Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Oslo veut fermer son centre aux voitures

    Oslo veut fermer son centre aux voitures

    Comme d'autres villes avant elles, telles Athènes, Amsterdam ou Bruxelles, Oslo, la capitale de la Norvège, veut bannir de son centre les voitures particulières d'ici à 2019… La nouvelle coalition qui s'apprête à diriger la ville va prendre des mesures visant à diviser de moitié ses émissions de gaz à effet de serre.  La plateforme présentée le 19 octobre par le parti travailliste et ses alliés, la Gauche socialiste et les écologistes, vainqueurs des élections municipales du 14 septembre après près de deux décennies de règne de la droite, contient aussi une autre mesure-phare :  elle compte retirer ses investissements du secteur des énergies fossiles, ce qui en fait la première capitale au monde –a fortiori d'un pays producteur d'hydrocarbures– à annoncer un tel désengagement, selon les défenseurs de l'environnement.

      

  • Colombie : le tram Translohr en service à Medellín

    Colombie : le tram Translohr en service à Medellín

    Le tramway NTL (New Translohr, détenue à 51 % par Alstom) est entré en service le 15 octobre sur la ligne d’Ayacucho à Medellín, en Colombie. Les tramways sont exploités par… style= »margin-top: 15px; margin-bottom: 15px; padding: 0px; font-family: arial; font-size: 15px; line-height: 20px; background-color: rgb(255, 255, 255); »>
    … Metro de Medellín sur la ligne de 4,3 km de long qui relie les métros A et B de la ville et deux nouvelles lignes de métrocâble. Une première section de la ligne de tramway, qui dessert neuf stations, a été ouverte le 15 octobre 2015 et devrait transporter près de 85 000 voyageurs par jour.

    En avril 2012, la ville de Medellín a commandé, pour 42,3 millions d’euros, 12 tramways sur pneus Translohr STE 5 (39 m de long) à NTL. Un matériel maniable, pouvant gravir de fortes rampes, bien adapté aux caractéristiques de la ligne. Alstom, en tant que leader du consortium UT Alstom-Sytecsa, fournit également l’alimentation électrique pour l’ensemble du projet.

  • Bombardier : Didier Fernandes nommé Directeur du site de Crespin et Directeur des Opérations France

    Bombardier : Didier Fernandes nommé Directeur du site de Crespin et Directeur des Opérations France

    A partir du 22 octobre, Didier Fernandes devient Directeur du site de Bombardier à Crespin, premier site industriel français avec 2200 salariés.

    Il est également nommé Directeur des Opérations France au sein du groupe Bombardier Transport.

     

     

     

    Didier Fernandes a rejoint Bombardier, en 2009, en tant que Directeur du site Bogies à Crespin puis a dirigé le projet Francilien de 2011 à 2015.

     

    Didier Fernandes est diplômé de l'Ecole Supérieure des Arts et Métiers (ENSAM). 

  • Courbevoie : la navette TAD exploitée par la RATP en direct

    La RATP va exploiter Curviabus le service de transport à la demande de Courbevoie (92), à partir du 29 octobre prochain. Cette navette municipale qui relie les différents services de la ville (services administratifs, hôpital, centres culturels, marchés), en une boucle de 29 arrêts, est aujourd’hui opérée par Transdev.
    A la fin du mois, l’exploitation sera réalisée par le centre bus de Défense Ouest, la centrale de réservation et les téléopérateurs seront assurés par FlexCité, la filiale spécialisée dans le transport à la demande et le transport de personnes en situation de handicap. « Il s’agit du premier service de transport à la demande remporté en direct, explique la RATP, les autres marchés des transports à la demande étant habituellement gérés directement par FlexCité. »

  • Issy-les-Moulineaux veut être la smart city de la mobilité

    En s’appuyant sur un territoire volontaire, celui d’Issy-les-Moulineaux, le projet So Mobility cherche à démontrer qu’une vision transversale de la mobilité peut influencer le développement des nouveaux usages. Les partenaires (la ville, Transdev, Cisco, Colas, la Caisse des dépôts, Engie et Bouygues Immobilier) récemment regroupés dans un consortium se proposent d’agir sur les comportements, proposer des pistes réglementaires, et définir des expérimentations grandeur nature qui valideront les choix d’architectures et les dispositifs pertinents. Pour cela, le consortium associera les salariés des grandes entreprises, les citoyens de la ville, les pouvoirs publics et les entrepreneurs.

    So Mobility cherche également à trouver un modèle économique le plus économe possible en fonds publics. « La méthode sera ouverte, collaborative et les acteurs du numérique et de la mobilité seront sollicités », explique-t-on dans un communiqué. Quatre axes de travail ont été identifiés – agir sur le trafic, faciliter le stationnement, développer une application multimodale en temps réel et anticiper les nouveaux modes de déplacements. So Mobility veut se différencier en traitant ces axes transversalement. En développant des stratégies qui mobilisent d’autres éléments que les seules infrastructures de transport, et notamment les outils de la mobilité numérique, le consortium entend mener une approche innovante de la mobilité urbaine, guidée par les usages.

     

  • Zipcar investit les principales gares françaises grâce à l’appli iDPass

    Pour sa première bougie en France, Zipcar, leader de l’autopartage, a noué un partenariat avec la SNCF, lui assurant une présence dans les dix plus grandes villes françaises et dans 27 gares (dix en Ile-de-France et 17 en province dont Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes et Bordeaux). L'idée est d'offrir aux abonnés de Zipcar et du programme Voyageur SNCF un service d’autopartage performant. Le service comprend carburant et assurance et Zipcar met à disposition deux à huit voitures par emplacement. Plus de perte de temps à faire la queue au comptoir pour récupérer une voiture. C'est en utilisant l'appli iDPass, lancée par la SNCF en juin dernier dans le cadre de son offre porte à porte, que l'on accédera directement à la réservation d’une Zipcar – de même qu'on trouve des VTC, taxi, véhicules électriques, la localisation des parkings et des bornes de VLS. Les membres du programme de fidélisation de la SNCF bénéficient de plus d'une réduction pour la location d'une Zipcar.

  • La FNTV à l’ère de l’autocar durable

    Deux ministres sinon rien ! Ce pourrait être le slogan du 23e congrès de la FNTV, qui restera sans doute dans les annales comme un cru exceptionnel Bouillonnants de projets, les professionnels du transport de voyageurs par autocar sont venus en masse, à Paris le 14 octobre. Ecouter religieusement en ouverture un Emmanuel Macron parlant de « choc d’activité pour le secteur et de choc de mobilité bénéfique pour l’économie ». Le ministre de l’Economie a été ovationné. Et en clôture de la matinée, c’est Alain Vidalies qui a annoncé qu’une ordonnance viendra début 2016 moderniser le cadre juridique des gares routières – actuellement régi par une ordonnance de 1945 –, précisant qu’« un projet de texte sera présenté à la concertation dans les semaines qui viennent ».
    Emmanuel Macron avait pour sa part mis les bouchées doubles pour faire paraître le matin même le décret fixant les règles des nouveaux services longue distance et instituant l’Arafer en arbitre pour les liaisons de moins de 100 km en province et de 40 à 100 km en Ile-de-France. Parce que « l’ouverture n’est pas une déréglementation à tous crins ni la loi de la jungle », a-t-il insisté. Concrètement, l’ouverture d’une ligne pourra être contestée dans les deux mois par une autorité organisatrice de la mobilité (AOM) qui saisira l’Arafer pour avis conforme. Sur la base de cet avis, l’AOM pourra dire si cette liaison déstabilise le transport de proximité, notamment par rail. Ce n’est qu’à l’issue de cette procédure, de cinq mois maximum, que les transporteurs pourront faire circuler leurs cars sur la ligne concernée. « Si au bout de deux mois une nouvelle ligne n’a fait l’objet d’aucune contestation, elle sera considérée comme ouverte », a précisé le ministre. Avant de conclure : « Maintenant cette réforme, c’est votre responsabilité. »
    Les cinq opérateurs déjà présents sur le marché (Ouibus, Isilines, Starshipper, Flixbus et Megabus) ont ensuite débattu de trois enjeux majeurs : l’impact sur les autres modes de transport – ils ont défendu complémentarité et intermodalité et réfuté la concurrence frontale avec le train – l’apport du numérique ; enfin, l’enjeu des gares routières et pôles d’échanges. Face aux opérateurs, Jacques Auxiette, président de la commission transport de l’ARF, a répété ses craintes sur l’évolution de la fréquentation des TER, sous l’effet de la concurrence des nouvelles lignes d’autocar libéralisées, en particulier de l’offre Ouibus jugée calquée sur les lignes ferroviaires et donc entrant en concurrence directe avec elles.
    D’ailleurs, le président de l’Arafer, Pierre Cardo, a déjà fait ses comptes. « Nous allons devoir élaborer une doctrine pour mesurer le déséquilibre, a-t-il dit. Et la loi a ajouté “substantiel“, il n’y a pas de jurisprudence là-dessus. » Mais suite à la consultation qui s’est achevée le 10 octobre, il dénombre « 68 lignes ouvertes à la vente aujourd’hui et 42 liaisons de moins de 100 km qui existent déjà, dont 36 qui pourraient être en concurrence avec un train conventionné ». Ce à quoi les opérateurs ont immédiatement répliqué, Jean-Marc Janaillac en tête, président de Transdev et donc de la filiale Isilines : « On ne commercialise pas ces liaisons. » « On n’a pas vocation à faire concurrence aux véhicules conventionnés », a rebondi Pierre Gourdain, DG France de l’allemand Flixbus. Certes, mais vu les prix d’appel au lancement des lignes, qui empêchera le client d’acheter un trajet plus long et de descendre de l’autocar après 70 km parcourus ?
    Les gares et pôles d’échanges que les autocaristes appellent de leurs vœux sont encore en devenir. Et si Yo Kaminagai, responsable du Design a la RATP a pu expliquer qu’« il faut de nouvelles méthodes de coconception, impliquer les AO en amont pour réussir », Patrick Ropert, DG de Gares & Connexions, affirme pour sa part qu’« il y a un existant assez important de quais routiers pas assez utilisé ». Un avis que ne partage pas Laurence Brosetta, DG France de Transdev, qui rappelle que selon la FNTV et cinq critères jugés indispensables pour ces gares, « seules 50 % des préfectures en France disposent d’une gare routière ».
    Enfin, le débat houleux sur la question – complexe – de l’autocar « durable » montre, s’il en était encore besoin, à quel point le sujet est sensible. Impossible de réunir les points de vue très tranchés entre des écologistes taxés de rêveurs et de riches et des élus de droite, comme Robert Assante vice-président de Marseille Provence Métropole ou Louis Nègre, président du Gart, sénateur et maire de Cagnes-sur-Mer, prônant le pragmatisme et le réalisme au regard des finances locales et des investissements réalisés par les industriels dans la norme Euro VI. On a pu assister à une joute verbale avec des points de vue impossibles à réconcilier.
    L’élu parisien Christophe Najdovski (EELV), défendant l’interdiction d’accès à la capitale aux cars les plus polluants a ainsi rappelé que si ces véhicules représentaient 0,5 % de la circulation, c’était « 2 à 5 % de la pollution locale. Impossible de ne pas réagir d’autant qu’elle est fortement ressentie localement ». « Quand on a les moyens de sa politique, c’est facile, Paris est riche. Que la transition énergétique se fasse doucement », a vertement rétorqué Louis Nègre. Succès assuré devant une salle tout acquise à la cause du diesel Euro VI « reconnu comme propre », comme l’a encore précisé le vice-président de la FNTV, Jean-Baptiste Maisonneuve, en allusion au décret d’application de la loi de Transition énergétique sur les véhicules « basses émissions ».
    Finalement, seul le vice-président Transports EELV au conseil régional d’Ile-de-France et VP du Stif aura eu le courage politique d’affirmer haut et fort la fin du diesel pour les bus et les autocars franciliens (2 000 de grande couronne affiliés à Optile). Pierre Serne a lancé « un appel extrêmement fort aux constructeurs qui ont beaucoup de retard puisqu’en catalogue, il n’y a que du diesel ». L’élu rappelant par ailleurs que « la question du degré de pollution des cars est aujourd’hui d’autant plus pertinente que le doute s’est instillé avec l’affaire Volkswagen sur toutes ses gammes de véhicules ». Le géant chinois Yutong représenté par son vice-président Kent Chang a pour sa part répondu présent. La marque, qui dispose de 15 usines hors de Chine, a déjà commercialisé 8 000 bus et cars full électriques. « Notre priorité c’est l’Europe », a dit Kent Chang. Pour les 9 000 véhicules franciliens qui, c’est promis seront tous à motorisation alternative au diesel en 2025, « la seule question, c’est qui ira le plus vite, a encore assuré Pierre Serne. Ça fait trois ans que c’est voté, qu’on a prévenu qu’on n’achèterait plus de diesel. La filière doit s’organiser en conséquence. » Cela n’a pas empêché Michel Seyt, président de la FNTV de conclure d’un « il va falloir accepter l’Euro VI encore un peu car il n’y a pas d’alternative crédible en France »… Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, est-on tenté de constater.

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  • Keolis s’interroge sur le tout-électrique

    Depuis quatre mois, Keolis exploite trois midibus tout électriques très innovants (auxquels s’ajoutent sept bus électriques-hybrides) sur la ligne 55, d’une dizaine de kilomètres, traversant le centre-ville de Göteborg, en Suède. L'expérimentation qui doit durer trois ans, se fait en coopération avec l’autorité locale organisatrice des transports (Västtrafik) et le constructeur Volvo qui a proposé ce test. Elle entre dans le cadre du projet ElectriCity qui se veut un programme liant la recherche, le secteur industriel et la société civile locale.

    Ces bus longs de 10,7 mètres offrent la même capacité qu’un bus standard de 12 mètres (86 places), assure Volvo. Ils se rechargent en mode aérien en 6 minutes dans une des deux stations terminus conçues par Siemens et dotées d’un pantographe. Ce qui permet de gagner du poids sur le véhicule (la charge des batteries à embarquer est moindre) et du même coup de gagner en autonomie. La consommation d’énergie du bus serait inférieure de près de 80 % à celle d’un bus diesel équivalent.

    S’il est encore trop tôt pour tirer des enseignements de ce test, d’autant que Volvo propose cette solution « clés en main » en assurant la maintenance, Keolis y voit une belle opportunité pour en apprendre plus sur cette technologie.

    « Quand on parle de bus électriques aujourd’hui, on évoque en fait de petits bus en centres-villes (si on excepte bien sûr les trolleybus) », rappelle Xavier Hubert, le directeur industriel de Keolis. Les questions qui se posent tournent essentiellement autour de la batterie, de son poids et de sa capacité de stockage. » Et bien sûr autour de son coût. Un bus électrique coûte 450 000 à 500 000 euros (contre environ  220 000 euros pour un bus diesel).

    Les batteries doivent être remplacées tous les cinq à sept ans pour 175 000 à 225 000 euros! D’où l’importance de connaître précisément leurs performances. Toutes ces incertitudes empêchent d’évaluer les coûts réels d’exploitation de ces véhicules. Ce qui n’empêche pas la RATP par exemple de se dire persuadée qu’ils seront inférieurs de 20 % à ses coûts actuels en tablant sur une baisse des prix à l’avenir.

    Selon Xavier Hubert, les chiffres sont à manier avec d’extrêmes précautions. « Contrairement à la recharge lente la nuit en dépôt, la recharge en station présente le gros avantage de nécessiter moins de batterie, ce qui est moins coûteux, moins lourd et génère moins de recyclage. Car le recyclage des batteries pourrait être problématique à l’avenir. » A contrario, la recharge en station doit relever plusieurs défis, notamment « l’intégration dans le paysage urbain, une flexibilité plus difficile en cas de travaux dans une rue par exemple, enfin une mutualisation du parc qui peut être compliquée ».

    Keolis, qui veut renforcer sa présence en Suède (la filiale de la SNCF vient de répondre à un appel d’offres très important sur les trains de banlieue de Stockholm), souhaite « comprendre ce qui se passe sur le terrain pour identifier les solutions de long terme ». « Nous adoptons un discours de prudence. Il est beaucoup trop tôt pour avoir des certitudes. Ce qui marche aujourd’hui, c’est l’hybride ! », résume Jean-Pierre Farandou, le président de Keolis.

    A l’heure de la COP21, l’exploitant veut donc s’afficher comme un opérateur soucieux d’écologie, même s’il n’a pas encore toutes les réponses. En Suède du moins, c’est clair : la flotte exploitée par l’opérateur français fonctionnant aux énergies fossiles est passée de 42 % en 2012 à seulement 9 % en 2014 en Suède. Entre les bus hybrides, les bus au gaz et les quelques véhicules électriques, il ne devrait plus avoir de bus au tout-diesel au premier trimestre 2016 dans la flotte de Keolis à Stockhom et à Göteborg. Un exemple à suivre…

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  • Keolis seul en lice à Lyon

    Pour l’appel d’offres de la DSP lancé par le Sytral (Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise), qui arrivait à terme le 15 octobre, seul Keolis, l'opérateur en titre, a déposé un dossier. « La concurrence est évidemment préférable, mais l’absence de pluralité de candidats ne nous empêchera pas de négocier au mieux de notre intérêt et de nos objectifs », affirme Annie Guillemot, la nouvelle présidente du Sytral. Lors de la précédente consultation en 2010, Transdev et Veolia étaient au départ et avaient été indemnisés au final de 750 000 euros pour un travail de préparation représentant 15 000 pages.

    Habituée des appels d’offres dans son – ancienne – mairie de Bron, la nouvelle présidente passe cette fois-ci au niveau supérieur avec un contrat – le deuxième après Paris – qui représente plus de deux milliards d’euros sur la période 2017-2022, un niveau de recettes de 1,5 milliard d’euros environ et un endettement d’un peu plus d’un milliard. L’absence de concurrence ? « Ce n’est pas un problème, on négocie tout point par point », rétorque Raymond Deschamps, directeur général du Sytral qui, en 25 ans de maison, en est à sa cinquième DSP. Pour lui, les candidats ne sont pas légion à pouvoir postuler à un réseau de la taille de celui de Lyon. Veolia Transport absorbé, « Transdev a fait son choix »,commente-t-il sobrement, celui de ne pas participer. Pour certains, comme le rapporte l’hebdomadaire satirique Les Potins d’Angèle, l’opérateur semblait avoir peu de chances face à la position désormais acquise par Keolis à Lyon, « sa » place forte. Les exigences du Sytral seraient aussi telles qu’elles décourageraient les candidatures. Quant à RATP Dev, qui a semblé intéressé au début, il n’a pas donné suite. Au Sytral, on analyse ce retrait rapide comme sa volonté de se concentrer sur sa zone historique et l’international. Dans ces conditions, le « one to one » Sytral-Keolis a toutes les chances de s’apparenter à un rapport de force négocié, dont avait le secret Bernard Rivalta, l’ombrageux prédécesseur d’Annie Guillemot. Celle-ci affiche d’ailleurs sa détermination en n’excluant pas, au besoin, de déclarer « l’appel d’offres infructueux ».

    Quoi qu’il en soit, le groupe Keolis souhaite à l’évidence conserver la gestion du réseau lyonnais dont il a fait une vitrine de son développement à l’étranger. Au point d’implanter à Lyon son département International et d’organiser, en étroite collaboration avec le Sytral, l’accueil de plus d’une centaine de délégations chaque année venues visiter l’excellence du réseau TCL. A Keolis tenté de se plaindre des objectifs drastiques et des risques imposés par le Sytral, Bernard Rivalta répondait que les transports collectifs n’ont pas vocation à conforter les dividendes du groupe. Par ailleurs, dans le cadre d’une procédure en 2014, le rapporteur public du tribunal administratif de Lyon avait estimé que le risque de l’exploitant pouvait être évalué à une dizaine de millions d’euros seulement sur six ans.

    Keolis, filiale de la SNCF, dispose dans la discussion d’un atout non négligeable : sa maison mère a permis l’émergence de la tour Incity, voulue par Gérard Collomb, à la Part-Dieu où elle va occuper 18 étages (sur 39) début 2016. Un renvoi d’ascenseur possible au nom de l’intérêt général pourrait lever tout blocage entre Keolis Lyon et Sytral qui étudieront les ajustements au contrat au même moment.

    Claude FERRERO

  • Comité interministériel Grand Paris : Eole évite le pire

    Il y avait une date butoir. Le 20 janvier prochain au plus tard, les résultats de l’appel d’offres pour le système de signalisation Nexteo doivent être notifiés, faute de quoi il faudrait recommencer la procédure à zéro Ce qui serait évidemment catastrophique pour le calendrier de réalisation du futur RER. Le comité interministériel a autorisé au titre de l’urgence la SNCF comme elle le souhaitait à notifier le marché en temps voulu. Rappelons que c’est Siemens qui a été choisi pour ce système qui doit en un premier temps équiper les nouvelles rames destinées au RER E. Donc, on respire, à la SNCF, sur l’air de : faute de grives on mange des merles. Les grives, ce serait la convention de financement. Mais elle n’est toujours pas bouclée, et il n’est plus question d’y parvenir avant les élections régionales et l’installation du nouvel exécutif. Pas bouclée à notre connaissance pour une raison simple et toujours la même : on demande 300 millions à Paris, qui ne considère pas que ce soit son sujet. Anne Hidalgo veut d’abord honorer ses engagements de campagne, et a d’ailleurs fait des annonces ce dimanche au JDD, pour la continuation du programme de tramway, avec un tramway longeant la Seine. Quant à la proposition magique de la SNCF, de faire la trésorerie d’Eole en attendant que Paris se décide, elle en fait tiquer plus d’un. D’abord parce qu’on n’a pas la certitude absolue que Paris y aille un jour à la hauteur voulue. Et puis parce que la SNCF se rémunérerait à 9 %, Bref, pour Eole, on ne voit toujours pas le bout du tunnel.

    Le comité interministériel présidé par Manuel Valls, le 15 octobre, a sinon conforté les projets en cours, comme le prolongement de la ligne 11 ou CDG Express. Réunion qui a laissé un goût amer du côté de l’exécutif régional, dont les responsables n’avaient pas été conviés.

    F. D.