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L’Unife se félicite des nouvelles orientations de la commission Juncker

Le discours sur l’état de l’Union de Jean-Claude Juncker, prononcé mercredi devant le Parlement européen de Strasbourg, a marqué une inflexion dans la politique industrielle de la Commission. Le président de la Commission européenne a insisté sur l’adoption d’une stratégie industrielle innovante. Le même jour, la Commission publiait une communication intitulée : « Investir dans une industrie intelligente, innovante et durable » et sous-titrée : « Une stratégie revisitée pour la politique industrielle de l’UE ».
Le fait que la Commission Juncker parle pour la première fois de stratégie industrielle est bien reçu par les professionnels. Ce n’avait pas été le cas depuis Antonio Tajani, alors commissaire à l’Industrie dans la commission Barroso II. Philippe Citroën, le directeur général de l’Unife, a, dans un communiqué, salué « une étape importante vers l’adoption d’une politique industrielle ambitieuse ». Ajouté que la fédération européenne des industriels du ferroviaire est prête à travailler avec la Commission pour construire une véritable vision à long terme et un plan d’action. Et s’est réjoui que la Commission veuille rééquilibrer les conditions de concurrence sur les marchés mondiaux.
Dans la communication de la Commission, l’Unife relève avec intérêt l’injonction faite aux Etats membres d’appliquer les règles d’ouverture des marchés aux industriels d’autres états membres. Ainsi que le souhait d’un rééquilibrage des conditions de concurrence dans le marché mondial. Si la Chine n’est pas désignée, il est clair qu’elle est la première cible. Comme elle l’est d’ailleurs dans la proposition de règlement présentée le lendemain sur les contrôles des investissements étrangers. Pas la seule et, comme le dit en privé un grand industriel du secteur : « Il est temps qu’on arrête d’être les idiots de la bande. »
Si les dispositions de Juncker vont dans le sens souhaité, il faut dire qu’il y a été fortement incité. En février, 130 fédérations industrielles, dont l’Unife, ont demandé l’adoption d’une « stratégie industrielle ambitieuse ». Le 29 mai le Conseil compétitivité réunissant les ministres de l’Economie a approuvé à l’unanimité des « conclusions sur une stratégie pour l’avenir de la politique industrielle de l’UE » allant dans le sens des industriels. Et le 5 juillet le Parlement a adopté une « résolution sur l’élaboration d’une stratégie industrielle ambitieuse de l’UE ».
D’ailleurs, si Jean-Claude Juncker a surpris, mercredi dernier, c’est en allant plus vite que ne l’avait demandé le Conseil compétitivité qui souhaitait une décision en ce sens pour le Conseil européen de mars 2018.
Reste que certains observateurs attendent de voir comment les belles intentions vont se traduire dans les faits, quels objectifs chiffrés va se fixer l’Union pour le long terme. Et comment cela va se concrétiser dans les textes préparant l’après 2020.
Dans le secteur ferroviaire, le mouvement avait été lancé par l’adoption au Parlement européen de la résolution de Martina Werner, en faveur d’un rééquilibrage des conditions de concurrence sur le marché mondial. La résolution, non contraignante, demandait la mise en place d’un dialogue à haut niveau, rassemblant les parties prenantes, pour suivre les évolutions de la politique européenne. Mais la Commission a donné jusqu’à présent l’impression de ne pas se presser. Une réunion organisée le 5 octobre, permettant l’audition d’industriels, pourrait permettre d’avancer.
F. D.