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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Peine maximale requise contre la SNCF dans le procès sur la catastrophe de Brétigny
Le parquet d’Evry a demandé le 15 juin au tribunal de condamner la SNCF « à la peine maximale » pour homicides involontaires et blessures involontaires lors du déraillement le 12 juillet 2013 d’un Intercité à Brétigny-sur-Orge qui avait tué 7 personnes et blessé plus de 200 autres.
Cette peine s’élève à 450 000 euros d’amende du fait de la récidive légale que le procureur Rodolphe Juy-Birmann a demandé au tribunal de retenir. Selon lui, la SNCF (héritière pénale de l’Infra chargée de la maintenance des voies au moment des faits) a « créé le contexte à l’origine de l’accident » par un « échec dans la chaîne de maintenance« . Le procureur, qui a eu des mots très durs à l’encontre de la compagnie ferroviaire, a affirmé qu’elle avait procédé à « beaucoup de renoncements dans la maintenance« . Dès lors, « c’est toute une conception du service public qui s’est effondrée« , a-t-il estimé.
Il a reconnu que la peine demandée « ne ramènera personne à la vie« . Mais, a-t-il continué, elle apportera deux satisfactions : d’une part, les victimes ont été entendues et reconnues, d’autre part, « la condamnation jettera l’opprobre et le discrédit » sur l’entreprise publique.
Et d’ajouter que « ce n’est pas une mise en cause des cheminots« , mais « de la lente dégradation de leurs conditions de travail qui ont été impactées par les objectifs de rentabilité qui leur étaient imposés« .
Parmi les carences listées par le procureur figurent le défaut de traçabilité documentaire, qui n’a pas permis de maintenir un niveau d’alerte suffisant sur l’appareil de voie incriminé, le manque d’anticipation pour le changer ou encore les vitesses de circulation des trains qui n’ont pas été réduites sur cette zone. Tout au long du procès, la SNCF a défendu la thèse d’un problème métallurgique indécelable, montrant, tacle le procureur, « une entreprise dans le déni« .
Le procureur a toutefois demandé la relaxe pour les deux autres prévenus, SNCF Réseau car selon lui il manque des preuves de l’évidence de sa responsabilité, et pour Laurent Waton, seul cheminot sur le banc des accusés (ayant été le dernier a faire une tournée sur les lieux où s’est produit l’accident) car il a relevé des fautes « simples » mais pas une « faute caractérisée » pénalement. Place maintenant, les 16 et 17 juin, aux plaidoiries pour la défense.

Les Pays de la Loire et la SNCF signent une nouvelle convention TER pour dix ans
Après de « longues négociations » selon les deux parties, la SNCF et la région Pays de la Loire ont signé le 13 juin la nouvelle convention TER qui va les lier sur la période 2022-2031. Ce contrat prévoit une augmentation de près de 11 % des trains d’ici 2023 ainsi qu’une amélioration des conditions d’indemnisation en cas de suppression de circulations, y compris pour les voyageurs occasionnels, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors.
Les engagements de la SNCF envers la région sont plus importants. Ainsi, la région a obtenu de la SNCF une baisse de 10 % de ses coûts. Le mécanisme mis en place sera plus « protecteur » pour la région qui bénéficiera d’une contrepartie financière en cas de non réalisation du plan de transport prévu.
Enfin, « une répartition plus équitable du risque commercial » est prévue en faveur de la région. « Si les recettes constatées sur une année sont inférieures ou supérieures au montant prévu, l’écart est partagé à 50/50 entre la Région et SNCF Voyageurs alors qu’auparavant, les recettes supérieures étaient intégralement conservées par SNCF Voyageurs« , indique un communiqué commun.
Cette nouvelle convention n’empêchera pas la région d’ouvrir progressivement son réseau ferré à la concurrence à partir de décembre 2024, comme elle l’a prévu. Elle devrait choisir au second semestre 2023 le futur exploitant du premier lot « Tram Train » et « Sud Loire »mis sur le marché. Parmi d’autres dispositions, « la convention intègre par exemple la mise en place de conditions de gestion de correspondances au service des usagers avec les autres opérateurs ferroviaires après 2025 : le transporteur dont le train est en retard devra assurer la prise en charge des voyageurs« , précisent la SNCF et la région.

Les conditions financières sont réunies pour lancer le tram d’Uppsala
A l’étude depuis le début des années 2010, le projet de tramway d’Uppsala, quatrième ville de Suède avec plus de 230 000 habitants sur son territoire communal, réunit désormais toutes les conditions de financement fixées pour sa réalisation. Pour cette ligne de 17 km pour 22 arrêts entre le centre de la ville universitaire (à 65 km au nord de Stockholm) et ses nouveaux quartiers construits ou planifiés au sud de l’agglomération, une étude d’insertion « de façade à façade » avait bien été commandée fin 2020 à Systra. Mais le feu vert dépendait du niveau de financement par l’Etat de ce projet, évalué à 6,1 milliards de couronnes suédoises (environ 575 millions d’euros).
Avec l’annonce par Trafikverket (l’Administration suédoise des Transports) d’un financement à hauteur de 2 milliards de couronnes (188 millions d’euros) sous condition que le tramway soit en service pour 2029, montant qui s’ajoute aux quelque 900 millions de couronnes (environ 85 millions d’euros) déjà alloués par l’Etat suédois, la commune et la région d’Uppsala estiment que le projet peut se concrétiser, avec un lancement des travaux en 2025. La ligne, pour laquelle un parc de trams de 30 mètres sera commandé, devrait transporter quelque 80 000 personnes par an en 2050.
Uppsala, qui a eu un réseau de tram « à l’ancienne » jusqu’en 1953, a donc de fortes chances d’être la deuxième agglomération suédoise à lancer un nouveau réseau, après la ville universitaire de Lund, fin 2020. A ces nouveaux trams suédois s’ajoutent des prolongements réalisés ces dernières années sur les réseaux existants de Göteborg et Norrköping, ainsi que des nouvelles lignes, réalisées, en construction ou à l’étude dans la région de Stockholm.

Le TGV en visite en République tchèque pour la promotion de la grande vitesse
L’image a fait sensation auprès des passionnés des trains : l’arrivée à la gare centrale de Prague (Praha hlavní nádraží), le 6 juin, de la rame TGV Sud-Est 16, âgée de 42 ans et qui a établi le 26 février 1981 un record du monde de vitesse sur rail en circulant à 380 km/h sur la ligne à grande vitesse Paris – Lyon. Le train à grande vitesse de la SNCF a ensuite fait étape à Brno Expo en marge des Rail Business Days les 7, 8 et 9 juin, puis à Jihlava le 10 juin et à Ústí nad Labem le 11 juin.
Cette tournée ferroviaire a permis au gestionnaire de l’infrastructure tchèque Správa železnic (SŽ) de promouvoir son projet de développement d’un réseau ferroviaire à grande vitesse son à travers le pays et symbolisé l’étroite coopération entre SŽ et le groupe SNCF dans le cadre de la planification du futur réseau tchèque à grande vitesse. SŽ étudie actuellement la construction de deux lignes aptes à 350 km/h. La première ligne, d’environ 200 km, doit relier Prague à Brno. SŽ a déjà lancé deux appels d’offres, l’un concernant les études d’aménagement du territoire et l’autre concernant son impact environnemental.
La deuxième ligne initiée au nord de Prague doit atteindre Ústí nad Labem, avant de continuer à travers un tunnel jusqu’à la frontière allemande. La ligne sera construite dans le cadre d’un accord de coopération entre SŽ et le gestionnaire d’infrastructure allemand DB Netz.
Le gouvernement de l’État allemand de Saxe soutient fermement la ligne et fait pression sur le gouvernement fédéral allemand pour qu’il investisse dans ce projet. Les deux lignes sont d’une importance internationale majeure en Europe centrale, en particulier pour les relations Berlin – Prague – Brno – Vienne / Bratislava – Budapest, et également pour les trains circulant vers Ostrava et Cracovie via Brno.
Ces lignes, accessibles à tous les opérateurs, permettront de désengorger le réseau classique. D’autres lignes à grande vitesse, et la construction d’une nouvelle gare dénommée Prague Vychod sont également à l’étude. Le PDG de SŽ, M. Jiři Svoboda, a déclaré que la visite du TGV marquait le début d’une nouvelle phase pour le développement du train à grande vitesse en République tchèque, et a réitéré la nécessité d’obtenir des financements pour leur construction. La République tchèque a l’intention de solliciter des financements auprès de l’Union européenne et de la Banque européenne d’investissement (BEI).
La construction du tronçon Prague-Běchovice – Poříčany devrait commencer fin 2025 ou début 2026, et la construction de tronçons de LGV en Bohême centrale et près de Brno débutera en 2027. La construction de la ligne traversant la région de Vysočina, dont la capitale administrative est Jihlava, devrait commencer en 2029. « Il s’agit du plus grand plan d’infrastructure de l’histoire de la République tchèque indépendante avec un coût estimé à environ 700 milliards de couronnes tchèques (soit environ,28,3 milliards d’euros) », a déclaré M. Jiři Svoboda.
SŽ avait fait appel à SNCF Réseau pour l’assister dans le pilotage de ce projet. Un contrat de huit ans, d’un montant de 8,5 millions d’euros, avait été signé en novembre 2021 entre SNCF Réseau et SŽ.
Luc LEVERT

Les réquisitions du procès de Brétigny reportées au 15 juin
Les réquisitions prévues le 14 juin dans le cadre du procès sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny, qui avait fait 7 morts et plus de 200 blessés, ont été reportées au lendemain. Le tribunal a en effet décidé de laisser le temps au parquet de consulter 320 pages de nouvelles écritures déposées par la défense de la SNCF et de SNCF Réseau. Dans ces pages, SNCF Réseau (ex Réseau Ferré de France à l’époque) et la SNCF (héritière pénalement de SNCF Infra chargée de la maintenance) ont demandé au tribunal leur relaxe et une dissociation des volets pénal et civil du dossier, c’est-à-dire de consacrer une nouvelle audience sur les dommages et intérêts réclamés par les parties civiles.
Plusieurs conseils de parties civiles ont réagi en « s’opposant fermement » à un tel renvoi sur les intérêts civils craignant que celui-ci ne prenne des années.
Rappelons que, depuis le 25 avril, les deux entreprises sont jugées aux côtés d’un ancien cheminot pour « blessures involontaires » et « homicides involontaires ». Parmi les nombreuses questions ont été soulevées, le tribunal s’est demandé si la SNCF aurait dû renouveler de façon anticipée l’appareil de voie, ou si la vitesse de circulation sur la zone aurait dû être réduite ou encore les effectifs auraient-ils dû être augmentés?

Pourquoi la SNCF et la RATP demandent une révision des règles sur les préavis de grève
Auditionnés ce matin par une commission sénatoriale, la SNCF et la RATP se sont expliquées sur le déroulement des acheminements des supporters au stade de France à l’occasion de la finale de la Ligue des champions opposant le Real Madrid à Liverpool le 28 mai. Les deux transporteurs ont réaffirmé que les acheminements des voyageurs se sont passés « dans de bonnes conditions« , leurs compétences s’arrêtant aux portes de leurs gares : 37 000 voyageurs ont été transportés via le RER D pour aller jusqu’au stade de France (soit plus de trois fois les niveaux habituels) et 6200 via le B (soit le tiers des flux habituels).
Interrogées sur les enseignements à en tirer dans le cadre de la préparation des futurs grands événements sportifs prévus en France (Coupe du monde de rugby en 2023, JO en 2024), les deux compagnies ont partagé les mêmes constats et les mêmes souhaits via leurs représentants, Sylvie Charles côté Transilien, Philippe Martin côté RATP.
Préavis de grève dormant
La directrice de Transilien rappelle qu’en toile de fond des événements survenus lors de ce match, il y a le « contournement de la loi par des préavis de grève dormants ». En clair, si le dépôt d’un préavis de grève doit être précédé du déclenchement d’une procédure d’alarme sociale, il est ensuite possible pour un syndicat de déposer un préavis sans limite de temps ou de très longue durée qui peut être activé à tout moment, même par un seul agent. Toutefois, la loi du 21 août 2007 oblige certains salariés du secteur des transports (tout particulièrement les conducteurs et les aiguilleurs) à informer 48 heures à l’avance sur leurs intentions de faire grève ou pas pour permettre à leurs entreprises d’adapter leurs plans de transports en conséquence et d’en informer les voyageurs. Mais ils peuvent aussi, 24 heures avant, changer d’avis! Ce qui complique la vie des entreprises qui ont alors prévu un plan de transport allégé…
« C’est sur un préavis de grève dormant que la grève a été déclenchée à la RATP« , rappelle Sylvie Charles, en estimant qu’une amélioration législative pourrait être apportée sur cette question en vue des grands événements sportifs à organiser.
De plus, la dirigeante souligne l’importance « de l’anticipation des flux de supporters » et de le faire « de bout en bout » en adaptant les dispositifs en fonction des informations transmises. Ce qui n’a pas été le cas le 28 mai. D’où « l’étonnement » de Sylvie Charles constatant qu’il « n’y a pas eu d’adaptation du côté des entrées du stade de France« , alors que les informations sur les flux de supporters étaient transmises par les transporteurs. La SNCF avait notamment un représentant au PC du stade de France à qui elle transmettait des informations toutes les demi-heures depuis 18h05.
Aménagements demandés
Même tonalité du côté de Philippe Martin qui comptabilise « encore 21 préavis de grève dormants à la RATP« . Et le directeur général adjoint Opérations de transport à la RATP de raconter que pour leur journée de grève du 28 mai, « les agents se sont organisés au dernier moment« . D’où sa demande de faire passer de 48 heures à 72 heures la déclaration de faire grève, et de 24 heures à 48 heures la possibilité de changer d’avis.
La perspective d’événements au retentissement mondial fera-t-elle bouger les lignes? Ce n’est pas la première fois que la profession se mobilise sur la question. En 2017 déjà, l’Union des transports publics demandait un meilleur encadrement de la loi pour en éviter les dérives. Quelques années plus tard, en janvier 2020, le Sénat s’emparait de la question via une proposition de loi . Puis La Fédération nationale des association d’usagers de transports demandait à son tour des aménagements. Le tout est resté sans suite à ce jour.
Marie Hélène Poingt

De nouveaux trains Stadler pour le Mont-Blanc Express
Les Transports de Martigny et Régions (TMR) et la SNCF ont signé un contrat avec Stadler pour l’acquisition de sept nouvelles rames destiné à la ligne franco-suisse du Mont-Blanc Express, entre Saint-Gervais, Vallorcine et Martigny. Désignées Z890 en France et Beh 4/8 en Suisse, ces automotrices à voie métrique pourront aussi bien circuler en adhérence que sur la crémaillère, présente du côté suisse. Ce nouveau matériel devra remplacer, fin 2025-début 2026, les rames Z800 en service depuis 1996-97. Si elles sont populaires pour leurs fenêtres ouvrantes et leurs baies vitrées panoramiques, les rames Z800 présentent toutefois l’inconvénient de ne pas être accessibles aux personnes à mobilité réduite ; en particulier, elles ne répondent pas à la loi fédérale suisse sur l’égalité pour les handicapés (LHand). De plus, leur coût d’entretien est jugé « trop important » par les TMR.
C’est pourquoi les deux entreprises ferroviaires qui exploitent la ligne, SNCF Voyageurs et les TMR, ont effectué un achat groupé des sept nouvelles rames pour un total de 76 millions de francs suisses, soir 72,6 millions d’euros. « La participation à charge de la compagnie suisse s’élève à 43,4 millions de francs. Le Canton [du Valais] et la Confédération, comme commanditaires de l’offre, participent au financement de cette acquisition par la prise en charge des coûts non couverts du Transport Régional Voyageurs », précisent les TMR. La part française est financée par la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a annoncé avoir voté, lors de sa dernière Commission permanente, « un montant total de plus de 55,6 millions d’euros » correspondant à quatre des sept rames.
Les nouvelles rames devront satisfaire à de multiples critères, tant du côté suisse que français. Outre sa conformité aux normes suisses LHand, le nouveau matériel devra être opérable sur l’ensemble de la ligne, tout en ayant des exigences environnementales élevées, dont la maîtrise de la consommation énergétique. Ce nouveau matériel devra pouvoir circuler en unité doubles, « notamment sur le tronçon crémaillère, ce qui augmente fortement l’efficacité au niveau de l’exploitation », précisent les TMR. Chaque rame pourra transporter jusqu’à 230 personnes, dont les entrées et sorties seront comptées automatiquement pour mieux connaitre la fréquentation de la ligne. Ce matériel sera en outre équipé de caméras de vidéoprotection « avec prédisposition permettant de visualiser les images en temps réel » et d’un système d’information voyageurs embarqué « dernière génération », précise la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui ajoute que les vitrages « haut débit » faciliteront l’accès Internet à bord.
La livraison des nouvelles rames est prévue « entre septembre 2024 et juillet 2025 », indiquent les TMR, pour qui ce renouvellement s’inscrit dans la stratégie de mobilité du canton du Valais et s’articule autour du projet de mise en conformité de l’infrastructure de toute la ligne du Mont-Blanc Express, qui se poursuit jusqu’en 2029. Alors que pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce rajeunissement « permettra d’optimiser l’organisation de la maintenance des rames actuelles, de répondre aux besoins d’exploitation de ligne et de la développer ».
P. L.
Comptes bénéficiaires pour CAF et Talgo
Les comptes pour leur dernier exercice étant bouclés, les principaux constructeurs ferroviaires espagnols affichent une bonne santé. Ainsi Talgo a terminé 2021 sur un bénéfice net de 27,5 millions d’euros avec des recettes en progression de 14 %. Le chiffre d’affaires s’établit à 555,4 millions d’euros et le carnet de commandes prévoit des livraisons de trains pour le Danemark, l’Allemagne, l’Egypte ainsi que des rames pour l’Ouzbékistan et le Kazakhstan. Le constructeur travaille également pour l’opérateur national Renfe avec la fin de la commande des S106 (modèle grande vitesse « Avril ») et avec la reconversion des rames S 107. Par contre, le programme de train régional « Vittal » peine à démarrer. Talgo emploie dans la Péninsule 1 100 personnes, notamment à Las Matas (Madrid) et Ribabellosa (Pays basque).
De son côté, CAF a vu progresser de 9 % ses ventes l’année dernière, à 2,943 milliards d’euros. Le bénéfice net est stable à 85,92 millions d’euros et le carnet de commandes atteint 8,855 milliards d’euros. Parmi les derniers marchés gagnés, des trains pour le métro de Delhi, pour le RER parisien (avec Bombardier-Alstom), pour des rames « Civity » à batteries pour le réseau Rhin-Ruhr ainsi que des tramways « Urbos » pour Tel-Aviv ou le flamand De Lijn. Avec un effectif global de 8 000 salariés, CAF dispose de sites de production à Beasain, Irún, Saragosse en Espagne tout en étant implanté au Pays de Galles, Mexique, Etats-Unis et, bien sur, en France avec Bagnères de Bigorre et maintenant Reichsoffen.
M. G.

4,8 milliards d’euros pour les grands chantiers transports de l’été en Ile-de-France
Comme tous les étés, les semaines réputées les plus calmes de l’année vont être consacrées à la maintenance et à la modernisation – voire à l’extension – des infrastructures des transports publics franciliens. Pour ce premier été à peu près « normal » depuis 2019, RATP et SNCF Réseau investissent quelque 4,8 milliards d’euros au total.
C’est un grand classique : tous les ans, de juin à fin août, d’importants travaux imposent des coupures sur l’ensemble des réseaux ferrés transiliens – RER, trains, métro, tramway – tout en entraînant la fermeture totale ou partielle de stations et de gares. La durée de ces travaux massifiés, qui portent aussi bien sur l’entretien que la modernisation de ces installations, voire sur leur extension, va de quelques jours à plusieurs semaines d’affilée, en profitant de la période de l’année réputée la plus calme, du moins si l’on se fie aux statistiques antérieures à la pandémie de Covid.
En effet, jusqu’à 2019, la fréquentation des transports publics connaissait une baisse de 30 %. « L’été est la période la plus propice, même si cette année risque d’être particulière, avec la reprise du tourisme », tempère Serge Wolf, directeur sécurité et exploitation Transilien SNCF. Il faudra de toute façon informer les voyageurs, qu’ils soient des touristes ou des habitués, et le faire en amont et sur place, tout en organisant des transports de substitution… Dans ces domaines, la RATP et la SNCF travaillent de concert, en coordination avec Île-de-France Mobilités (IDFM) pour adapter leurs plans de transport.
4,8 milliards d’euros de travaux
Au total ce seront plus de 37 km de voies et 56 appareils de voies qui devront être remplacés sur le réseau SNCF cet été, alors que côté RATP, la majorité des lignes de trains, RER, métro et tramways connaîtront des travaux nécessitant des interruptions temporaires de circulation. Le tout représente un investissement de 2,4 milliards d’euros pour la RATP, auxquels s’ajoutent 2,4 milliards d’euros pour SNCF Réseau. Soit un total légèrement supérieur aux travaux estivaux de l’an passé.
Outre un retour à des conditions plus « normales » question mesures sanitaires, le millésime 2022 des travaux estivaux franciliens se distingue des précédents par l’absence de plusieurs grands chantiers patrimoniaux lancés au milieu de la décennie précédente et terminés l’an passé, comme le renouvellement de la voie et du ballast sur le tronçon central du RER A et la réfection des viaducs de la ligne 6 du métro. Si ces chantiers à répétition appartiennent désormais au passé, d’autres opérations se poursuivent, comme l’électrification Gretz – Longueville – Provins (ligne P), le remplacement des ponts ferroviaires de Chartres (RER B) et de Gallardon (RER C) à Massy, les infrastructures de retournement des trains en gare du Bourget (partie nord du RER B), ou les travaux dans le secteur de Mantes dans le cadre du projet d’extension du RER E (Eole) à l’ouest.
Autour du prolongement d’Eole
Ces travaux du prolongement à l’ouest d’Eole se répercuteront sur l’exploitation de la partie déjà en service du RER E, dont les trains auront Paris-Est comme terminus du 18 juillet au 22 août. Plus à l’ouest, les travaux se poursuivent dans le prolongement de 8 km dont le creusement s’est achevé à la mi-février dernier (avec en particulier la pose des rails entre la porte Maillot et Haussmann-Saint-Lazare). Sur les voies destinées à accueillir les nouvelles rames du RER E à l’ouest la nouvelle infrastructure, des travaux seront nécessaires (voies, caténaires, assainissement, signalisation, quais en gare), qui interrompront la circulation entre Épône-Mézières et Mantes-la-Jolie du 2 juillet au 28 août sur la ligne J. Sur cette ligne, les dessertes Saint-Lazare – Mantes auront Les Mureaux comme terminus le week-end des 2 et 3 juillet. Et du 29 août au 4 septembre, sur la ligne L, aucun train ne circulera entre Saint-Cloud et La Défense.
Enfin, le RER A sera également impacté : à l’ouest de Nanterre-Préfecture, les branches vers Cergy et Poissy seront coupées durant quatre week-ends : deux en juillet (9-10 et 16-17) et deux en août (6-7 et 13-14). De plus, aucun train ne circulera entre Achères-Ville et Cergy-le-Haut le week-end des 23 et 24 juillet.
Côté RATP, le RER A encore impacté…
On le voit, les usagers du RER A connaîtront encore des coupures cet été, y compris sur le tronçon central, mais pas pour les mêmes raisons que les années passées, et pour bien moins longtemps : du 13 au 19 août inclus, entre Auber et la Défense. Cette interruption limitée sera mise à profit pour la mise en service d’un poste de signalisation permettant le retournement des trains sur des aiguillages implantés à Charles de Gaulle-Etoile. « Cette opération nécessite des marches à blanc, ce qui aurait été difficile pendant les étés consacrés au renouvellement de la voie et du ballast », explique Jean-Louis Houpert, directeur de RATP Infrastructures.
… et travaux préparatoires pour le B
Pour ce qui est du RER B, cet été verra la reprise de l’étape préparatoire du remplacement des viaducs de Chartres et Gallardon à Massy, qui met en œuvre une grue des plus spectaculaires. Menée conjointement par la RATP et SNCF Réseau, cette opération avait dû être interrompue l’été dernier à la suite d’un tragique accident et doit maintenant se poursuivre jusqu’en décembre prochain. C’est pourquoi le RER B sera fermé entre Les Baconnets et Massy-Palaiseau du 16 juillet au 18 août, alors que le RER C sera fermé entre cette dernière gare et Pont de Rungis du 15 juillet au 20 août.
Enfin, l’arrivée du futur matériel MI20 sur le RER B nécessitera la reprise de certains quais RATP, à Port-Royal (pas d’arrêt jusqu’au 28 août) et La Croix-de-Berny (fermeture les week-ends des 13-14 et 20-21 août).
Côté SNCF, des travaux sur le B, le C, le D
Côté SNCF, la partie nord du RER B ne sera pas épargnée par les travaux, « moins visibles mais nécessaires pour la régularité », comme les qualifie Séverine Lepère, future directrice régionale SNCF Réseau : voies de retournement au Bourget, modernisation des voies, préparation de l’arrivée du MI20 à Drancy et Aulnay-sous-Bois, correspondances avec le Grand Paris Express, chantier CDG Express… Aucune rame de RER B ne circulera donc au nord de la Gare du Nord le week-end des 2-3 juillet et le pont du 13 au 15 août, alors que l’offre sera réduite aux heures de pointe entre Aulnay et Mitry-Claye.
Pas d’été sans travaux sur la traversée parisienne du RER C ! En 2022, aucun train ne circulera donc du 15 juillet au 20 août inclus à l’ouest de Musée d’Orsay, permettant la poursuite du jet grouting afin de stabiliser le souterrain entre Invalides et Pont de l’Alma et d’améliorer son étanchéité. Et tant sur les branches Rive gauche que Pontoise, cinq chantiers de renouvellement de rails sont programmés.
Sur la ligne D, c’est l’arrivée des rames RER NG qui va entraîner des fermetures de gares. Ce sera le cas du 4 juillet au 2 septembre, les fins de soirée en semaine, entre les voies souterraines de la Gare de Lyon et Villeneuve-Saint-Georges, sauf Maisons-Alfort. Pour la même raison, aucun train ne circulera du 18 juillet au 26 août entre Juvisy et Corbeil-Essonnes via Évry-Courcouronnes en heures creuses, le service étant réduit en heure de pointe (vers Paris le matin et retour le soir).
Interruptions de lignes et mises en accessibilité
Les voies empruntées par les rames de RER ne seront pas les seules à être coupées cet été sur le réseau SNCF.
Au nord, sur la ligne H, les travaux à Persan empêchent les trains de circuler entre Creil et Pontoise du 6 au 21 août, ainsi qu’entre Persan-Beaumont et Montsoult-Maffliers du 6 au 15 août et le week-end des 20-21 août. Sur la ligne K, du 9 juillet au 15 août, les trains ne circuleront qu’entre Crépy-en-Valois et Mitry-Claye, où un changement avec le RER B sera nécessaire pour qui voudra poursuivre vers Paris.
A l’ouest, les travaux de modernisation entre Plaisir et Épône entraîneront la suspension des circulations entre Plaisir et Mantes-la-Jolie du 2 juillet au 28 août.
A l’est, un chantier de longue haleine s’achève sur la ligne P, dont les trains Paris – Gretz – Provins pourront être assurés en traction électrique à partir du 29 août. Mais auparavant, il faudra mettre en service le poste d’aiguillage informatisé de Gretz et tester, de nuit, la circulation des trains sous la caténaire, une fois cette dernière mise sous tension, puis supprimer l’ancienne signalisation. Par conséquent, les 2 et 3 juillet, aucun train de la ligne P ne circule vers Provins, Tournan et Coulommiers ; les week-ends des 30-31 juillet et 6-7 août, ce sera au tour des dessertes vers Château-Thierry, alors que les trains pour Meaux ne dépasseront pas Lagny-Thorigny. Et les 28 et 29 août, aucun train ne circulera entre Meaux et Château-Thierry.
A deux ans des Jeux olympiques, la mise en accessibilité des gares se poursuit, 30 d’entre-elles étant actuellement en travaux. Cet été verra ente autres les rehaussements de quais et la création de fosses d’ascenseurs à Ris-Orangis et Bois l’Épine, mais surtout l’ouverture d’un accès vers le tram T1 en gare de Saint-Denis, ou encore d’un accès direct aux quais 1 et 2 à Saint-Quentin en Yvelines.
Sept lignes de métros en chantier !
Dans le métro, les travaux estivaux concerneront sept lignes différentes ! Ils seront d’importance variable, mais ont en commun de « moderniser et préparer le futur », rappelle Philippe Martin, DG adjoint Opérations de transport et de maintenance de la RATP.
Sur la ligne 2, les quais de Stalingrad seront fermés du 4 juillet au 14 octobre pour remplacer deux escaliers mécaniques et la verrière.
Tout à l’est de la ligne 3, le renouvellement de trois appareils de voie fera de Gambetta un terminus provisoire du 14 au 19 juillet.
Sur la ligne 4, les marches à blanc en vue de l’automatisation entraîneront des fermetures du lundi au jeudi à partir de 22 h 15 (sauf 21 juin, 13-14 juillet et 15 août), tous les dimanches jusqu’à 12 h (sauf 14 août), voire toute la journée le 10 juillet.
Sur la ligne 10, les travaux pour l’arrivée des rames MF19 entraîneront une fermeture à l’ouest de Duroc du 27 juin au 3 juillet.
Sur la ligne 11, le quai direction Châtelet de la station Porte des Lilas ne sera pas desservi du 25 juin au 2 septembre, afin de préparer l’arrivée des rames MP14.
Tout au sud de la ligne 13, le trafic sera interrompu certains jours de juin et d’août au-delà de Porte de Vanves à partir de minuit, afin de travailler sur la correspondance avec le Grand Paris Express.
Enfin, pour les travaux préparatoires à son prolongement vers Orly, la ligne 14 sera entièrement fermée les dimanches à mercredis à partir de 22 h jusqu’au 27 juillet (sauf 21 juin et 13 juillet), ainsi que jusqu’à 12 h les dimanches 19 juin, 3 et 31 juillet, voire jusqu’à 16 h les 14 et 21 août. Enfin, les rames automatiques ne circuleront pas au sud du Châtelet du 31 juillet au 20 août.
Allongement de quais de tramway
Tout comme pour le RER et le métro, c’est l’arrivée d’un nouveau matériel roulant sur le T1 qui est à l’origine de travaux. C’est ainsi que l’allongement des quais aux arrêts va entraîner une fermeture de la partie ouest de la ligne, du 20 juin au 31 août entre Asnières Quatre-Routes et Hôpital Delafontaine et du 13 juillet au 24 août entre Asnières Quatre-Routes et La Courneuve Six-Routes. Ces travaux sur le T1 se répercuteront sur la section du T8 entre Saint-Denis Gare et Paul Éluard, où les trams ne circuleront pas du 22 juin au 6 juillet et 28 au 30 juillet.
Des centaines d’agents pour informer
Des années de travaux estivaux ont indubitablement permis d’améliorer la coopération entre RATP, SNCF et IDFM afin de proposer aux voyageurs, après consultation des associations qui les représentent, des plans de transport alternatifs adaptés, ainsi qu’une information renforcée, de plus en plus anticipée par rapport aux lancements des travaux et de façon de plus en plus réactive grâce aux applications… tout en se souvenant que tout le monde n’a pas un smartphone ! C’est pourquoi des centaines d’agents SNCF et RATP seront mobilisés tout l’été pour informer les voyageurs sur les solutions de transport alternatives mises à leur disposition, en portant une attention particulière aux voyageurs occasionnels Des solutions alternatives qui ne sont pas nécessairement une substitution routière, « mais qui peuvent aussi être un rabattement vers d’autres lignes de bus ou de métro, comme la ligne 7 pour le RER E dans Paris », ajoute Serge Wolf, directeur sécurité et exploitation Transilien SNCF.
Patrick Laval

Les trains, cars et navettes maritimes seront gratuits cet été pour les jeunes en Bretagne
350 000 titres de transport gratuits pendant sept semaines cet été en Bretagne pour les moins de 26 ans. C’est l’offre Gratuité BreizhGo Jeunes qu’a annoncée, le 9 juin, Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne. L’opération, qui se déroulera du 9 juillet au 28 août, doit permettre aux jeunes, habitant sur le territoire ou simplement en vacances, de voyager gratuitement sur tout le réseau de transport public BreizhGo. Chaque semaine, 30 000 billets de TER, 18 000 de cars et 2 000 de navettes maritimes seront proposés.Pour en bénéficier, il faudra toutefois réserver son billet la veille de son déplacement. « Il y a un quota de places proposées chaque jour sur les différents trajets trains, cars et navires du réseau BreizhGo », explique Michaël Quernez, vice-président du Conseil de Bretagne en charge du climat et des mobilités « La réservation est indispensable pour garantir une place aux jeunes qui veulent voyager, mais aussi à tous les autres voyageurs. Et puis, c’est aussi une responsabilisation pour des jeunes dont c’est souvent les premiers déplacements, sans leurs parents. »Lors des contrôles, les jeunes voyageurs devront, en plus du billet gratuit, présenter un justificatif d’âge, un justificatif d’étude (carte de lycéen, carte d’étudiant, certificat de scolarité, même d’un établissement hors région, voire d’un pays européen) ou une carte BreizhGo Solidaire destinés aux jeunes de moins de 26 ans, demandeurs d’emploi non indemnisés, bénéficiaires de l’ASS, du RSA, de l’AAH ou de l’ADA.En 2021, lors de la première édition de l’opération, 100 000 billets avaient été écoulés en six semaines. « Cette année, on espère bien doubler ce résultat, et distribuer 200 000 billets gratuits », assure Loïg Chesnais-Girard. « Comme on annonce l’opération plus tôt que l’année dernière, elle devrait rencontrer encore plus de succès », prédit le président de région, prêt à dépasser le quota pour les années qui viennent.Coût pour la région : 2 millions d’euros pour 350 000 billets distribués. Sans cette gratuité, 40 % des utilisateurs ne se seraient pas déplacés, et, parmi les autres, près de la moitié aurait effectué moins de trajets, selon une enquête menée par la Région a posteriori auprès des bénéficiaires de l’année dernière.Autre enseignement de l’enquête : ce sont les cars BreizhGo qui ont été le plus empruntés (un titre sur deux), principalement ceux desservant la côte et les plages bretonnes. Sur le réseau ferroviaire, les grandes lignes TER Rennes – Saint-Malo, Rennes – Quimper et Rennes – Brest, ont concentré 45 % des demandes. Les dessertes des îles bretonnes ont représenté 7 % des réservations. Ce qui reflète bien, selon l’élu régional, la part modale des différents transports.Yann Goubin