Catégorie : Toute l’actualité transports & mobilités

Retrouvez les dernières informations liées aux grands enjeux des transports, (ferroviaires, urbains, réseaux…).

  • L’accès à internet, toujours un défi dans les trains

    L’accès à internet, toujours un défi dans les trains

    L’enquête annuelle de l’Arcep sur la qualité des communications dans les trains vient de livrer son verdict. Chaque année, l’autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, réalise une campagne de mesures recensant le nombre d’appels téléphoniques réussis et maintenus pendant deux minutes sur le réseau ferroviaire, ainsi que le nombre de pages internet affichées en moins de cinq secondes.

    La qualité des appels demeure élevée dans les transiliens et le métro mais est plus contrastée dans les RER et transiliens et nettement inférieure dans les TGV, Intercités et TER. La connectivité, elle, reste un défi dans les trains. Le ferroviaire souffre toujours d’un accès limité, conséquence du manque d’antennes dans les zones moins denses et de l’effet « cage de Faraday ». Dans les TGV, le taux de chargement rapide plafonne à 64 % et ne dépasse pas 65 % dans les trains Intercités et TER. La navigation demeure plus fluide dans les RER et Transiliens (84 %) ainsi que dans les métros (93 %).

    Orange distance ses concurrents

    L’Arcep réalise également un classement de performance par opérateur télécom. Dans les TGV, Orange affiche un taux de 74% des communications maintenues, suivi de Free (61%), devant Bouygues Telecom (58%) et SFR (56%). Sur les Intercités et TER, Orange reste devant avec 63% de succès devant Free (55%), SFR (53%) et Bouygues (52%). Sur le réseau RER et Transiliens, les appels satisfaisants sont largement majoritaires quel que soit le fournisseur. C’est aussi le cas dans le métro.

    Dans les tests de navigation web sur les axes ferrés de longue distance, Orange distance toujours ses concurrents avec 70% de pages en affichage rapide, contre moins de 65% pour ses concurrents. Orange est aussi devant dans les Intercités et TER. Sur les axes ferrés franciliens (RER et Transiliens), le match est serré entre Orange et Bouygues (85%), Free (83%) et SFR (82%). Le niveau de performance dans les métros reste élevé.

    Un appel d’offre pour une connexion par satellite

    Cet été, la SNCF a annoncé son intention de lancer un appel d’offres « majeur » pour l’installation d’une connexion internet par satellite dans ses trains. Ce contrat stratégique devrait mettre en lice l’américain Starlink et le français Eutelsat. Ce dernier a annoncé en octobre une opération de recapitalisation, suite à laquelle la France est devenue son principal actionnaire au prix d’une injection de 750 millions d’euros.

    L’étude annuelle de l’Arcep repose sur plus d’un million de mesures en 2G, 3G, 4G et 5G, dans tous les départements métropolitains, de fin mai à aout 2025.

  • La carte bancaire s’invite dans les bus parisiens

    La carte bancaire s’invite dans les bus parisiens

    Installés en une nuit, par une équipe de 150 personnes, les terminaux de paiement de ticket par carte bancaire ont fait, enfin, leur apparition dans les bus parisiens. Valérie Pécresse en a personnellement fait le constat, en embarquant pour une petite virée à bord de la ligne 74, à la grande surprise des passagers présents à bord.

    L’installation cohabite avec la borne qui permet de valider tickets et pass. Elle offre une alternative de paiement aux voyageurs occasionnels, mais n’a surtout pas vocation à remplacer les abonnements. Pas question non plus de passer au tout carte bancaire ou au paiement par smartphone sur le réseau d’IDFM. La vente de tickets dématérialisés et d’abonnement reste le choix de l’autorité organisatrice. « C’est pour de l’ultra-occasionnel ou de l’ultra-touriste », a bien insisté la présidente de la Région, en désignant la borne.

    Déploiement d’ici à l’été 2026

    L’équipement va être déployé d’ici à l’été 2026 sur l’ensemble des lignes de Paris et de la petite couronne. Ce calendrier correspond à celui de l’ouverture à la concurrence qui porte sur douze lots. Les trois premiers, attribués à RAPT Cap Ile de France et Keolis, représentent près de 1000 bus « soit l’équivalent du réseau de bus de Lyon », précise IDFM. Comme le prévoyait le cahier des charges de l’appel d’offres, ce sont eux qui ont été équipés du petit terminal, permettant aux conducteurs de ne plus faire de vente, ni donc de rendre la monnaie.

    En matière d’Open Payment, IDFM ne s’est pas encore fait une religion. Une étude, dont les conclusions seront rendues en avril, est actuellement menée pour évaluer le système à privilégier. Elle va recenser ce qui se fait dans d’autres grandes métropoles, mais ne devrait pas déboucher sur une décision rapide de l’exécutif. Le téléchargement de titres de transport sur des cartes ou des smartphones fait, pour l’instant, la preuve de son efficacité, estime-t-elle. Le canal mobile représente déjà 7,7 millions titres vendus par mois.

  • Tempête autour du tramway du Mont-Blanc

    Tempête autour du tramway du Mont-Blanc

    Le 6 octobre, la cérémonie d’inauguration du chantier du tramway du Mont-Blanc s’est déroulée dans une ambiance plus tendue que festive. Entre le conseil départemental et son concessionnaire, la Compagnie du Tramway du Mont-Blanc, une nouvelle crise était sur le point d’exploser. Depuis des semaines, l’exécutif de Haute-Savoie affichait sa volonté de résilier la délégation de service public confiée à l’exploitant de son train à crémaillère. Quelques mois plus tôt, la maison mère de la Compagnie du Tramway du Mont-Blanc, la Compagnie du Mont-Blanc, ne s’était pas vu renouveler la plus vieille concession ferroviaire française, celle du train du Montenvers, le petit train rouge de Chamonix, inauguré en 1909, passant sous régie départementale.

    Les craintes de Mathieu Dechavanne, PDG de la Compagnie du Mont-Blanc vont se confirmer. Début novembre, le conseil départemental de Haute-Savoie a voté l’arrêt de la concession du tramway du Mont-Blanc. Son président, Martial Saddier, évoque un montant d’investissement de 78 millions d’euros contre 70 millions prévus. Ce que conteste le concessionnaire. devant la justice.

    300 mètres de ligne supplémentaire

    Le contrat de concession du tramway du Mont-Blanc, signé en 2020, prévoyait de lourds travaux pour atteindre le site emblématique du Nid d’Aigle alors que les voies du tram s’arrêtaient jusqu’alors 300 mètres avant pour des raisons historiques : à l’époque de leur construction, la Première guerre mondiale avait interrompu le chantier. Depuis plus d’un siècle, les passagers débarquaient dans une pente à 18% et au milieu d’un « couloir » montagneux. Le prolongement des voies devait donc permettre un arrêt du train « à plat » et une exploitation moins délicate en cas de forts orages. Les travaux ont été lancés à l’été 2021 et donc inaugurés début octobre, pour le démarrage de la saison d’hiver. Les 11 km de rail ont également été changées, rien d’évident à 2500 mètres d’altitude. Enfin, de nouvelles motrices ont été mises en place.

    De multiples refus d’autorisation

    Les impacts environnementaux du projet ont fait l’objet d’une attention toute particulière. La version initiale et bon nombre des suivantes, ont essuyé des refus d’autorisation pour raisons environnementales. Le décalage de l’arrivée du train a été l’occasion de construire un abri pour 300 personnes mais pas le « centre d’interprétation », mini-musée du Mont-Blanc, finalement abandonné. Autour du site classé, la vigilance des autorités et des associations pour le respect de la faune et la flore a été maximale. « Nous avons descendu, dans la vallée, des plantes qui allaient être impactées par le chantier pour les conserver avant de les replanter là-haut », raconte Mathieu Dechavanne.

    Le conseil départemental retient lui un dépassement du coût du chantier de plusieurs millions qu’il va devoir assumer. C’est l’argument principal du président Saddier, qui a fait voter par la commission permanente du conseil départemental, la résiliation du contrat. La Compagnie du Mont-Blanc, filiale à 35% de la CDC, principal opérateur de remontées mécaniques français derrière la Compagnie des Alpes (qui est également à son capital), s’apprête à perdre son tramway des cimes.

    Un contentieux qui pourrait coûter cher

    Une rupture de délégation de service public n’a rien d’inhabituel, surtout après une alternance politique. Elle se fait généralement dans le cadre d’une négociation qui débouche sur un protocole de fin de contrat. Pour Mathieu Dechavanne, la décision du président du conseil départemental qu’il juge « brutale », va entrainer un contentieux qui pourrait coûter cher aux contribuables.

    La Compagnie du Mont-Blanc compte réclamer le règlement du manque à gagner lié à l’arrêt prématuré du contrat, ainsi qu’une compensation pour non-augmentation des tarifs ces dernières années. De 2020 à 2025, l’exploitant n’a pas pu appliquer le taux d’indexation de ses prix, suite au refus du conseil départemental. Le préjudice s’élèverait à 300 000 euros.

    Le 19 décembre, le président de la Haute-Savoie livrera le bilan de la première année d’exploitation du train du Montenvers sous gestion départementale. « Au bout de six mois, il était déjà très positif », indique Martial Saddier à VRT. Il annoncera aussi le système d’exploitation choisi par l’exécutif pour son tram du Nid d’Aigle.

  • Wiremind remporte l’appel d’offres pour vendre les billets des trains Intercités

    Wiremind remporte l’appel d’offres pour vendre les billets des trains Intercités

    Une étape clé dans l’ouverture à la concurrence des trains d’équilibre du territoire vient d’être franchie. L’Etat a désigné le prestataire chargé de la mise en place d’un système national de distribution de billets pour le réseau, actuellement opéré par la SNCF sous la marque Intercités. La société Wiremind a remporté cet appel d’offres « hautement concurrentiel », lancé dans le cadre d’un marché public mené par la DGITM (direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités) pour le compte de l’Etat.  Le contrat d’une durée de six ans, qui pourra être prolongé d’un an à deux reprises, représente un montant de 40 millions d’euros.

    Un outil neutre

    Wiremind va concevoir, déployer et exploiter le gestionnaire de l’inventaire, de la tarification et de l’exposition des données (GITE).  Ce futur système national s’appuiera sur la solution Paxone développée par Wiremind. Paxone, qui compte des clients dans les bus, promet de « révolutionner la commercialisation de l’offre dans les secteurs ferroviaire et routier ». La démarche mise en place s’inscrit dans la droite ligne de la volonté affichée par Emmanuel Macron de doter la France d’un système de réservation permettant de se déplacer sur l’ensemble du territoire avec un seul titre de transport.

    SNCF Océan, qui doit commencer à exploiter  en décembre 2026 les lignes Intercités  Nantes–Lyon et Nantes–Bordeaux gagnées après appels d’offres, sera le premier opérateur à intégrer le GITE pour commercialiser les billets. La mise en service du système doit permettre une ouverture des ventes en septembre 2026. Au fur et à mesure de l’ouverture à la concurrence, de nouveaux opérateurs seront appelés à se brancher sur le système.

    Pour les opérateurs, la plateforme va couvrir l’ensemble du cycle de distribution : inventaire, tarification, relation clients, revenue management. Aux voyageurs, elle promet un accès simplifié à tous les billets  de tous les opérateurs. « C’est un outil neutre et commun à tous », explique Rémi Habfast, directeur général de Paxone.

    Toutes les fonctionnalités sur une plateforme

    Le GITE voulu par la DGTIM regroupe plusieurs fonctionnalités essentielles. Il offre une vision instantanée des disponibilités et agrège les données sur le réseau, le matériel roulant, les gares, les tarifs. Il connecte guichets, automates et applications. Le calcul et la répartition des recettes seront automatisés. La plateforme assure aussi le service après-vente. Enfin, les futurs titres de transport sécurisés disposeront d’un code-barre de nature à garantir fiabilité et protection.

    Créée il y a dix ans, Wiremind emploie 120 salariés et compte plus de 60 clients dans le monde. Ses solutions de revenue management comme Paxone mais surtout Cayzn, sont utilisées par la SNCF, Trenitalia, des compagnies aériennes mais aussi le Paris Saint-Germain. Pour l’appel d’offres du GITE, Paxone, associé à Sopra Steria, a été préféré à plusieurs concurrents, dont la SNCF associée à Siemens.

    Une offre 100% made in France

    Pour Rémi Habfast, qui a participé à plusieurs des auditions menées par la DGITM, l’offre de Wiremind est « technologiquement plus moderne, made in France, hébergée par OVH ». « C’est un atout d’être basé en France et d’avoir des fondateurs, qui sont des anciens de la SNCF et connaissent bien le ferroviaire », ajoute le dirigeant.

  • Transdev s’engage auprès de l’APF « pour une mobilité plus inclusive »

    Transdev s’engage auprès de l’APF « pour une mobilité plus inclusive »

    Transdev a annoncé le 18 novembre, dans le cadre du Salon des maires qui se tient à Paris jusqu’au 20 novembre, une convention de partenariat signée avec APF France Handicap pour améliorer les conditions de déplacements des personnes à mobilité réduite. L’objectif est plus précisément d’améliorer l’accessibilité des services de transport gérés par Transdev, de renforcer l’expertise des deux partenaires, de développer des solutions innovantes favorisant l’inclusion ou encore de renforcer les politiques de l’emploi des personnes en situation de handicap dans les différentes filiales du groupe.

    Un premier projet a déjà été déployé en Normandie, notamment à Rouen, où les équipes de l’opérateur de transport et d’APF France handicap ont formé des salariés, et tout particulièrement des conducteurs, à la prise en charge du handicap.

  • Eckwersheim, dix ans après

    Eckwersheim, dix ans après

    Le samedi 14 novembre 2015 à 15h04, lors d’un essai à grande vitesse effectué dans le cadre de la procédure d’homologation de la deuxième partie de la ligne Est-Européenne, la rame d’essai basculait puis déraillait dans la courbe de raccordement avec la ligne classique Paris-Strasbourg, sur la commune d’Eckwersheim. La moitié avant de la motrice de tête a franchi le pont avant de glisser sur la pente du talus et les huit remorques ont été projetées vers le canal causant 11 décès et les blessures les plus graves parmi les 53 passagers.

    La vitesse excessive, de 255 km/h dans une courbe serrée de 945 m de rayon et un freinage inapproprié, sont à l’origine de l’accident, qui a entrainé une révision des pratiques en matière d’essais ferroviaires. Saisi du dossier, le Bureau d’enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) avait alors formulé une demi-douzaine de recommandations portant sur le référentiel d’homologation des lignes à grande vitesse. Il estime qu’elles ont toutes été prises en compte par le groupe SNCF et son partenaire Systra. « Suite à nos enquêtes, nous formulons des recommandations et sommes tenus informés de l’avancement des suites données, mais notre mission s’arrête là », rappelle un porte-parole du BEA-TT.

    Une collaboration plus étroite

    L’organisme avait notamment demandé une amélioration des analyses préliminaires de risques, une révision de la qualification des équipes de conduite d’essai, ou encore l’enregistrement des communications depuis la cabine de conduite. Dès 2017, SNCF Mobilités a annoncé la mise en place d’un système complémentaire à l’accès à la conduite des trains d’essais, axés notamment sur des compétences non-techniques comme la gestion du doute ou la communication. Un système d’interphonie d’essai spécifique a également été installé entre la cabine de conduite et le chef d’essai.

    Après l’accident, une convention de partenariat entre l’établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) et le BEA-TT avait aussi été conclue. Dix ans après, les deux organismes ont renouvelé fin octobre leur engagement pour renforcer leur collaboration.

  • Pour lancer un Paris-Berlin, European Sleeper invite à monter à son capital

    Pour lancer un Paris-Berlin, European Sleeper invite à monter à son capital

    European Sleeper, une coopérative dont le siège est à Utrecht, vient d’annoncer l’ouverture d’une ligne Paris-Berlin en train couchette au printemps 2026. Pour financer son projet, elle ouvre une nouvelle fois son capital. L’opérateur vient d’émettre pour 1,3 million de nouvelles actions. « C’est une opportunité unique de soutenir la croissance du réseau européen de trains de nuit et de partager son succès », estime la compagnie, née en 2021 de la fusion entre Train2EU et Noord West Express et dirigée par leurs fondateurs respectifs, Elmer van Buuren et Chris Engelsman.

    Ce futur train de nuit Paris-Berlin circulera trois fois par semaine avec des départs de Paris les dimanches, mardis et jeudis soirs entre 19h et 20h, pour une arrivée à Berlin entre 8h et 9h. Le service retour depuis Berlin circulera les lundis, mercredis et vendredis soirs. Le train passera par Bruxelles et non pas par Strasbourg, comme le proposaient la SNCF et ses partenaires, Deutsche Bahn et ÖBB.

    Deux ans après son lancement, les Paris-Berlin et Paris-Vienne, soit trois allers-retours hebdomadaires opérés par le Français, l’Allemand et l’Autrichien vont être arrêtés. Cette décision, annoncée fin septembre, serait liée à la suspension de la subvention annuelle de l’État français à la SNCF de dix millions d’euros par an. Malgré un taux de remplissage de 70%, la ligne n’a pas trouvé l’équilibre. Mais vu le tollé suscité par l’annonce, Philippe Tabarot, ministre des Transports, a indiqué que la fermeture n’était pas forcément définitive et Jean Castex, PDG de la SNCF, a promis de regarder le sujet.

    Une liaison vers Barcelone prévue en 2026

    European Sleeper connecte déjà les capitales belge et allemande depuis 2023. En mars 2024, le parcours entre Bruxelles, Amsterdam et Berlin avait déjà été prolongé vers Dresde, Bad Schandau et Prague. La compagnie exploite aussi un service saisonnier reliant Bruxelles, Innsbruck et Venise. Elle a prévu d’ouvrir en 2026 une liaison vers Barcelone.

    Depuis sa création, la société multiplie les appels de fonds sur le modèle du financement participatif (crowdfunding). La première, en mai 2021, a permis de réunir 500 000 euros, en quinze minutes, auprès de 350 petits investisseurs de toute l’Europe. En septembre, elle a lancé un nouveau tour de financement qui a récolté à ce jour près d’1,7 million d’euros. Pour lancer sa ligne Paris-Berlin, l’opérateur a porté son objectif à trois millions et a déjà levé 60% du montant. Le prix par action est de 140 euros pour un achat minimum de deux actions, soit 280 euros. Le ticket d’investissement moyen s’établit à 1440 euros. A partir de 2000 euros investis, le nouvel actionnaire se voit proposer des tarifs préférentiels sur la ligne. En 2024, le chiffre d’affaires de la compagnie a atteint huit millions d’euros, pour un passif de cinq millions.

  • Un nouveau rapport évalue à trois milliards d’euros supplémentaires l’investissement nécessaire au réseau ferré

    Un nouveau rapport évalue à trois milliards d’euros supplémentaires l’investissement nécessaire au réseau ferré

    Entre 2012 et 2020, 3 600 km de voies ferrées ont été fermées. Il s’agissait en majorité de lignes de desserte locale. Aujourd’hui, près d’un sixième du réseau ferré français est en fin de vie. En effet, 26 % des lignes de desserte locale, essentielles pour les territoires périurbains et ruraux, ont dépassé leur durée de vie théorique.

    Sans investissement supplémentaire, un tiers du réseau est ainsi amené à disparaitre d’ici dix ans. C’est le constat que dressent Oxfam France, avec l’Alliance écologique et sociale, Sud Rail et La Déroute des Routes, dans un nouveau rapport.

    Ses auteurs préconisent d’investir trois milliards d’euros supplémentaires par an pour renforcer et moderniser le réseau ferroviaire du quotidien, en priorité dans les territoires ruraux et périurbains, aujourd’hui mal desservis. Deuxième recommandation, écrivent-ils, il faut intégrer toutes les lignes vitales au sein du réseau structurant, afin qu’elles soient pleinement financées par l’État et reconnues comme des infrastructures d’intérêt national. Enfin, le rapport juge nécessaire de soutenir les Régions et les collectivités locales pour qu’elles puissent développer des solutions de mobilité adaptées aux besoins de leurs habitants, sans être contraintes par la seule logique de rentabilité.

    Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud Rail interpelle les responsables politiques, en pleins débats budgétaires : « on ne peut pas se contenter d’un train qui relie des métropoles à des cités-dortoirs. Le train doit être utilisable partout, dans tous les territoires de France, pour permettre l’accès aux services essentiels… Il doit aller le plus loin possible et être en lien avec des transports collectifs abordables. Quand le train arrive, c’est la vie qui reprend. Quand le train repart, c’est la vie qui s’arrête un peu. »

    Pour Oxfam, le risque d’une France à deux vitesses

    Pour Selma Huart, chargée de plaidoyer à Oxfam France, qui a publié 19 mesures fiscales pour soutenir la transition et les services publics ( dont cinq permettraient de dégager plus de 69 milliards de recettes par an), le risque est celui d’une France à deux vitesses. « Certaines régions, comme la Nouvelle-Aquitaine, parviennent à préserver leurs lignes de desserte locale, pendant que d’autres les perdent, faute de moyens. Le désengagement de l’État creuse les inégalités territoriales et sociales, au détriment de l’accès à des déplacements décarbonés pour toutes et tous ».

    Investir dans le train du quotidien revient ainsi à assurer une transition écologique juste. Le secteur des transports reste la première source d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en France. Loin de reculer, son poids dans le total national s’est alourdi au cours de la dernière décennie, jusqu’à représenter 34 % des émissions en 2023. « S’attaquer à ce secteur est primordial dans le cadre des politiques d’atténuation du changement climatique », estiment les auteurs du rapport.

    Cette baisse des émissions doit aussi permettre un gain social. Aujourd’hui, plus de 20 % du revenu des ménages modestes est consacré aux déplacements. Proposer des alternatives pour se déplacer sans dépendre d’une voiture individuelle coûteuse revient à répondre à la “précarité de mobilité” qui touche un·Français·et Française sur quatre. « Investir dans les transports collectifs, tel que le train du quotidien, est donc une mesure clé pour une transition juste, à la fois écologique et sociale », conclut le document.

  • Sondage Keolis : les Français satisfaits des politiques municipales

    Sondage Keolis : les Français satisfaits des politiques municipales

    À quelques mois des municipales, Keolis a lancé une grande enquête sur les attentes des Français en matière de mobilité.

    Premier enseignement : les politiques de transport obtiennent la moyenne. Les Français, sondés par l’Ifop, attribuent une note de 12 sur 20 à leurs édiles sortants, au regard des projets de mobilité engagés. 60 % jugent aussi positivement les transformations du centre‑ville. Elles sont considérées comme « bien adaptée » par 75 % des piétons, 65 % des familles, 64 % des visiteurs extérieurs et 61 % des cyclistes. Seuls les automobilistes et les personnes âgées sont majoritairement d’un avis contraire.

    Les transports en commun en tête des arbitrages budgétaires

    Invités à exprimer leurs arbitrages en matière de budget pour leurs villes ou leurs communes, les sondés placent les transports en commun au deuxième rang de leurs priorités, devant l’entretien des écoles et les cantines scolaires, mais derrière et la voirie et l’état des routes, qui arrivent largement en tête. Voirie, transports et mobilité capteraient ainsi, ensemble, un tiers des budgets communaux.

    Dans le détail, s’ils devaient décider de financer des politiques pour améliorer les mobilités, les Français dépenseraient 45% pour les transports en commun dont 25% pour « développer l’offre », 25% pour réduire le coût du carburant et le reste, « de manière équilibrée », sur d’autres politiques (vélo, verdissement des flottes, etc.).

     Le bus et le tram plébiscités

    Les transports de surface s’imposent comme des espaces « pacificateurs », moins anxiogènes, avec une présence humaine qui rassure. Les conducteurs de bus et de tram font l’unanimité: plus de 95% des répondants estiment qu’ils ne sont pas les usagers de la voirie avec qui la cohabitation est la plus difficile. « Cet atout d’ambiance et de lisibilité renforce le consensus autour du développement de ce type de réseaux, perçus comme des solutions concrètes pour apaiser la ville et améliorer la vie quotidienne », commente Keolis.

    Des réserves sur la gratuité

    Autre enseignement du sondage : les mobilités douces n’ont pas la cote. Jugées « dangereuses et inconfortables », elles sont mises en cause pour les tensions et l’hypervigilance qu’elles génèrent et qui pèsent sur les publics fragiles et l’ambiance de la ville. Ainsi 54% des citoyens souhaitent multiplier les espaces dédiés à certains modes.

    Enfin, la gratuité, souvent perçue comme attractive de prime abord, suscite des réserves. 82 % expriment au moins une crainte comme les incivilités ou la dégradation de la qualité de service.

  • Fifteen file vers une année record

    Fifteen file vers une année record

    Vaste stand, exposition de nouveau matériel, prises de parole du directeur, démonstrations… L’opérateur de vélo pour collectivités Fifteen a profité des RNTP à Orléans pour afficher ses ambitions et sa bonne santé. Entre l’amélioration de son offre et de nouveaux clients, Fifteen va terminer l’année sur un bilan inédit. Le concepteur, fabricant et gestionnaire de flottes a ouvert huit nouveaux services depuis janvier. Il a continué à développer un service qui mixe locations de courte et de longue durée. Son offre de vélos en gare poursuit son déploiement. Sa gamme en libre-service s’est étoffée avec des vélos spéciaux (cargo, rallongé, etc), grâce à une plateforme logicielle dotée de nouvelles applications. Enfin, à Orléans, l’opérateur a rappelé qu’il est référencé par la centrale d’achat du transport public depuis 2024. Toutes ces initiatives présentées comme « stratégiques » par ses deux dirigeants, Amira Haberah et Arnaud Le Rodallec, doivent permettre à Fifteen de décrocher de nouveaux marchés.

    En France, l’entreprise créée sous sa forme actuelle en 2022, opère désormais pour 23 communautés de communes, agglomérations, métropoles ou régions. Les huit contrats remportés en 2025 représentent la mise en service de 3 000 vélos supplémentaires. Dix des treize collectivités françaises déjà partenaires ont aussi choisi d’étendre leurs flottes existantes à 2 000 vélos additionnels.

    Auprès de collectivités de taille moyenne, Fifteen commercialise un concept de réseau baptisé « Vélo Augmenté ». Cette solution hybride combine deux modèles : le déplacement ponctuel d’une station à une autre et la location longue durée d’un vélo personnel, en libre-service. Pour l’opérateur, elle correspond à la diversité des usages au sein d’un même territoire et s’adapte aux besoins des villes moyennes. Lancé en mai 2023 dans la Communauté d’agglomérations de l’Auxerrois (Yonne), soit 29 communes, avec 320 vélos, le service a été porté à 100 vélos supplémentaires en 2025. Avec le Bassin de Pompey (Meurthe-et-Moselle) et le Grand Angoulême (Charente), ce sont désormais plus de 1 000 vélos disponibles en location toute durée en France.

    Le vélo en gare, plébiscité en Nouvelle-Aquitaine

    Le vélo en gare est l’un des autres nouveaux modèles de mobilité régionale poussé par Fifteen. Il a expérimenté en France une offre très développée en Europe du Nord pendant deux ans, en partenariat avec Nouvelle-Aquitaine Mobilités et l’Ademe. Ce modèle de location de vélo à la journée et en boucle depuis les gares ferroviaires a depuis été déployé à plus grande échelle en Nouvelle-Aquitaine. Plus récemment, Fifteen a équipé 52 gares de la Région Grand Est, réparties sur 57 000 km².

    Enfin, la plateforme logicielle de l’opérateur, désormais compatible avec différents types de vélos, lui permet de proposer des vélos mécanique et prochainement des vélos spéciaux tels que les vélos cargos. La commune de Caen pourrait être la première à proposer le service.

    Le fusion, petit nom du deux-roues développé par Fifteen et équipé d’un électroaimant qui permet la charge groupée de dix vélos, sur une emprise bien plus réduite qu’une station traditionnelle, reste le blockbuster maison. Il est assemblé en France, sur la ligne de production Fifteen d’Auxi-le-Château (62), lancée il y a deux ans et demi. Les stations de recharges sont produites à Villeneuve sur Yonne (89).

    L’entreprise compte aujourd’hui 32 clients dans le monde. Plusieurs contrats, comme ceux d’Helsinki, Vancouver ou Lima, constituent l’héritage de la fusion de Smoove et de Zoov, qui a donné naissance en à Fifteen.