Trois propositions pour développer des véhicules légers plutôt que des voitures électriques

Le quadricycle de Midipile Mobility

Il existe une alternative à la voiture électrique, une solution plus écologique, et permettant de nombreux déplacements : c’est le véhicule léger, autrement dit toute la gamme des engins à trois ou quatre roues, ou plus, située entre le vélo et la voiture. Pour démontrer leur intérêt, une note d’une cinquantaine de pages vient d’être rédigée par Le Forum Vies Mobiles, un think tank de la mobilité, soutenu par la SNCF, et La Fabrique écologique, une fondation de promotion du développement durable, présidée par Géraud Guibert.

« Une voiture transporte principalement son propre poids : 90 % de la masse transportée, c’est le véhicule lui-même », rappelle Christophe Gay, co-directeur du Forum Vies Mobiles. De plus, « la voiture électrique ne pourra répondre seule à la nécessité de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, et plus largement les impacts écologiques et sociaux de la voiture » peut-on lire dans la note. D’où sa conclusion : « Il est indispensable de développer une nouvelle gamme de véhicules beaucoup plus légers ». 

Pour parvenir « à donner du poids aux véhicules légers », comme le dit Christophe Gay, le groupe de travail fait trois propositions. D’abord, instaurer un bonus-malus sur le poids des véhicules. « Nous ne sommes pas les seuls, ni les premiers à suggérer cela. Mais c’est néanmoins une condition nécessaire à l’essor de ces véhicules », explique Jill Madelenat, co-président du groupe de travail et chargée d’études de la Fabrique écologique.

La note propose aussi de mettre à disposition des usagers ces véhicules légers, « au sein, par exemple de maisons de la mobilité qui seraient installées dans chaque communauté des communes, chaque agglo, ou chaque ville », suggère Christophe Gay. Elles proposeraient ce type de véhicules, accessibles à la location pour de courtes ou longues durées. On pourrait aussi y suivre des formations à la conduite de ces véhicules, ou encore à la maintenance. « C’est l’idée d’un lieu commun qui ferait sortir de la logique de la mobilité pour privilégier celle de l’usage », dit encore Christophe Gay. « Cela favoriserait aussi les premières commandes de véhicules légers ». 

Troisième proposition : l’organisation de “rencontres nationales et translocales des véhicules légers“. Une manière de rendre visibles ces véhicules, mais aussi de fédérer les acteurs comme les constructeurs les acteurs publiques, les associations, et imaginer les structures d’une filière.

Yann Goubin

La note fera l’objet d’une présentation au grand public, le 8 février de 18 h 30 à 20 h, à la l’Académie du Climat, 2 place Baudoyer, 75004 Paris (Salle pépinière, 2e étage).