Ségolène Royal veut des portiques partout

Comme l’avait demandé Ségolène Royal, la SNCF devait mettre en service le 20 décembre des portiques et scanners à rayons X pour sécuriser en gare de Paris-Nord et de Lille-Europe les accès aux Thalys qui desservent notamment la Belgique et les Pays-Bas. Quatre jours auparavant, la ministre de l’Ecologie est venue tester les sept portiques mis en place en gare de Paris-Nord.

Elle en a profité pour rappeler qu’elle souhaite étendre ces dispositifs de sécurité « sur tout le territoire ». « Si le dispositif fonctionne bien », il pourra être déployé sur tous les TGV et même sur les TER « si les régions le souhaitent », a indiqué Ségolène Royal. La ministre considère aussi que ses homologues belges, hollandais ou allemands « doivent s’y mettre ».

Interrogée sur le coût du dispositif, la ministre a estimé que « la sécurité n’a pas de prix ». En attendant, c'est la SNCF (qui gère Thalys aux côtés des chemins de fer belges et allemands) qui doit mettre la main à la poche. Elle a passé un contrat d’exploitation d’un an avec l’entreprise française HTDS qui lui fournit déjà les portiques de sécurité d’Eurostar. Il lui en coûtera 2,5 millions d’euros par quai occupé, une somme qui comprend à la fois la location des portiques [récupérés après leur utilisation dans le cadre de la COP21, comme nous l’annoncions dans La Lettre confidentielle n°95] et le recours aux agents chargés de les faire fonctionner. Au total, ce dispositif de sécurité devrait représenter quelque 7 millions d’euros annuels et nécessiter une centaine d’agents. Mais nul ne sait encore qui paiera la facture finale. Les usagers via des augmentations tarifaires ou via une taxe sûreté envisagée lors des débats sur la loi de sûreté dans les transports publics ? Une facture salée pour un résultat plus symbolique qu’efficace et d’ailleurs sévèrement critiqué par la principale association d’usagers. Si, pour Ségolène Royal, les procédures de contrôle ne ralentiront pas trop les voyageurs qui devront « arriver 20 minutes avant le départ du train », la Fnaut juge la méthode « irréaliste » et estime que cela pourrait retirer de la pertinence aux transports publics. Selon elle, « le filtrage des voyageurs ne peut intervenir que de manière inopinée et pour l’accès aux trains grandes lignes ». Pour lutter contre l’insécurité et contre la fraude, la Fnaut préconise « un élargissement de la présence humaine, de la surveillance et des contrôles, et un élargissement des prérogatives des contrôleurs et agents de sécurité des transporteurs ».

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