Catégorie : Toute l’actualité transports & mobilités

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  • Sarah El Haïry : « L’enfant n’est pas accessoire dans les réflexions sur la mobilité »

    Sarah El Haïry : « L’enfant n’est pas accessoire dans les réflexions sur la mobilité »

    L’ex-ministre chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles sous le gouvernement de Gabriel Attal, aujourd’hui Haute-commissaire à l’Enfance, s’attaque à un sujet peu exploré de la mobilité : celle des enfants.  Elle veut réunir professionnels du secteur, urbanistes, sociologues, associations de parents et d’élus pour s’intéresser à la mobilité des enfants. Et en faire des usagers à part entière des transports publics et ferroviaires.

    Ville, Rail & Transports. Pourquoi avez-vous décidé de vous emparer du sujet?
    Sarah El Haïry : Parce que dans les temps de vie de l’enfant, la mobilité est un enjeu important. Pourtant, l’enfant est l’angle mort des politiques de mobilité. Mon objectif est de remettre tous les acteurs concernés, professionnels de la mobilité, parents, urbanistes, au cœur de la question : comment on bâtit des mobilités à hauteur d’enfants, de la maternelle au lycée. Et ça va bien plus loin que le transport scolaire, celui que l’on connait et maîtrise le mieux. Il y a plein d’autres nouveaux usages. Or, dans la manière de concevoir les services de transport, on s’est concentré sur les besoins des adultes, et des actifs en particulier avec le fameux trajets domicile-travail.
    Les enfants sont rarement considérés comme des usagers à part entière, alors qu’ils représentent chaque jour des millions de déplacements : les trajets scolaires et extrascolaires, mais il n’y a pas que ça. Se posent de plus en plus la question des déplacements des enfants en garde alternée lorsque les parents sont séparés. L’offre et l’accessibilité est insuffisante, la signalétique pensée pour les adultes, les cheminements vélos aussi. Pour les voyages en train, je souhaite que se développe l’offre Juniors & cie mise en place par la SNCF dans les TGV Inoui pour les 4-14 ans voyageant seuls. J’avais soumis l’idée d’une voiture jeux comme il en existe sur deux lignes Intercités [Clermont-Ferrand et Paris-Orléans-Limoges-Toulouse]. Il existe bien une voiture bar ! Je n’ai pas réussi à convaincre la SNCF. Et pour les transports urbains, que le « permis transport en commun » de la RATP fasse des émules ailleurs en France. Je veux mettre en lumière des initiatives et qu’elles se répliquent sur le territoire.

    Comment se déplacent les enfants en France ?
    Pour les trajets quotidiens, un tiers utilise la voiture, même pour des trajets courts. Seulement 9 % des enfants en CM2 vont seuls à l’école contre 36 % en 6e. 90 % des parents s’inquiètent de la sécurité routière et les filles sont perçues comme plus exposées. Si bien que l’âge moyen du premier trajet seul a reculé. En 50 ans, il est passé de 10 ans à presque 12 ans aujourd’hui. 85 % des enfants ont un vélo mais seulement 6 % l’utilisent pour leurs trajets quotidiens, contre 40 % aux Pays-Bas. En France, le vélo est plutôt un usage récréatif. C’est une génération du dedans, c’est la culture de la chambre. L’enjeu, c’est comment ils peuvent se ressaisir des espaces extérieurs pour aller se divertir, faire du sport, à l’école et plus largement, dans l’espace public. La question de la mobilité est ici cruciale. Ce sera le rôle des travaux de concertation que je lance aujourd’hui. L’enfant ne doit plus être considéré comme accompagnant un adulte mais comme un usager des transports à part entière.

    Sur le même sujet, lire aussi : « Les enfants, grands oubliés des politiques de mobilité »

    La France est-elle à la traîne sur ce sujet ?
    Nous avons des progrès à faire sur la question de la signalétique. Dans les abribus par exemple, les informations affichées sont trop hautes. Plus globalement, l’expérience de l’enfant en ville reste un impensé. Aux Pays-Bas, il existe des pistes cyclables spécifiques pour les enfants, séparées des voies motorisées. En Suède, les bus scolaires sont intégrés aux réseaux des transports publics et équipés de GPS pour informer les parents en temps réel. Ça les rassure, ce qui fait que les enfants suédois prennent les transports publics dès l’école primaire. A Barcelone, il existe des chemins scolaires sécurisés avec une signalétique adaptée, et une vigilance active des riverains et des commerçants sur ces trajets. Mais le pays qui bat tous les records pour la signalétique adaptée et l’attention portée aux enfants dans leur usage de la ville, c’est le Japon. Avec un rôle actif d’assistance du personnel ferroviaire auprès du public enfant. On peut s’en inspirer en France.

    Concrètement, comment va s’organiser votre action ?
    Le rôle du Haut-commissariat à l’enfance est de faire émerger et de mettre en commun les bonnes pratiques étrangères et nationales. Et challenger les parties prenantes. Opérateurs et autorité organisatrices de transport, les villes du réseau Unicef « Amies des enfants ». l’Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej) pour accompagner et recueillir leur parole dans la conception des mobilités. Puis, il faudra enclencher des engagements. L’enfant n’est pas accessoire dans la réflexion sur l’espace public et la mobilité. J’embarque aussi des sociologues et anthropologues qui travaillent sur la place de l’enfant dans la cité.

    Justement, que demandent les enfants ?
    Des espaces de jeu, des feux tricolores adaptés à leur rythme sur les pistes cyclables comme cela existe aux Pays-Bas, pour leur laisser le temps de se remettre en selle ; que les espaces d’attente aux abribus, dans les gares, les stations de métros soient des lieux d’apprentissage, de jeu, avec de fresques interactives, de la signalétique ludique. Pas seulement des lieux de passage. Des bancs à hauteur d’enfants, ça change la donne, des espaces famille comme à la gare Montparnasse, pensés pour les plus petits, ou des baby room pour que les enfants puissent faire la sieste, des espaces jeux et des toilettes famille, c’est tout simple. Tout cela ne demande pas une transformation énorme. A-t-on envie d’y penser, et surtout, prend-on le temps d’y penser ?

  • Les enfants, grands oubliés des politiques de la mobilité

    Les enfants, grands oubliés des politiques de la mobilité

    À quel âge les enfants gagnent-ils en autonomie ? Pourquoi font-ils du vélo pour leurs loisirs et pas sur le chemin de l’école ? Pourquoi les transports collectifs sont-ils sous-utilisés ? Comment les craintes des parents limitent-elles la marche à pied ? L’Ademe a récemment publié une étude sur les pratiques de mobilité des enfants. On y apprend qu’un tiers utilisent quotidiennement la voiture, un taux qui grimpe à plus de 50 % dans les territoires ultramarins.

    Imaginez des Velib’, taille enfant, avec des petites roues ! Aucune des villes françaises qui ont mis en place et financent des vélos urbains en libre-service n’en proposent une version XXS. Pourtant, c’est faisable : au Brésil, la métropole de Fortaleza a déployé une quinzaine de stations de vélos en location à hauteur d’enfant, les « minibicicletar ».

    En France, la part de la marche à pied représente près d’un quart des modes de déplacements locaux, mais les enfants se déplacent rarement seuls et a fortiori seuls à bicyclette, en bus (sauf le car scolaire en milieu rural), encore moins dans le tram ou le métro. Ou même jouent sur les trottoirs. « Ils sont enfermés chez eux ou derrière les grilles des jardins par des parents qui craignent de les laisser seuls dans l’espace public », constate Thierry Paquet, philosophe, auteur de Pays de l’Enfance paru aux éditions Terres urbaines en 2022. Quand les enfants passaient en moyenne trois heures par jour sans la présence d’un adulte, ils n’en passent plus que quelques minutes, selon une étude de Linkcity parue en mars 2023. Et un tiers ne quittent pas la voiture familiale pour se rendre à l’école, au stade, au Conservatoire, chez leurs copains ou leurs grands-parents. Ce taux atteint même 54 % dans les outre-mer. La mobilité des enfants est « un impensé des politiques publiques », estime l’Ademe qui a publié mi-septembre une étude pilotée par le bureau de recherche 6-t  sur « Les pratiques de mobilité des enfants de la maternelle au lycée en France » (1). La première du genre.

    En toile de fond, plusieurs urgences : la santé publique, notamment le risque d’obésité, l’autonomie et la socialisation des moins de 18 ans. Et la transition écologique puisque la mobilité des moins de 18 ans détermine les choix qu’ils feront à l’âge adulte pour se déplacer.

    • Sur le même sujet, lire l’interview de Sarah El Haïry : ici

    Moins autonomes

    L’étude révèle aussi un recul de l’âge moyen du premier déplacement autonome, qui est situé à 11,6 ans pour les enfants d’aujourd’hui contre 10,6 ans pour leurs parents au même âge. En CM2, seuls 9 % des enfants vont seuls à l’école, alors qu’ils sont 36 % en sixième. Plus des trois quarts des adultes considèrent la marche plus dangereuse qu’à leur époque, et 90 % s’inquiètent de la sécurité routière. En revanche, lorsqu’un parent juge le vélo sûr, cela augmente de 12,5 % la probabilité que son enfant l’utilise pour aller à l’école, selon les résultats de l’enquête.

    L’autonomie progresse avec l’âge, mais reste fortement dépendante du mode de transport : elle serait plus facile à acquérir en prenant les transports collectifs qu’en marchant ou en faisant du vélo. Près d’un enfant sur deux au collège est abonné à un réseau de transports en commun (en France hexagonale). Cette proportion monte à 61 % chez les jeunes de 18 à 20 ans, « signe d’une acculturation progressive… mais encore trop tardive », juge l’Ademe.

    Révélateur d’inégalités

    La mobilité des enfants semble souffrir encore d’inégalités sociales et genrées puisque tant pour le vélo que pour la marche à pied, les parents craignent plus pour les filles que pour les garçons. Les filles sont perçues comme plus exposées aux agressions, quand les garçons sont associés aux risques routiers. « Des stéréotypes qui influencent les décisions parentales et peuvent avoir des effets durables sur la mobilité des enfants une fois adultes », soulignent les auteurs.

    Quand ils sont issus de foyers favorisés, les enfants sont mieux équipés (vélo, trottinette, abonnement aux transports en commun) et plus autonomes dans leurs déplacements. L’accès à des infrastructures adaptées (pistes cyclables, transports réguliers) joue un rôle majeur, tout comme la place dans la fratrie, révèle l’étude.

    Rassurer les parents

    Et comme c’est à l’école que se forgent les premières habitudes de déplacement, l’Ademe estime que pour faire bouger les lignes, il faut « généraliser les formations comme « savoir rouler à vélo », encourager les modes actifs dès la maternelle et valoriser l’autonomie ».  Et développer les infrastructures pour assurer la sécurité des enfants et rassurer les parents : pistes cyclables sécurisées, signalétique adaptée, traversées piétonnes protégées. Adapter aussi les transports en commun aux besoins des jeunes publics : horaires adaptés, signalétique claire et accessible, conducteurs formés à l’accueil des mineurs. Les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) vont-elles s’emparer du sujet ? Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance (voir son interview page suivante) compte bien mettre autour de la table les parties prenantes pour repenser la ville à hauteur d’enfant.

    (1) 5 000 parents de l’Hexagone, 500 dans les outre-mer, soit environ 8 000 enfants concernés. Enquête complémentaire : 500 jeunes adultes (18-20 ans) de l’Hexagone interrogés pour croiser leurs pratiques avec les perceptions parentales.

  • Martin Sion quittera ArianeGroup pour la direction générale d’Alstom en avril 2026

    Martin Sion quittera ArianeGroup pour la direction générale d’Alstom en avril 2026

    Martin Sion, l’actuel président exécutif d’ArianeGroup, deviendra en avril 2026 directeur général d’Alstom en remplacement d’Henri Poupart-Lafarge. Celui-ci avait annoncé en mai dernier son intention de quitter le constructeur ferroviaire à l’échéance de son mandat en avril 2027. Henri Poupart-Lafarge avait déjà dû céder un an auparavant la présidence à Philippe Petitcolin pour ne garder que la direction générale, ce qui sonnait comme une reprise en main d’un groupe alors que le groupe affichait un carnet de commandes florissant mais une situation financière alors dégradée. Rappelons que Henri Poupart-Lafarge avait rejoint le groupe il y a 27 ans et en était devenu le PDG en 2016.

    Alstom va donc voir arriver au printemps prochain un professionnel de l’aérospatial, passé notamment par la Snecma, puis Aircelle, une division de Safran, avant de prendre la tête de la Sagem qui deviendra  Safran Electronics & Defense. Martin Sion devient en 2020 membre du conseil d’administration d’ArianeGroup, détenue par Safran et Airbus. Il en prendra la présidence trois ans plus tard. Ce diplômé de l’Ecole Centrale Paris, âgé de 57 ans, a relancé avec succès le programme de la fusée Ariane-6. En arrivant dans le monde ferroviaire, il devra mener à bien la réorganisation d’Alstom, qui connaît de grands succès industriels, mais se voit plombé par des retards récurrents.

    « Le Conseil d’administration a mené un processus de recherche approfondi au cours des derniers mois et nous estimons que M. Martin Sion possède l’expérience nécessaire pour diriger Alstom. Nous nous réjouissons de l’accueillir en avril 2026. D’ici là, M. Henri Poupart-Lafarge continuera d’exercer ses fonctions, assurant ainsi une transition en douceur », a indiqué dans un communiqué Philippe Petitcolin, président du Conseil d’administration d’Alstom et ex-directeur général de Safran.

  • Keolis est renouvelé à Metz

    Keolis est renouvelé à Metz

    L’Eurométropole de Metz a de nouveau choisi Keolis comme opérateur du réseau LE MET’ à Metz pour une durée de 10 ans, à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Ce contrat, d’un montant total de plus de 700 millions d’euros porte sur l’exploitation d’un réseau de bus structuré autour de 93 lignes, dont 2 lignes de bus à haut niveau de service (BHNS), et près de 500 stations, qui dessert les 46 communes de la métropole, et qui assure plus de 77 000 voyages par jour. 

    L’exploitation du réseau sera confiée à une société d’économie mixte à opération unique (Semop) dont l’Eurométropole sera actionnaire majoritaire (60 %) et Keolis actionnaire minoritaire (40 %).

  • Désormais japonais, Navya dévoile une nouvelle navette autonome 

    Désormais japonais, Navya dévoile une nouvelle navette autonome 

    L’ex-pépite française Navya Mobility lance un nouvelle navette autonome, Evo 3. Elle peut circuler jusqu’à 30 km/h sur voie ouverte et sites privés, avec une autonomie L4, c’est-à-dire sans opérateur à bord quand la législation le permet comme au Japon où Navya est bien implanté. Evo 3 intègre des capteurs secondaires indépendants qui, selon le constructeur, permettent une meilleure adaptation aux divers scénarios de conduite comme le changement de voie (très complexe pour une navette) ou l’interprétation des feux de signalisation. L’objectif annoncé est de pouvoir évoluer en milieu urbain au milieu des autres véhicules en toute sécurité, en conformité avec la norme internationale IEC61508. La navette peut transporter jusqu’à 15 voyageurs dont quatre debout.

    Evo 3 est la première navette développée depuis le rachat de Navya en redressement financier en 2023. Racheté par le duo franco-japonais Gaussin et Macnica, elle est aujourd’hui entièrement détenue par Macnica qui a ouvert le capital à NTT Ouest, un opérateur japonais de telecom qui détient 30 % du capital. Cette recapitalisation s’est opérée sans délocalisation avec maintien du R&D à La Défense. Navya s’est également rapprochée de l’entreprise Charlatte, avec laquelle elle a créé une joint-venture où elle est majoritaire à 51%–49 %, pour des véhicules de logistique autonomes, essentiellement sur sites privés.

  • Avec la crise institutionnelle, l’espoir d’une loi sur le financement des transports s’envole

    Avec la crise institutionnelle, l’espoir d’une loi sur le financement des transports s’envole

    « Dans la situation institutionnelle qui est ce qu’elle est, voici nos propositions pour le budget 2026, qui finira bien par arriver… ». Vingt quatre heures après le coup de théâtre à Matignon avec la démission de Sébastien Lecornu, Florence Sautejeau, déléguée générale de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF), n’a pas renoncé à égrainer devant la presse les demandes du secteur en matière de ressources pour le ferroviaire et les transports urbains.

    La traditionnelle conférence de rentrée de l’organisation professionnelle qui regroupe les principaux opérateurs de transport (SNCF, RATP, Transdev, Keolis, etc.) et gestionnaires d’infrastructures, ne pouvait pas tomber plus mal car plus la rentrée s’étire, plus la perspective d’un gouvernement et du vote d’un budget pour 2026 s’éloigne. Et avec elle, les espoirs du secteur de voir une loi cadre « historique » sur le financement des transports votée au Parlement. En jeu, 1,5 milliard d’euros d’ici à 2028 pour régénérer le réseau ferré vieillissant. Le secteur savait pouvoir compter sur Philippe Tabarot qui s’était engagé à déposer le texte de loi au Parlement en décembre prochain. Le voilà aujourd’hui deux fois ministre des Transports démissionnaire…

    Déplafonner le versement mobilité

    Quelle que soit l’issue de la crise politique, l’UTPF maintient son cap et appuie la demande des collectivités locales, notamment le Groupement des autorités responsables de transport (Gart), de se voir attribuer de nouvelles sources de financement afin de développer l’offre de transport.

    A commencer par le déplafonnement du versement mobilité (VM), cet impôt sur les entreprises de plus de onze salariés qui sert à financer près de la moitié du coût des services de transport sur leurs territoires. Car contrairement aux idées reçues qui ressortent de la dernière enquête de l’Observatoire de la mobilité, la vente des tickets et abonnements ne servent à financer qu’un quart du coût total des transports publics, le reste provient principalement des contributions locales et des employeurs, via le VM. « Nous sommes conscients du poids de cet impôt de production pour les entreprises, mais c’est l’équité territoriale qui est en jeu », insiste Florence Sautejeau. En Ile-de-France, Valérie Pécresse a obtenu de pouvoir augmenter le plafond du VM pour financer les transports publics de sa région, l’UTPF milite pour que cette possibilité soit offerte à tous les élus de France et de Navarre. Le Medef est vent debout contre ce projet.

    La manne du marché carbone

    Autre demande du secteur : affecter aux transports ferroviaire et urbain une plus grosse fraction du produit du marché carbone. En 2024, les quotas d’émission de gaz à effet de serre mis aux enchères ( ETS1) ont rapporté 2,4 milliards d’euros à la France, ils devraient rapporter sensiblement la même somme en 2025. Seuls 50 millions d’euros ont été fléchés vers les transports urbains cette année, déplore l’UTPF qui voit dans le marché carbone « une manne ». Six cent millions issus des ETS1 pourraient ainsi tomber dans les caisses de l’Agence de financement des infrastructures, l’Afit-France. A condition que l’Agence soit maintenue en vie.

    Parmi les autres pistes que l’organisation professionnelle voudrait voir inscrites dans le projet de loi de finances 2026, le moment venu: pérenniser la prise en charge des abonnements de transport public jusqu’à 75% par les employeurs (avec exonération des cotisations et contributions sociales afférentes), capter une partie des plus-values foncières lorsque de nouvelles infrastructures de transport public ou ferroviaires revalorisent les biens immobiliers. Ou encore, augmenter le taux plafond de la taxe de séjour comme c’est déjà le cas en Ile-de-France : cinq euros par nuit et par personne dans les palaces; deux euros dans les hôtels trois étoiles. Et affecter cette surtaxe aux AOM pour financer le développement de l’offre de transports collectifs.

    Ou bien encore, instaurer une surtaxe aux péages d’autoroute pour les poids lourds, sur les tronçons où il existe une alternative de fret ferroviaire. Dans le viseur, les camions de marchandises sous pavillon étranger qui traversent la France. « La directive Eurovignette permet une augmentation ciblée des péages autoroutiers sur des tronçons saturés », assure Florence Sautejeau. Une hausse de 15% ciblée rapporterait 400 millions d’euros par an, selon les calculs de l’UTPF dont Thierry Mallet, patron de Transdev, a repris les commandes en juin. Plus acceptable que l’écotaxe ?

  • La business de TGV INOUI monte en gamme

    La business de TGV INOUI monte en gamme

    « Le meilleur de la grande vitesse » pour « une expérience de haute qualité » s’installe dans les TGV à partir de janvier 2026. Cette nouvelle offre, qui s’adresse principalement aux professionnels, s’articule autour de deux niveaux de service: Optimum et Optimum Plus. Le second ne sera proposé que sur le Paris-Lyon, pour les clients « les plus exigeants » de la compagnie.

    Optimum remplacera l’actuelle Business Première, lancée il y a quelques années, mais dont le niveau de prestations étaient disparates selon les trajets. Elle s’adressera en priorité aux 340 000 voyageurs titulaires des cartes Liberté et MaxPro, mais aussi aux clients loisirs qui souhaitent y accéder de façon occasionnelle. Elle sera disponible en semaine, du lundi et vendredi, dans les trains au départ et à l’arrivée de Paris. Le service inclut une offre 100% flexible avec des billets échangeables et remboursables sans frais jusqu’à 30 minutes avant le départ. Le prix sera le même que le billet ait été acheté deux mois ou deux jours avant le départ. Le billet offrira un accès au salon grands voyageurs, le Club TGV INOUI, et à un espace dédié à bord. Des divertissements seront accessibles sur le portail TGV INOUI, tout comme une application TGV INOUI Pro et un service client dédié.

    Une offre pour concurrencer la classe Executive de Trenitalia 

    Optimum Plus sera réservée à la ligne entre Paris et Lyon et proposée sur 18 allers-retours quotidiens. Un service de restauration à la place déjà existant  » montera d’un cran  » en termes de qualité. Un hôte sera présent à bord des voitures de 39 sièges. Le service de restauration à la place (petit-déjeuner, déjeuner ou dîner), toujours assuré par la société Newrest, sera décliné avec une carte de trois menus, renouvelée trois fois par an et servie dans une nouvelle vaisselle. Un champagne sera proposé ainsi que trois variétés de vin. Des expressos feront aussi leur apparition à bord.

    La SNCF se défend de vouloir concurrencer frontalement son concurrent italien Trenitalia qui décline déjà son offre entre Paris et Lyon sur pas moins de cinq classes: Allegro, Silenzio, Business Allegro, Business Silenzio et Executive, réservée à des voitures de dix sièges seulement.  » Le Paris-Lyon est la ligne historiquement la plus prisée par la clientèle professionnelle, qui a un fort niveau d’exigence « , explique-t-on à la direction de la SNCF pour justifier sa version premium d’Optimum, présentée sur le salon du tourisme Top Resa.

     

     

  • Une nouvelle médiatrice pour SNCF Voyageurs

    Une nouvelle médiatrice pour SNCF Voyageurs

    Ancienne conseillère d’Etat et conseillère honoraire à la Cour de cassation, Catherine Brouard-Gallet est, depuis le 1er septembre, la nouvelle médiatrice SNCF Voyageurs. Elle succède à Henriette Chaubon qui a exercé la fonction pendant sept années.

    Catherine Brouard-Gallet a été désignée pour un mandat de trois ans par le Conseil des consommateurs, organe collégial et paritaire composé de représentants des transporteurs (SNCF Voyageurs, ses filiales, Eurostar et le Chemin de fer de la Corse) et d’associations de consommateurs.

    Plus de 21 000 saisines l’an dernier

    La mission du médiateur consiste à gérer à l’amiable les litiges entre les transporteurs et leurs clients respectifs lors d’un dernier recours amiable. La tâche revient à résoudre « rapidement et efficacement » les réclamations afin d’apaiser les tensions, en favorisant la recherche d’une solution « amiable et équitable ». Le service est gratuit et confidentiel.

    La médiation a fait l’objet l’an dernier de 21 436 saisines, soit une hausse de 27% par rapport à 2020. Le taux de réponses satisfaisantes s’établit à 60%. Les requêtes commerciales par des voyageurs insatisfaits et les contestations de procès-verbaux, constituent l’essentiel des dossiers. La médiatrice dispose d’une direction dédiée de 25 personnes, rattachée à la présidence de SNCF Voyageurs. Elle produit aussi chaque année des recommandations visant à améliorer les dysfonctionnements récurrents. Dans le rapport annuel 2024, elles portaient sur la clarification des conditions d’abonnement Max Actif, une information plus visible sur la validité des billets TER sur l’ensemble d’une journée ou encore sur l’émission des titres de transport internationaux achetés hors de France sous format exclusif d’e-billet.

  • Jean-Marc Zulesi nouveau président d’Objectif RER métropolitains

    Jean-Marc Zulesi nouveau président d’Objectif RER métropolitains

    Jean-Marc Zulesi prend la présidence de l’association Objectif RER métropolitains. Le collectif créé en 2022, milite pour le droit à la mobilité, « condition essentielle du vivre ensemble, de l’égalité des territoires et de la transition écologique ». L’ancien député des Bouches-du-Rhône remplace Jean-Claude Degand, l’un des fondateurs de l’association, infatigable défenseur des transports publics, décédé cet été à Kiev en Ukraine.

    Jean-Marc Zulesi, né en 1988, a présidé la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale. Il est notamment à l’origine d’une proposition de loi destinée à accélérer les services métropolitains après l’annonce, par le président Macron, du déploiement de dix RER métropolitains dans autant de collectivités.

    Objectif RER métropolitain souhaite un investissement massif dans les trains du quotidien. Pour ses membres, les Serm offrent une alternative crédible à la voiture individuelle, peuvent renforcer le pouvoir d’achat et participer à la cohésion des territoires.

    Le conseil d’administration du collectif regroupe des représentants de plusieurs collectivités, d’acteurs du transport (SNCF Réseau, Gare et Connexions, Algoe, Egis) et d’associations citoyennes (UNSA, Rallumons l’étoile, SOS Gares).

    Objectif RER métropolitains organisent du 28 au 30 janvier à Tours la troisième édition des Journées de la Mobilité du Quotidien (JMQ). Les 25 ateliers seront structurés autour de plusieurs thèmes dont l’expertise, de la gouvernance et du financement.

  • La maintien de Philippe Tabarot aux Transports n’aura duré qu’une nuit

    La maintien de Philippe Tabarot aux Transports n’aura duré qu’une nuit

    Les acteurs du secteur de la mobilité, comme le Gart, TDIE ou TLF (1) se félicitaient hier soir dans leurs communiqués de la reconduction de Philippe Tabarot au ministère des Transports. Qui plus est, dans un ministère de plein exercice. Et non plus délégué comme sous le gouvernement Bayrou. « Un gage de stabilité nécessaire », écrivaient-ils, après le passage de quatre ministres différents en un an à l’hôtel de Roquelaure. Visiblement, ils ont envoyé leur communiqué un peu trop vite puisque à peine désignée la première salve de ministres du gouvernement Lecornu, dimanche soir, le Premier ministre présentait sa démission le lendemain matin.
    Comme gage de stabilité nécessaire dans un secteur des transports qui s’inscrit dans un temps long et requiert une continuité des politiques publiques, cette énième démission ferme la voie à la poursuite des projets engagés, notamment celui du financement des infrastructures de transport et de la loi de programmation tant attendue par les acteurs du secteur.

    Quant aux projets de nomination de Jean Castex à la présidence de la SNCF et de Marie-Ange Debon à La Poste, encore faut-il que les atermoiements de l’exécutif n’entrainent pas une dissolution de l’Assemblée nationale. Le rapporteur de la commission parlementaire chargée de se prononcer sur cette nomination voulue par Emmanuel Macron doit être désigné mercredi 8 octobre. Et le Sénat auditionne le candidat pressenti dans deux jours aussi. Une éternité dans le climat d’instabilité politique que vit actuellement le pays.

    (1) Groupement des autorités responsables de transport, Transport développement intermodalité et environnement, Transport et logistique de France)