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Véhicule autonome : Paris emballé, la RATP plus mesurée
Demain, les bus autonomes, après-demain la voiture autonome pour tous. Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris chargé de l’Urbanisme, s’enthousiasme et parle d’une « révolution copernicienne » Demain, poursuit-il, la question des parkings ne se posera plus, puisque les véhicules autonomes n’ont pas besoin de se garer. L’objet qui motive son enthousiasme est cependant modeste. Le véhicule autonome d’EasyMile, expérimenté par la RATP, sur la berge de la Seine, rive droite, au pied du Pont-Neuf, sur un parcours de 130 mètres, à 20 km/h. Le véhicule peut emporter 12 personnes, accompagnateur compris. Moins en fait quand on est sur la voie publique. Car, au-delà de neuf personnes, il faut être considéré comme véhicule de transport public, ce qui impose de satisfaire à des conditions extrêmement rigoureuses.
A la fin de l’année, une autre démonstration verra le jour entre la gare de Paris-Lyon et la celle d’Austerlitz. Pas sur tout le trajet, les carrefours sont aujourd’hui trop risqués, mais juste sur le pont Charles-de-Gaulle, vraisemblablement sur la voie aujourd’hui réservée aux autobus. Une autre expérimentation se met en place pour la desserte interne du CEA de Saclay.
Gilbert Gagnaire, fondateur de la start-up EasyMile, reconnaît que les véhicules ne sont pas prêts pour un véritable service commercial. En revanche, grâce aux expérimentations en cours (plus de vingt véhicules vendus aujourd’hui, en France, mais aussi à Helsinki, Dubai, Singapour, etc.), la start-up sera en mesure d’élaborer d’ici la fin de l’année un nouveau cahier des charges. La prochaine génération de véhicules autonomes pourra être produite industriellement. Ligier, le partenaire chargé de la construction, sera en mesure de sortir jusqu’à 100 véhicules par an. Pour commencer, les deux premiers véhicules de nouvelle génération devraient sortir en avril. Le petit bijou autonome coûte aujourd’hui 200 000 euros pièce. Bon, ce n’est qu’un début.
A la RATP, on est à la fois partie prenante et circonspect. Partie prenante, puisque la Régie pilote le volet transport public du plan gouvernemental Nouvelle France Industrielle – Véhicules autonomes. Elisabeth Borne, PDG de la RATP, insiste sur « les nouveaux services », comme le transport à la demande dans des zones peu denses. Et, à la perspective de flottes entières de bus autonomes évoqué par Jean-Louis Missika, Nathalie Leboucher, directrice Stratégie et Innovation de la RATP, se dit moins futuriste. Et évoque « toutes les études » sociologiques qui montrent l’importance sociétale du conducteur de bus. Si Paris est visionnaire, la RATP, en bon exploitant, est plus regardante. Ce n’est pas une hirondelle autonome qui fait l’automne du bus.
F. D.
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