Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Pierre Veltz, docteur Cluster

    Pierre Veltz, docteur Cluster

    Au lendemain du non au référendum sur le traité européen, en 2005, Pierre Veltz alertait sur le « risque d’une dualisation de la France, entre des zones insérées dans l’économie internationale, pour le meilleur et pour le pire, et des zones où les revenus provenant de la redistribution dominent souvent de manière écrasante ». Redistribution, puisque, disait-il alors dans un entretien à Libération, « l’Ile-de-France finance les autres régions et non l’inverse ». Pas d’autre solution pour assurer l’avenir du pays que d’accrocher l’Ile-de-France à la mondialisation, en développant des clusters, permettant de renforcer le poids du local dans la mondialisation. Auteur de Villes, territoires et mondialisation (PUF), du Nouveau Monde industriel (Gallimard, 2000), de Paris, France, monde, repenser l’économie par le territoire (éditions de l’Aube), Pierre Veltz avance l’idée d’économie d’archipel pour décrire la nouvelle économie, organisée autour de grands pôles internationaux reliés entre eux.

    Ce sont ses analyses et ses convictions qui ont conduit ce polytechnicien, ingénieur du corps des Ponts et chaussées, docteur de l’EHESS, directeur de recherche (1982-1991) puis directeur de l’ENPC (1999-2003), président de Paris-Tech (2001-2003) à la direction de la mission Région Capitale auprès du secrétaire d’Etat Christian Blanc. En 2009, il est nommé délégué ministériel pour la mise en œuvre du cluster de Saclay. Aujourd’hui âgé de 69 ans (article publié en février 2014), il est PDG de l’Etablissement public de Paris-Saclay depuis octobre 2010.

    Il rappelait dernièrement dans le blog la Tribune du Grand Paris : « Implanter 600 000 m2 de bâtiments scientifiques plus quelques milliers de logements, et des entreprises, cela ne se fera pas en claquant des doigts. » D’ailleurs, « la Silicon Valley, c’est 50 ans d’histoire ». Il ajoutait : « L’autosatisfaction n’a jamais été mon genre, mais nous avançons vraiment. » Les preuves ? Le MIT a fait entrer Paris-Saclay dans son Top 8 des clusters mondiaux. Des grandes entreprises commencent à utiliser la marque Paris-Saclay.
    Même si, contrairement au projet initial défendu par Christian Blanc, Saclay ne sera pas relié en direct au centre de Paris ou à Roissy via La Défense par le métro automatique, le pôle scientifique devrait avoir, plus modestement – Sarkozy n’est plus président, et la crise mondiale est passée par là – un métro léger en 2023, connecté à Orly et donc à la ligne 14 prolongée en 2027.

     

     

  • Claude Bartolone. Direction Métropole

    Claude Bartolone. Direction Métropole

    Président de l’Assemblée nationale
      Cette fois, c’est dit : dimanche 2 février, sur France 5, Claude Bartolone, 62 ans, a déclaré qu’il avait « proposé » au maire du Pré-Saint-Gervais, Gérard Cosme (PS), sa « candidature » sur sa liste aux prochaines élections municipales. Ce qui lui permettra une fois élu (ce qui n’est pas censé poser de problème) de briguer la présidence de la future métropole du Grand Paris, début 2016. Il ne l’a pas dit aussi clairement, mais personne n’en doute, et personne ne doute que, vu son influence, il a de très fortes chances d’y parvenir. Le Monde a publié en octobre dernier un portrait intitulé Don Bartolone du 9-3 et Libération, dernièrement, un autre dans la même veine, titré : Le réseau du plus fort. Et de faire la liste des « Barto boys », des poulains, des obligés, des affidés.
    Une élection et une nomination témoigneraient dès aujourd’hui de la volonté du président socialiste de l’Assemblée nationale de devenir président du Grand Paris. Election à la présidence du syndicat Paris Métropole de Daniel Guiraud, maire socialiste des Lilas (93), vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis. Nomination à la présidence du directoire de la SGP de Philippe Yvin, ancien collaborateur de Claude Bartolone au ministère de la Ville puis au conseil général de Seine-Saint-Denis. Or, le projet actuel de Grand Paris Express sert bien la Seine-Saint-Denis. Le métro du Grand Paris de Christian Blanc passait à l’est du département, désenclavant Clichy-Montfermeil et Sevran. Le projet régional Arc Express passait dans la zone la plus dense, nettement plus à l’ouest, via Bondy et Bobigny. C’était projet contre projet, l’un ou l’autre. L’accord Etat-région du 26 janvier 2011 a validé l’un et l’autre, alors que Claude Bartolone était président du conseil général de Seine-Saint-Denis. On imagine qu’il va être très attentif à la réalisation des deux tronçons, et, plus généralement, aux intérêts de la Seine-Saint-Denis dans la future métropole. Au début de l’aventure du Grand Paris, la crainte, c’était que Paris s’étende aux dépens des départements voisins. Les frayeurs se renversent. Pour la droite parisienne, la gauche s’apprête à faire les poches des Parisiens pour combler les déficits de la Seine-Saint-Denis. On peut penser en revanche qu’un peu plus d’égalité dans les territoires ferait du bien à toute la région. Les communes d’Epinay, Saint-Denis, Aubervilliers, Clichy-sous-Bois sont parmi les plus pauvres de France.

     

  • Le Conseil d’Etat donne raison aux sociétés de VTC

    Le Conseil d'Etat a suspendu, le 5 février, l'exécution du décret qui imposait un délai de 15 minutes, imposé aux Voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) entre la réservation et la prise en charge du client,… …estimant qu’il "porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts économiques" des sociétés requérantes, qui avaient saisi la haute juridiction administrative.

    Il estime par ailleurs que le décret "nuit au développement en France d'une offre de transport de personnes sur réservation préalable. Le décret porte atteinte à la liberté du commerce et de l'industrie et à la liberté d'entreprendre".

    Le Conseil d'Etat doit à présent étudier le dossier sur le fond, afin de décider, ou non, de l'annulation définitive du décret, sans doute d'ici à la fin de l'année.

    Après l’annonce de cette décision, les syndicats de taxis demandent au gouvernement "de prendre ses responsabilités en légiférant" pour préserver leur profession.

    « Le Conseil d'Etat est en déphasage complet avec la réalité du terrain. Nous sommes en train de couler à petit feu », a réagi Nordine Dahmane (FO-taxis).

    Les syndicats de taxis manifesteront une nouvelle fois, le 10 février à Paris. Deux cortèges partiront vers 8 h à petite allure des aéroports parisiens de Roissy et Orly pour converger dans la matinée vers le Trocadéro, à Paris. Selon l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST), la mobilisation devrait être plus forte que le 10 janvier. Entre 1 000 et 3 000 taxis, selon les organisateurs, 600 selon la préfecture de police, avaient participé à la précédente opération escargot, marquée par quelques débordements et dégradations à l'encontre de VTC et taxis non grévistes. 

  • Coup de pouce pour les véhicules électriques ?

    Une proposition de loi pour accélérer le déploiement d'infrastructures de recharge de véhicules électriques sur le territoire, devraient être déposée, par les députés socialistes, « au plus tard en début de semaine prochaine », a précisé Frédérique Massat, députée de l’Ariège, une des premières signataires.

    « Le déploiement d'infrastructures de charge nécessaires à l'usage de véhicules électriques est reconnu comme une condition sine qua non pour surmonter les hésitations de nos concitoyens à se tourner vers ce mode de transport non polluant, notamment dans les zones péri-urbaines et rurales », relève l'exposé des motifs de la proposition de loi.

    En 2013, 13 954 véhicules électriques ont été vendus en France, soit une croissance de 50% en un an. Or, « un an après le lancement de l'appel à manifestation d'intérêt de janvier 2013, malgré les efforts de nombreuses collectivités, le maillage du territoire reste durablement incomplet faute d'un relais au niveau national ». Fin 2013, 8 000 points de recharge étaient ouverts au public et « l'objectif d'un doublement en 2014 paraît hors d'atteinte ».

    L'objectif, a souligné de son côté Arnaud Montebourg qui soutient la proposition de loi, est « d’accélérer le déploiement », nécessaire à la fois car « Renault-Nissan est un leader mondial du véhicule électrique » et car « l'appétit des Français est freiné par la crainte de ne pas trouver de recharge ».

    Le maillage du territoire en bornes de recharge électrique « n'avance pas car ce sont 36 000 collectivités qui doivent prendre les décisions », selon le ministre.

    L'Etat, ou un opérateur national dans lequel l'Etat a une participation, pourra implanter des bornes de recharge de véhicules électriques ou hybrides rechargeables sur le domaine public des collectivités territoriales, sans être obligé de verser de redevance si cela rentre dans un projet national, prévoit la proposition. 

  • Projet de loi dans le Maryland pour restreindre l’accès de la SNCF aux marchés publics

    Deux élus démocrates du Maryland, un Etat de l’Est des Etats-Unis où un projet ferroviaire public-privé est actuellement en gestation, ont annoncé le 4 février, avoir déposé un projet de loi restreignant… …l'accès de la compagnie ferroviaire française SNCF aux marchés publics tant qu'elle n'aura pas versé d'indemnités pour son rôle dans la déportation des juifs.

    Filiale américaine de la SNCF, Keolis America est candidate à un appel d'offres pour un contrat de 6 milliards de dollars sur la création et l'exploitation d'une ligne ferroviaire d'environ 25 kilomètres dans l'Etat.

    « Le refus persistant de la SNCF d'assumer sa responsabilité pour son rôle dans l'Holocauste reste une insulte pour ses victimes », a estimé l'une des auteurs de la proposition de loi, Joan Carter Conway, dans un communiqué.

    A l'appui de leur démarche, les deux élus citent la pétition lancée sur le site change.org par un ancien déporté, Léo Bretholtz, qui a recueilli plus de 50.000 signatures. « C'est tout à fait inconcevable que la filiale américaine de la SNCF soit désormais en compétition pour construire et exploiter (cette nouvelle liaison ferroviaire, ndlr) tout en refusant de répondre à ses responsabilités », a déclaré cet ancien déporté du camp d'Auschwitz, cité dans le communiqué.

    Réagissant à l'initiative des deux élus, le président de SNCF America, Alain Leray, a déclaré que la compagnie se livrerait à une "lecture critique" de cette proposition de loi afin de détecter une "éventuelle discrimination" à son égard vis-à-vis des autres entreprises engagées dans cet appel d'offres.

    Ces dernières années, la SNCF a dû se replonger dans ses activités passées pendant la Seconde Guerre mondiale. Réquisitionnée par le régime de Vichy, l'entreprise avait transporté 76 000 juifs de France vers les camps entre 1942 et 1944.

    En 2011, le groupe avait reconnu avoir été un "rouage de la machine nazie d'extermination" mais a, jusque-là, refusé toute indemnisation systématique des survivants et familles d'anciens déportés.

    Ce rôle a déjà valu à la SNCF d'autres actions aux Etats-Unis. En août 2013, des élus du Congrès américain ont déposé un projet de loi pour autoriser des poursuites contre la SNCF, après un précédent texte infructueux déposé deux ans auparavant.

    Fin 2010, le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, avait également dû présenter des excuses en Floride où la compagnie espérait remporter un vaste contrat, abandonné depuis, pour relier les villes d'Orlando et Tampa.

    Il y a quelques semaines, en janvier 2014, le passé de la SNCF avait été une fois de plus rappelé, alors que Keolis avait remporté un contrat d’exploitation ferroviaire dans la banlieue de Boston.

  • Groupement de commandes : Amiens et Caen se lancent

    Le 4 février, le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération caennaise (Viacités) et Amiens Métropole ont lancé leur première commande en commun dans la perspective de lancer un tramway en 2018 pour le premier, un an plus tard pour le second.
    En mutualisant deux marchés (l’étude du design du matériel roulant d’une part, et une mission d’expertise relative à la sécurité des transports guidés d’autre part), les deux autorités organisatrices attentent des synergies et des économies.
    Viacités envisage d’acheter 12 rames de 150 places et 20 rames de 210 places, tandis qu’Amiens Métropole compte acquérir 18 rames de 150 places.
     

  • Eurostar reçoit sa première rame Siemens

    Eurostar reçoit sa première rame Siemens

    C’était un moment très attendu : la livraison des nouvelles rames à grande vitesse e320 Velaro construites par Siemens qui doivent class= »rtejustify »>
    emprunter le tunnel sous la Manche à partir de la mi-2015. Eurostar a  réceptionné fin janvier la première des rames qu’il avait commandées en 2010, au grand dam d’Alstom, candidat malheureux de ce marché.

    Entre le 27 et le 30 janvier, Europorte, filiale d'Eurotunnel, a acheminé de la voie d'essais de Wildenrath (Rhénanie du Nord-Westphalie, en Allemagne) au technicentre Eurostar de Temple Mills (dans la banlieue est de Londres) ce premier train à grande vitesse qui pourra transporter 900 voyageurs au lieu de 750 pour les rames reliant actuellement Londres à Paris et Bruxelles.

    Moment très symbolique : le franchissement de la Manche par le tunnel, dans la nuit du 29 au 30 janvier. Outre l’organisation logistique du transfert en coordination avec de nombreux partenaires dans les quatre pays traversés, Europorte a mis au point un dispositif technique particulier pour permettre une communication entre la locomotive et la rame de 16 voitures via des wagons-barrières spécifiques. Au total, 10 rames Siemens doivent être ainsi acheminées d’Allemagne en Angleterre entre janvier 2014 et fin 2015, en vue d’essais complémentaires avant leur mise en service.

    D’autres innovations vont permettre de faire évoluer le service à plus court terme. Le 31 janvier, Eurostar a annoncé le lancement avec la Deutsche Bahn d'une nouvelle offre : un seul billet pour relier Londres à six villes allemandes (Aix-la-Chapelle, Cologne, Bonn, Düsseldorf, Francfort et Munich), avec correspondance à Bruxelles-Midi. Ce billet unique peut être commandé sur Internet. Par téléphone, les réservations sont également étendues aux relations entre Londres et Hambourg, Berlin, Hanovre, Essen, Duisbourg ou Brême. De quoi prendre des parts sur le marché des vols Allemagne – Londres (6,6 millions de passagers en 2012) ?

  • Les DSP devront être réformées d’ici à 2016

    Les délégations de service public devront s’adapter d’ici à la fin 2016 à de nouvelles règles européennes… class= »rtejustify »>
    Le Parlement européen a adopté en janvier trois textes législatifs sur les marchés publics et sur les « concessions » qui obligeront la France à réformer notamment la loi Sapin.
    Entre autres changements de la loi Sapin, la directive sur les concessions obligera à justifier la prolongation d'un contrat de DSP au-delà de 5 ans, par des critères d'amortissement des investissements. Des critères très « flous » qui concordent mal aux dispositions françaises actuelles.
    Côté marché public, la procédure négociée avant l'attribution du contrat sera toujours possible mais sur un mode dérogatoire. Il sera aussi toujours possible d'inclure des avenants pour modifier les contrats en cours de route, un point pour lequel la SNCF et la DB étaient montées au créneau.
    Ils seront toutefois encadrés assez strictement. L'avenant ne devra pas porter sur un montant représentant plus de 10 % du marché initial pour les services et 15 % pour les travaux… seuils bien en deçà de la plupart des avenants dans les gros marchés ferroviaires.
    La Communauté européenne du rail, la CER, a néanmoins salué l'adoption de ces directives qui amèneront plus de « sécurité juridique » aux procédures. Un petit hic toutefois, selon le directeur exécutif de la CER, Libor Lochmann, « la directive ne met pas vraiment le secteur public et privé sur un pied d'égalité ». Dans le cadre de la directive dite « sectorielle » pour les transports, les opérateurs historiques, en tant qu'entités publiques, seront obligés de passer par des procédures européennes d'appel d'offres, ce qui n'est pas les cas des opérateurs privés. Autrement dit, SNCF devra passer par l'appel d'offres mais pas Transdev, remarque-t-on à la CER.    

    Nathalie STEIWER