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Un plan pour pédaler

« C’est le premier plan vélo français financé », relève la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) en commentant les annonces faites le 14 septembre à Angers par le Premier ministre pour encourager la pratique du vélo. Avec l’objectif de faire passer la part modale de la petite reine de 3 % à 9 % d’ici à 2024, a indiqué Edouard Philippe, en rappelant que la moyenne européenne est de plus du double.
Parmi les principales dispositions, un fonds doté de 350 millions d’euros sur sept ans est créé pour cofinancer avec les collectivités locales des infrastructures permettant d’assurer la continuité des pistes cyclables. Un premier appel à projet sera lancé en 2019.
Cette dotation qui correspond à 50 millions par an reste éloignée des 200 millions d’euros annuels réclamés par les défenseurs du vélo. « On est encore loin des trois euros par Français et par an qui, s’ajoutant aux 7,70 euros par habitant et par an que les collectivités consacrent en moyenne à la politique vélo, permettraient d’atteindre le seuil des dix euros que recommande le Club des villes et territoires cyclables pour agir sur tous les leviers d’une politique vélo », commente son président, Pierre Serne. De son côté Olivier Schneider, le président de la FUB, relativise en rappelant que ce montant n’inclut pas le financement du stationnement en gare, ni la dotation de soutien à l’investissement local (un autre fonds qui disposera de 500 millions sur cinq ans pour développer des services de transport de mobilité), ni ne couvre le coût du forfait mobilité durable qui sera ouvert aux fonctionnaires (ce qui représente « une bonne surprise », souligne-t-il). « L’enveloppe annuelle consacrée au vélo sera donc globalement beaucoup plus élevée », écrit le président de la FUB, qui espère que « le succès des mesures en 2019 permettra de revoir à la hausse les enveloppes dès le projet de loi de finances 2020 ».
Parmi les autres mesures, une indemnité vélo va être créée, à la charge des entreprises et pouvant aller jusqu’à 400 euros par an. Elle sera obligatoire dans la fonction publique à partir de 2020 mais d’un montant de 200 euros annuel. En revanche, elle restera facultative dans le secteur privé. Ce dispositif basé sur un forfait remplacera l’indemnité kilométrique, jugée trop compliquée par Matignon.
La systématisation en ville de sas vélos aux feux est également prévue, permettant d’aménager des espaces réservés aux bicyclettes entre les feux tricolores et une ligne où doivent s’arrêter les voitures. Le double sens cyclable, déjà en vigueur dans les zones à 30 km/h, va être étendu dans les rues à 50 km/h en ville, sauf en cas de danger.
Pour lutter contre le vol, véritable frein au développement de la bicyclette, le gouvernement veut généraliser le marquage des vélos permettant de les identifier. La SNCF sera aussi priée de construire davantage de parkings sécurisés dans les gares. Et il faudra prévoir des places de stationnement pour les vélos lors de constructions d’immeubles d’habitation ou de bureaux.
Enfin, pour développer la culture du vélo en France, l’Etat va s’adresser aux enfants. En mettant en place à l’école primaire un programme baptisé « Savoir rouler », le gouvernement veut que chaque élève sache pédaler avant l’entrée au collège, tout en mettant l’accent sur la prévention et la sécurité.
Figureront dans la future la loi d’orientation des mobilités les mesures législatives de ce plan (comme la création du forfait mobilité durable ou l’obligation de marquage des vélos), les autres étant soit réglementaires (celles touchant au code de la route par exemple) ou relevant de l’action publique (comme le programme « Savoir rouler »).
M.-H. P.