Auteur/autrice : admin_lvdr

  • La SNCF se replie, qui prendra la relève ?

    Malgré un contexte propice aux modes alternatifs à la route, le trafic de fret ferroviaire dégringole. La crise porte sa part de responsabilité mais la politique de restructuration de Fret SNCF est aussi en cause Paradoxe. La France se lance dans un Grenelle de l’Environnement qui projette le renforcement du rail face à la route, et Fret SNCF ne cesse de réduire la voilure. Fin janvier, le journal l’Humanité dévoilait un document de travail interne de la direction qui prévoit d’ici à 2011 un recul d’un tiers des volumes transportés par rapport à 2008. En cause l’abandon accéléré du wagon isolé, considéré comme responsable des deux tiers des pertes du fret. Si l’on ajoute la crise économique, c’est la dégringolade pour les marchandises acheminées par le rail. « La crise s’est traduite par un recul de 25 % des trafics sur le réseau. C’est rude », reconnaît Hervé de Tréglodé, le directeur du pôle commercial de Réseau Ferré de France (RFF).
    Grenelle de l’Environnement oblige, le gouvernement a annoncé en septembre dernier qu’il mettait sur la table 7 milliards d’euros en faveur du fret. Cet « engagement national » vise à améliorer le réseau classique et à créer un réseau orienté fret sur les axes structurants. Il prévoit aussi de soutenir des solutions innovantes telles que le fret ferroviaire à grande vitesse, les autoroutes ferroviaires ou les opérateurs ferroviaires de proximité (OFP). La SNCF a promis d’apporter un milliard pour développer ces pistes d’avenir, ce qui a permis de mieux faire passer son plan de réorganisation autour des seuls axes rentables.
    Mais les projets d’avenir demanderont du temps pour se concrétiser. D’où de fortes inquiétudes des industriels face à une SNCF qui représente tout de même encore 85 % du fret ferroviaire en France mais qui ne cesse de se replier. Qui prendra demain la relève si la SNCF n’exploite plus que les quelques axes où transitent les plus gros volumes ? « Certains soutiennent une théorie assez ancienne : si on enlève les branches de Fret SNCF, on ne trouvera pas vraiment de noyau central. En essayant de se concentrer sur le noyau rentable de son activité, Fret SNCF risque de se retrouver avec fort peu de chose », rappelle Hervé de Tréglodé qui ne croit pas à cette thèse : « Toutes les analyses qu’on mène sont favorables au transport ferroviaire. »
    Les opérateurs ferroviaires alternatifs, qui sont en train de tracer leur chemin, ne croient pas non plus à la fin du fret de l’entreprise historique. « Ce serait une grave erreur d’estimer que Fret SNCF est en train d’être rayé de la carte. La SNCF est en train de se restructurer. Nous saluons le courage de Pierre Blayau, souligne François Coart, le directeur de la stratégie d’Europorte, la filiale de fret ferroviaire d’Eurotunnel. Fret SNCF est certes contrainte d’abandonner certaines activités en France. Mais dans le même temps, l’entreprise se dynamise à l’étranger, où elle vient de créer CapTrain. Beaucoup de flux qui circulent en France sont internationaux. » François Coart estime que la SNCF tirera des bénéfices de son dynamisme international. Et il s’interroge : « Est-ce que le fait que la France se désindustrialise va générer du trafic en plus ou pas ? Il faut se rappeler que la Grande-Bretagne, qui s’est désindustrialisée, a vu la part du chemin de fer remonter face à la route. Cela s’explique par deux raisons : d’une part, la route a été saturée, d’autre part les flux d’importation en provenance des ports se sont développés. »
    Les Europorte, Euro Cargo Rail et autres CFL Cargo comptent bien prendre leur part. RFF évaluait, en décembre 2009, à quelque 15 % la part de marché déjà détenue par la concurrence, une montée en puissance rapide trois ans et demi après son apparition. « La part détenue par les nouveaux opérateurs en France est très positive si on la compare à celle des concurrents de la Deutsche Bahn : celle-ci est de 20 % alors que le secteur ferroviaire allemand est libéralisé depuis dix ans », souligne Hervé de Tréglodé. Il affirme que ses services travaillent à la mise en place d’un réseau modernisé, avec des sillons de qualité. « C’est ce que nous faisons, en mettant notamment en place notre nouvelle plate-forme commerciale et son nouveau système d’information. Une centaine de personnes au total chez RFF travaillent à l’amélioration des sillons. »
    Reste toutefois, selon Europorte, à s’attaquer à certains freins comme « le manque d’interopérabilité et la longueur d’homologation des locomotives ». L’opérateur dit « militer pour la transparence et la simplification de ces procédures. Nous souhaitons renforcer le dialogue avec RFF qui nous demande de prévoir très longtemps à l’avance nos sillons. Sinon, nous nous retrouvons avec des sillons de dernière minute. Il faudra obtenir plus de flexibilité. Comme en Belgique par exemple. » L’union faisant la force, les concurrents de la SNCF se sont regroupés au sein de l’Afra (association française du rail) pour mieux se faire entendre. Tout le monde veut y croire. « Si le secteur du fret n’était pas si prometteur, pourquoi autant d’énergie serait-elle dépensée par nous-mêmes et par nos concurrents ? », s’interroge-t-on côté Eurotunnel.
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Chiffre d?affaires stable pour Stadler Rail

    En 2009, Stadler Rail a réalisé un chiffre d’affaires stable, qui s’élève à près de 1,1 milliard de francs suisses (770 millions d’euros). Le constructeur suisse de matériel roulant emploie un peu moins de 3 000 personnes en Europe, dont 2 000 dans son pays à Bussnang (Thurgovie), Altenrhein (Saint-Gall), Winterthur (canton de Zurich) et Bienne (canton de Berne). Quelques centaines d’embauches sont envisageables en Suisse si Stadler Rail remporte une partie – voire la totalité – du prochain grand marché des CFF, dont le vainqueur sera connu en mai. Chiffré à plus de 2 milliards de francs suisses (plus de 1,4 milliard d’euros), ce marché porte sur 59 rames pendulaires à deux niveaux et intéresse également Siemens et Bombardier.

  • Alimentation réversible Siemens pour la Downtown Line de Singapour

    Siemens Mobility sera responsable de la réalisation des alimentations en courant de traction et moyenne tension pour la nouvelle ligne de métro automatique Downtown Line (33 stations sur 40 km) à Singapour. Ce contrat a été attribué par la Land Transport Authority (LTA) de la cité-Etat. Une caractéristique de cette installation électrique sera l’équipement des sous-stations en onduleurs permettant, lors du freinage des rames, la conversion du courant continu récupéré et non utilisé par d’autres rames en alimentation moyenne tension pour d’autres utilisations (ascenseurs, escaliers roulants, éclairage…).

  • Premier marché de génie civil de la phase 2 du la LGV Est attribué

    Le premier marché de génie civil de la phase 2 de la LGV Est a été attribué le 18 mars au groupement d’entreprises françaises Guintoli (mandataire)/Maia Sonnier/NGE GC pour un montant de 78,9 millions d’euros. « Cette nouvelle étape marque le véritable lancement des opérations, souligne dans un communiqué le président de RFF Hubert du Mesnil. Les grands travaux de génie civil démarreront à l’été 2010 comme RFF s’y était engagé. » Ce marché porte sur la réalisation (terrassements, hydraulique, ouvrages d’art, rétablissements de chaussée) du lot 42, soit 16,8 km de LGV à l’extrémité est du secteur mosellan, entre les communes de Sarraltroff et Danne-et-Quatre-Vents (57). Les travaux, qui débuteront après les études d’exécution des dernières reconnaissances de sol, concernent près de 9 millions de m3 de terrassement et 29 ouvrages d’art. La maîtrise d’œuvre du tronçon est assurée par le groupement Inexia Arcadis. Les appels d’offres des 9 autres lots de génie civil se poursuivront en 2010, conformément au calendrier. Les travaux de génie civil sur les 106 km de la phase 2 (entre Baudrecourt et Vendenheim) doivent durer trois ans. Cette réalisation d’un coût de plus de 2 milliards d’euros permettra de gagner 30 minutes entre Paris et Strasbourg.

  • Les trains russes bientôt dans les traces des Talgo ?

    La société des Chemins de fer de Russie, RZD, étudiera à partir d’avril la possibilité d’équiper ses trains desservant l’Europe de systèmes de changement automatique de l’écartement des essieux, sur le modèle du train espagnol Talgo. « Nous achevons les tests du système dans un train laboratoire fourni par Talgo », a en effet annoncé le 18 mars son PDG, Vladimir Yakounine. Ajoutant qu’au terme de ces essais, les RZD étudieront l’éventualité d’acquérir ce système : « La quantité de dispositifs à fournir et les échéances de livraisons feront l’objet de négociations commerciales cette année. » Les RZD et l’équipementier espagnol Patentes Talgo S.A. avaient signé en octobre 2008 à Madrid un protocole d’intention pour la coopération en matière de transport ferroviaire à grande vitesse. Equipés de tels dispositifs, les trains russes pourraient changer automatiquement d’écartement et passer de l’écartement russe des voies (1 520 mm) à la voie européenne (1 432 mm), sans s’arrêter à la frontière.

  • TGV Lyria : Alain Barbey nommé directeur général

    Alain Barbey, qui dirigeait Cisalpino AG jusqu’à fin décembre 2009, a été choisi le 18 mars lors du conseil d’administration de Lyria, pour être le nouveau directeur général de TGV Lyria, la filiale commune aux CFF et à la SNCF, à compter du 1er juillet prochain. Il remplace Christian Rossi, qui était à ce poste depuis 5 ans et qui rejoint les CFF en tant que directeur Ventes et distribution de la région du Léman.

  • La LGV brésilienne empêtrée dans le calendrier électoral

    La LGV brésilienne aurait dû être terminée pour les JO de 2016. Ce ne sera pas le cas. L?appel d?offres n?est pas encore prêt et, comme les élections vont avoir lieu en octobre, il est difficile de poser des choix fondamentaux Le 2 mars, les Brésiliens devaient publier l’appel d’offres sur la ligne à grande vitesse Rio – São Paulo – Campinas. Mais l’appel d’offres n’est pas sorti et, aujourd’hui encore, on ne dispose que de la minute mise en ligne en décembre dernier. Un document de quelque 250 pages, c’est mince pour se faire une idée de la réalisation d’un projet de LGV.
    Pourquoi ces retards, accompagnés dans un même mouvement de proclamations d’urgence ? La réponse est simple : le calendrier est politique. Le président Luiz Ignacio Lula achève son mandat cette année. La candidate du parti des Travailleurs, investie le 20 février par Lula pour lui succéder, Dilma Roussef, est aujourd’hui chef de la Casa Civil. Numéro 2 du pouvoir fédéral derrière Lula, elle occupe un poste entre secrétaire général de la présidence, Premier ministre et ministre de l’Intérieur. À ce titre, elle est chargée des grands projets. Selon Le Monde du 20 février, Lula la présente comme la « mère du PAC », le programme d’accélération de la croissance.
    C’est dire que Dilma Roussef s’intéresse à la LGV. Les élections doivent avoir lieu en octobre. Et c’est cette échéance qui permet de comprendre l’agenda : appel d’offres le 2 mars, adjudication le 2 mai, signature quasiment dans la foulée, ce qui permet de faire rentrer au moment du scrutin la LGV dans la liste des grands travaux engagés, pour une mise en service cinq ans plus tard. Ce sera trop tard, certes, pour la Coupe du monde de football de 2014, comme on l’annonçait d’abord, mais encore à temps pour les Jeux Olympiques qui se tiendront au Brésil en 2016. Voilà pour le calendrier officiel.
    Mais le 2 mars est passé et l’appel d’offres n’est pas sorti. Le Tribunal des comptes, qui doit l’examiner avant sa publication, a demandé soixante jours à partir du moment où il aura l’intégralité des documents, qu’il n’a toujours pas reçus… De plus, le délai de deux mois donné aux consortiums pour répondre est bien trop serré : Alstom et la SNCF ont dit qu’il leur fallait six mois. 2016 est donc d’ores et déjà jugée irréaliste. Ce qui est gênant car, faute d’un rendez-vous international, que les Chinois avaient respecté pour la LGV Pékin – Tianjin à l’occasion des JO, que les Sud-Africains s’apprêtent à respecter tant bien que mal pour la mise en service du Gautrain lors de la prochaine Coupe du monde de football, le projet pourrait bien dériver pour de bon.
    Alors, beaucoup de bruit pour rien ? Sans doute pas. Selon Jean-François Fritsche, attaché des Transports et infrastructures au service économique régional auprès de l’ambassade de France, « c’est un projet nécessaire au pays, ils ont les moyens financiers de le réaliser, et ils s’en donneront les moyens techniques aussi, grâce au transfert de technologie ». Pourquoi l’appel d’offres est-il si dur à préparer ? « Parce qu’il manque une génération. Les Brésiliens n’ont plus, depuis vingt-cinq ans, l’expérience de la construction de grandes infrastructures linéaires. »
    Les Brésiliens ont, de fait, sous-estimé le travail préparatoire. L’Agence nationale des Transports terrestres (ANTT) ne dispose que d’une vingtaine de personnes pour suivre le projet. Aucun assistant à maître d’ouvrage n’a été désigné pour préparer l’appel d’offres. Et l’étude préalable, réalisée par Halcrow, est jugée faible : il faut dire qu’elle a été réalisée pour moins d’un million d’euros, dix fois moins que le coût d’une étude classique.
    Le gouvernement a tout de même fait des choix importants. L’État fédéral procédera lui-même aux expropriations. Le consortium aura cinq ans, à partir de la mise à disposition de l’ensemble des emprises, pour ouvrir la ligne. Mais la grande option retenue fait frémir les spécialistes historiques de la grande vitesse. Le contrat doit être attribué au moins offrant, à un consortium chargé de l’intégralité du projet. 70 % de la note viendront de la moindre participation demandée à l’État, et 30 % du plus bas coût demandé au voyageur pour un billet de 2e classe. Ensuite seulement, et une fois le choix fait, seront ouvertes deux enveloppes, une sur l’offre technique, une sur les garanties financières. L’appel d’offres va donc être jugé sur deux critères comptables. Ce qui ne peut qu’avantager les Chinois. Soit un scénario proche de celui de l’Arabie saoudite.
     

    François DUMONT

  • CSR Nanjing Puzhen livre sa première rame au métro de Bombay

    Le Chinois CSR Nanjing Puzhen vient de livrer la première des 18 rames – soit 108 voitures au total – que le métro de Bombay lui a commandées en mai 2008 pour rouler sur sa ligne numéro un. Il s’agit de rames à grande capacité (390 voyageurs) en acier inoxydable, spécialement conçues, selon leur fabricant, pour supporter un fonctionnement sous un climat chaud et humide.

  • Cheminots et associations écologistes s?inquiètent pour le fret

    Les fédérations de cheminots CGT, Unsa et CFDT s’inquiètent aux côtés d’associations écologistes de « l’accélération de la casse du réseau de messagerie ferroviaire » et avancent qu’elle conduira à un report vers le transport routier, contraire aux objectifs du Grenelle de l’Environnement. Les trois fédérations de cheminots ont cosigné un communiqué avec France Nature Environnement, WWF, Agir pour l’environnement et le Comité de liaisons pour les énergies renouvelables. « En quoi le schéma pour un nouveau transport écologique » présenté cet automne par la SNCF « est-il écologique ? », s’interrogent les signataires, en rappelant que « l’entreprise se fixe un objectif de réduction des trafics, abandonne la desserte de plusieurs territoires et se sépare de moyens humains et matériels ».

  • Parkings : Effia s?impose à Sainte-Maxime

    La ville de Sainte-Maxime (Var) confiera le 1er avril l’exploitation de ses parkings (1 400 places) à Effia Stationnement, filiale du Groupe Keolis, a indiqué le groupe dans un communiqué. Signé pour 1 an et renouvelable 4 fois, le contrat représente un chiffre d’affaires annuel de 275 000 euros. Le marché comprend l’exploitation de 5 des 6 parkings de Sainte-Maxime. En plus de l’exploitation, Effia assurera l’installation et la maintenance des équipements de péage des 5 parcs sous barrières et des 30 horodateurs installés pendant la saison estivale en centre-ville et bord de mer. Effia gérera également une centrale d’information téléphonique, un système d’accompagnement à la place, la recharge de batterie et de véhicule électrique, et la garde d’équipements moto. Une équipe composée de 5 agents assurera pendant toute l’année une présence 24/24h, 7/7j.