CDG Express. Les interrogations de Transdev

En précisant le modèle économique de la future concession de CDG Express que porteront ADP, SNCF Réseau et la Caisse des dépôts (constituant le futur gestionnaire d’infrastructure), l’Etat a rassuré les investisseurs Selon les informations des Echos du 26 mars, peu de temps après la signature le 20 mars de la déclaration d’intérêt public, l’Etat a en effet accepté de prendre à sa charge le déficit de la ligne express qui doit relier la gare de l’Est à l’aéroport de Roissy fin 2023, dans le cas où la fréquentation s‘avérerait insuffisante. Et ce jusqu’en 2030, durée estimée de la montée en puissance. A partir de 2030 en revanche, c’est le gestionnaire d’infrastructures (GI) qui supporterait les pertes éventuelles, sauf… situation catastrophique, auquel cas, l’Etat reprendrait carrément la main et annulerait la concession. Une situation excédentaire à l’inverse engendrerait un partage des résultats entre l’Etat et le GI.

Pour exploiter les trains, seuls deux candidats ont fait part de leur intérêt : un groupement mené par Keolis avec RATP Dev d’un côté, Transdev avec notamment sa filiale CFTA de l’autre. L'appel d'offres est attendu en juin ou juillet prochain.
On sait déjà que le montant des péages sera partiellement indexé sur le trafic. Mais l’Etat ne peut pas assumer la totalité du risque passagers, estime Thierry Mallet, PDG de Transdev. « Nous attendons de savoir exactement ce que l’Etat nous demande en matière d’engagements sur les passagers », nous a-t-il expliqué en marge de la conférence de presse sur les résultats de son groupe le 29 mars. « La question est de savoir si l’on ne va pas faire reporter le risque trafic sur l’opérateur. Nous serons extrêmement vigilants sur cette question. » Du côté du secrétariat des Transports, on assure que le futur exploitant "ne devrait supporter le risque trafics qu'à hauteur de sa participation financière".
Le PDG de Trandev souligne aussi l’enjeu « extrêmement fort autour de cette fréquentation qu’on sait très mal évaluer ». Les dernières études tablent sur six millions de passagers par an au démarrage. La suite s’évalue à partir d’hypothèses variées de report modal depuis la voiture, le taxi ou VTC ou les autres transports collectifs.

Evidemment l’influence du tarif, fixé à 24 euros l’aller par personne, n’est pas neutre. Un prix peu compétitif dès lors que trois personnes – voire deux – voyagent ensemble. Sur ce point, Transdev est en train d’analyser les études faites. « L’arbitrage des clients sera fondé sur un mélange de temps de parcours et de prix, estime ainsi le patron du groupe filiale de la Caisse des dépôts. La modulation tarifaire en fonction des horaires me paraît une des pistes qu’il faudra explorer. » Même avec un temps de parcours garanti de 20 minutes, en dehors des périodes d’embouteillages, CDG Express ne serait en effet pas plus rapide qu’un taxi qui dépose ses clients juste devant son terminal…

C. N.

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