Après deux nouveaux accidents, comment protéger les piétons lors des traversées en gare

La gare d'Hennebont dans le Morbihan, avant la construction d'un passage souterrain pour les piétons.

Deux accidents mortels ont eu lieu en quelques jours lors de traversées (autorisées) de voies par des piétons, dans deux petites gares françaises. Un père et sa fille sont morts percutés par un train de fret alors qu’ils traversaient les voies d’une petite gare des Ardennes lundi 14 novembre. Deux jours plus tôt, une jeune de 18 ans décédait après avoir été fauchée par un TGV alors qu’elle traversait la voie avec sa trottinette, en gare du Luc-Cannet-des-Maures (Var). Elle voulait rejoindre l’autre quai.

Ces deux accidents se sont produits sur des passages aménagés, les traversées de voies pour piétons : TVP dans le langage ferroviaire.

Chaque année, SNCF Réseau déplore entre 5 et 10 décès (9 décès à la mi-novembre 2022) sur les 868 TVP que compte le réseau ferré, pourtant prévues à cet effet pour passer d’un quai à l’autre. Ces passages aménagés sont revêtus d’un plancher et équipés, pour 538 d’entre eux, d’un signal lumineux « STOP » avec un bonhomme rouge. Comme sur les feux de signalisation aux passages piétons dans la rue. Mais « 330 TVP situées dans des zones moins circulées ne disposent pas de signal lumineux mais d’une signalétique fixe : une pancarte jaune et noire avec des consignes de sécurité, précise SNCF Réseau. Les installations de sécurité ont toutes été vérifiées et les rapports ont confirmé leur bon état de fonctionnement », insiste le gestionnaire des infrastructures.

« Il n’y a pas de tunnel pour accéder à la deuxième voie. Il y a juste une plateforme en plastique pour traverser« , commentait sur France TV un usager de la petite gare varoise du Cannet le 12 novembre. Le remplacement d’une traversée de voie par une passerelle coûte en moyenne 2,5 millions d’euros selon le gestionnaire du réseau ferré qui dit « multiplier les actions auprès du jeune public, le plus souvent touché ».

Principale cause des collisions : casque sur les oreilles, téléphone, ou non-respect de la signalisation. Lors de ce type d’accidents, on constate souvent que la visibilité pour les piétons était gênée par un train en gare, à l’arrêt ou au départ. Nombre d’accidents impliquent un train qui arrive en sens inverse sans s’arrêter dans la gare. Or, un train peut arriver très vite et on l’entend au dernier moment. A l’approche d’une gare, avec sa vitesse, il peut même aspirer une personne debout à moins d’un mètre cinquante des voies. D’où, régulièrement, des campagnes de communication qui prône la prudence, toute prise de risque pouvant être fatale.

Nathalie Arensonas