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Catégorie : Ferroviaire
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Siemens fournira sept trains à hydrogène « de deuxième génération » au nord de Berlin
La Niederbarnimer Eisenbahn (NEB) a chargé Siemens Mobility de lui fournir sept rames bicaisses à hydrogène « de deuxième génération » Mireo Plus H destinées à la Heidekrautbahn, une petite ligne dans la périphérie nord de Berlin. Cette ligne du réseau NEB sera ainsi la première de la région Berlin-Brandebourg à mettre en service un train à hydrogène, en décembre 2024. Équipées d’une à pile à combustible et d’une batterie lithium-ion, ces sept rames seront les premières de série à faire l’objet d’une commande à Siemens Mobility. A cette commande s’ajoute un contrat de service et de livraison de pièces détachées pendant toute la période contractuelle.
Siemens indique que son train à hydrogène de deuxième génération se caractérise par sa plus grande autonomie, son accélération plus élevée et l’emploi des « technologies les plus modernes ». Concrètement, chaque élément bicaisse disposera d’une puissance de traction de 1,7 MW, pour une accélération maximale de 1,1 m/s² et une vitesse de pointe de 160 km/h. Côté aménagement intérieur, ce train régional devrait offrir tout le confort des matériels roulants les plus récents (wifi, information voyageurs, espaces multifonctions etc.)

Des trains CAF pour Etihad Rail
Etihad Rail, dont le réseau ferré est en cours de développement entre onze agglomérations des Émirats arabes unis, a signé avec CAF un contrat pour la conception, la fabrication, la fourniture et la maintenance de trains de voyageurs destinés à circuler à 200 km/h sur ses lignes à voie normale non-électrifiées. De source locale, ce contrat est évalué à 1,2 milliard de dirhams (310 millions d’euros), alors que CAF évoque « plus de 250 millions d’euros », mais il n’est pas précisé combien de trains sont concernés par cet accord, signé par Shadi Malak, directeur général d’Etihad Rail, et Josu Imaz, DG matériel roulant de CAF, en présence d’Iñigo de Palacio, ambassadeur d’Espagne aux Émirats arabes unis.
En revanche, on sait que ces rames réversibles seront à traction thermique, ce qui en fera le matériel diesel le plus rapide du monde (ex aequo avec les HST britanniques actuellement en cours de réforme). Chaque rame proposera plus de 400 places assises dans trois classes différentes (première, business et économie), avec un niveau élevé de confort (climatisation avancée, prises pour recharge, espace pour les jambes, écrans d’information et de divertissement, restauration à bord), même si les temps de parcours prévus entre les principales destinations sont relativement courts, de l’ordre d’une à deux heures (50 minutes d’Abu Dhabi à Dubaï, par exemple).
A l’occasion de la commande Etihad Rail, CAF a également annoncé une levée d’option portant sur 10 automotrices Civity à batterie dans le cadre du contrat signé avec les transports de Westphalie-Lippe (Nahverkehr Westfalen-Lippe, NWL), qui comprenait déjà 63 rames en tranche ferme. Le montant de l’option s’élève à 170 millions d’euros.

La ligne B du métro de Lyon passe intégralement à l’automatique
Presque quatre semaines après les premières circulations dominicales de quatre nouvelles rames MPL16 sur pneus et sans conducteur, la ligne B du métro de Lyon est passée au mode automatique intégral le 25 juin, en présence de Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon et de Sytral Mobilités, et de Jean-Baptiste Eyméoud, président d’Alstom France. Ouverte il y a 44 ans, la ligne B est désormais entièrement exploitée au moyen des nouvelles rames produites par Alstom, qui seront au nombre de 36 fin 2023, lorsque le prolongement vers l’Hôpital Lyon Sud (Saint-Genis-Laval) sera mise en service. La ligne B, qui compte actuellement 10 stations sur 7,7 km, s’enrichira alors de 2 arrêts, sur 2,5 km, et sera exploitée au moyen de 30 rames en heure de pointe. Quant aux rames MPL75 jusqu’à présent en service sur la ligne B, elles iront renforcer le parc de la ligne A.
A l’occasion, le président d’Alstom France a précisé qua six sites en France « ont mis en œuvre leur savoir-faire pour concevoir, fabriquer et déployer le système de pilotage automatique et les nouvelles rames de la ligne B du métro de Lyon ». En l’occurrence Valenciennes pour la conception, l’aménagement intérieur, l’assemblage, les essais et la validation des rames, Ornans pour les moteurs, Le Creusot pour les bogies, Tarbes pour la chaîne de traction, Villeurbanne pour l’électronique embarquée, l’information voyageurs, les équipements de signalisation et le maintien en condition opérationnelle des automatismes, ainsi que Saint-Ouen pour la coordination du design et le développement du système de signalisation Urbalis 400. « Cette fierté est plus que partagée par les près de 1 000 salariés qui travaillent sur notre site de Villeurbanne et qui auront donc l’opportunité d’emprunter le nouveau système de métro qu’ils ont contribué à développer et à déployer », a ajouté le président d’Alstom France. Sur la ligne B, Alstom a adapté sa solution Urbalis 400 aux spécificités du réseau lyonnais, pour réduire l’intervalle entre rames successives « de 3 min 11 s en heure de pointe à 2 min 20 s ».
Côté matériel roulant, les nouvelles rames MPL16 (Métro Pneus Lyon 2016) mises en service sur la ligne B sont composées de deux voitures avec intercirculation, qui peuvent accueillir plus de 300 voyageurs au total sur une longueur de 36 m. Ces rames, qui peuvent circuler en unités doubles de 72 m, « ont été conçues pour améliorer l’expérience voyageurs mais aussi pour concilier performance, sobriété énergétique et facilité d’entretien, afin de maîtriser les coûts tout au long de leur cycle de vie ». Basées sur la plateforme Metropolis, les rames MPL16 sont éco-conçues et recyclables à 96 %, selon Alstom. Elles sont dotées d’un freinage 100 % électrique censé récupérer l’énergie et de la réinjecter sous forme d’électricité dans le réseau, tout en limitant les particules fines émises par les organes du frein mécanique. « L’association des différentes innovations vertes permet de réduire significativement la consommation d’énergie par rapport aux anciennes rames ». Côté aménagement, elles se caractérisent par leurs larges baies vitrées, un système de ventilation réfrigérée, un éclairage LED « doux et sécurisant », des sièges en velours « confortables » et des écrans d’information voyageurs. L’accessibilité aux voitures et la fluidité à leur bord ont fait l’objet de soins particuliers : vastes zones d’accueil avec emplacements pour les personnes à mobilité réduite, larges couloirs de circulation et larges portes, plancher accessible de plain pied et intercirculation « ouverte ».

Lyon-Turin : les atermoiements français
Plus de 30 ans après les premières réflexions, le projet de liaison ferroviaire entre la capitale d’Auvergne-Rhône-Alpes et celle du Piémont pourrait enfin déboucher, cet automne, sur un programme de mise en chantier global. À condition, toutefois, que l’État français tranche définitivement la question des voies d’accès au tunnel de base. Ce qui n’est pas gagné.
Dans la longue histoire du projet Lyon-Turin, la France et l’Italie ne sont pas toujours sur le même tempo. Quand l’Italie bloquait, la France piaffait. Aujourd’hui, c’est notre pays qui tergiverse. Non pas sur la réalisation du tunnel de base du projet ferroviaire Lyon-Turin, qui est bien engagée, mais sur celle des voies d’accès, toujours en suspens. Résultat, de nouveaux retards sont désormais quasiment acquis.
La CIG (commission intergouvernementale), réunie à Chambéry il y a un peu plus d’un an, le 14 juin 2021, avait insisté sur le caractère stratégique de l’ensemble de la liaison (tunnel transfrontalier et voies d’accès), mais les dates de livraison des différents éléments auront bien du mal à coïncider. Sur le versant français en tout cas.
Au nom de la Commission, la coordinatrice européenne a pourtant confirmé la possibilité d’un cofinancement par l’Union européenne de ces voies d’accès nationales jusqu’à 50 %, soit à la même hauteur que le tunnel international. Mais pour cela, les deux États doivent formaliser et préciser leurs engagements. Dans cette perspective, la France et l’Italie se sont ainsi accordées sur l’objectif de livrer les quelque 200 kilomètres de nouvelles voies ferroviaires, de part et d’autre du tunnel sous les Alpes, à l’horizon 2030. En dépit de cet engagement, la France semble cependant dans l’incapacité de tenir les délais.
La réalisation du tunnel avance bien
« Il convient de distinguer deux éléments : le tunnel de base et les voies d’accès », précise cependant Stéphane Guggino, le délégué général du Comité pour La Transalpine. Le chantier du tunnel de base avance normalement. D’ores et déjà, 10 kilomètres ont été creusés pour le tube Sud du tunnel définitif côté français, en partant de Saint-Martin La Porte, à proximité de Saint-Jean-de-Maurienne. Il convient d’ajouter à cela 20 kilomètres de descenderies, qu’il faut intégrer dans les travaux puisqu’elles serviront pour la maintenance, la sécurité…
En revanche, les décisions tardent à être prises en ce qui concerne les voies d’accès au tunnel de base. Initialement, Jean-Baptiste Djebbari, l’ancien ministre des Transports, devait annoncer le choix du Gouvernement sur cette question le 31 mars dernier. Un déclic essentiel pour accélérer la réalisation du projet, mais qui a été une nouvelle fois reporté à une date ultérieure. Pour les promoteurs du projet, cette désynchronisation des différentes sections compromet les ambitions écologiques et économiques du programme.
En fin d’année dernière, trois scénarios d’accès ont été soumis par le préfet de la Région Auvergne-Rhône-Alpes à l’ensemble des collectivités locales ainsi qu’aux parlementaires des territoires concernés, en leur demandant de rendre leurs contributions pour le 15 janvier 2022. Élaborés à partir des études réalisées par SNCF Réseau, ils se déclinent en une version à dominante fret, avec un tunnel sous la chartreuse réservé au fret et un retour sur la ligne existante via Montmélian (coût estimé 4,8 Md€) ; une version Fret Grand Gabarit, avec des tunnels fret sous Chartreuse, Belledonne et Glandon (coût estimé 6,7 Md€) ; une version mixte, avec un tunnel sous Dullin-L’Épine pour les voyageurs et le fret, mais avec une capacité moindre pour celui-ci (coût estimé 5 Md€).
Au 15 janvier une quarantaine de retours avaient été enregistrés. Mais en dépit de l’engagement qu’il avait pris, Jean-Baptiste Djebbari n’a pas tranché et la décision pourrait désormais être rendue au début du deuxième semestre.
Le scénario Fret Grand Gabarit suscite le plus d’adhésions
S’il est impossible pour l’heure de dire quelle option retiendra le gouvernement, il semble cependant que le scénario Fret Grand Gabarit emporte l’aval du plus grand nombre. Le Département de la Savoie a d’ailleurs immédiatement fait connaître sa position en faveur de cette option. « Le fret est l’enjeu principal du projet Lyon – Turin. Ce scénario permettra au tunnel de base de trouver sa meilleure efficacité économique », a indiqué Hervé Gaymard, son président.
Une fois le tracé choisi, une nouvelle étape décisive sera franchie pour ce projet envisagée pour la première fois en 1991. Rappelons que la création de cette nouvelle liaison ferroviaire entre Lyon et Turin a réellement pris forme à partir de 2013, avec la Déclaration d’Utilité Publique de la section française pour relier Lyon à Saint-Jean-de-Maurienne. Pour mener à bien ce projet pharaonique, tout en prenant en considération les besoins des différents territoires traversés par cette nouvelle infrastructure, il avait alors été décidé de découper le chantier en deux grands secteurs.
Le premier pour assurer la liaison entre Lyon et Chambéry, avec la création d’une ligne mixte fret et voyageurs de 78 kilomètres. Le second, exclusivement dédié au fret, joignant la gare d’Avressieux à celle de Saint-Jean-de-Maurienne, soit 62 kilomètres de voies. Au total, la réalisation de la future liaison Lyon – Turin implique la construction de 140 kilomètres de lignes nouvelles pour la seule partie française, mais aussi celle de plusieurs tunnels et viaducs, ainsi que des raccordements au réseau existant.
Plus de 8,6 milliards d’euros pour le tunnel de base
La question du financement a pesé lourdement. Actualisé en 2020, le projet représente alors un investissement de quelque 8,6 Md€ pour sa portion hexagonale : 5 Md€ pour la création de la nouvelle ligne mixte et 3,6 Md€ pour le nouvel itinéraire fret. La réalisation du tunnel de base, quant à elle, nécessitera un investissement de plus de 8,6 Md€.
Pour assurer son financement, la France et l’Italie ont obtenu le soutien de l’Europe, dans le cadre du Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE), le programme dédié au financement des infrastructures de transport. L’Union européenne, qui avait décidé dans un premier temps de s’impliquer à hauteur de 40 %, a finalement annoncé au printemps 2021 qu’elle allait porter son aide à 50 % du coût total. Ainsi, Français et Italiens voient leur propre engagement réduit d’environ 1 Md€. L’investissement de la France dans la construction du tunnel de base devrait ainsi être ramenée à 1,8 Md€.
Les lourdeurs d’un dossier transfrontalier
En plus de la question du financement, la dimension internationale du projet n’est pas la moindre des complexités. « La future liaison Lyon – Turin totalise 270 kilomètres de lignes nouvelles, dont 65 kilomètres pour la section italienne et 65 kilomètres également pour la section transfrontalière », rappelle Stéphane Guggino. Un découpage qui, bien évidemment, a des conséquences sur la mise en œuvre du projet.
Car chacun avance à son rythme. Ainsi en Italie le projet est resté bloqué pendant plus d’un an, lorsque le Mouvement Cinq Étoiles, opposé à sa réalisation, était aux affaires. La dynamique s’est cependant inversée depuis, et 1 Md€ d’appel d’offres devrait être attribué dans les prochains mois sur le versant italien pour lancer les travaux sur le tunnel de base. L’Italie vient d’ailleurs de donner un formidable coup d’accélérateur à la réalisation de son programme, avec la signature d’une ordonnance autorisant RFI, l’équivalent transalpin de SNCF Réseau, à développer le projet du tronçon reliant Avigliana et le grand terminal logistique d’Orbassano près de Turin. Cette section de voies nouvelles comporte notamment un tunnel de 18 km et les travaux sur cette section devraient démarrer début 2023.
Avec la concrétisation de cette nouvelle étape, l’Italie met la pression sur la France. « Nous garantirons la mise en service de nos voies d’accès en même temps que le tunnel international, avec un modèle d’exploitation conforme aux standards européens », assurait ainsi Paolo Foietta, Chef de la délégation italienne à la Commission Intergouvernementale pour le Lyon-Turin, lors de la dernière Assemblée Générale de la Transalpine. « Naturellement, il est fondamental que ces conditions soient garanties sur les accès français », ajoutait-il pour l’occasion, pointant du doigt les retards pris dans l’Hexagone.
Jacques Donnay

La filiale immobilière d’Auchan réclame 350 millions à Gares & Connexions
Selon La Lettre de l’Expansion qui a dévoilé l’information, la famille Mulliez a décidé d’attaquer SNCF Gares & Connexions après sa décision unilatérale de dénoncer le contrat de transformation de la Gare du Nord. Ceetrus, la filiale immobilière d’Auchan qui avait été choisie pour rénover et agrandir la gare, dans le cadre d’une société d’économie mixte StatioNord menée avec Gares & Connexions, réclame en effet 350 millions à son ancien partenaire pour la dénonciation il y a 9 mois de ce contrat signé en 2019. La filiale de SNCF Réseau avait alors justifié sa décision de rompre le contrat par le dérapage incontrôlé des coûts, initialement évalués à 389 millions d’euros, qui étaient passés à 600 millions d’euros, puis à plus d’1,5 milliard d’euros. Le calendrier partait aussi à la dérive, avec une fin du chantier finalement envisagée en 2026 au lieu de 2024 au moment des JO. Ce qui avait conduit Gares & Connexions à constater « la défaillance grave de son concessionnaire » avant de décider « sa déchéance ».Les hostilités lancées, place maintenant aux discussions entre les avocats des deux groupes, sachant que Gares & Connexions réclame également à la partie adverse plusieurs centaines de millions d’euros selon La Tribune du 24 juin.
Le prolongement de la ligne 14 avance
Les travaux de prolongement de la ligne 14 avancent et devraient permettre sa mise en service à temps pour les JO de 2024. « 14 km de voies posées en 14 mois pour le prolongement sud de la ligne 14, à partir de Maison-Blanche, c’est un défi relevé », résume Éric Lebrun, chef de projet système de transport de la ligne 14, lors d’une visite de la gare en construction de Kremlin-Bicêtre-Hôpital, le 8 juin.Commencée en janvier 2021, la pose de la voie s’est terminée en avril 2022. « Cela fait un linéaire total de 172 km », si on compte les rails, les profilés pour le guidage et les rails d’alimentation, soit 6 éléments par voies, le tout multiplié par deux voies et par 14 kilomètres plus quelques centaines de mètres supplémentaires pour rejoindre l’atelier. 40 000 traverses bétons biblocs ont également été posées.« Ce qui est compliqué dans cet environnement contraint, c’est l’approvisionnement, avec seulement 7 puits d’accès suffisamment larges », explique Éric Lebrun. Le travail a donc été réparti sur 7 fronts simultanément. Entre 300 et 400 compagnons ont travaillé sur ce chantier au plus fort des travaux, en 2 postes de jour.Les soudures étaient réalisées la nuit, une opération qui provoque toujours des dégagements de fumée. Même s’ils restent évidemment contrôlés, il est toujours préférable de réaliser ces opérations à un moment où les agents sont moins nombreux. « Il reste 500 mètres de voie à poser entre l’arrière station d’Olympiades et Maison-Blanche », reprend Eric Lebrun. À cet endroit, le tunnel a été creusé de façon traditionnelle, sans tunnelier, ce qui a pris plus de temps et s’est fait indépendamment du reste du percement.Si le gros œuvre est terminé, il reste à installer les équipements de sécurité, comme les cheminements, l’éclairage ou un système de téléphone fonctionnant sans électricité destiné aux pompiers et associé aux colonnes sèches. Il faudra aussi déployer l’approvisionnement en énergie pour les rames. « 130 km de câbles haute tension vont être tirés et nous allons installer les quatre derniers postes de redressement, parce qu’au-delà de la station MIN-Porte-de-Thiais, la tension devenait trop faible. La mise sous tension est prévue en octobre prochain », indique encore le chef de projet.Pour faciliter la future exploitation de la ligne, deux communications simples vont être posées à Maison-Blanche et Villejuif-Institut-Gustave-Roussy et trois communications croisées, une à Pont-de-Rungis et deux avant le terminus Aéroport-d’Orly, où le long tunnel d’interstation permettra le stationnement du matériel. Elles assureront aussi la « disponibilité » de la ligne grâce à l’isolation des sections en cas de situation perturbée.Mi-juin, les premières façades de quai devaient être installées à la gare Villejuif-Institut-Gustave-Roussy. Comme sur toutes les gares du prolongement, elles seront “toute hauteur“. S’élevant jusqu’au plafond de la station, elles permettent d’isoler aérauliquement les stations de la voie elle-même et d’éviter la propagation de fumée d’un espace à un autre en cas d’incendie.Autre gros chantier, l’automatisation. Son installation va s’accompagner d’une remise à niveau du système automatique dans le tronçon central, âgé de plus d’une vingtaine d’années.Le matériel va aussi être renouvelé par des MP14 à 8 voitures. « On va passer d’un intervalle entre chaque train de 95 secondes à 85 voire 80. Il faut s’imaginer qu’avec l’arrêt en station, c’est quasiment un train continu sur toute la ligne. À peine une rame a-t-elle quitté une station, qu’une autre arrive », souligne Éric Lebrun. La modernisation de l’automatisation est en effet indispensable au regard de la fréquentation attendue : un million de voyageurs par jour (550 000 aujourd’hui), dont 40 000 rien que pour le tronçon central. Le temps de parcours de cette ligne de 27 km, sera de 40 minutes, avec une vitesse d’exploitation de 40 à 45 km/h. Au rythme actuel du chantier, le prolongement nord de la ligne vers Saint-Denis -Pleyel, et sud, entre Olympiades et Aéroport-d’Orly, devrait être livré en juin 2024, soit quelques semaines avant les Jeux Olympiques qui commenceront le 26 juillet.Yann GoubinUn geste architectural pour la garePour construire la gare de Kremlin-Bicêtre-Hôpital, la RATP a dû « mordre » dans une petite partie de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. « On a dû démolir deux bâtiments dans la phase de travaux préparatoires », explique Stéphane Garreau directeur d’opération du prolongement de la ligne 14. Et réduire les emprises de l’hôpital.
La “boîte gare”, autrement dit la construction souterraine qui accueille les quais et les voies, mesure 125 m de long sur 25 m de large. « Les rails sont à – 21 m », précise Adrien Queille, chef de projet du chantier de Kremlin-Bicêtre-Hôpital. Au-dessus, se trouvera une vaste salle des échanges pour les voyageurs et des locaux techniques. Au niveau de la rue, un hall d’accueil, ouvert, sera seulement couvert d’un toit très caractéristique en forme de W renversé « comme le pictogramme avec lequel on symbolise habituellement les usines. C’est un geste“ architectural du cabinet Viguier, qui a dessiné la gare. Avec une spécificité, les pans du toit les plus longs ne sont pas tournés vers nord comme pour les usines. mais vers le sud pour faire entrer le maximum de lumière directe », indique encore Stéphane Garreau.
Nouvel appel à la grève le 6 juillet
Une grève chasse l’autre. Alors qu’une grève est menée depuis hier en Ile-de-France, pour dénoncer côté Transilien « des changements de planning de dernière minute« , liés aux travaux sur le réseau ferroviaire, et pour réclamer des hausses de salaire, trois syndicats représentatifs de la SNCF (CGT Cheminots, CFDT Cheminots et Sud-Rail) appellent à une grève le 6 juillet. L’Unsa Ferroviaire devrait indiquer mardi 28 juin si elle appelle ou pas à ce mouvement.
Les syndicats demandent des « mesures de rattrapage salariales de l’inflation et un report systématique de la hausse du SMIC sur l’ensemble de la grille ; une augmentation générale des salaires et la revalorisation des primes de travail; une revalorisation de l’ensemble des allocations, gratifications et indemnités pour tenir compte de la hausse des prix« .
Une table ronde est prévue sur les « conditions économiques » avec la direction de la SNCF, ce même 6 juillet, également premier jour des vacances scolaires, alors que la SNCF s’attend à un été record. Pour Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, ce n’est pas un préavis de grève « préventive » mais « significative« . Face à l’inflation et aux prévisions de l’INSEE, il y a, estime le syndicaliste, « une nécessité absolue de mesures d’urgence« .
Invité le 23 janvier dans l’émission Télématin sur France 2, Jean-Pierre Farandou a indiqué que des discussions sont déjà « engagées » sur ce thème. Selon le PDG de la SNCF, « tout est sur la table. Il existe plusieurs manières d’augmenter le pouvoir d’achat des cheminots« . Et de remarquer : « Le climat social est tendu actuellement, mais pas qu’à la SNCF« , en référence notamment à la situation dans le transport aérien et à la grève qui paralyse actuellement le réseau de chemin de fer britannique.
La multiplication des conflits lors des grands départs ou lors de grands événements (la grève le 24 juin en Ile-de-France a lieu le jour de la finale du Top 14 au Stade de France) montre toutefois que certains syndicats, en particulier du côté de la RATP, cherchent clairement à organiser des grèves à des moments les plus gênants pour les voyageurs, leurs entreprises et les pouvoirs publics. Et n’hésitent plus à le dire, sans tabou. La pression monte alors que les entreprises de transport préparent deux grands événements au retentissement mondial : la Coupe du Monde de rugby en 2023, puis les JO en 2024.
MH P

La SNCF prévoit un été record
Au vu des réservations, la SNCF s’attend à un été « record » dans ses trains, ce qui lui permettra d’oublier la dure période de la crise sanitaire. Déjà, l’été 2021 avait été plutôt satisfaisant avec le retour de la quasi-totalité des voyageurs par rapport à 2019, avant la pandémie.
D’après Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, qui s’exprimait il y a quelques jours devant l’AFP, « il y a un réel engouement pour les vacances en France » et les Français recommencent à planifier leurs vacances alors qu’ils avaient tendance ces deux dernières années à se décider au denier moment.
Le dirigeant s’attend à dépasser 2019. « On a déjà vendu 8 millions de billets pour juillet et août, c’est 10 % de plus qu’en 2019 » (et 50 % de plus que l’an dernier à la même date) », a indiqué de son côté sur France le 23 juin Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF. Une tendance dans la continuité des +10 % observés sur la grande vitesse en mai et juin.
A propos de la mini-polémique sur le manque de places sur les trains, Christophe Fanichet répons que « tout le parc va sortir, il n’y aura pas de trains en réserve ».
SNCF Voyageurs a d’ailleurs mis en vente 500 000 places supplémentaires par rapport à l’été 2019. Et rappelle que 3 billets sur 4 sont vendus à prix réduits, notamment grâce à la carte commerciale Avantage qui connaît un vrai succès. De ce fait, le montant du panier moyen, autrement dit le prix moyen payé par le voyageur, recule, affirme la SNCF. D’autres initiatives sont aussi à venir pour optimiser le remplissage des trains comme le lancement d’une liste d’attente sur les TGV Ouigo.
Côté TER, si les régions n’ont pas souhaité reconduire le Pass TER Jeunes, un abonnement estival d’un coût de 29 euros destiné aux 12-25 ans, certaines proposent des tarifs très attractifs pour attirer les jeunes générations à bord des trains cet été.
SNCF Réseau compte réduire ses investissements sur le réseau ferroviaire « structurant »
C’est un changement majeur dans la stratégie suivie jusqu’à présent par SNCF Réseau et un signal particulièrement inquiétant pour le transport ferroviaire : le gestionnaire des infrastructures s’apprête à réduire drastiquement son périmètre d’intervention sur le réseau ferroviaire. Selon nos informations, SNCF Réseau a calculé que l’inflation va représenter dans ses comptes un surcoût annuel récurrent de 400 millions d’euros. Il va donc devoir faire moins de travaux pour rester dans la même enveloppe financière.Le budget alloué par l’Etat pour renouveler les voies ferrées est de 2,8 Mds d’euros annuels, comme l’indique le contrat de performance signé avec Réseau -en toute discrétion- le 8 avril dernier. Mais ce montant est déjà considéré de toutes parts comme insuffisant pour permettre de régénérer suffisamment vite un réseau ferroviaire vieillissant : son âge moyen tourne autour de 30 ans, soit deux fois plus que chez nos voisins allemands par exemple.Lors d’une réunion du Comité des parties prenantes organisée le 8 juin, Luc Lallemand a confirmé que le niveau de financement prévu par le contrat – 2,8Mds€ donc- n’est pas suffisant, selon des propos qui nous ont été rapportés par plusieurs sources, notamment régionales. Selon le PDG de SNCF Réseau, l’actualisation des données d’audits démontre un besoin de 3,7Mds€.Aujourd’hui, avec l’inflation qui réduit les marges de manoeuvre de SNCF Réseau, la « seule variable d’ajustement » est de « réduire le montant de régénération sur le réseau classique », a encore affirmé Luc Lallemand, en précisant qu’il s’agit de « maintenir le niveau de qualité et de sécurité, mais de réduire le périmètre d’activité »
Des discussions seraient actuellement menées sur le sujet avec les services du gouvernement. Mais selon le PDG, « si l’Etat n’intervient pas au plus tard en septembre« , il faudra « diviser le réseau en deux parties » : avec d’un côté, le « réseau super-structurant, qui regroupe les lignes UIC 2 à 4 » sur lesquelles SNCF Réseau continuera à investir, et d’un autre côté, le « réseau structurant« , rassemblant les lignes UIC 5 à 6, « sur lesquelles nous allons désinvestir ».» On ne sait pas jusqu’où vont aller les coupes sur les lignes UIC 5 à 6…. Et que va-t-il se passer pour les lignes fines de dessertes du territoire reprises par l’Etat car considérées comme structurantes« , s’interroge un connaisseur du ferroviaire, en ironisant sur cette « nouvelle notion inventée : le réseau super-structurant« .Rappelons qu’aujourd’hui, le réseau ferré est officiellement classé en deux catégories : les lignes à fort trafic, regroupées dans la classification UIC 2 à 6, et celles à faible trafic, dans la classification 7 à 9 (qui représentent environ 9000 km, sans compter les 3000 km de capillaire fret). Une nomenclature qui ne satisfaisait pas jusqu’à présent SNCF Réseau en raison notamment de l’hétérogénéité des lignes UIC 7 à 9, mais qui lui sert aujourd’hui de base pour rétrécir un peu plus le réseau structurant.De son côté, Michel Neugnot, le vice-président chargé des Transports de la région Bourgogne-Franche Comté, rappelle que SNCF Réseau est tenu par les objectifs fixés par l’Etat de parvenir à un cash flow à l’équilibre en 2024. D’où de multiples économies et « renoncements » en cours chez SNCF Réseau. L’élu régional regrette aussi fortement l’absence actuelle de débat politique portant sur les questions d’investissements dans les infrastructures. Il est fort possible que Régions de France demande assez rapidement des explications à SNCF Réseau.Contacté, SNCF Réseau n’a pas souhaité réagir.Marie-Hélène Poingt
Railcoop veut améliorer les performances énergétiques de ses rames
Les deux X72500 achetés par Railcoop sont à peine arrivés dans les ateliers d’ACCM pour y être expertisés que les deux partenaires annonçaient déjà leur volonté d’améliorer le bilan carbone de ce matériel. Un matériel de vingt ans, dont la conception est plus ancienne encore.« On n’en est qu’au début de la réflexion », explique Nicolas Debaisieux, directeur général de Railcoop, le 19 mai lors de l’événement marquant l’arrivée des deux rames dans l’entreprise de maintenance de matériel ferré ACCM, installée à Clermont-Ferrand. « La priorité c’est d’abord le diagnostic du matériel, à travers les deux premières rames. On a besoin de ces rames rapidement pour pouvoir exploiter un service voyageurs, attendu par nos sociétaires, mais on a aussi un objectif d’amélioration de leur performance énergétique ».De son côté, Thierry Cézard, le directeur général d’ACCM explique que « c’est un projet de R&D qui va durer plus longtemps que la livraison de la première rame, probablement plusieurs années, et pour lequel Railcoop nous demande de suggérer des pistes de verdissement ». Et d’ajouter : « On pense spontanément aux moteurs diesels, mais le verdissement est long, cher… On peut aussi agir sur tous les équipements auxiliaires. Avant d’en arriver à la motorisation qui peut être un objectif ultime, il y a des pistes d’améliorations. Notre expérience nous l’a montré. Je pense à l’éclairage, à la climatisation, etc. ».Pour Nicolas Debaisieux, ces rames sont en quelque sorte déjà « vertes » : « On a des études qui montrent que même avec ces rames diesels, compte tenu du nombre de voyageurs transporté, sur un Bordeaux-Lyon, c’est comme si on se déplaçait en Tesla électrique ! ».Avant donc cette étape de verdissement, le premier diagnostic devrait être rendu en juillet. Il permettra d’évaluer plus précisément les travaux à effectuer pour la rénovation de niveau 5, dite de mi-vie. « On va démonter la rame, découvrir avec nos experts l’état exact de la situation, et proposer ce qui sera nécessaire de faire, et je dirais, ce qui sera suffisant, sans bien sûr rogner sur quoi que ce soit et notamment pas sur la sécurité, de manière à réécrire un cahier des charges pour le reste des rames », détaille le dirigeant d’ACCM.Pour l’instant, Railcoop n’a formellement acquis que deux rames X72500, une tricaisse et une bicaisse. Celle-ci servira de magasin de pièces. « C’est une chance, en ces temps d’approvisionnement tendu, de disposer de cette rame supplémentaire », dit Thierry Cézard. Cela devrait permettre une remise en état plus rapide. « On l’espère pour la fin de l’année, mais ça dépend vraiment de l’état dans lequel les experts d’ACCM trouveront la première rame », précise Nicolas Debaisieux.Railcoop aura besoin de « 8 rames tricaisses pour effectuer le service voyageurs Bordeaux-Lyon », précise Dominique Guerrée, le président du conseil d’administration de l’entreprise. Il faudra donc que la coopérative achète encore sept rames. « Nous devons encore boucler le financement. Les banques nous questionnent ; “N’êtes-vous pas trop optimistes sur les taux de remplissage ?“., indique-t-il. « Je rappelle juste que Ouigo en Espagne est à 95 % de taux de remplissage dès le démarrage, que Trenitalia est au-delà de 90 %. Ce qu’on constate c’est qu’il y a une envie d’avoir du train. On constate aussi que le prix des carburants augmente. Plus vite on aura ces rames, plus vite on va, à notre modeste niveau, apporter une réponse à des demandes des habitants des territoires qu’on va desservir ».Yann Goubin
