Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Caen recherche délégataire pour tramway fer

    La communauté d'agglomération de Caen-la-Mer s'apprête à lancer un appel à candidature à la fin du trimestre pour trouver le délégataire de la future DSP de six ans à compter de 2018. Et le lauréat – Keolis ou son successeur – se verra confier une mission délicate. Il devra gérer les 18 mois séparant l'arrêt total de la circulation du TVR et la mise en service d'un nouveau réseau de trois lignes de tramway sur fer. Du 1er janvier 2018 à la mi-2019, un réseau bus de substitution devra permettre de transporter efficacement les quelque 37 000 à 40 000 utilisateurs quotidiens des deux lignes de 15 km de l'actuel TVR.

    L'autorité organisatrice s'attend à recevoir de nombreux candidats pour ce contrat dont elle ne connaît pas encore le montant mais qu'elle a d'ores et déjà modifié par rapport à la DSP actuelle, selon les termes de la délibération votée le 26 février. D'abord le transport des PMR sera intégré, alors qu'il faisait l'objet jusqu'à présent d'un marché séparé. Ensuite, l'AO verrait bien les vélos en libre service (VLS) intégrer également la DSP, étant donné que l'actuel contrat passé par la ville de Caen avec Clear Channel prendra fin dans un an.

    Il y a enfin et surtout, un nouveau réseau à exploiter avec l'arrêt du tram sur pneu de Bombardier, qui pour mémoire avait été mis en service fin 2002 dans le cadre d'une concession jusqu'en 2032 avec la société du TVR – coentreprise Colas et Bombardier – et avec Keolis, l'exploitant du réseau Twisto. L'AO, qui attend des dédommagements de la société du TVR, devra pour sa part indemniser Keolis pour l'arrêt prématuré de la concession. Les montants en jeu ne sont pas connus, des expertises techniques et judiciaires étant toujours en cours.

    Puis, à partir de la mi-2019, le gagnant de l'appel d'offres à venir exploitera durant plus de quatre ans le réseau de 16,8 km de tramway sur fer. En gros, il s'agit de reprendre le tracé de la ligne 1, celui de la branche B prolongée jusqu’au quartier des Hauts-de-l’Orne à Fleury-sur-Orne et de la réalisation d'une ligne dite « Presqu'île » de 2,2 km partiellement en tronc commun avec la ligne 1. Elles seront desservies par 23 rames de tramway de 34 mètres, avec portes doubles aux extrémités et Wi-Fi à bord. Budget de l’opération : 246,8 millions d'euros, valeur 2014.

    La nouvelle organisation, présentée début février, permet de proposer un réseau de trois nouvelles lignes et 37 stations : T1 entre Hérouville-Saint-Clair et Ifs-Jean-Vilar, T2 de Caen-Campus 2 à Caen-Victor-Hugo, T3 allant de Caen-Théâtre à Fleury-sur-Orne. Elle doit également permettre « un meilleur service offert aux usagers, une fréquentation homogénéisée et une optimisation des coûts d’investissement et d’exploitation », estime l'AO. De quoi appâter les trois grands groupes français.

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  • Les péages 2017 de SNCF Réseau retoqués par l’Arafer

    Le gestionnaire d'infrastructures envisageait un gel de ses péages pour les trains de voyageurs en 2017. Mais le gendarme du rail lui a demandé, dans un avis du 10 février rendu public le 1er mars, de reprendre sa calculette…

    L'avis conforme de l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) est par définition juridiquement contraignant. L'Arafer relève dans un communiqué que « SNCF Réseau a décidé de geler globalement l’évolution des redevances et de ne pas répercuter la baisse de l’indice ferroviaire de 1,2 % sur les tarifs des péages afin de préserver son niveau de recettes en 2017. Ce qui majore les péages d’environ 50 millions d’euros par rapport à ce qui aurait dû résulter de l’application des orientations tarifaires pluriannuelles ».

    La décision de SNCF Réseau est jugée « arbitraire et non conforme aux principes tarifaires prévus par la réglementation ». Le régulateur, qui estime en outre « peu crédible » la promesse de répercuter la baisse en 2018 « au regard de la refonte tarifaire prévue à cette même date » pour la mise en conformité avec les règles européennes, demande donc une nouvelle proposition de tarification.

    SNCF Réseau dont la dette s'établissait à 38,9 milliards d'euros fin novembre 2015 et s'alourdit chaque année d'environ 1,5 milliard d'euros, cherchait à éviter un recul de ses recettes en 2017. Il a donc transmis à l’Arafer un projet de barème prévoyant un gel des redevances, avec la promesse d’appliquer une baisse de 0,9 % « lors des prochains exercices ». Selon l'Arafer, le montant des redevances d'utilisation des infrastructures ferroviaires devrait représenter environ 5,5 milliards d'euros en 2017. Il s'agit de la principale ressource permettant de financer l’entretien et la rénovation des infrastructures.

    L'Arafer a également émis des réserves pour les péages de fret pour lesquels SNCF Réseau proposait une hausse de 2,4 % par rapport à 2016. Mais c'est plutôt l’Etat qui est visé. Comme en 2015, sans s’opposer par principe à cette hausse, le régulateur « constate à nouveau l’absence de confirmation de l’engagement financier de l’Etat pour s’assurer du respect de l’obligation du coût direct – le coût d’utilisation du réseau ferré – prévue par la directive européenne, en faisant la somme des subventions et des péages versés par les entreprises ferroviaires », explique-t-il.

    L'Arafer regrette l’absence de contrat de performance entre l’Etat et SNCF Réseau prévu par la réforme ferroviaire. Et constate que l’équilibre économique des entreprises ferroviaires de fret souffre de ce manque de visibilité pluriannuelle… Il n'y a pas que ces entreprises qui en souffrent. SNCF Réseau aussi comme l'a souligné la démission de Jacques Rapoport.

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  • Le front uni syndical se reforme… à la SNCF

    D'une même voix. CGT Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF ont finalement décidé d'appeler à la grève ensemble le 9 mars. Une grève carrée qui démarrera du mardi 8 mars 19h et courra jusqu'au 10 mars à 8h. Mais qui voit se retrouver pour la première fois sur les mêmes objectifs des syndicats plutôt restés en froid depuis juin 2013. Le front uni des organisations réformistes et contestataires parties ensemble, on s'en souvient, contre la loi de réforme du système ferroviaire n'avait finalement pas résisté. Un conflit qui a laissé des traces durables.

    Deux ans et demi après, « le manque criant de réponse à nos demandes et l'incertitude que vous faites peser sur le devenir des cheminots nous obligent à réagir », ont-ils écrit ensemble dans le préavis de grève remis lundi 29 février. Ils réclament à la fois des embauches (1 400 départs en retraite non remplacés sont prévus en 2016), des négociations salariales mais aussi des conditions de travail « harmonisées par le haut » sur le modèle cheminot actuel à la suite de la présentation par le gouvernement de son avant-projet de décret-socle. Un texte qui pose des bases communes pour l'ensemble des salariés du secteur ferroviaire.

    A la SNCF, le mouvement intervient dans un contexte compliqué. La liste est longue des soucis de la direction : tapage médiatique répété autour des écoutes des magistrats dans l'instruction du dossier sur l'accident de Brétigny et démission du patron de Réseau, Jacques Rapoport, grogne de présidents de régions qui manquent de conducteurs TER et projets de faire circuler des trains équipés pour circuler sans contrôleur à bord. Et puis ces négociations sociales contraintes d'aboutir vite avec l'Union des transports publics et ferroviaires dans la foulée du décret-socle.

    Des négociations que la SNCF considère pour sa part comme déjà quasiment lancées en interne. Elle s'étonne dès lors, dans un communiqué à l 'AFP, de ce préavis de grève « susceptible de pénaliser les voyageurs » alors que « sur tous les points liés au régime du travail, il y a des rendez-vous de discussion pris ».

    Mercredi 2 mars, à leur demande, la direction RH de l'entreprise recevait les syndicats. Pour Roger Dillenseger : « Aucun signal positif n'a été donné. »Et le secrétaire général adjoint de l'Unsa Ferroviaire d'inviter « le ministère des Transports à prendre aussi la mesure de cette unité syndicale qui se reconstruit ». « Un coup de semonce » adressé également pour Didier Aubert, le leader de la CFDT Cheminots, à la fois au gouvernement, à la SNCF et à l'UTP. Tandis que la CGT, qui présente en ligne une analyse ouvrant même la voie à une réflexion sur la semaine de 32 heures, s'étonnait que l'UTP n'ait pas encore fait connaître ses propositions à la veille de pourparlers qui s'annoncent « compliqués ».

    En attendant, fort compliquée s'annonce aussi la journée du 9 mars pour les usagers. Notamment à Paris où, à la RATP, CGT et SUD appelaient aussi à cesser le travail pour réclamer des augmentations de salaires. Tandis qu'un peu partout en France étudiants, lycéens et opposants réclamant le retrait du projet de loi El Khomri ont aussi prévu rassemblements et manifestations.

    Chantal Blandin

  • Le billet à 19 euros en vogue pour les TGV internationaux

    Le 3 avril, Thalys, filiale de la SNCF (60 %) et de la SNCB (40 %) lance Izy, une relation Paris – Bruxelles à bas coût, avec un prix minimum de 19 euros contre 29 pour les moins chers des Thalys. Les trains emprunteront la ligne classique au sud d’Arras. Le prix des péages y est moins élevé, et la vitesse également. Le temps de parcours augmentera de 53 minutes, passant de 1 h 22 pour le Thalys le plus rapide à 2 h 15 avec Izy.

    Comme pour tous les low cost, il faut faire attention à ce prix d’appel à 19 euros. Il faudra payer 10 euros de plus pour une valise supplémentaire, et 10 euros encore pour un siège XL, comme ceux qu’on trouve dans les premières des rames Thalys. Mais on peut aussi voyager moins cher encore, Izy poussant très loin la logique du low cost. On pourra voyager sur des strapontins (25 places par train) à 15 euros le trajet, ou même tente la place assise non garantie (10 titres de transport par train) et le risque d’être debout pendant 2 h 15 pour 10 euros.

    Les deux trains destinés aux deux à trois allers-retours Izy quotidiens sont des rames tricourant pour les services intersecteurs Belgique – sud-est de la France. Elles ont été repeintes en vert et violet et réaménagées intérieurement, notamment en remplaçant la voiture-bar par des places assises.

    Thalys à son tour essaye de lutter contre la concurrence des bus ou du covoiturage. Mais la société avance encore un autre argument pour expliquer le lancement d’Izy : les attentats ont fait baisser de 15 à 20 % la fréquentation. Le trafic a légèrement repris depuis puisque la baisse n’était plus que de 6 % fin février, précise Agnès Ogier, directrice générale de Thalys. Quoi qu’il en soit, le chiffre d’affaires 2015 a chuté de 1,7 % par rapport à 2014 pour s’établir à 487 millions d’euros. Avec Izy, Thalys espère augmenter de 10 % son trafic ferroviaire entre Paris et Bruxelles.

    Un regret, qui ne devrait pas échapper aux associations d’usagers : la desserte par la ligne classique ne s’arrête dans aucune des gares qui la jalonnent : Creil, Longueau (Amiens) et Arras.

    En même temps que Thalys se lance dans le low cost, SNCF et Renfe annoncent, pour des liaisons à grande vitesse qu’ils proposent en coopération entre la France et l’Espagne, des petits prix en vigueur le 15 mai. Soit des prix à partir de 19 euros entre Montpellier, Béziers, Narbonne et Figueras, ou à partir de 39 euros entre Paris, Lyon, Marseille, Aix-en-Provence, Avignon, Valence et Gérone, Barcelone et Figueras. Bas coûts au nord, prix d’appel au sud : quelle que soit la formule, le petit prix est au goût du jour.

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  • Grand Paris Express : veillée d’armes pour de futurs appels d’offres

    Comment se fera l'exploitation du Grand Paris Express ? Le sujet n'est pas simple et les échanges de vues parfois tendus entre les probables concurrents au rôle d'exploitant. La première ligne, la 15 Sud doit ouvrir en 2022. Autant dire que le compte à rebours a commencé. Alors, au ministère de l'Environnement, la DGITM a réuni le lundi 29 février les parties prenantes, au plus haut niveau, afin de préparer les bases des appels d'offres qui permettront de choisir le ou les exploitants. S'y sont donc retrouvés – entre autres – Elisabeth Borne (RATP), Jean-Pierre Farandou (Keolis), Jean-Marc Janaillac (Transdev), Philippe Yvin (SGP), autour de François Poupard, le directeur général de la DGITM. Seule patronne à être représentée, Sophie Mougard, DG du Stif.

    Les différends sont connus entre, d'un côté, des purs exploitants (Keolis, Transdev) et, de l'autre, un gestionnaire technique d'infrastructure désigné par la loi, la RATP, qui sera aussi candidat à l'exploitation. Jusqu'où va la fonction de gestionnaire d'infrastructure, où commence celle d'exploitant ? Et qui aura la haute main sur les automatismes, cœur du futur métro ?

    Les exploitants veulent aller le plus loin possible et être seuls responsables du transport devant l'autorité organisatrice. La RATP serait en ce cas un gestionnaire d'infrastructure patrimonial, responsable de la maintenance des tunnels, ouvrages d'art et infrastructure ferroviaire, tandis que la gestion des circulations du métro automatique relèverait de leur activité d'exploitant.

    A la RATP, on considère plutôt qu'il faut un opérateur de long terme garant de la pérennité du système de transport, et de ce fait du bon fonctionnement des automatismes. La RATP s'appuie sur la façon dont elle applique la loi ORTF, qui l'a conduite à séparer de façon comptable ses activités de gestionnaire d'infrastructure (GI) de ces activités d'opérateur de transport, et, déjà, à faire passer le scalpel au milieu de lignes de métro automatiques sans conducteur, comme la ligne 1 ou la 14. Selon cette coupure, la gestion technique des automatismes relève de sa compétence de GI. Pour autant, l'opérateur de transport n'est pas réduit à la portion congrue. On y trouve le département métro ainsi que les services en gare, la maintenance des ascenseurs et escaliers mécaniques, ou celle du matériel roulant.

    La position du curseur n'est pas qu'une question de cohérence et responsabilité. Il y va aussi du chiffre d'affaires que peut espérer l'exploitant ou que se voit garantir le gestionnaire d'infra. De ce point de vue, la RATP juge que l'enveloppe du transport est loin d'être vide, puisque son CA se répartit entre plus de 70 % pour le transporteur et moins de 30 pour le GI. Reste à voir comment se fera le partage dans cette activité spécifique qu'est le métro automatique.

    Le ministère voulait aplanir les difficultés en prenant le dossier de façon concrète et pragmatique, en listant les opérations, attitude dont se réjouissait au préalable Jean-Marc Janaillac, dans un entretien sur le Grand Paris réalisé avant la réunion et à paraître dans le numéro de VR&T d'avril. Mais le pragmatisme n'a pas fait disparaître les différends par enchantement. Selon quelques témoignages, la réunion n'a pas été facile, et les désaccords ont été exposés plutôt qu'aplanis. Keolis et Transdev, sans surprise, se sont retrouvés en phase, en accord avec le Stif, tandis que la RATP et la SGP faisaient front commun. Dans sa position d'arbitre, l’Etat est comme il se doit embarrassé, même s'il a semblé tendre une oreille plus attentive à la RATP.

    Qu'il soit embarrassé, on le comprend. On peut se souvenir de la façon dont des questions comparables ont été vécues entre SNCF et RFF, qui ont occupé des milliers d'heures durant des hauts fonctionnaires, consultants, grands patrons, sans oublier des parlementaires, parfois incisifs, souvent pantois.

    F. D.

  • La RATP choisit Faiveley Transport et Eiffage Energie Ferroviaire pour les portes palières de la ligne 4

    Ce sera la prochaine ligne du métro parisien à se passer de conducteurs. Après la ligne 1 en 2011, la ligne 4 devrait être intégralement automatisée en 2022. Ce qui implique d’équiper en portes palières les 27 stations actuelles de cette ligne, ainsi que les deux futures stations du prolongement de Bagneux. Un contrat de « plus de 75 millions d’euros » signé avec la RATP, dans lequel Faiveley Transport sera chargé de l’étude, du développement, de la fourniture, de la qualification, de l’installation, des essais et de la mise en service de façades de quai hautes. Les études, la production et le suivi de l’installation seront réalisés près de Tours par le site de Saint-Pierre-des-Corps, où se trouve le centre de compétence « Portes Palières » de l’équipementier. De son côté, Eiffage Energie Ferroviaire sera chargé du préassemblage des façades de quais en atelier et de l’installation sur site des modules ainsi réalisés, soit 18 par quai.

    Ce système de pose modulaire, avec ancrage au sol des façades de quai, constituera une première pour Faiveley. Pour la pose de ces modules, effectuée à partir d’un wagon, Eiffage Energie Ferroviaire utilisera un nouvel outillage spécifiquement développé pour répondre aux contraintes de délai de ce chantier, qui devra être mené sans interrompre l’exploitation de la ligne non automatique la plus fréquentée du métro parisien, avec 700 000 voyageurs par jour. Ce que ces voyageurs constateront, en revanche, c’est que par rapport aux portes palières mi-hauteur de la ligne 1, fournies par Gilgen Door Systems et installées par un groupement Sogéa TPI-Eiffage TP, la ligne 4 renoue avec les portes hautes, qui équipent la ligne 14 depuis 1998. Une ligne dont les prochaines stations, situées sur le prolongement en cours de réalisation, seront également équipées par Faiveley Transport et Eiffage Energie Ferroviaire.

    Patrick Laval

  • Le plan Digital SNCF, un an après

    Ce n’est pas encore l’heure du bilan pour le plan Digital, lancé par la SNCF en février 2015, et qui devait s’étaler sur 18 mois. Mais, un an après son démarrage, il est tout de même temps de regarder les avancées de ce plan de transformation numérique porté par Yves Tyrode CDO – pour Chief digital officier –, autrement dit, directeur du Digital à la SNCF.

    Au lieu de procéder à travers un plan stratégique à 36 mois, la SNCF a choisi de travailler en mode start-up, sur un temps plus court, 18 mois, divisés en trois « saisons », avec un maître mot, l’utilisateur, qu’il soit usager des trains de la SNCF ou employé de l’entreprise. Car un projet du plan, baptisé Net, qui vise la couverture 4G des installations, doit non seulement servir les voyageurs dans leurs déplacements, mais aussi les agents SNCF dans l’exercice de leurs métiers. Malgré quelques retards annoncés pour l’installation du Wi-Fi à bord des trains, Yves Tyrode se félicite d’avoir noué le dialogue avec les quatre opérateurs, dans une interview à FrenchWeb. La SNCF a partagé avec eux les informations de mesures de qualité de réceptions sur les lignes, les tunnels, mais aussi des données de fréquentation des lignes, en vue d’une hiérarchisation de l’installation de relais. Ainsi Orange a récemment annoncé la couverture de la ligne TGV Paris – Lyon. La SNCF, de son côté, devra équiper l’ensemble du parc TGV, plus de 300 rames, d’antennes satellites et de répétiteurs Wi-Fi dans chaque voiture, installation nécessitée par la vitesse des trains qui rend difficile le « saut » d’une cellule à l’autre. Si Guillaume Pepy avait évoqué, avant le plan Digital, le coût d’équipement d’un million par rame, Yves Tyrode ne confirme pas cette somme à cause de l’appel d’offres en cours. Mais elle pèsera forcément sur le budget global du plan Digital, de 400 millions d’euros, étalés sur trois ans, étrangement, alors que le plan, lui, court sur un an et demi seulement.

    En parallèle d’un déploiement des réseaux, le plan Digital prévoit l’équipement des agents en tablettes. 14 000 ont été distribuées en quatre mois, à commencer par les agents de maintenance de Réseau SNCF, notamment ceux qui sont sur le terrain. Suivront les agents des technicentres, au cours de la saison 2. Elles permettent d’une part de transmettre plus rapidement qu’avec des outils « papiers », les informations entre les agents, mais servent aussi à alerter les équipes concernées par tel ou tel événement.

    L’implication des agents est un enjeu majeur pour Yves Tyrode. Il a notamment créé une communauté du digital, qui compte un site et un réseau social internet, et rassemble 9 000 agents inscrits de leur propre chef parce qu’ils se sentent concernés par la transformation digitale de la SNCF. Chaque semaine, Yves Tyrode prend le pouls de cette communauté, grâce à un chat. Une occasion de connaître le ressenti, les demandes ou les difficultés rencontrées par ces utilisateurs du quotidien qu’ils soient agents de gare, chargés de la maintenance ou conducteurs.

    Mais ces tablettes ne seraient rien sans les applications qu’elles font tourner. Depuis le lancement du plan, la SNCF travaille sur deux fronts en même temps. D’abord l’ouverture de données. Pas moins de 70 jeux de données ont été ouverts, comme les coordonnées GPS des gares par exemple, celles des ascenseurs notamment destinés aux PMR, ou les horaires théoriques des trains et même en temps réels. Aujourd’hui, 2 200 start-up ont fait une demande pour utiliser ces données, à des degrés divers. On peut citer notamment la société Aldebaran qui a conçu le robot humanoïde Pepper, testé par la SNCF depuis décembre dernier, dans trois gares TER des Pays de la Loire, Saumur, Sables-d'Olonne et Nort-sur-Erdre. Après quelque mois de recul, la SNCF constate que 40 % de ces entreprises intéressées par les données SNCF l’utilisent pour des applications clients, 40 % en font des outils de productivité, et 10 % l’utilisent pour du management. Parmi ces start-up, 65 sont des sous-traitantes. Avec le plan Digital, la SNCF peaufine ses relations et apprend à discuter avec elles autrement. Car on ne parle pas à RogerVoice, une entreprise qui a créé une application qui permet aux sourds de téléphoner (et qui est installé sur voyages-sncf.com), comme on parle à Thales ou Cap Gemini. La SNCF a engagé une réflexion en interne, notamment avec les Achats, pour permettre de les payer plus rapidement, d’être plus souple, de régler les questions de propriété intellectuelle. L’autre volonté du plan Digital, c’est de développer un écosystème autour de ces entreprises numériques, en investissant financièrement dans ce domaine, à travers un fonds d’investissement SNCF Développement associé avec Hi Inov, doté de 30 millions d’euros qui a lancé, début février 2016, le « recrutement » de 100 start-up, à l’occasion de cinq ans d’existence.

    Au cours de la saison 2, le plan Digital va s’atteler à l’Internet industriel des objets. Cela concerne le déploiement des capteurs autonomes, capables de relayer des informations utiles à la maintenance, principalement prédictive. Parmi les informations capables d’être recueillies, on trouve par exemple, la mesure de la tension de la caténaire, celle de leur température, ou celle des rails. Ces données peuvent être transmises de façon automatique et régulière, ou sous forme d’alarme à partir d’un certain seuil. Pour la transmission de ces données, qui pourraient représenter plusieurs téraoctets, la SNCF étudiera plusieurs technologies, Sigfox, mais aussi la solution ouverte LoRa ou encore la narrowband LTE. Yves Tyrode promet des annonces très prochainement, en association avec des partenaires, à propos du déploiement de ces capteurs.

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  • Quand ERTMS bloque les TER à la frontière luxembourgeoise

    En matière de TER, la nouvelle région Alsace–Champagne-Ardenne–Lorraine devra trouver d’ici la fin de la décennie une solution pour que les 25 rames TER 2N NG tricaisses de l’ancien parc lorrain puissent poursuivre leur desserte transfrontalière entre Nancy, Metz, Thionville et Luxembourg. Car à partir de 2019-2020, seuls les trains équipés ERTMS seront autorisés sur le réseau ferré du grand-duché. Un équipement dont ne disposent pas les 25 rames lorraines (Z 24500 à la SNCF), contrairement aux 22 rames luxembourgeoises du même type (2200 aux CFL) que l’on retrouve également sur la desserte transfrontalière.

    Premier problème : où trouver la somme (25 ou 28 millions d’euros selon les sources) pour équiper a posteriori les rames lorraines ? En effet, la somme nécessaire n’est budgétée nulle part et, à ce sujet, l’ancien président du conseil régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret, a déclaré n’avoir « rien prévu car c’était à l’Etat et la SNCF de financer les travaux ». Pour ce qui est de l’Etat, Dominique Bussereau s’était effectivement engagé, du temps où il était ministre, sur un financement de l’équipement ERTMS destiné au matériel roulant français. Mais la SNCF ne voit pas pourquoi ce serait à elle de payer un surcoût pour des rames financées par les régions. Ainsi, évoquant le cas des TER en conclusion de la 12e conférence ERTMS organisée par l'UIC, Pierre Messulam, directeur général adjoint Transilien SNCF, a répondu par une question : « Qui va payer l'équipement des trains ? »

    Deuxième problème : l’échéance 2019-2020 n’est-elle pas déjà trop proche pour équiper et homologuer les 25 rames ? Certaines sources parlent d’un délai de cinq ans, désormais incompatible avec l’obligation imposée par le réseau luxembourgeois. Mais d'autres considèrent que l'on peut toujours s'arranger, à condition bien sûr d'y mettre le prix.

    La solution sera-t-elle financière, politique ou technique ? Peut-être pourrait-on envisager une dérogation temporaire pour la ligne entre Luxembourg et la France ? Ou confier un temps la desserte transfrontalière aux seules rames des CFL ? Ou encore commander, côté français, de nouvelles rames de TER qui seraient équipées ERTMS d'origine, et contribuer ainsi à donner des heures de travail à Alstom ou Bombardier ? Affaire à suivre !

    P. L.

  • Des maires de villes moyennes demandent un schéma national des dessertes ferroviaires

    L'association Villes de France, qui rassemble des maires et des présidents d'agglomérations de taille moyenne, a demandé le 8 mars un schéma national des dessertes ferroviaires. "Nous ne voulons pas d'une France à deux vitesses, avec uniquement la desserte des 13 métropoles, mais une irrigation de tout le territoire", a déclaré Caroline Cayeux (LR), sénatrice de l'Oise, maire de Beauvais et présidente de Villes de France, lors d'une conférence de presse.

    L'association s'est également prononcée pour une ouverture rapide à la concurrence des lignes de train Intercités, dont l'Etat envisage de se désengager. Le gouvernement a annoncé mi-février son intention de se désengager de 6 des 8 lignes de nuit existantes et n'exclut pas que certaines des 18 lignes de jour puissent être reprises par les régions.
         
     
         

  • L’Ile-de-France s’exerce à faire face à une crue centennale

    Le lancement des opérations de simulation de crue centennale a eu lieu le 7 mars au matin à la Maison de la radio en présence du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et du préfet de police de Paris Michel Cadot. Le scénario prévoit une montée des eaux quotidienne de 50 cm pour atteindre plus de 8 mètres. L’opération se déroulera sur cinq départements franciliens avec 900 sauveteurs, 150 personnels des forces de police, 40 véhicules de sécurité civile dont 20 véhicules lourds, quatre hélicoptères. La RATP par exemple va emmurer une station de métro pour empêcher l’eau d’y pénétrer.
    Le week-end des 12 et 13 mars, au pic de la crue, les exercices de terrain seront accompagnés d’informations au grand public. Puis l’eau redescendra peu à peu jusqu’au 18 mars date de la fin de l’exercice.