Les Hauts-de-France suspendent leurs paiements à la SNCF

Logos TER Hauts-de-France

C’est la nouvelle arme -illégale- des régions face à la SNCF : la suspension des paiements pour son service TER quand l’autorité organisatrice estime qu’il n’est pas à la hauteur. Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand l’a utilisé le 1er décembre, annonçant stopper ses paiements à la SNCF dans l’attente d’un redressement de la qualité de service. « Depuis plusieurs mois, les Hauts-de-France déplorent les nombreux dysfonctionnements rencontrés quotidiennement par les usagers du réseau TER (retards et suppressions de trains récurrents pour des indisponibilités de matériel ou de personnel) », explique la région dans un communiqué.

Fin octobre, la SNCF avait présenté un plan d’urgence pour « permettre un rétablissement rapide de la qualité de service sur l’ensemble du réseau TER », rappelle la région. Des renforts humains et matériels devaient être engagés. « Aujourd’hui, force est de constater que l’ensemble des dysfonctionnements subsistent. Malgré les actions annoncées par SNCF, la situation n’a pas été redressée », se justifie l’autorité organisatrice.

Côté SNCF, on explique ces dysfonctionnements par un manque de main-d’œuvre principalement du fait du contexte sanitaire : des agents malades ou cas contacts sont à l’isolement. Des conducteurs et des contrôleurs sont aussi absents car ils doivent suivre des formations qui ont été reportées avec la crise sanitaire. De plus, « des mouvements sociaux ponctuels ont aussi des effets sur l’absentéisme », reconnaît une porte-parole.

Le rattrapage des opérations de maintenance, également bouleversées par le contexte sanitaire, contribue aussi aux dysfonctionnements. Et la période automnale avec un afflux de feuilles mortes multiplie les risques d’enrayages et de patinage des trains sur les voies. Enfin, « une forte augmentation d’événements externes (+ 30 % comparé à l’année dernière) comme des accidents de personnes, des chocs avec des animaux ou aux passages à niveau conduit aussi à la situation connue aujourd’hui », précise la SNCF. Tout cela rend difficile le redressement, estime-t-elle.

Un point d’étape est prévu vendredi prochain entre la SNCF et la région. Auditionné ce matin devant l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Farandou n’a pas hésité à tacler Xavier Bertrand. « Je peux comprendre son mouvement d’humeur », a commenté le PDG de la SNCF. « Mais, au-delà, je m’interroge…» Et d’ajouter : « quand on prive d’argent la SNCF, au fond, on prive d’argent les Français », laissant à chacun le soin d’interpréter les réelles motivations du candidat à la présidentielle.

M.-H. P.