La SNCF demande à l’Etat une baisse des péages de 35 %

On le sait, le TGV qui a longtemps apporté du cash à la SNCF ne permet plus de financer les autres activités. En cause, la forte hausse des péages (+9,6 % en 2017, du fait notamment de la mise en service des lignes à grande vitesse Tours – Bordeaux et Bretagne – Pays de la Loire) « qui va neutraliser les efforts en matière de baisse des coûts et ne permettra plus à terme de financer l’outil de production, c’est-à-dire le matériel », explique Antoine de Rocquigny, le directeur Finances, Stratégie et Juridique de Voyages SNCF. Cela, assure-t-il malgré les efforts de baisse des coûts (-1,9 %) et la politique commerciale qui a redynamisé le trafic.

Or, il est prévu que la SNCF passe commande à la fin de l’année de nouvelles rames de TGV du futur, sur lesquelles elle planche avec Alstom pour le rendre 20 % moins cher à l’achat et 25 % moins cher en fonctionnement, rappelle Rachel Picard, la directrice de Voyages SNCF.

D’où des discussions engagées avec l’Etat. On y parle reprise de dette et baisse des péages. Et non plus de l’idée longtemps caressée par la SNCF (mais définitivement écartée car impensable pour des élus) de faire circuler le TGV sur les seules lignes à grande vitesse.

La SNCF demande donc à l’Etat une réduction du coût des péages de 35 %. Ce qui représente une baisse de 700 millions d’euros sur un total d’un peu plus de 2 milliards. Réduire les péages ne profitera pas qu'à la SNCF. Selon elle, s'ils restent à ce niveau, aucun opérateur concurrent ne viendra exploiter de ligne à grande vitesse, faute de rentabilité. La SNCF rappelle aussi qu'en Italie, la compagnie ferroviaire privée NTV avait fini par obtenir, après négociations, une baisse des péages d’utilisation du réseau de l’ordre de 40 % pour pouvoir s’en sortir.

Marie-Hélène Poingt

 

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