Nouveaux contrats Stif : 20 milliards de fonctionnement, 12,3 milliards d’investissement

Aux termes de neuf longs mois de négociations, le Stif et les opérateurs franciliens sont arrivés à un accord pour les prochains contrats de services qui seront signés pour cinq ans côté RATP, et quatre ans avec la SNCF Transilien « Toujours plus », semble avoir été le maître mot des discussions qui aboutissent à « une vision partagée de l’évolution des transports franciliens », a dit Jean-Paul Huchon, président du Stif et de la région, qui a bien rappelé son souhait de « les faire aboutir avant la fin de la mandature ». Tout en gardant à celle ou celui qui lui succédera à la présidence du conseil régional et du Stif la possibilité d’une révision grâce à une clause de revoyure, « clairement inscrite ». Mais ce que prévoit l’équipe sortante, c’est plus d’investissements (+20 %), plus d’offre, plus de présence humaine, plus de ponctualité, plus d’information voyageurs en temps réel…

Les deux contrats représentent un engagement de près de 20 milliards d’euros fait valoir le Stif. Ils permettront encore aux opérateurs d’investir, en plus, quelque 12,3 milliards dans le matériel roulant, les gares et les stations. « Oui bien sûr les négociations ont été difficiles, c’est normal, mais c’est un bon accord », a commenté le président du Stif, qualifiant cette quatrième génération de contrats d’« encore plus exigeante et encore plus partenariale ». La RATP s’engage sur 8,5 milliards d’investissements (contre 6,5 au précédent contrat) et ce en dépit des nouvelles règles voulues par Bercy, à savoir qu’elle devra désormais, comme tout Epic, s’acquitter de l’impôt sur les sociétés – mais recevra en échange le CICE, a rappelé sa présidente Elisabeth Borne.

Son offre continuera à augmenter, en particulier dans les bus et la nuit. La nouvelle patronne de la RATP a bien souligné « la volonté particulièrement importante de poursuivre le renfort d’offre, avec une enveloppe de 125 millions d’euros ». La RATP a déjà prévu d’embaucher 160 machinistes supplémentaires, destinés à renforcer la conduite sur les 40 lignes de bus identifiées comme les plus problématiques. 200 agents d’accompagnement et de sécurité dans les équipes du GPSR seront également recrutés. Enfin, les mécanismes incitatifs ont été revus, notamment en ce qui concerne la ponctualité des RER A et B, dont le bonus sera désormais calculé chaque mois (au lieu d’être annualisé) et qui tiendra compte d’un distinguo entre heures de pointe et heures creuses. Pour le reste le contrat avec la RATP s’inscrit dans la continuité du précédent. Qualifié d’essentiel pour les 43 000 agents, « il constitue une feuille de route au quotidien », a encore commenté Elisabeth Borne. Via un contrat « exigeant, ambitieux et motivant car il nous oblige à nous dépasser ».

De son côté Transilien renforcera également ses équipes. Sont prévus 290 agents supplémentaires, dont 40 pour la Suge, 50 agents de médiation et 200 pour les équipes mobiles. Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF, a tout de suite annoncé que le contrat avait déjà, le 24 septembre au matin, passé l’épreuve du conseil d’administration, « avec une seule voix contre, celle de Sud Rail ». Côté investissements, 3,8 milliards sont prévus, dont 1,2 milliard pour le transporteur (+ 20 %). Ce qui représente notamment 40 rames neuves chaque année, a précisé Guillaume Pepy.

Par ailleurs, la SNCF avait fait valoir que les objectifs fixés étaient parfois inatteignables et finalement obtenu du Stif que le système de bonus-malus soit modifié. Au lieu d’être global, il est mesuré ligne par ligne. De plus, même si un malus est maintenu quand les objectifs ne sont pas atteints, les éventuelles améliorations sont désormais prises en compte, dans une logique de progression, afin de ne pas démotiver les troupes travaillant sur les lignes où la régularité est chroniquement défaillante… « Le système de bonus-malus devient vraiment incitatif et pèse davantage financièrement », a souligné le président.

La SNCF s’engage aussi à une meilleure information voyageurs : les écrans Infogare seront unifiés. Avec ces contrats, Jean-Paul Huchon l’assure : « Le temps est fini où l’on passait son temps à dire “c’est de la faute du Stif, c’est de la faute de la SNCF, ou c’est de la faute de la RATP. » »
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