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Auteur/autrice : admin_lvdr

180 millions d’euros de travaux pour moderniser le réseau de Midi-Pyrénées en 2016
Le 26 janvier, à moins d’un an de la fin des conventions liant la SNCF aux régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, les directeurs Midi-Pyrénées de SNCF Mobilités, Jacques Rascol, et de SNCF Réseau, Pierre Boutier, ont présenté, peut-être pour la dernière fois, les perspectives du ferroviaire en Midi-Pyrénées. « La SNCF travaillera avec le conseil régional pour faire du ferroviaire un atout de la construction de la grande région Midi-Pyrénées–Languedoc-Roussillon », ont-ils affirmé. La nouvelle entité créée au 1er janvier compte désormais 2 900 km de voies (1 560 en Midi-Pyrénées) et transporte 37 millions de voyageurs (20 en Midi-Pyrénées) dans 800 trains (435 en Midi-Pyrénées).
Avec 180 millions d’euros d’investissement, la modernisation du réseau Midi-Pyrénées se poursuit. A la gare Matabiau, deux voies seront renouvelées en juillet tandis qu’une voie nouvelle de 115 mètres, la 1C, sera mise en service à la fin de l’année. La construction d’un poste de commande à grand rayon d’action, première brique de la commande centralisée du réseau, débutera en mars pour une livraison fin 2017. L’organisation des circulations des trains par blocs indépendants, amorcée fin 2009 par le nord-est, s’achèvera d’ici fin 2016 par le bloc central commandant les circulations Montauban – Toulouse – Carcassonne.
Le 4 janvier, le préfet de Haute-Garonne a déclaré d’utilité publique les aménagements ferroviaires au nord de Toulouse dans le cadre du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). En 2016, 19 km de voies y seront aménagés afin d’autoriser simultanément deux circulations lentes (TER et fret) et deux rapides (TGV et trains sans arrêts). Un terminus TER partiel sera créé à Castelnau-d’Estrétefonds. L’axe Toulouse – Tarbes verra 150 km renouvelés d’ici 2020 dont, en 2016, les sections Toulouse – Empalot – Portet – Saint-Simon et Capvern – Tournay.
La modernisation des gares bénéficiera de 6,7 millions d’euros, dont 3 millions pour la seule gare Matabiau (rénovation du hall d’arrivée avec la création d’une nouvelle salle d’attente). Cinq gares seront transformées en pôle d’échanges multimodal dont Castres et Pamiers.
En Languedoc-Roussillon, près de la moitié des voies et 85 % du réseau structurant (820 km) seront renouvelés entre 2015 et 2025 pour près d’un milliard d’euros, le plus gros programme d’investissement de France.
Catherine Sanson-Stern

Virginie Hourdin-Brémond est nommée directrice de la Communication du Groupe Geodis
Virginie Hourdin-Brémond, 50 ans, est diplômée d’une maîtrise de droit des affaires et fiscalité et d’un master d’information et communication de l’université Paris-Assas.
Elle a débuté sa carrière à la communication du CIC Paris et de la Banque Hervé. En 1994, elle entre chez Chronopost en tant que responsable de la Communication interne et institutionnelle. En 2000, elle rejoint le Groupe Renault dans lequel elle est en charge de la professionnalisation et de l’animation du réseau international de communication puis, en 2003, elle devient responsable de la Politique de communication interne du groupe.
Elle rejoint Alstom Transport en 2007 au poste de directeur de la Communication externe. Depuis 2013, elle occupait les fonctions de directeur des Relations média et de la Communication digitale de Groupe Alstom.
Oslo va bannir les diesels lors des pics de pollution
La municipalité d'Oslo, en Norvège, va adopter une réglementation d'urgence visant à bannir la circulation des véhicules diesel lors des pics de pollution qui peuvent se produire en hiver, a annoncé le 3 février la responsable des questions d'environnement et de transport.
Un arrêté municipal, qui devait être examiné jusqu'au 25 février, devait être présenté dès le lendemain au conseil municipal dirigé depuis l'an dernier par une coalition réunissant la gauche et les écologistes.
Le texte, dont l'adoption ne fait guère de doutes, devrait interdire la circulation sur les routes municipales aux voitures à propulsion diesel – sauf quelques exceptions comme les véhicules de livraison ou des moteurs diesel de dernière génération (Euro VI) – lorsque la concentration en dioxyde d'azote (NO2) est élevée.
Selon les médias, la municipalité veut aussi fermer près de 1 200 places de parking municipal lors des pics de pollution.
La nouvelle équipe municipale avait déjà annoncé l'an dernier qu'elle voulait bannir les voitures du centre-ville d'ici à 2019. Les voitures zéro émission représentent aujourd'hui près de 20 % des nouvelles immatriculations de véhicules en Norvège.L’Aquitaine saisit le régulateur sur quatre liaisons d’autocars
La région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes a annoncé le 2 février avoir saisi l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) pour obtenir l’interdiction ou la limitation de quatre lignes d’autocars qui portent selon elle atteinte à l’équilibre économique de liaisons ferroviaires régionales.
La région demande l’interdiction de la ligne de car Niort – Poitiers, exploitée par l’opérateur allemand Flixbus, et celle reliant Brive-la-Gaillarde à Périgueux, opérée par la société des Courriers Rhodaniens, membre du groupement de PME françaises Starshipper. Et elle réclame la limitation des lignes Limoges – Brive (Flixbus) et Mont-de-Marsan – Pau (Starshipper).Un millier de scooters en libre service à Paris à partir de l’été
Un millier de scooters électriques de l'entreprise Cityscoot seront progressivement déployés à Paris à partir de l'été, à la suite d'une période de test qui s'est révélée « encourageante », a annoncé le 2 février la mairie.
Le service sera ouvert sept jours sur sept, de 7h à 1h, à toute personne de plus de 20 ans ayant la capacité légale de conduire un cyclomoteur. Cityscoot, première entreprise européenne à proposer la location de scooters en libre service, a testé depuis juin 2015 la mise à disposition de 50 scooters, avec le soutien de la Ville de Paris.
Sur « les seuls trois derniers mois, 1 200 testeurs ont effectué près de 4 500 trajets, chaque scooter a été utilisé plus de 3 fois par jour », ajoute la mairie selon qui pour expliquer leurs motivations, les testeurs citent deux facteurs principaux, le respect de l'environnement et la rapidité de ce mode de transport.Dominique Schmitlin devient directeur Sûreté du lien fixe sous la Manche
Dominique Schmitlin, lieutenant-colonel de gendarmerie et ancien officier de l’armée de terre, a 33 ans de services militaires à son actif au moment où il quitte la gendarmerie nationale pour rejoindre Eurotunnel.
Il a commencé sa carrière en tant que commandant d’escadrille dans les régiments d’Hélicoptères de combat de l’armée de terre, puis en tant qu’officier de gendarmerie nationale, il a été pendant 10 ans directeur de différents sites français, accumulant des expériences d’encadrement et une technicité de protection de sites – comme par exemple des centrales nucléaires – aussi bien que d’assistance et de sécurité de personnes civiles ou bien de sécurisation de grands événements.
Passé ensuite à la direction de la Sécurité aéronautique d’Etat et au Bureau d’enquête accident de la défense (Air) en tant que chef de projet, il est intervenu en tant qu’expert de cellules de gestion de crise ; il a eu l’occasion de travailler tant en France qu’à l’étranger au cours de sa carrière.
Dominique Schmitlin est en charge des départements Sûreté et Flor (First line of response) du tunnel sous la Manche (Royaume-Uni + France) à partir du 1er février 2016, qui mobilisent 300 vigiles et agents de sécurité, pour un service 24h/24 et 365 jours par an.
Il est rappelé que les Etats sont seuls responsables du contrôle de la frontière.
Rezo Pouce, la nouvelle façon de se transporter en zone rurale
Après le transport à la demande pour desservir à moindre coût les zones peu denses, voici l’auto-stop organisé. C’est en tout cas une des solutions envisagées par le groupe Transdev qui vient de signer, le 25 janvier, un accord de partenariat à Montauban dans le Tarn-et-Garonne avec l’association Rezo Pouce créée en 2011 et qui commence à avoir un certain succès dans la région. « C’est une innovation frugale, simple, astucieuse et solidaire de faire “voiture en commun”, c’est pour tout cela qu’elle nous a séduits, explique Laurence Broseta, directrice générale France de Transdev. C’est aussi une réponse adaptée au besoin des collectivités de desservir tous les territoires malgré des budgets très contraints. » « Il suffit qu’environ 4 à 5 % de la population d’un territoire se montre solidaire pour que le système fonctionne », assure de son côté Alain Jean le fondateur de Rezo Pouce.
Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ? Des arrêts sont identifiés par un panneau vert montrant un pouce en l’air. L’utilisateur s’y positionne tenant le panneau de sa destination bien visible et l’automobiliste solidaire – reconnaissable au macaron Rezo Pouce collé sur son pare-brise, s’arrête pour l’emmener. La participation financière est à la convenance de chacun, et le plus souvent absente. « D’après nos enquêtes, les gens n’attendent jamais plus de 8 minutes que quelqu’un s’arrête pour les prendre, et c’est plus souvent 3 à 4 minutes », assure Alain Jean. Le réseau compte à ce jour 140 communes, principalement en Midi-Pyrénées et Haute-Savoie. Mais des déploiements sont en cours, notamment dans le parc du Gâtinais et dans le département des Yvelines, qui devraient porter le nombre de communes adhérentes à 350 d’ici à la fin de l’année. Les collectivités qui souhaitent adhérer au dispositif payent une adhésion allant de 5 000 à 16 000 euros (selon leur taille) la première année, de 2 500 à 6 000 ensuite.
L’initiative est portée par une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), dans laquelle Transdev a pris une participation financière de 100 000 euros. Particulièrement adapté aux territoires ruraux où l’habitat est bien trop diffus pour mettre en place le moindre service de transport rentable, Rezo Pouce fonctionne dans le Grand Montauban, précisément parce qu’il s’agit d’une agglomération de huit communes, dont sept rurales, la plus grande comptant 3 600 habitants. La ville elle-même est aussi très étendue, avec ses 13 500 hectares et 150 km de voirie, c’est la deuxième commune la plus étendue de France, après Arles. « En 2012, la proposition de Rezo Pouce est tombée à pic pour le Grand Montauban qui réfléchissait à créer une plateforme de covoiturage », rappelle sa présidente Brigitte Barèges.
210 personnes sont adhérentes à Rezo Pouce (35 arrêts), qui s’inscrit officiellement dans la continuité du réseau Le Bus TM et ses sept lignes de bus (21 véhicules transportant 3 millions de voyageurs par an), géré par Transdev depuis 2006. « Il arrive souvent que des conducteurs sans macaron s’arrêtent, nous conseillons à nos utilisateurs de se fier à leur instinct et de monter dans l’automobile s’ils se sentent en sécurité », précise Alain Jean. Selon lui, cette initiative doit permettre à terme de « faire baisser le nombre de voitures et d’améliorer le lien entre les personnes ». Même s’il reconnaît que les principaux utilisateurs sont les jeunes et les personnes en situation précaire.
L’arrivée de Transdev devrait professionnaliser le dispositif. D’abord par la promotion nécessaire à sa diffusion. D’ailleurs, le groupe a déjà proposé l’auto-stop organisé à Airbus Toulouse, dont il transporte les salariés et l’a inscrit dans sa réponse à l’appel d’offres pour la DSP du réseau de Narbonne. Ensuite par son soutien technique. Sa filiale Cityway va développer une application mobile pour cet automne. « L’appli devra permettre de se géolocaliser, de dire qu’on est en attente et comprendra une fonction sécurité, rassurante pour les utilisateurs. Ce sera peut-être un QR-code à flasher », déclare Alain Pittavino, président de Cityway. Et voilà comment une invention vieille comme le monde, l’auto-stop, devient une fashion attitude !
Cécile NANGERONI
Pour l’association de défense des victimes de Brétigny, la SNCF a sciemment mis les voyageurs en danger
C’est sous un nouveau chef d’inculpation que l’association « Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny » souhaiterait voir la SNCF comparaître au procès du déraillement du 12 juillet 2013 « On ne se dit pas en colère pour que ça fasse des petites phrases sur “les victimes en colère” dans les médias pendant quelques jours. C’est l’affaire de la justice de décider dans quelle mesure elle considère que la SNCF s’est rendue coupable ou non de subornation de témoins en leur dictant et en contrôlant les réponses de ses agents pour préparer les auditions suivantes. » Et pour elle, dans une certaine mesure, la SNCF est « dans sa logique quand elle se justifie en assurant qu’elle aide ses agents à se défendre ».
Réagissant à la publication le 27 janvier de l’article du Canard Enchaîné, Thierry Gomez, le président de cette association crée en avril 2015, reconnue d’utilité publique et qui s’est constituée partie civile, précise : « Ce qui préoccupe les victimes c’est que toute la vérité soit établie. Savoir ce qui aurait dû être fait pour éviter ce déraillement. Et que cela ne se reproduise plus. La SNCF assure qu’elle veut la même chose, mais c’est un double discours. »
Pour l’association, la SNCF pourrait n’être plus poursuivie pour mise en danger de la vie d’autrui « par imprudence ou maladresse » comme c’est le cas actuellement mais par « violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ». « Ce qui change tout », remarque Thierry Gomez.
Avocat de l’association, maître Gérard Chemla précise qu’il appartient au parquet de s’autosaisir. Mais de nouvelles questions doivent en effet être posées. A la fois à la lumière de ce qui ressort des fameuses écoutes que les magistrats ont fait pratiquer sur les téléphones de certains cadres de la SNCF mais aussi au vu des informations ressortant de l’expertise complémentaire que celle-ci a elle-même demandée. Les conclusions en ont été rendues publiques par le parquet le 19 janvier.
Pour lui, ce que mettent en évidence l’ensemble des écoutes dont, « fidèle à ses pratiques, Le Canard Enchaîné ne révèle pour l’instant qu’une petite partie, c’est que la SNCF essaie d’épargner ses agents en dissimulant la connaissance qu’ils avaient de la situation à Brétigny mais derrière cela, cherche à cacher la responsabilité de l’entreprise elle-même. »
A partir de l’ensemble de ce que l’on sait : « soit, explique-t-il, on est en effet devant des défaillances dans la maintenance, des négligences et des confusions et alors on peut parler d’imprudence ayant eu des conséquences involontaires. Soit on est devant un danger qui avait bel et bien été identifié et signalé depuis 2008 et qui a mis délibérément en danger la vie des voyageurs parce qu’on n’y a pas remédié. »
Et au-delà, poursuit vivement l’avocat, « se pose la question de savoir si la situation locale identifiée à Brétigny est une exception isolée sur le réseau ».
Dans le cas de Brétigny, l’association s’appuie sur l’ensemble des conclusions des expertises. Mais elle s’émeut aussi par exemple d’un bilan de veille technique interne rédigé le 11 juillet 2013. Et versée au dossier par la PJ de Versailles chargée de l’enquête. Une note qui faisait état du délabrement des installations en ces termes : « De gros soucis à Brétigny. Il est nécessaire que le DU [le dirigeant d’unité, NDLR] intervienne afin de redresser la barre […] ». Le lendemain, c’était l’accident du Paris – Limoges.
« Qu’a fait la hiérarchie de cet avertissement ? », demande l’association qui défend les 222 personnes ayant déclaré des dommages corporels ou psychologiques à la suite de la catastrophe.
Le 15 janvier dernier, rappelons-le, le dirigeant de proximité de l’époque, nouvellement arrivé à ce poste (et qui, relève Thierry Gomez, « n’avait donc pas la mémoire de l’état du site ») ainsi que deux de ses subordonnés au moment des faits – ont été placés tous les trois sous le statut de témoin assistés. Pour M. Gomez, « il serait trop facile que des cheminots en poste sur le terrain soient seuls incriminés. C’est la hiérarchie qui organise les tournées d’inspection des infrastructures, qui assure les remontées d’information et la formation des personnels. Et dès le premier rapport judiciaire, il était fait état de manquements dans l’entretien des installations mais aussi d’une mauvaise organisation des équipes et de procédures de maintenance incohérentes dans l’entreprise. »
Ce qui le met surtout en colère parmi les révélations du Canard Enchaîné, plus que les briefings/débriefings des agents interrogés par le service juridique de l’entreprise, c’est, insiste-t-il, « la révélation par exemple de cette autre note interne sur l’accident qu’un cadre a été contraint de corriger. Les écoutes pratiquées par les magistrats le prouvent » : alors qu’il évoquait dans son rapport le changement d’« appareils de voie en très mauvais état », on lui demande de retirer l’expression « en très mauvais état ». Une « correction » qui illustre, pour Thierry Gomez, les « stratégies de dissimulation » mises en place. Ce qui est en mauvais état pour lui aujourd’hui, ce sont les relations de l’association avec la SNCF, « la méfiance grandissante des victimes ». « Elles attendent aujourd’hui des réponses de l’entreprise. » Il s’en est ouvert directement à Guillaume Pepy avec lequel il reste en contact.
En attendant, considérant que l’association n’a pas de fonds comparables à ceux de la SNCF, maître Chemla annonçait le 28 janvier son intention de l’assigner dans les jours qui suivent devant le juge des référés d’Evry. Il souhaite obtenir qu’elle soit condamnée à lui verser une provision rééquilibrant les moyens des parties. Une SNCF qui serait dès lors contrainte de financer ceux qui l’accusent. Les voies de la justice ne sont pas toujours faciles à suivre.Christian Estrosi se proclame président de la commission Transports de l’ARF
Après la désignation de Philippe Richert (LR) à la tête de l’Association des régions de France (qui devrait s’appeler à l’avenir le Conseil des régions de France), seuls ont été nommés le vice-président délégué, le socialiste François Bonneau, la première vice-présidente, Valérie Pécresse (LR), et la trésorière Marie-Guite Dufay (PS). Quant aux autres vice-présidents et leurs délégations, leurs noms devraient être dévoilés officiellement lors du prochain bureau qui doit se tenir en février.
Ce qui n’a pas empêché Christian Estrosi d’annoncer par un tweet qu’il devenait le président de la commission Transports de l’association. Le président LR de la région Paca remplacera à ce poste le socialiste Jacques Auxiette.Même si l’étiquette politique change, la continuité devrait être de rigueur. L’ARF a déjà annoncé il y a presque deux ans qu’elle souhaitait avoir la possibilité d’ouvrir à la concurrence le transport ferroviaire régional. Christian Estrosi a aussi indiqué lorsqu’il était en campagne qu’il souhaitait la libéralisation dans sa région en 2019, date d’échéance de sa convention avec la SNCF. Il faut aussi noter que, à peine élu, il a rencontré le 23 décembre le président de la SNCF Guillaume Pepy pour amender la convention TER. Un avenant devait être signé en janvier sur la sécurité des voyageurs et la lutte contre la fraude. Une indemnisation des voyageurs en cas de retards et de suppressions de trains devrait être appliquée dès ce mois de février. A peine élu, Christian Estrosi commence à imprimer sa marque.
TGV Tours – Bordeaux : et si l’exploitation était bénéficiaire ?
Ulcérés par l’attitude de la SNCF qui affirme que l’exploitation de la future ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux lui fera perdre beaucoup d’argent (de 150 à 200 millions d’euros), les services de l’ancienne région Aquitaine ont fait leurs calculs : selon eux, le bilan d’exploitation sur la ligne Paris – Bordeaux devrait au contraire s’améliorer de 80 millions d’euros.
Mais si la SNCF reste vague sur sa méthode de calcul de ses pertes, les chiffres utilisés par l’Aquitaine semblent eux aussi pour certains sortis du chapeau. L’étude réalisée en interne indique d’ailleurs que depuis 2009, la SNCF ne fournit plus de données sur le trafic ni sur les taux d’occupation de ses trains ligne par ligne. D’où un certain nombre d’hypothèses.
L’étude part du principe qu’il y aura 22,5 allers-retours quotidiens sur la ligne nouvelle Tours – Bordeaux. Soit 14 400 trains par an. « Le coût du péage entre Paris et Bordeaux, actuellement de 7 000 euros par an, passera à 15 000 euros par train », indique l’étude que Ville, Rail & Transports s’est procuré. Ce qui représente tout de même plus du doublement de ce coût ! Rapportées au nombre de trains annuels, les charges de la SNCF devraient alors augmenter de 101 millions d’euros. Auxquelles il faut ajouter l’amortissement des 40 nouvelles rames duplex commandées pour la ligne. Cet amortissement est évalué à 37 millions d’euros annuels. Selon les auteurs de l’étude, ce sont les deux principales charges puisque les autres dépenses seront largement compensées par la productivité obtenue (rames neuves donc moins de maintenance, rotations plus rapides des rames et des personnels ce qui permet un meilleur rendement, etc.).
Du côté des recettes, le taux d’occupation évaluée actuellement à 75 % passerait à 85 %. Une progression qui pourrait sembler réaliste mais, comme elle s’applique à des rames duplex plus capacitaires, l'évolution globale semble optimiste. Le produit moyen par voyageur est censé s’améliorer de 20 %, passant de 50 à 60 euros par trajet. L’évolution de la recette par rame devrait donc progresser de plus de 11 000 euros estime l’étude. Multipliée par le nombre de trains annuels, la recette s’établirait à 218 millions d’euros. D’où un bilan positif de 80 millions d’euros, qui fait dire aux auteurs de l’étude que « l’accroissement des recettes compensera très largement l’augmentation des charges ». Et sur lequel se basent les élus régionaux pour continuer à réclamer plus de dessertes que les 16,5 allers-retours quotidiens annoncées par le gouvernement à la fin de l’année. Alain Rousset, le président de la nouvelle région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes, continue d’affirmer son espoir d’obtenir sous peu un 17e aller-retour.