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Paris et Cisco connectent la place de la Nation pour mieux la réaménager
En 2013, Cisco avait fait le buzz en expérimentant un boulevard connecté à Nice. Le géant américain des équipements de réseau en a tiré plusieurs enseignements et propose sa V2 du monitoring de la ville à Paris qui depuis le 28 juin dispose de 50 capteurs place de la Nation. Tout comme sur la côte d’Azur, il s’agit d’une expérimentation d’un an, financée par Cisco. « Le Boulevard Victor-Hugo à Nice nous a permis de tirer des enseignements technologiques, organisationnels et de modèle économique, détaille Jean-François Balcon, chargé du développement Smart Cities et responsable du marché des collectivités locales chez Cisco France. Ainsi, nous sommes convaincus de la nécessité d’organiser un réseau multiservice et multitechnologie – fibre, Wi-Fi, Lora, le réseau radio bas débit large bande qui permet de transmettre les données des capteurs et est très prometteur dans l’IOT [Internet of Things, NDLR] – pour pouvoir déployer facilement les applications métiers dans la ville. » Dans une ville où environ 65 % des services sont délégués, les contraintes sont nombreuses et faire dialoguer entre eux des métiers différents (stationnement, éclairage, déchets, etc.) sur une seule architecture de communication n’apparaît pas comme la meilleure des solutions techniques.
Pour mémoire, à Nice, 200 capteurs avaient été installés en haut des candélabres, dans la chaussée ou encore sur les containers pour collecter en temps réel les données de circulation, d’éclairage public, de qualité de l’air, dans le but d’optimiser la gestion de la ville et de proposer de nouveaux services (comme le stationnement intelligent). Cisco regroupe les données sur une plateforme technologique dans le double dessein de mieux les maîtriser et de les rendre publiques afin de favoriser l’innovation des start-up. « A Nice, différents chantiers techniques de validation ont été lancés et la ville lance maintenant des consultations sur des périmètres pas très éloignés du boulevard connecté d’il y a trois ans. Les appels d’offres se font néanmoins brique par brique », poursuit-il.
De son côté, Cisco estime avoir bien progressé dans sa compréhension des enjeux de la métropole durable et donc des besoins des collectivités locales, notamment grâce à ce test grandeur réel. De plus, l’IOT a beaucoup évolué ces dernières années. C’est donc tout naturellement que l’entreprise californienne a répondu présente à l’appel de la municipalité parisienne dans le cadre du projet « Réinventons nos places » de réaménagement de sept grandes places parisiennes. Celle de la Nation présente de nombreux défis et l’installation d’une cinquantaine de capteurs et d’une vingtaine de caméras « permet d’y mesurer finement un grand nombre d’usages liés aux déplacements, la qualité de l’air ou le niveau de bruit. L’ensemble des informations récoltées permettent une meilleure compréhension de l’espace public, de son utilisation par les Parisiens, des endroits inutilisés, des lieux de regroupement, des lieux de passages. Tout cela sera pris en compte afin de répondre au mieux aux enjeux », espère-t-on à la Ville de Paris. Les données des capteurs sont par ailleurs restituées sur deux bornes tactiles que les Parisiens peuvent consulter et mises en ligne sur opendata.paris.fr.
Naturellement, l’idée générale est de redonner de l’espace aux modes doux sur cette place qui comptabilise jusqu’à huit voies de circulation routière et où convergent dix artères. « Autant nous disposons déjà de nombreuses informations sur les automobiles et les transports en commun via les caméras, boucles de comptage, voitures connectées et données du ticketing, autant nous avons besoin de mieux comprendre le fonctionnement des flux de piétons et de cyclistes, poursuit Jean-François Balcon. Car on cherche à évaluer comment les habitants se réapproprieront les lieux lorsque l’automobile sera moins présente. »
« C’est de l’urbanisme tactique », a précisé Jean-Louis Missika, adjoint à l’Urbanisme à la mairie de Paris, fin juin. « Cela nous permet de tester des solutions, de jouer avec des hypothèses de réaménagement pour savoir quelles seront les conséquences pour les automobilistes, les piétons, les cyclistes, les riverains. » Cisco mesurera donc la mobilité douce et prévoit de répondre à plusieurs questions : combien de personnes viennent sur la place ? Dans quels sens se dirigent-elles ? Viennent-elles seules ou en groupe ? A pied, à vélo, en skateboard ? Combien de temps y restent-elles ? Quel est le niveau de bruit et son impact sur la fréquentation de la place ?
La firme utilisera notamment les données transmises par les smartphones et autres tablettes des visiteurs de la place – sachant qu’un Français possède en moyenne trois objets connectés et qu’il devrait en avoir sept en 2020 ! – , pour peu que l’option Wi-Fi soit activée. Un peu à la manière des traces GSM, les identifiants des terminaux recueillis par ondes Wi-Fi permettent en effet de réaliser des cartographies de data, cartes de chaleur notamment. L’idée étant ensuite de mieux positionner les bancs, de décider s’il faut baisser l’intensité lumineuse des candélabres, de trouver comment rendre le jardin public plus attractif, etc.
Cisco France s’est par ailleurs associée à des start-up, comme Placemeter, « qui utilise les images des caméras Cisco pour, après floutage, compter les piétons et les cyclistes, dénombrer les mouvements et établir une cartographie des directions empruntées ». Les traces de connexion Wi-Fi sont quant à elles analysées par CMX (Cisco Connected Mobile Experience) ; tandis que Breezometer analysera la qualité de l’air…
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