusion à la publication de son rapport d’enquête sur l’attaque d’un tireur qui, on s’en souvient, a fait deux blessés à bord du train 9364 Amsterdam – Paris, le 21 août.

Rendre publique, « à chaud, dans des délais aussi courts que possible », cette analyse interne à l’entreprise, c’est l’engagement d’« objectivité » et de « transparence » que l’opérateur avait pris, face à une demande de sûreté accrue de l’opinion dans les transports ferroviaires. Il s’agissait aussi de répondre à la polémique lancée notamment par Jean-Hugues Anglade. L’acteur avait accusé les personnels d’avoir fui en laissant les voyageurs sans protection.

Thalys va également renforcer la formation de ses conducteurs « aux itinéraires de contournement sur lignes classiques », et « élaborer des scénarios de détournement et d’évacuation ». Le train avait d’ailleurs dû se diriger sur Arras. L’opérateur s’engage à « améliorer ses systèmes de communication entre les personnels de bord et le conducteur pour les situations de crise ». Il annonce un « renforcement de la formation du personnel Thalys non roulant pour assister les clients ». Et enfin « l’affichage des numéros d’appel de signalement des situations anormales à bord en fonction du pays où ils se trouvent ».

Toutes dispositions qui n’existaient pas, ou n’étaient pas suffisamment en place. Et qui constituaient, reconnaît Thalys, « des points de fragilité ». Même si l’opérateur le rappelle : ses « agents ne sont ni habilités, ni formés, ni équipés pour mener des opérations de police ».

En préambule de ce rapport, Agnès Ogier, la directrice générale de Thalys, souligne un « événement sans aucun précédent ». Elle prend soin de manifester son empathie à tous ceux qui ont vécu, voyageurs et personnels. Assurant sans distinction de la « considération » et du « respect » de l’entreprise à la fois « certains qui se sont comportés en héros en prenant des risques pour sauver la vie des autres » ; ceux qui « ont tenté de se protéger et de protéger les autres » (comme le contrôleur et les deux membres du personnel de restauration et les trois clients qui se sentant directement menacés et paniqués se sont refugiés dans le fourgon) ; mais aussi à ceux qui « n’ont compris qu’ensuite ce qui venait de se passer ».

Le rapport de 27 pages met fin aux investigations de Thalys. Laissant désormais l’affaire « exclusivement aux mains de la justice ».

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