Les grandes ambitions de Smoove

Il va falloir apprendre à compter avec Smoove. A Marrakech, la société française spécialiste des systèmes de vélo en libre service vient d’en installer 300. Au printemps, à Helsinki, elle a commencé l’installation de 1 500 vélos, puis a déployé cet été une flotte à Vancouver. Citons encore Moscou où elle poursuit le déploiement de plus de 3 450 bicyclettes. Enfin, elle vient de répondre à un appel d’offres à Singapour.

En France, l’entreprise familiale créée en 2008 est présente dans dix réseaux. Si elle s’apprête à perdre face à JCDecaux dans l’appel d’offres lancé par Lyon pour exploiter les Vélov’ (elle a déposé plusieurs recours – rejetés – pour dénoncer le « tapis rouge déroulé sous les pieds de JCDecaux »), elle estime que le jeu est beaucoup plus ouvert à Paris qui a également lancé un appel d’offres pour renouveler l’année prochaine le contrat Vélib’. Une compétition dans laquelle elle s’est associée à Indigo et au groupe espagnol Moventia.

Smoove, qui conçoit, installe et fabrique des vélos équipés d’une technologie communicante embarquée (« Smoove Box ») double chaque année son chiffre d’affaires (neuf millions d’euros en 2016) et réinvestit 15 % en recherche-développement. Pour se développer (elle compte multiplier son activité par cinq l’année prochaine), elle s’est associée avec Mobivia qui a pris une part de son capital.

Pour se distinguer des autres, et notamment de JCDecaux dont les vélos à Paris subissent de nombreuses dégradations et vols, elle propose, explique Laurent Mercat, son président « une intégration totale pour que le vélo se greffe sur l’offre de transport ».

Selon lui, le vélo qu’il propose n’est pas facile à voler, grâce à un cadenas intégré à la fourche et à un potelet de stationnement dans lequel on « enfourne » le vélo. « Depuis huit ans, le taux de vols à Moscou par exemple s’établit entre 1 et 5 % de la flotte », indique-t-il. De plus, les stations légères, « autoportantes » ne nécessitent pas de travaux de génie civil à l’installation et peuvent être facilement déplacées. La technologie retenue permet enfin de rendre un vélo même si la station est pleine, en l’attachant entre deux vélos.

Si le mouvement s’accélère pour Smoove, la concurrence est rude. Selon Laurent Mercat, une quinzaine de structures comme la sienne existent actuellement dans le monde, si on exclut la Chine. « Dans à peine cinq ans, ce chiffre sera divisé par deux », estime Laurent Mercat, qui se donne pour ambition que son entreprise devienne l’une des trois premières mondiales.

M.-H. P.

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