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Catégorie : Toute l’actualité transports & mobilités
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SNCF Immobilier fait l’état des lieux un an après sa création
Le site parisien de la gare de Lyon-Daumesnil va faire l’objet d’une véritable mutation. La friche urbaine contient sur 6 hectares et 700 m de long l’ancien tri du TGV postal une zone d’avitaillement des trains vétuste ou encore l’ancien gril d’entretien des locos. Elle va se métamorphoser en nouveau quartier de la capitale. Libération du site : 2018. Première phase achevée en 2021 avec 600 logements, bureaux, commerces, crèche, école, un jardin et une promenade pour piétons et vélos reliant la gare au boulevard de Bercy, soit, promet-on, deux tiers d’espaces verts. Achèvement en 2024-2025.
Une opération parmi les 34 grands projets urbains en cours ou prévus que SNCF Immobilier compte mener à bien d’ici dix ans. En tout 150 hectares. Douze dans la métropole du Grand Paris, comme le nouveau quartier Chapelle-International en cours d’aménagement sur 6 hectares, au nord de Paris cette fois, ou à Saussure-Pont-Cardinet et puis à Bercy, Pantin ou Saint-Denis… Mais aussi à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille… sous la houlette de ses sept implantations régionales. Une activité qui mobilise à SNCF Immobilier l’activité de 2 500 personnes.
Dans le futur quartier Daumesnil, les vieilles halles jouxtant les voies de la gare de Lyon, sauvées de l’abandon abriteront programmes culturels et commerciaux. C’est l’endroit emblématique qu’a choisi la jeune filiale du groupe le 13 septembre dernier pour faire un premier état des lieux de ses activités depuis sa création le 1er juillet 2015. Benoît Quignon a repris les clés de la maison derrière Sophie Boissard depuis huit mois. Et il a résumé ses missions : inventer de nouveaux usages à une partie urbanisable ou transformable d’un patrimoine total grand comme deux fois la superficie de Paris que possède la SNCF. « Bien sûr, plaisante à moitié Benoît Quignon, pour transformer ces 3 000 hectares il faudrait deux siècles de travail. » Mais ce patrimoine exceptionnel comprend des sites parfois historiquement intéressants et souvent bien situés au cœur des agglomérations. Non seulement ils sont devenus inutiles, mais ils sont grevés de servitudes, coûteux en charges, souvent pollués voire amiantés. Le tout se fait avec « les partenaires naturels », explique Benoît Quignon, que sont les gros aménageurs, les collectivités territoriales…
La filiale immobilière veut notamment contribuer à transformer l’offre de logements en France. Il s’agit de permettre la construction de 19 000 logements dont 40 % de logements sociaux, d’en réhabiliter 16 900 et d’en céder 17 400 également. Benoît Quignon le rappelle « l’an dernier SNCF a participé à elle seule à la moitié de l’effort de mobilisation nationale du foncier public en France (soit 36 hectares) ».
Et puis il faut réunir, aménager, rationaliser, remettre aux normes pour le propre usage professionnel et le profit du groupe des sites dispersés et obsolètes, accusant une moyenne d’âge de 70 ans.
Du côté des réalisations à l’usage du groupe, SNCF Immobilier veut faire du nouveau technicentre de Rennes, à Saint-Jacques-de-la-Lande, moins étendu mais plus rationnel, un modèle qu’elle compte reproduire par exemple pour d’autres ateliers historiques dont la charge de travail est en baisse : Oullins, en partie transformés et déplacés à Vénissieux, Romilly ou encore Hellemmes. Elle construit des résidences hôtelières pour les personnels roulants comme à Rennes et Nice.
Mais le but de SNCF Immobilier est aussi clairement de dégager du cash pour l’investissement de la SNCF par des ventes et des concessions. Sophie Boissard l’avait affiché : elle voulait doubler les recettes permettant de participer à l’équilibre de l’entreprise. Benoît Quignon, sans chiffrer de nouvel objectif, donne le chiffre de 250 millions récoltés avec notamment 140 opérations de cessions en 2015 et le reste en loyers ou concessions temporaires.
La CATP lance une appli universelle de ticket unitaire
Le ticket à l’unité téléchargeable sur smartphone à partir d’une appli unique pour toute la France, les voyageurs en rêveraient. La Centrale d’achat du transport public (CATP) s’apprête à le lancer. Il s’agira d’une appli universelle, qui pourrait révolutionner les habitudes puisqu’il suffira de la télécharger une fois et de se créer un compte pour pouvoir ensuite l’utiliser dans les bus et tram de n’importe quelle ville.
Depuis qu’elle a élargi son catalogue à tous les outils nécessaires à l’exploitation des réseaux de transport public, la centrale d’achat lancée par Agir a récemment inscrit à son catalogue une application d’information voyageurs, Scoop, comprenant en option, un ticket virtuel à vue. Concrètement, c’est un titre acheté en ligne qui s’affiche sur l’écran du téléphone avec un décompte horaire à la seconde (utile pour la validité d’une heure du ticket).
« C’est ce développement qui nous a fait prendre conscience qu’il n’y avait aucune barrière technique à ce ticket universel, s’il y a des barrières, elles sont institutionnelles seulement », explique une porte-parole de la CATP. Le projet est mené en partenariat avec Agir bien sûr, mais aussi avec le Gart. La CATP vient tout juste de lancer un appel à manifestation d’intérêt auprès des AO et des réseaux et a rapidement reçu des dizaines de retours positifs, de la part de réseaux de toutes tailles. Il est prévu de lancer l’appli (iOS et Android) avant la fin de cette année et l’on estime qu’elle devrait immédiatement fonctionner dans une cinquantaine d’agglomérations.
Détails pratiques d’importance : l’appli – qui n’a pas encore de nom – est proposée gratuitement et n’engendre aucun frais de gestion, mais ceux qui le souhaitent peuvent souscrire à des options, telles que la vente de carnets ou de tickets spéciaux. « Le module de base fourni par Airweb est totalement paramétrable, on peut y adjoindre des modules personnalisés, par exemple, un système de QR code pour ceux qui ont ce type de lecteurs avec leur système billettique, poursuit-on à la CATP. Il présente un haut niveau de sécurité avec des éléments en mouvement évitant la capture d’écran notamment. »
Par ailleurs, cette appli est complètement compatible avec les applications propres aux réseaux déjà existantes. L’ajout du nouveau produit leur permettra de bénéficier d’un canal de ventes supplémentaire auprès de la clientèle des voyageurs occasionnels, touristes notamment. Avec l’avantage de réduire la vente à bord et de lutter contre la fraude.
Seul manque actuellement : le ticket virtuel ne permet pas de franchir les barrières de péage des réseaux métro. « Nous ne répondons pas à 100 % de la demande, mais à un besoin énorme de la part des réseaux de surface et de l’interurbain, rappelle encore la porte-parole. Quant au client occasionnel, cela lui ôte une angoisse importante. »
C. N.
Le Grand Paris des bus est lancé
Un peu moins de bus dans Paris, en particulier dans le centre, là où ils doublonnent parfois, un peu plus de bus dans la couronne parisienne, c’est en substance l’idée du redéploiement qui se prépare pour les bus parisiens.
Mais le changement est plus large. Il avait été engagé il y a un an. Et il correspond aussi au big bang voulu par la nouvelle présidente de la région, Valérie Pécresse, qui avait promis un plan de « 1 000 bus » avec des améliorations visibles : augmentation des fréquences, achat de véhicules, création de nouvelles lignes, etc. « Souple, efficace, capacitaire, demain 100 % écologique et confortable, le bus est une des clés de voûte pour améliorer la mobilité en Ile-de-France, à Paris comme en grande couronne », assure-t-elle.
Baptisé « Grand Paris des bus », le plan, qui définira les priorités d’investissement et de développement de l’offre de bus pour la période 2017-2020, doit être adopté par le Stif le 7 décembre. Mais d’ici là, il est soumis à la concertation régionale via le site www.grand-paris-des-bus.fr et lors de quatre réunions publiques. Le processus s’achèvera par un séminaire le 18 octobre, avec les élus et agents des collectivités compétentes, les associations ainsi que des acteurs de l’innovation dans les transports.
Le réseau de bus a grand besoin d’adaptations : en grande couronne, seuls 29 % des habitants l’utilisent, et à Paris, il n’a pas connu d’évolution significative depuis 70 ans… Il ne correspond plus à la réalité démographique – la population et les emplois ont fortement progressé ces 30 dernières années – ni aux circulations qui ont été et qui continuent à être profondément modifiées.
« A titre d’exemple, 100 bus passent rue de Rivoli en heure de pointe avec un taux de remplissage de 20 % alors qu’au même moment l’avenue Marceau est desservie uniquement par la ligne 92 avec des bus remplis à plus de 108 % », explique le Stif dans un communiqué. Il est également prévu de développer l’offre durant les heures creuses.
Au cours du printemps et de l’été, le Stif a conduit de premiers échanges techniques à l’échelle départementale, c’est maintenant l’heure des arbitrages pour un dispositif qui concerne trois millions d’usagers, 1 500 lignes de bus, plus de 10 000 points d’arrêt et 9 000 bus et cars. Concernant la zone très dense, la réorganisation proposée a pour objectif d’optimiser l’existant : une trentaine des 59 lignes intra-muros est concernée par des évolutions.
Les plus de 1 500 bus RATP dans Paris et sa petite couronne, transportent 1,1 million de voyageurs par jour, intra-muros et sur les 37 lignes entre la capitale et la petite couronne ou les aéroports. « Cela répond à la volonté de “détisser“ la toile parisienne pour l’étendre vers la périphérie », précise le Stif.
C. N.

Laurent Trevisani, directeur général délégué Epic SNCF
Nommé directeur général délégué Epic SNCF en mai 2016, Laurent Trevisani est également membre du comité exécutif du Groupe. Diplômé de l’Institut National Polytechnique de Grenoble (INPG) et de l’Essec, il entre en 1988 chez Arthur Andersen avant d’intégrer ELF Aquitaine en 1993. Il intègre le groupe SNCF en 1996 en tant que directeur Financier puis DG de la filiale Fret Naviland Cargo, avant de rejoindre SNCF Proximités comme DGA en charge de la Stratégie, des Finances et du Juridique. En Juillet 2012, il devient directeur de la Stratégie du groupe SNCF et DG de SNCF Participations. Il élargit ses fonctions à partir de 2014, en devenant directeur Finances et Développement de SNCF Mobilités. Durant ces quatre dernières années, il s’est occupé des opérations de fusions et acquisitions du Groupe.

Emmanuelle Saudeau nommée Chief Digital Officer du groupe SNCF
Emmanuelle Saudeau est nommée Chief Digital Officer depuis le 12 septembre 2016.
Diplômée de l’Essec, elle était directrice de la Transformation digitale de SNCF depuis 2014. Elle rejoint ainsi Benoit Tiers, DG Digital & Systèmes d’information du Groupe SNCF. Elle est également membre du Conseil national du numérique. Elle a commencé sa carrière chez Nestlé en 1997, puis a travaillé chez Cap Gemini Consulting en 1999 comme Managing Consultant où elle a développé les activités « online » de grandes entreprises (Air France, Renault, Société Générale). En 2006, elle a occupé le poste de directrice produit pour l'international chez Orange. En 2012, elle a rejoint Voyages-sncf.com Rail Europe en tant que directrice de la Stratégie et de l’expérience clients.
Olivier Storch nouveau directeur Financier de SNCF Mobilités
Olivier Storch a été nommé directeur Financier de SNCF Mobilités le 1er septembre 2016. Diplômé de l’IEP de Paris, de l’ENA et de l’Indead, il était auparavant director Sales & Marketing chez Geodis Asie-Pacifique depuis 2012 après avoir été directeur Financier chez Geodis de 2009 à 2012. De 2006 à 2008, il a été directeur Financier et Développement international pour le compte de Fret SNCF. De 1999 à 2006, il a occupé plusieurs fonctions dans des cabinets ministériels. Il a travaillé à l’Inspection générale des finances (1999 – 2002), puis au ministère de l’Economie et du Budget en tant que directeur de cabinet du directeur du Budget (2002 – 2004). Il a ensuite été directeur adjoint du cabinet du secrétaire d’Etat aux Transports et à la mer (2004 – 2005) puis directeur adjoint du cabinet du ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche (2005 – 2006).
Quand l’Etat veut « sauver Alstom »
« Le président de la République nous a fixé un objectif, celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues », a déclaré le ministre de l'Economie Michel Sapin sur le perron de l'Elysée ce lundi. C’est monté très vite. La réunion interministérielle de ce matin, à l’Elysée, présidée par François Hollande, a été le climax de la nouvelle affaire Alstom. Affaire déclenchée mercredi 7, avec l’annonce de la fin de l’usine de Belfort, berceau du groupe. Politisation du dossier ? En fait, le dossier a toujours été politique et, en pleine précampagne présidentielle, le retentissement était garanti.
C’est lors de l’European Works Forum (EWF), instance réunissant les salariés européens du groupe, qui se tenait le 7 septembre à Reichshoffen, que l’information concernant Belfort a été communiquée. Alain Courau, directeur de Belfort, a ensuite réuni les OS du site. Ont suivi sans tarder des lettres de Fabienne Keller (sénatrice du Bas Rhin) et de 12 autres élus, ou de Louis Nègre (président de la FIF). Et une demande d’explication de Bercy dès le lendemain de l’annonce.
Mais, tout de suite, on a changé de dimension. Nicolas Sarkozy accuse Emmanuel Macron de n’avoir « rien fait » pour Alstom, Emmanuel Macron considère que « la décision qui a été prise et le calendrier ne sont pas acceptables », Arnaud Montebourg dénonce une mesure « inacceptable », fruit du « laisser-faire ». Manuel Valls, lui aussi, juge la « méthode inacceptable » et déclare : « Nous avons déjà sauvé Alstom et nous pouvons encore sauver Alstom, à condition que les dirigeants jouent pleinement leur rôle. »
Mais s’agit-il de sauver Alstom ? Alstom aujourd’hui se porte plutôt bien et, depuis l’opération avec GE, le groupe, désendetté, fait même figure de pôle possible d’une consolidation de l’industrie ferroviaire européenne face au géant chinois CRRC. La question, c’est la situation des douze sites hexagonaux. En France, Alstom réalise 20 % de son activité par destination, 30 % par origine. En France, comme à peu près partout, il dépend essentiellement des commandes publiques. Or celles-ci déclinent. On connaît l’histoire : fin du « tout-TGV », déclin du fret, fossé considérable entre la commande-cadre des Régiolis (comme des Regio 2N de Bombardier) et les commandes réellement passées, remise en question du modèle TET. S’agissant de Belfort, spécialisé dans les motrices et les locomotives, le peu d’empressement de la SNCF à commander la nouvelle génération de TGV fragilise depuis longtemps le site. Le coup de grâce serait venu de la commande passée cet été par Akiem, filiale de la SNCF et d'un fonds d'investissement de la Deutsche Bank , à Vossloh (avec le français Socofer), et non à Alstom, de 44 locomotives thermiques pour les besoins de SNCF Réseau. 44 locomotives qui auraient redonné de la visibilité au site pour plus d’un an.
Sur la forme de l’annonce, Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat à l’Industrie, dans Le Parisien, s’étonne de ne pas avoir reçu de coup de téléphone. De fait, selon Le Monde, ce n’est que l’avant-veille qu’un représentant de l’Etat au CA a été informé de la volonté de fermer le site. Certes. Mais en octobre 2014, Patrick Kron, alors PDG, avait parlé de menaces pesant sur Belfort et concernant 400 emplois. La Fédération des industries ferroviaires n’a cessé depuis d’alerter sur la situation difficile de sites d’Alstom, notamment Belfort. L’Etat, qui a 20 % des droits de vote et a deux représentants au CA d’Alstom est parfaitement informé de la situation du groupe. « Que font les ministres ? », s’étonne donc Arnaud Montebourg ce matin sur France Inter.
Que peuvent-ils faire ? L’essentiel du CA est réalisé hors France. La demande de localisation dans la plupart des commandes est quasi générale. Aux Etats Unis, pour la commande qui vient d’être remportée par Alstom de trains à grande vitesse, mais aussi pour les locomotives en Inde (commande remportée par Alstom en 2015) ou les trains de voyageurs en Afrique du Sud (2014), comme pour la commande cadre des tramways d’Algérie. De même, l’accord avec Transmassholding (TMH) permet au groupe d’être présent sur le marché russe et de la CEI.
Cela dit, si les commandes massives doivent être pour l’essentiel produites localement, ce n’est en général pas le cas des premiers éléments. Or, Alstom a fait le choix de fabriquer dans son site de Lapa, au Brésil, les vingt premiers trains sur 600 X’Trapolis commandés par Prasa (Afrique du Sud), commande de 4 milliards d’euros de 2014, et a décidé de construire intégralement la commande récemment remportée de 79 trains destinés aux NS (800 millions d’euros, Pays-Bas) à Katowice (en Pologne), site où est aussi construite la part des métros de Riyad commandés à Alstom.
D’autres choix de fabrication auraient pu réduire l’impact du fléchissement ferroviaire hexagonal. Pas le compenser intégralement. Et la marge est réduite. Les coûts de Katowice ne sont pas ceux d’une usine française. Pas facile de passer à l’international avec les coûts de production français. A l’avenir cependant, des commandes françaises peuvent être espérées pour les sites français. Le gouvernement vient de confirmer la commande 30 Coradia 160 pour les TET, annoncée en février par Alain Vidalies. On attend la décision, en 2017, sur les premières rames du métro du Grand Paris. Alstom est candidat. Quant aux premiers trains de la nouvelle génération de TGV, annoncée le 7 septembre aussi, ils arriveront en 2022. C’est le fleuron de Belfort. Mais 2022, c’est bien tard pour le site historique.
En fait, la grande échéance, c’est le RER 2N NG, qui doit être attribué avant la fin de l’année, le choix du « preferred bidder » pouvant avoir lieu très prochainement. La commande, de 71 rames ferme, soit environ 1,4 milliard d’euros, et pouvant porter jusqu’à 200 rames, soit environ 4 milliards, est en cours de jugement. Elle doit revenir soit à CAF, qu’on dit bien placé, soit au consortium Alstom-Bombardier. Le choix du « preferred bidder » est attendu L’avenir des sites de Valenciennes, pour Alstom, et de Crespin, pour Bombardier, dépendent en grande partie de la décision. L’annonce faite à Belfort pourrait peser très lourd sur le choix.
F. D.
Le plan annoncé le 7 septembre
Selon le plan initialement présenté par Alstom, l’ingénierie et la production jusqu’à présent faites à Belfort ne disparaîtraient pas, mais seraient transférés à Reichshoffen. Ce transfert concernerait 400 des 500 emplois de ce site. Une mesure prise, selon la direction, pour anticiper une chute d’activité de l’ordre de 30 % pour l’ensemble de l’activité d’ici 2018. A cette échéance, le transfert devrait être complet, chaque salarié concerné ayant entre-temps reçu une proposition d’emploi dans un des onze autres sites Alstom en France. Seraient toutefois maintenues à Belfort les activités de service, qui couvrent en particulier la maintenance des parcs de locomotives des opérateurs de fret privés.
TGV : la nouvelle génération annoncée
Alors qu’à Reichshoffen, le 7 septembre, on apprenait la volonté d’Alstom de fermer le site de Belfort, le même jour, à Paris, on célébrait le partenariat d’innovation destiné à créer la nouvelle génération de TGV. Le lancement a eu lieu près de la gare Montparnasse, sur le plateau commun où se retrouvent depuis quelques mois les ingénieurs d’Alstom et ceux de la SNCF (notamment du Centre d’ingénierie du matériel au Mans). Pourquoi l’annonce maintenant ? Parce que l’on a des choses à montrer. Quelles choses ? Mais le plateau bien sûr.
Pour le reste, c’est assez flou, conformément à l’historique de ce projet, pour lequel les questions précises ont toujours reçu des réponses emberlificotées, opaques ou dilatoires. Côté Alstom, on nous assurait en juin que la SNCF n’avait pas choisi son partenaire pour l’innovation et qu’il serait retenu en juillet. On apprend maintenant que c’était chose faite en mai. Bien ! Alstom et la SNCF assurent que l’opérateur a eu à choisir parmi d’autres candidats. Lesquels ? Pas de nom. Secret des appels d’offres… A notre connaissance, ce n’est pas le cas. Quand on insiste, on assure que d’autres industriels ont retiré les dossiers. Pourquoi pas. Mais retirer un dossier, ce n’est pas remettre une offre.
On préférait presque la franchise d’Arnaud Montebourg disant : « Arrêtez de m’embêter avec les appels d’offres. » Et on se souvient qu’en présidant le premier comité stratégique de filière ferroviaire à Valenciennes, le ministre du Redressement productif, avant de poser avec une casquette Alstom sur la tête demandait au PDG d’Alstom : quand est-ce que votre nouveau TGV est prêt ? Et à la SNCF : quand est-ce que vous le commandez ? On évoquait à l’époque 2018, voire même 2017…
Cela dit, le partenariat d’innovation reconnu depuis 2014 par l’Europe, et qui permet le codéveloppement est loin d’être idiot pour des projets aussi lourds que des nouveaux trains. Et le choix d’Alstom, vu l’histoire commune entre SNCF et son constructeur dans l’aventure de la grande vitesse, est tout aussi légitime que le tandem Siemens-DB en Allemagne.
Reste que les intérêts des deux partenaires ne sont pas tout à fait les mêmes. A la SNCF, déjà, c’est compliqué. Les approches de Voyages (confort, prix à la place) ne sont pas les mêmes que ceux du CIM (performance). Apparaît une nouvelle doxa : le TGV est partout déficitaire, sauf entre Paris et Lyon. Il paraît qu’on découvre enfin les contraintes économiques. Stupéfiant discours, quand on a entendu pendant des années, avec la même assurance, que le TGV était la vache à lait de la SNCF, thèse que soutient encore de façon moins sommaire Michel Lebœuf dans son ouvrage Grande vitesse ferroviaire…
Quoi qu’il en soit, la demande devenue constante de la SNCF, réaffirmée à cette occasion, c’est 20 % moins cher à l’acquisition, 30 % moins cher sur le life cycle cost. La rame à 30 millions doit passer à moins de 25.
Une fois qu’on a énoncé cela, qu’on a précisé qu’une rame, désormais sans voiture-bar, pourra emporter jusqu’à 700 voyageurs, c’est à peu près tout ce qu’on peut dire. Ah oui ! 320 km/h, pas 350. A notre connaissance d’ailleurs, le 350 km/h nécessiterait quelques travaux d’adaptation des infrastructures ou de la signalisation coûteux…
A part cela (qui est tout de même assez dimensionnant), Rachel Picard, directrice générale de SNCF Voyages, avance l’image d’une grande page blanche. Mais sur la page blanche, le constructeur a déjà quelques petites idées de ce qu’on pourrait écrire. D’autant qu’il est assez pressé. Jean-Baptiste Eymeoud, directeur général d’Alstom France, parle d’une gamme Avelia, dont font partie les 28 Avelia Liberty qu’Amtrak vient de commander. On ne va pas proposer le même train bien sûr, mais il y a des « briques » que l’on va pouvoir réutiliser.
Surtout, si l’on revient aux dernières évolutions de la grande vitesse, on peut se souvenir qu’Alstom a développé un nouveau train, l’AGV, échec commercial puisqu’il n’a été acheté que par l’opérateur italien NTV. La SNCF avait alors indiqué qu’elle n’avait rien contre les solutions technologiques choisies par Alstom (motorisation répartie) à la condition de disposer d’une version Duplex. Mais c’était un peu le mariage de la carpe et du lapin, et Alstom a par la suite planché sur un projet dit Twiks (dont on ne garantit pas l’orthographe), revenant à la formule TGV de motorisation concentrée, mais avec des motrices raccourcies, offrant des versions modulaires, qui pourraient être une esquisse de la nouvelle génération. Alstom, depuis, avec un gros coup de pouce de l’Etat, via l’Ademe apportant 128 millions d’euros, a pu plancher dans le cadre d’une coentreprise créée dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir. SpeedInnov a été créée en décembre 2015 « pour développer la future génération de trains à grande vitesse », avec objectif d’un coût à la rame optimisé de 35 %, pour des rames offrant jusqu’à 750 places. A peu près ce qui est demandé pour la « page blanche ».
Une phase de cospécification vient de commencer, entre Alstom et SNCF, qui va durer environ 18 mois. Fin 2017, elle devrait, si les partenaires s’entendent, déboucher sur une commande ferme ; la mise en service progressive devant commencer en 2022. Combien d’exemplaires ? Pas fixé encore. La fourchette est vaste. Entre 50 et 200 rames, dit Rachel Picard.
F. D.
Changement de tête au fonds Croissance Rail
Vanessa Giraud a pris la tête ce mois-ci du fonds Croissance Rail. Elle remplace à ce poste Pierre Farin, qui était directeur depuis le lancement de Croissance Rail ce fonds créé par Bpifrance depuis près de trois ans pour soutenir le développement de la filière ferroviaire industrielle française. Pierre Farin quitte Bpifrance pour créer en Suisse un fonds d’investissements qui cherchera à prendre le contrôle de PME industrielles. Sous sa houlette, le fonds Croissance Rail a réalisé pour neuf millions d’euros d’investissements, ce qui représente 25 % du fonds Croissance Rail. « C’est un bilan honorable pour lancer ce fonds. Les trois entreprises dans lesquelles nous avons investi se portent bien », commente Pierre Farin. A Vanessa Giraud, experte de l’investissement chez Bpifrance de prendre la main sur le fonds qui entre maintenant en phase de maturité.
Alain Vidalies infléchit sa position sur les Intercités
Une réunion a été organisée le 6 septembre au secrétariat d’Etat chargé des Transports avec des représentants régionaux pour avancer sur le dossier des Intercités, appelés également TET (trains d’équilibre du territoire). D’après un des participants à la réunion, Alain Vidalies, qui s’était uniquement jusque-là prononcé en faveur d’une aide de l’Etat à l’investissement dans le cadre du transfert de ces trains aux régions a modifié son discours : il a repris à son compte les engagements du Premier ministre qui avait affirmé fin juin que le gouvernement était prêt à examiner le versement de dotations pour le fonctionnement des TET.
Un infléchissement qui donne satisfaction aux régions qui ne comprenaient pas cette posture affichée notamment lors de la présentation le 21 juillet de la feuille de route sur les TET. Michel Neugnot, le président de la commission Transports à l’ARF avait confié dans une interview publiée par Ville, Rail & Transports dans son numéro de septembre en avoir été « heurté » et avait chiffré le déficit global d’exploitation des TET à 300 millions d’euros.
Ces principes étant posés, les régions ont jusqu’au 15 octobre pour négocier au cas par cas avec l’Etat et déterminer quelles lignes elles vont reprendre et le montant des dotations que devrait verser l’Etat pour faire face. Quant à savoir d’où viendra l’argent pour le financer, c’est une autre histoire…