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Catégorie : Ferroviaire
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Akiem commande 65 locomotives Vectron de plus à Siemens
Le loueur de matériel roulant Akiem a commandé une tranche de 65 locomotives Vectron AC et Vectron MS à Siemens Mobility, qui s’inscrit dans un accord-cadre signé en décembre 2021. Les premières livraisons sont prévues à partir de la mi‑2024. En décembre dernier, Akiem avait déjà passé commande de 20 machines Vectron à Siemens Mobility dans le cadre de cet accord.
Les locomotives commandées développent une puissance maximale de 6,4 MW et peuvent atteindre une vitesse de 200 km/h, « voire 230 km/h », ajoute le constructeur. Elles peuvent être exploitées dans le cadre de transports transfrontaliers de marchandises et de voyageurs « à grande vitesse » dans de nombreux pays européens.

Un nouveau CEO pour Stadler
Le conseil d’administration du groupe Stadler a nommé Markus Bernsteiner nouveau directeur général (CEO) à compter du 1er janvier prochain. Il remplacera alors Peter Spuhler, qui retrouvera le poste de président du conseil d’administration qu’il occupait jusqu’en 2020.
Markus Bernsteiner (55 ans) est actuellement directeur général adjoint du groupe Stadler et vice-président exécutif de la division Suisse. Il travaille depuis 1999 chez Stadler, où il a été successivement responsable de l’usine à Bussnang, puis des usines d’Altenrhein et de St. Margrethen, avant de prendre en 2018 la tête de l’usine de Berlin à titre intérimaire. En 2014, il était responsable de la création de la division Composants, au sein de laquelle toutes les usines assurant les fournitures en interne ont été intégrées sous la même direction. Avant sa carrière chez Stadler, Markus Bernsteiner a travaillé pour les entreprises suisses Bühler et Benninger. Mécanicien puis technicien d’exploitation, il a suivi une formation continue en administration des affaires, avant d’obtenir un Executive MBA à l’Université de Saint-Gall (HSG).
De son côté, Peter Spuhler reviendra au conseil d’administration de Stadler pour « se concentrer pleinement sur la direction du processus stratégique, sur les projets de « fusions et acquisitions », les actions de localisation stratégique des joint-ventures, le suivi et l’approbation des processus d’offre, le développement stratégique de produits et, surtout, l’intensification du service clients ».

Eurostar mettra fin l’été prochain à la liaison Londres – Disneyland Paris
La compagnie ferroviaire transmanche a annoncé qu’elle allait arrêter, à partir de l’été prochain, de desservir la liaison Londres – Disneyland Paris. L’entreprise a indiqué le 30 août à l’AFP avoir « pris la décision de ne plus assurer la liaison directe entre Londres et Marne-la-Vallée à l’été 2023 », mais aucune décision n’a été prise pour l’année suivante. « Nous réexaminerons nos options pour 2024 dans le courant de l’année prochaine », ajoute Eurostar.
En cause, les effets de la pandémie et du Brexit. La compagnie, qui « continue à se remettre financièrement de la pandémie », précise vouloir se « concentrer » sur ses « trajets principaux ». Elle rappelle que les passagers peuvent toujours se rendre au célèbre parc d’attractions via ses trains allant à Paris ou à Lille depuis la capitale britannique.

Christophe Fanichet « réfute » le chiffre de 1200 conducteurs manquants à la SNCF, mais reconnaît « une tension qui obère le plan de transport »
La SNCF a réalisé un bel été en transportant 23 millions de personnes sur son marché domestique, soit 10 % de plus qu’en 2019, souligne, dans une interview accordée à Ville, Rail & Transports, Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs. Alors que des pénuries de main-d’œuvre se font de plus en plus sentir dans de multiples secteurs, le dirigeant fait du recrutement une de ses priorités.
Ville, Rail & Transports : La SNCF parle d’un été record. Quel est le bilan chiffré ?
Christophe Fanichet : C’est un très bel été pour le tourisme, pour le train et pour la SNCF. Sur les grandes lignes, nous avons transporté 10 % de voyageurs en plus comparé à l’année 2019. Soit 23 millions de voyageurs sur le marché national, et 28 millions en comptant l’international. Sur septembre, les premiers indicateurs montrent que l’envie de train ne se dément pas pour les voyageurs loisirs. Pour les pros, il faudra attendre la fin septembre.
L’été s’est globalement bien passé malgré la canicule et les conditions climatiques exceptionnelles. Des dizaines et des dizaines de milliers de cheminots ont été sur le pont et ont permis la réalisation de notre plan de transport. Je leur dis un grand merci. Le 14 juillet, tous les trains sont partis et 2 millions de voyageurs ont été acheminés même si la canicule nous a obligés à adapter nos plans de transport, c’est-à-dire à réduire la vitesse de circulation des trains. Nous avons su le faire. Ce qui n’a pas été le cas partout ailleurs en Europe.
VRT : Comment mieux anticiper les canicules qui devraient se multiplier à l’avenir ?
C. F. : J’ai demandé aux équipes de SNCF Voyageurs et plus particulièrement à la direction Industrielle de travailler sur les retours d’expérience concernant tous les trains et de prendre en compte la canicule dans nos standards.
Cet été, personne ne nous en a voulu quand les trains avaient 5 à 10 minutes de retard à cause de la canicule : les voyageurs ont reçu des SMS les informant que leur train aurait peut-être du retard. Mais cela peut faire rater une correspondance. Il faut donc que nous revoyions nos standards pour mieux nous adapter. Nous regardons comment les intégrer dans nos process, en coopération avec SNCF Réseau. Nous ouvrons tout le champ du possible sans que cela nuise à l’attractivité du train.
VRT : En début d’été, on a entendu des critiques sur l’insuffisance de sièges offerts sur certaines liaisons, en particulier sur l’axe Paris-Bordeaux. Limitez-vous les circulations en raison du coût des péages ?
C. F. : Cet été, nous avons sorti tous nos trains et proposé, au plan national, 500 000 sièges de plus qu’en 2019. Il n’y a ainsi jamais eu autant de places offertes sur la ligne Paris-Bordeaux que cette année ! L’offre y a été accrue d’environ 3 %. Cela peut paraître un petit pourcentage mais, à l’échelle de la SNCF, un petit pourcentage concerne beaucoup de voyageurs.
Toutefois, les péages sont très élevés sur cette ligne. Il faut trouver une solution sur leur montant. Nous en discutons avec Lisea. La SNCF ne dimensionne pas son plan de transport seulement sur les quelques week-ends de pointe de l’année mais de façon à être en équilibre économique sur une durée longue.
VRT : Vous avez commandé à Alstom 15 TGV M supplémentaires, capables de circuler en Europe. Pour quelles lignes ?
C. F. : Cette levée d’option entre dans le cadre d’une commande de 100 TGV M qui seront livrés à partir de 2024. Il était prévu de pouvoir commander des TGV internationaux. Comme nous voyons que les trafics repartent et que le ferroviaire est un temps long, nous commandons dès maintenant ces rames qui pourront aller partout, aussi bien en France qu’en Suisse, qu’en Italie, en Belgique. Ces rames n’arriveront qu’en 2026-2027. Elles sont modulaires, ce qui est très important car elles permettront d’ajuster le nombre de voitures en fonction du marché ou de reconfigurer la composition entre 1re et 2de classe.
VRT : Après ce bel été, la rentrée s’annonce plus compliquée… La SNCF fait-elle face à une pénurie de conducteurs comme l’affirment les syndicats et la presse (1 200 conducteurs manquants selon Libération) ? Y a-t-il eu un manque d’anticipation ?
C. F. : Plusieurs phénomènes s’additionnent en cette rentrée. Il y a le sujet, vécu par tous, de la baisse du pouvoir d’achat, de l’inflation, de la crise énergétique, des difficultés d’approvisionnement en pièces industrielles. Si des problèmes d’approvisionnements perdurent, il y aura un impact sur notre plan de transport que nous devrons adapter.
Nous rencontrons aussi des difficultés, comme tous les secteurs, à recruter. Cela vient d’une forme de situation de plein-emploi pour les profils industriels très recherchés.
Il y a aussi l’effet de la crise Covid, pendant laquelle nous n’avons pas pu autant former et recruter que nous aurions voulu. Toutefois, contrairement à d’autres secteurs, nous avons maintenu l’emploi et continué à recruter. C’est ce qui nous a permis de réaliser tous nos plans de transport cet été, même si nous avons dû les adapter ici ou là. Pour autant, cet effet retard dû au Covid se ressent maintenant car il faut 12 mois pour former un conducteur.
Nous reconnaissons qu’il y a une tension sur le métier de conducteur qui obère le plan de transport. Mais c’est ponctuel et c’est sous maîtrise. Il peut manquer quelques conducteurs, mais c’est circonscrit à quelques zones. Cela nous oblige à modifier certains de nos plans de transport comme sur le RER C à hauteur de moins de 5 %. Nous connaissons aussi des tensions sur d’autres métiers, en particulier dans les ateliers. C’est une situation difficile qui nous mobilise pleinement, mais quand nous nous comparons à d’autres industries, nous constatons que nous maîtrisons bien mieux le sujet.
En revanche, je réfute le chiffre de 1 200 conducteurs manquants, publié par le journal Libération. Ce chiffre correspond aux formations de conducteurs que nous comptons faire en 2022 pour qu’ils soient opérationnels en 2023. Plus précisément, nous recruterons cette année un bon millier de conducteurs en externe et une grosse centaine en interne.
Sur ces 1 100 postes de conducteurs à pourvoir en externe, nous avons déjà recruté 450 personnes. Nous sommes donc quasiment à mi-chemin de notre plan de recrutement. L’ensemble des agences de recrutement tournent à plein régime, les transporteurs, TGV, TER, Transilien sont sur le pont sur ce sujet. C’est une des priorités que je leur ai fixées.
VRT : Ne faut-il pas aussi encore augmenter les salaires pour être plus attractif ?
C. F. : Suite aux discussions en juillet avec les organisations syndicales, une hausse de 3,1 % des salaires ainsi qu’un effort sur les bas salaires ont été décidés. Ces augmentations ont fait suite aux 2,7 % de hausse déjà prévue dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires, ndlr). Nous continuerons à discuter de cette question, en raison de l’inflation et du sujet du pouvoir d’achat. Mais cela se traite au niveau de l’ensemble du groupe.
La question de la formation initiale se pose aussi. Puisqu’il y a un appétit de train, il faut que la filière ferroviaire propose des formations. Et pour donner envie, il y a une carte à jouer autour de l’écologie. Nous n’avons sans doute pas assez dit que nous étions une entreprise déjà ancrée au cœur de cette réflexion. Notre credo, c’est d’être l’entreprise de transport et de mobilité partagée la plus écolo de France ! Nous devons expliquer aux jeunes que s’ils veulent contribuer à la transition énergétique, il faut qu’ils viennent travailler à la SNCF !
VRT : La SNCF n’a-t-elle pas perdu de son attrait avec la fin du statut ?
C. F. : J’entends ce que disent les organisations syndicales, selon lesquelles nous avons perdu une part d’attractivité et peinons désormais à recruter avec la fin du statut. Je ne le pense pas car c’est une situation qui concerne tous les secteurs industriels, avec ou sans statut.
LVDR : Craignez-vous une rentrée sociale compliquée ?
C. F. : Il peut y avoir, ici ou là, des tensions mais elles sont locales et elles sont traitées par le management localement. La rentrée est une période sensible. Dans son discours il y a quelques jours, la Première ministre a parlé de sobriété et de rationnement. La SNCF se doit d’être au rendez-vous pour accompagner les Français.
VRT : La SNCF n’a-t-elle pas perdu de son attrait avec la fin du statut ?
C. F. : J’entends ce que disent les organisations syndicales, selon lesquelles nous avons perdu une part d’attractivité et peinons désormais à recruter avec la fin du statut. Je ne le pense pas car c’est une situation qui concerne tous les secteurs industriels, avec ou sans statut.
VRT : Craignez-vous une rentrée sociale compliquée ?
C. F. : Il peut y avoir, ici ou là, des tensions, mais elles sont locales et elles sont traitées par le management localement. La rentrée est une période sensible. Dans son discours il y a quelques jours, la Première ministre a parlé de sobriété et de rationnement. La SNCF se doit d’être au rendez-vous pour accompagner les Français.
Propos recueillis par
Marie-Hélène Poingt
Le courant passe entre Provins et Paris
Depuis le 29 août, les AGC Bibi (bimode-bicourant) de la ligne P du Transilien qui assurent la relation Paris – Provins ne circulent plus qu’en mode électrique. Avec la mise sous tension, début juillet, de l’électrification 25 kV 50 Hz entre Gretz-Armainvilliers et Nogent-sur-Seine sur l’axe Paris – Troyes, emprunté par la ligne P jusqu’à Longueville, ainsi que de l’antenne entre cette dernière gare et Provins, plus besoin de recourir à la traction diesel sur la section auparavant non-électrifiée du parcours.
Cette nouvelle électrification met presque fin à la traction diesel sur le réseau Transilien, dont la dernière desserte empruntant des voies dépourvues de caténaire est celle entre Meaux et La Ferté-Milon, toujours sur la ligne P (qui, plus qu’une seule ligne, correspond en fait au réseau de dessertes banlieues avec la gare de Paris-Est).
Dans un deuxième temps, à la fin de l’année, les AGC Bibi actuellement en service sur la relation Paris – Provins de la ligne P doivent être remplacés par des automotrices électriques Francilien. Si ce remplacement permet d’unifier le matériel roulant sur la partie sud de la ligne P, il n’est pas forcément bien vu des usagers qui regrettent l’absence de toilettes dans les futures rames. La réponse d’IDFM et de Transilien SNCF est que le choix a été fait de développer le nombre de toilettes en gare, « à Provins, Longueville, Mormant et Paris-Est ».

La SNCF, Systra et SNCF Réseau seront jugées pour l’accident d’Eckwersheim
La SNCF, ses filiales Systra (commanditaire des essais) et SNCF Réseau (gestionnaire des voies), ainsi qu’un conducteur principal, un cadre et un pilote seront jugés devant le tribunal correctionnel de Paris pour « blessures et homicides involontaires par maladresse, imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité », ont ordonné le 2 août deux juges d’instruction.
Le 14 novembre 2015, un TGV d’essai avait déraillé à Eckwersheim dans le Bas-Rhin, faisant 11 morts et 42 blessés. Ce jour-là, 53 personnes (salariés ferroviaires et membres de leurs familles, dont quatre enfants) avaient pris place à bord du TGV pour l’ultime test du tronçon de la nouvelle ligne à grande vitesse entre Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) et Vendenheim (Bas-Rhin). L’instruction, qui a duré six ans, a abouti à considérer que le déraillement de la rame avait été provoqué par « une vitesse excessive » et un freinage tardif. Le manque de communication au sein de l’équipage avait aussi été pointé par le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transports terrestres (BEA-TT).

Les trains de voyageurs de retour sur la rive droite du Rhône
Il se sera écoulé moins d’un demi-siècle entre la disparition des trains de voyageurs sur la ligne de la rive droite du Rhône, spécialisée dans le transit du fret en 1973, et leur retour sur une section de cet axe au sud de Pont-Saint-Esprit (Gard), ce 29 août 2022. La veille, Carole Delga, présidente de la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, inaugurait la réouverture de cette section aux côtés notamment de Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région chargé des transports, Jean-Yves Chapelet, maire de Bagnols-sur-Cèze, Claire Lapeyronie, maire de Pont-Saint-Esprit et conseillère régionale, Laurette Bastaroli, présidente de l’Association usagers TER Rive droite du Rhône, Frédéric Loiseau, secrétaire général de la préfecture du Gard, Marlène Dolveck, directrice générale de SNCF Gares & Connexions, Isabelle Delon, directrice générale adjointe Clients et Services de SNCF Réseau et Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué.
Dans un premier temps, les trains de voyageurs circulent cinq fois par jour dans les deux sens (avec des horaires différents en semaine et le week-end) entre les gares de Pont-Saint-Esprit, Bagnols-sur-Cèze et Avignon-Centre, la desserte étant prolongée une fois par jour et par sens vers Nîmes-Centre pour un parcours total de 82 km en 70 minutes. Soit des temps de parcours en pratique plus courts qu’en automobile. Mais il faudra attendre 2026 pour que le projet prenne toute son ampleur, avec huit allers et retours quotidiens et la desserte de 10 points d’arrêt. Les nouveaux arrêts intermédiaires à recréer et aménager (trois entre Bagnols-sur-Cèze et Avignon-Centre, et trois entre cette dernière gare et Nîmes-Centre) ne devraient pas trop rallonger le temps de parcours, prévu à une heure et vingt minutes à terme.
Même si le retour des trains de voyageurs sur la rive droite du Rhône se fait par phases, cette réouverture a bénéficié d’un coup d’accélérateur de la part de la région Occitanie, avec le soutien des collectivités locales et des usagers. La région rappelle à l’occasion qu’elle a « déjà mobilisé 12,8 millions d’euros [sur un total de 100 millions d’euros] pour la réalisation des travaux qu’elle finance à 100 %, avant la réouverture complète de la ligne attendue pour 2026 ».
Pour le premier mois de réouverture, l’ensemble des billets sont proposés au tarif d’un euro, jusqu’au 30 septembre. De plus, devant plus de 1 500 personnes réunies pour célébrer le retour du train sur la rive du Rhône côté Gard, Carole Delga a notamment annoncé « vouloir porter au niveau national le débat sur la question de la gratuité des transports publics », en prolongement de l’expérimentation menée « avec succès » en Occitanie depuis un an ou en s’appuyant sur l’opération que doit lancer le gouvernement espagnol à partir du 1er septembre sur les trains de banlieue et de moyenne distance. « C’est un impératif en matière écologique et de pouvoir d’achat », selon la présidente de la région Occitanie.

Le génie civil de la future gare Eole à La Défense est terminé
Il existe, sous le CNIT à La Défense, un espace insoupçonné aux volumes impressionnants. C’est la future gare d’Eole à La Défense. Une « boîte » de 120 mètres de long, 80 mètres de large et 18 mètres de hauteur.
Une prouesse technologique car la gare a été creusée sous le CNIT, sous les parkings, « seul emplacement possible » selon Aurélie Carmel, directrice d’opérations zone Défense et pilote synthèse du projet Défense – Nanterre. « À La Défense, il y a des tours partout avec des fondations qui plongent très profondément. Or le CNIT, lui, est posé sur le sol. »
La gare repose sur plusieurs sous-sols de parking. Il a fallu réaliser un travail de reprise en sous-œuvre jamais réalisé auparavant à cette échelle, pour emprunter les termes des architectes.
La qualité du béton des piliers a rendu le travail particulièrement compliqué et long, cinq ans au total. « Autour de chacun des 120 piliers du parking, on a d’abord enfoncé profondément quatre nouveaux piliers », explique Aurélie Carmel. « Ces nouveaux piliers ont été fixés au principal afin d’en reprendre les forces. » Puis, une dalle a été coulée en dessous pour pouvoir creuser et dégager, avec des méthodes traditionnelles, un demi-niveau de 1,5 à 2 m, permettant d’accéder avec des engins. Il a fallu ensuite creuser jusqu’à 24 m de profondeur. Depuis mars dernier, la gare est totalement excavée. Résultat, une immense cathédrale souterraine soutenue par 60 robustes colonnes de près de 2 m de diamètre et de 18 de haut. Une partie d’entre elles seront d’ailleurs cachées des voyageurs, seulement visibles dans les locaux techniques de la future gare ou fondues dans les parois.
Le gros œuvre est désormais terminé. Les compagnons doivent maintenant équiper les accès, notamment avec des escaliers mécaniques. Il y en aura pas moins de 56. S’ajouteront 12 ascenseurs entre la mezzanine et les quais.
Les accès annexes ont demandé des modes constructifs de génie civil aussi compliqués que pour la partie centrale de la gare. Dans l’un des couloirs, SNCF Réseau teste une coque moulée aux formes arrondies qu’il faut fixer morceau par morceau sur les murs pour atténuer le bruit.
Plus bas au niveau du radier, les rails sont déjà posés mais pas la caténaire. Vers l’ouest, les rails continuent jusqu’à la station Nanterre-Préfecture et, vers l’est, jusqu’à celle de Porte Maillot. Seuls « deux kilomètres restent à poser jusqu’à Haussmann, mais ça devrait être terminé à la fin de l’année ».
À la gare de La Défense, les équipes de Vinci devraient avoir terminé en octobre
Yann Goubin

La SNCF teste un robot nettoyeur dans ses trains
Utiliser des robots dans les trains ? L’idée est actuellement étudiée par la SNCF. Les agents du programme « Robots & Humains » de la direction Technologies, Innovation et Projets Groupe ont en effet testé un robot dans une rame Z2N, le 31 mars au Technicentre industriel de Saint-Pierre-des-Corps.
Ils souhaitaient vérifier si le robot Spot, prêté par le distributeur Génération Robots, était capable de circuler dans ces rames Transilien à deux niveaux afin d’y effectuer des missions de désinfection et de contrôle de présence de voyageurs en bout de ligne, avant d’envoyer une rame au remisage.
Le robot Spot a été développé par Boston Dynamics, une entreprise spécialisée dans la conception de robots depuis 30 ans. Elle a imaginé plusieurs modèles de différentes tailles (chien, cheval, homme) dont le point commun est d’être équipés de jambes et non de roues. Cette caractéristique leur permet de monter des marches. C’est notamment pour cette raison que la SNCF a décidé de tester Spot en condition réelle.
Si Spot s’est révélé tout à fait capable de grimper les escaliers, par ailleurs à la même vitesse que sur une surface plane (1,6 mètre/seconde en vitesse max), il a en revanche montré des limites pour circuler entre les sièges. Étant donné sa taille, Spot a besoin d’un espace minimum de 65 cm pour se mouvoir. Or, dans une Z2N, le couloir central entre les sièges mesure 60 cm…
D’où la décision de poursuivre les tests mais avec des robots de plus petites tailles.
Y. G.

Le bel été de Keolis
Le groupe de transport public Keolis a engrangé cet été plusieurs contrats, en renouvellement mais aussi au détriment d’opérateurs concurrents. La Communauté d’Agglomération de Sète agglopôle méditerranée a ainsi renouvelé son contrat pour l’exploitation et la maintenance de son réseau de transport public SAM. Cette délégation de service public doit débuter le 1er septembre pour une durée de 7 ans et 4 mois. Il doit générer 88 millions d’euros de chiffre d’affaires au total. Keolis prévoit une augmentation de la fréquentation de 17% à 3,6 millions de voyageurs d’ici là.
« Le renouvellement de ce contrat permet à Keolis, exploitant du réseau de transport de l’agglomération depuis 2015, de conforter sa présence dans la région Occitanie. Outre le réseau de transport urbain de Sète, Keolis y exploite notamment ceux des agglomérations d’Agde, d’Alès, d’Auch, de Foix, de Narbonne et de Tarbes-Lourdes« , indique dans un communiqué l’opérateur de transport public.
La filiale de la SNCF a aussi été retenue par Perpignan Méditerranée Métropole pour exploiter et maintenir les services de transports, Sankéo, à partir du 1er septembre, au détriment de l’actuel délégataire, Vectalia. Le contrat doit générer un chiffre d’affaires total de 295 M€ sur 8 ans.
D’ici 2030, Keolis s’engage à augmenter de 30,2% les recettes commerciales, indique le groupe dans un communiqué. D’ici là, l’opérateur devra notamment renforcer l’information voyageurs et lancer une nouvelle application unique intégrant l’information sur la mobilité et les moyens de paiement via la solution M’ticket.
A partir de 2023, les nouvelles lignes à haut niveau de service « Pulséo » seront lancées avec la mise en circulation de 20 véhicules 100% électriques d’ici la fin du contrat.
Autre succès, Keolis a été sélectionné par le Syndicat Intercommunal d’Organisation et de Mobilité Urbaine du Valenciennois (SIMOUV) pour l’exploitation et la maintenance de son réseau de transport public Transvilles, en remplacement de RATP Dev. D’une durée de 7 ans, le contrat débutera le 1er janvier 2023 et devrait générer un chiffre d’affaires cumulé de plus de 400 M€.