Echanges tendus entre le Centre-Val de Loire et l’Etat sur les Intercités

« Si on caricature, l’Etat propose à la région de reprendre les liaisons les plus déficitaires. Et pour les lignes moins déficitaires, il y aura un resserrement du service », résume Philippe Fournié le vice-président (PS) chargé des Transports en Centre-Val de Loire. « Ainsi, sur les sept lignes TET qui traversent la région, si la ligne Polt est maintenue puisque considérée comme une ligne structurante, l’Etat y envisage un service resserré avec la suppression de plusieurs arrêts. » Le même scénario est évoqué pour Paris – Orléans – Tours où ne serait maintenue sous le statut TET que la partie Paris – Bourges, Bourges – Montluçon étant desservi en direct en TER. « Mais nous n’avons pas d’intérêt à avoir une liaison directe. De plus, le coût d’exploitation du TER serait particulièrement plus élevé puisque le TET actuel disparaîtrait », indique l’élu.

Selon lui, « ces propositions ne sont pas acceptables. Les échanges ont été tendus ». La ligne est claire : « Nous sommes contre la reprise par la région. Nous estimons que certaines lignes doivent être maintenues en tant que lignes structurantes. Plusieurs exemples sont symboliques. La liaison Paris – Nevers par exemple est une ligne importante pour les villes de Montargis, Gien… Elle dessert un bassin de vie qui est en train de se développer non loin de Paris. Aujourd’hui, on nous propose de combiner différents services – TER, Transilien ou cars – pour assurer la desserte. Pour nous, cela n’est pas possible », explique-t-il. « Sur la liaison Tours – Le Mans – Caen, poursuit-il, on nous propose des cars. Or l’équilibre économique de ces cars n’est pas avéré. On le voit bien en Allemagne. De plus, le service n’est pas comparable avec le ferroviaire. Enfin, cela va à l’encontre des engagements pris dans le cadre de la COP21 ».

Dans un vœu voté à l’unanimité lors de la dernière session, la région a demandé « un engagement fort de l’Etat et de la SNCF sur le maintien des lignes existantes sous statut TET ainsi que le renouvellement rapide du matériel roulant, rappelle Philippe Fournié. Nous demandons aussi l’augmentation des dessertes et des correspondances nationales qui doivent être optimisées et l’ouverture d’un véritable dialogue sur l’avenir des TET qui prenne en compte les régions à hauteur des investissements qu’elles réalisent sur le ferroviaire. »

Mobilisée autant « sur le fond que sur la forme », la région réclame des « lignes structurantes ». Une nécessité, selon elle, pour avoir les mêmes chances de développement que les grandes métropoles voisines « quasiment toutes reliées à la grande vitesse ».
 

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