Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • Troisième marché de génie civil sur la ligne 18 du Grand Paris

    Troisième marché de génie civil sur la ligne 18 du Grand Paris

    La Société du Grand Paris (SGP) a attribué le troisième marché de génie civil de la ligne 18 à un groupement d’entreprises composé de Spie batignolles génie civil, Ferrovial Construccion et Spie batignolles valérian. Ce marché, d’un montant de 438 millions d’euros HT, comprend la réalisation de 6,7 km de tunnel et la construction des gares Saint-Quentin Est, Satory et Versailles Chantiers ainsi que de 8 ouvrages de service. Les travaux préparatoires démarreront à la fin de l’été prochain, suivis des travaux de génie civil au début de l’an prochain.

    Rappelons que la ligne 18 du Grand Paris Express reliera l’aéroport d’Orly à Versailles Chantiers en passant notamment par le plateau de Saclay. Elle sera en correspondance à l’aéroport d’Orly avec la ligne 14 (ouverture du prolongement prévue en 2024), à Massy Palaiseau avec les lignes B et C du RER, tout en étant à proximité de la gare TGV, et à Versailles Chantiers avec le RER C et les lignes Transilien M et U.

  • La SNCF siffle le départ des nouveaux trains classiques Ouigo

    La SNCF siffle le départ des nouveaux trains classiques Ouigo

    Difficile de ne pas remarquer les nouveaux trains roses de la SNCF qui s’élancent depuis le 11 avril en direction de Nantes et Lyon à partir de Paris. A raison de trois allers-retours quotidiens entre la gare d’Austerlitz et Nantes et de deux allers-retours entre la gare de Bercy et Lyon-Perrache, les nouveaux trains classiques Ouigo visent avant tout une nouvelle clientèle : les voyageurs pas pressés et aux budgets serrés.

    La compagnie propose en effet des (petits ) prix fixes en classe unique (10 à 30 euros pour les adultes, 5 euros pour les enfants), mis en vente 45 jours avant la date de circulation. Le tarif varie uniquement en fonction de la période (creuse ou de pointe).

    « Ce nouveau produit s’inscrit dans la stratégie du groupe de doubler la part du ferroviaire, il doit faire gagner des parts sur la voiture« , explique Christophe Fanichet. Le PDG de SNCF Voyageurs a fixé un objectif : gagner un point de part de marché sur la voiture chaque année.

    1,2 million de voyageurs sont attendus sur ces trains cette année. Pour le moment, 60 000 billets ont été vendus, soit 1200 billets par jour. « C’est un peu au-dessus de nos prévisions« , commente Alain Krakovitch.

    Pour lancer le service, 9 locomotives et 36 voitures Corail ont été rénovées. « Les sièges ont été refaits, rehaussés. Mais on n’a pas changé les tablettes, ni les sols, ce qui donne un petit côté vintage« , souligne le directeur de Voyages SNCF.

    A bord, le voyageur bénéficie d’une place réservée comprise dans le prix du billet, alors que l’option « bagage supplémentaire » sera exceptionnellement gratuite jusqu’à la fin de l’année (elle sera ensuite proposée moyennant 5 euros). Au total, 640 places assises sont proposées.

    De plus, les trains peuvent embarquer jusqu’à 16 vélos (5 euros pour un deux-roues démonté et rangé dans sa housse, 10 euros s’il n’est pas démonté). Autre nouveauté appréciable par rapport au Ouigo Grande Vitesse : un service « snacking » en vente ambulante est proposé. Ce service est offert dans les dessertes Ouigo Train Classique du fait qu’elles ont « une durée de trajet plus importante que sur Ouigo Grande Vitesse ». Pourtant, certaines relations assurées par ce dernier dépassent les 5 heures 15, entre Paris et Nice, par exemple…

    En lançant Ouigo Train Classique, via une nouvelle entreprise ferroviaire (Oslo) qui est sa filiale à 100 % et emploie 78 personnes , SNCF Voyageurs applique au train classique le même modèle low cost (rotations optimisées, maintenance simplifiée et essentiellement de nuit, nombre maximal de sièges…) que sur ses trains à grande vitesse pelliculés en bleu, avec un « équipage poly-compétent qui assure les missions nécessaires à la circulation de celui-ci : un conducteur, un chef de train et un responsable confort et services ». De plus, comme il ne s’agit ni de TGV, ni de LGV, les coûts d’exploitation sont moins élevés, en particulier sur les péages.

    Si ce modèle a trouvé son public pour les trains à grande vitesse, SNCF Voyageurs « se donne deux ans pour convaincre et pourrait proposer d’autres destinations si le succès est au rendez-vous » pour les trains classiques. Dans ce cas, ces nouveaux trains seraient déployées sur des liaisons où la part de la route est forte.

    P. L. et M-H P.

    Un personnel polyvalent

    Sur les 78 personnes employées par la filiale Oslo, on compte 25 conducteurs, 22 chefs de train et 21 responsables confort et service. 52 % viennent de la SNCF et ont répondu à l’appel à volontariat, les autres ont été recrutés en externe. « Il a fallu créer cette filiale car nous donnerons les départs des trains sans avoir d’agents au sol pour le faire. De ce fait, il nous faut réécrire les consignes de sécurité pour avoir une organisation agile. Ce n’était pas possible dans le cadre de SNCF Voyageurs« , expliquait à l’automne dernier, lors de la présentation du nouveau service, Cécile Boucaut la nouvelle directrice générale de la filiale Oslo. Selon elle, les salaires des salariés sont, selon les profils, de 7 à 20 % supérieurs à ceux qu’ils touchaient à la SNCF. Une rémunération supérieure qui s’explique par des journées plus longues et des tâches plus variées. Les conducteurs par exemple sont chargés de conduire les rames des technicentres vers les quais, de participer aux départs des trains en liaison avec les personnels au sol, de décrocher des locomotives ou de réaliser des manoeuvres d’aiguillages dans certaines gares.

    14 destinations au total

    Au total, 14 destinations seront desservies à partir de la mi-mai, lorsque l’arrêt sera marqué en gare de Villeneuve-Saint-Georges sur la relation Paris – Lyon. Dans un premier temps, deux allers-retours quotidiens en voitures Corail pelliculées de rose sont proposés entre Paris et Nantes, contre un aller-retour quotidien entre Paris et Lyon. A partir de la mi-mai, l’offre sera portée à trois allers-retours entre Paris et Nantes, via deux itinéraires, pour un temps de trajet compris entre 3 heures 30 et 4 heures 15 (Paris Austerlitz – Juvisy – Massy-Palaiseau – Versailles Chantiers – Chartres – Le Mans – Angers Saint-Laud – Nantes et Paris Austerlitz – Juvisy – Les Aubrais – Blois-Chambord – Saint-Pierre-des-Corps – Saumur – Angers Saint-Laud – Nantes), alors que deux allers-retours quotidiens seront proposés entre Paris et Lyon avec des temps de parcours compris entre 4 heures 45 et 5 heures 15 (Paris-Bercy – Villeneuve-Saint-Georges – Melun – Dijon-Ville – Chalon-sur-Saône – Mâcon-Ville – Lyon-Perrache).

  • DB Regio commande 29 Coradia Stream « Grande Capacité » de plus à Alstom

    DB Regio commande 29 Coradia Stream « Grande Capacité » de plus à Alstom

    Un an après la commande de 34 trains régionaux Coradia Stream de grande capacité par l’entreprise de transports publics du Land de Basse-Saxe (Landesnahverkehrsgesellschaft Niedersachsen, LNVG) et trois mois après la commande de 17 de ces rames par DB Regio pour le Main-Weser Express, Alstom a reçu une deuxième commande de 29 rames par DB Regio, cette fois pour les lignes RE50 (Francfort – Fulda – Bebra) et RB51 (Francfort – Wächtersbach). Les rames devront entrer en service pour le changement d’horaire de décembre 2025.

    Composées de quatre voitures (à deux niveaux aux extrémités, à un niveau entre les deux), ces rames pourront circuler en unités multiples (UM) ; elles offriront 420 places assises, soit 840 en UM (contre 720 places dans les compositions actuelles les plus capacitaires). La hauteur d’accès de 600 mm au niveau de chaque entrée devrait faciliter les montées et descentes dans pratiquement toutes les gares, les voitures centrales offrant un accès de plain-pied aux voyageurs à mobilité réduite. Cette facilitation des échanges en gare est censée contribuer à réduire le temps de parcours sur la ligne RE50 « de huit minutes en moyenne », entre Francfort et Fulda.

    L’aménagement intérieur du train se caractérise par ses 30 espaces de rangement pour les vélos. Il comprend des espaces de quatre places assises, dotés de grandes tables fixées aux parois en 1re classe et de tables compactes en 2e classe. Le WiFi et des prises électriques seront disponibles à chaque place dans les deux classes.

    Alstom assemblera les Coradia Stream sur son site allemand de Salzgitter. La gestion du projet et du contrat, la validation et la mise en service du produit, la documentation et la formation seront assurées en Allemagne, précise le constructeur.

  • La SNCF a perdu 50 % de ses voyageurs professionnels dans les trains longue distance

    La SNCF a perdu 50 % de ses voyageurs professionnels dans les trains longue distance

    Début d’année en demie teinte pour la SNCF. Si les passagers loisirs sont presque aussi nombreux dans les trains longue distance au premier trimestre 2022 qu’avant la crise sanitaire, en revanche du côté des voyageurs professionnels, contributeurs essentiels pour les recettes de l’entreprise, le bilan est préoccupant : globalement, ces trains (principalement les TGV) transportent 15 % de trafic en moins par rapport à 2019 mais la baisse atteint 50 % pour les voyageurs professionnels.

    « Le premier trimestre 2022 confirme la dynamique de la reprise du trafic. Quand les conditions sanitaires sont favorables, la mobilité des français repart« , commente Christophe Fanichet, qui réfléchit à des mesures de reconquête de la clientèle affaires et espère en un effet volume des voyageurs loisirs.

    En Ile-de-France, « le trafic a progressé de 30 % comparé au premier trimestre 2020 mais en retrait d’une quarantaine de pourcents par rapport à 2019« , poursuit le PDG de SNCF Voyageurs. Côté TER, le trafic a augmenté de 35 % par rapport à la même période 2021, mais il se situe à peu près au même niveau qu’avant la crise. Avec des différences notables : une baisse des abonnés illimités du fait principalement du télétravail et une augmentation (+10 %) des voyages occasionnels.

    La menace de la hausse des prix de l’énergie

    Autre préoccupation : la hausse des prix de l’énergie alors que la SNCF est le premier consommateur industriel d’électricité en France (avec 10 % de la consommation industrielle, et 1 à 2 % de la consommation globale). Pour le moment, les conséquences sont limitées, assure le patron de SNCF Voyageurs puisque plus de 95 % de l’énergie qui sera consommée cette année est déjà achetée. « Malgré la hausse, l’impact sur la facture sera de quelques dizaines de millions d’euros« , précise-il. La SNCF n’augmentera pas le prix de ses billets cette année, poursuit-il. « Avec le train, non seulement nous sommes l’allié du climat, mais nous sommes aussi l’allié du pouvoir d’achat des Français« .

    Pour ses consommations d’électricité des deux à trois années suivantes (elle a déjà acheté 75 à 80 % de son électricité pour 2023) la SNCF doit maintenant trouver le meilleur moment pour acheter afin d’éviter que les quelques dizaines de millions d’euros de surcoûts ne se transforment en centaines de millions d’euros à l’avenir. « La question est : est-ce que je couvre mes besoins aujourd’hui car je pense que demain l’électricité sera encore plus chère?« , résume Christophe Fanichet.

    Par ailleurs, la SNCF suit deux axes complémentaires : d’une part, elle continue à développer le recours à des énergies renouvelables (via par exemple une signature en 2021 avec EDF sur du photovoltaïque permettant de couvrir ses besoins sur 20 à 25 ans), d’autre part, elle intensifie ses programmes d’économie d’énergie. L’entreprise a aussi ouvert un fond en interne mettant à disposition quelques financements pour inciter ses salariés à innover, notamment dans les technicentres industriels.

    MH P

     

  • Début des tests pour les nouvelles rames MP14 qui circuleront  sur la ligne 11 du métro parisien

    Début des tests pour les nouvelles rames MP14 qui circuleront sur la ligne 11 du métro parisien

    La première rame MP14 qui circulera sur la ligne 11 du métro parisien (Châtelet – Mairie des Lilas) est arrivée le 5 avril à Rosny-sous-Bois. C’est là qu’est installé le nouvel atelier de maintenance de la ligne, au-delà du prolongement en cours de construction.
    C’est la première des 39 rames, destinées à cette ligne, à entrer dans le nouvel atelier. Elle sera suivie d’une deuxième en mai, puis d’une troisième en juin. Le rythme va ensuite s’accélérer pour atteindre 10 rames cette année, 21 l’année prochaine, et enfin 8 en 2024. Elles remplaceront les MP59, dont la conception remonte aux années 1960. Ce matériel (il représente les plus anciennes rames de métro circulant en Île-de-France) ne sera plus compatible avec les nouvelles infrastructures du prolongement notamment pour la signalisation.
    Les rames MP14 de la ligne 11 sont plus économes en énergie ( – 20 %) grâce au système de freinage électrique avec récupération d’énergie, à une motorisation plus performante et à l’éclairage Led. Elles font aussi moins de bruit (- 40 %) comparé à l’actuel matériel roulant de la ligne. Leur capacité est de 562 voyageurs avec 106 places assises fixes dont 30 pour les personnes à mobilité réduite, 2 espaces pour les fauteuils roulants et 48 strapontins.
    Elles sont composées de 5 voitures avec intercirculation, contre 4 voitures séparées pour les MP59. Il s’agit de faire face à l’augmentation du trafic liée au prolongement : potentiellement 85000 personnes (emplois et habitants) dans un périmètre de 600 mètres autour des stations en 2023.
    Les MP14 vont d’abord être testés aux abords de la station Rosny-Bois-Perrier, puis jusqu’à la station Coteaux-Beauclair à l’été 2022. À la fin de l’année, ils traverseront la dernière section du prolongement encore en travaux, afin de pouvoir débuter les essais de nuits sur la ligne 11 existante. Ils pourront ainsi, à partir de mi-2023, être progressivement incorporés sur la ligne 11 existante, entre Châtelet et Mairie des Lilas, aux côtés des anciens matériels. La mise en service est prévue courant 2024.
    Le nouvel atelier de Rosny – Bois-Perrier (600 m) va remplacer celui des Lilas. Opérationnel depuis le début de l’année 2022, il accueillera progressivement l’ensemble des activités de maintenance courante des rames ainsi que leur nettoyage sur une voie extérieure dédiée et leur garage. L’entretien des gros organes, comme les bogies, sera effectué à Fontenay.
    Bien plus grand que l’ancien atelier des Lilas, il est équipé de quatre voies sur pilotis, dont l’une est destinée à la dépose des bogies. Les autres sont spécialisées dans la maintenance des portes ou les interventions en toiture désormais indispensables. Sur le nouveau matériel, les équipements sont installés en dehors, sous la caisse ou au-dessus, afin de laisser le maximum de place à l’intérieur pour les voyageurs.
    Yann Goubin
  • Accord Alstom-Engie pour l’hydrogène destiné aux locomotives fret

    Accord Alstom-Engie pour l’hydrogène destiné aux locomotives fret

    Sur rail, l’hydrogène ne se limite pas aux trains régionaux. En effet, c’est dans le but d’approvisionner des locomotives fret qu’Alstom et Engie ont signé une convention de partenariat afin de mettre en œuvre des solutions de logistique et de ravitaillement en hydrogène renouvelable. Electriques, les locomotives fret en question seraient dotées de piles à combustible pour franchir les sections non électrifiées (en ligne et sur les installations terminales embranchées), ce qui permettrait de se passer de la traction diesel. Et selon les termes du nouveau partenariat, Alstom doit concevoir une solution hydrogène à partir d’un système de piles à combustible de forte puissance pouvant alimenter de telles locomotives, alors que de son côté, Engie doit fournir l’hydrogène renouvelable pour cette solution via le déploiement d’une chaîne logistique innovante.

    « Le marché cible est celui des grands pays de fret ferroviaire européens », précisent les deux signataires, qui avaient déjà coopéré en mars 2020 à l’occasion des essais du prototype de Coradia iLint dans la province de Groningue (Pays-Bas). Au cours de ces marches d’essais, de l’hydrogène renouvelable fourni par Engie a été utilisé pour alimenter l’élément automoteur d’Alstom.

    Pour Alstom, ce partenariat s’inscrit dans la continuité du plan stratégique Alstom in Motion 2025 ainsi que de sa stratégie hydrogène lancée dès 2013 avec le développement du Coradia iLint et complétée en 2021 avec l’acquisition du fabricant de piles à combustible Helion Hydrogen Power. Et pour Engie, ce partenariat s’inscrit dans le cadre de ses ambitions de production d’hydrogène renouvelable avec une capacité de 4 GW à l’horizon de 2030,  notamment pour la fourniture des marchés de la mobilité lourde, dont le fret ferroviaire.

  • « Le système d’ouverture à la concurrence des TER en Allemagne est biaisé » selon Patrick Jeantet

    « Le système d’ouverture à la concurrence des TER en Allemagne est biaisé » selon Patrick Jeantet

    Le système d’ouverture à la concurrence des TER en Allemagne n’est pas aussi exemplaire qu’on a coutume de le dire. Souvent pris pour modèle par les régions françaises qui souhaitent ouvrir leurs trains à la concurrence en espérant réaliser les mêmes économies que celles affichées par les Länder outre-Rhin (30 % en moyenne), le système serait en réalité « biaisé » affirme Patrick Jeantet. Aujourd’hui consultant pour le fonds d’investissement Vauban Infrastructure Partners, l’ancien PDG de SNCF Réseau, qui a aussi été, en 2020, quelques mois aux commandes de Keolis, s’en est expliqué ce matin devant le Club VRT. Il avance trois raisons principales.

    D’une part, rappelle-t-il, « la répartition des risques est très inéquitable et trop défavorable aux opérateurs« . Selon lui, les opérateurs alternatifs à la Deutsche Bahn proposent des tarifs de 25 à 30 % inférieurs à ceux du transporteur national. « Les régions réinvestissent ces économies pour demander des services supplémentaires. Les opérateurs doivent donc trouver plus de conducteurs, ce qui mène à une poussée inflationniste« , souligne-t-il. Il faut en effet les trouver (il n’y a pas de transferts automatiques des personnels, contrairement à ce qui va se passer en France) et les former, ce qui contribue à augmenter les coûts salariaux. « Or, les contrats, qui ont de longues durées (de l’ordre de dix ans), ont des coûts d’indexation basés sur l’inflation générale (très faible ces 20 dernières années) et non pas sur l’inflation ferroviaire beaucoup plus forte. L’écart d’inflation va grandissant« .

    D’autre part, poursuit Patrick Jeantet, les pénalités de retard infligées aux opérateurs ferroviaires s’entendent toutes causes confondues. Ainsi, par exemple, même si un TER doit attendre et laisser passer devant lui un ICE qui a du retard, c’est l’opérateur du train régional qui est sanctionné. « Il n’est pas possible de répercuter ces pénalités sur la DB ni sur DB Netz (le gestionnaire des infrastructures allemandes, ndlr). En conséquence, une très large part des pénalités payées ne relève pas de fautes de l’opérateur« .

    Selon l’ancien dirigeant de Réseau, « le cumul de ces deux facteurs va largement au-delà de la marge bénéficiaire qui tourne autour de 2 à 3 % ». Résultat, affirme-t-il, « tous les nouveaux opérateurs perdent de l’argent en Allemagne… sauf Transdev si l’on en croit Thierry Mallet… je ne peux pas mettre en doute sa parole …« . De fait, le paysage ferroviaire allemand évolue, après le départ depuis le début de l’année de Keolis qui enregistrait des pertes abyssales et l’abandon par Abellio,   confrontée à des difficultés croissante, d’une large part de son activité.

    Troisième écueil cité par Patrick Jeantet  : les opérateurs doivent lourdement investir pour acheter les trains (ce qui n’est pas le cas en France ). Quand le contrat s’arrête, il leur faut replacer le matériel ailleurs. Avec d’autant plus de difficultés que chaque Lander a ses propres spécifications de matériels. Enfin, les opérateurs doivent, soit disposer de leur propre dépôt, soit le louer à la Deutsche Bahn. Si le modèle peut paraître enviable aux yeux des élus, il peut aussi décourager des opérateurs de plus en plus soucieux de s’inscrire dans une croissance « sélective » après les difficiles années Covid et avec la crise énergétique qui s’annonce.

    Marie-Hélène Poingt

     

     

     

  • Alstom livrera 25 trains à grande vitesse Zefiro Express à SJ, en Suède

    Alstom livrera 25 trains à grande vitesse Zefiro Express à SJ, en Suède

    Alstom a annoncé le 6 avril avoir signé un accord avec l’opérateur ferroviaire historique suédois SJ afin de lui fournir 25 rames automotrices à grande vitesse (250 km/h) Zefiro Express, avec une option pour 15 rames supplémentaires. Le contrat concernant la première commande ferme s’élève à « près de 650 millions d’euros », selon Alstom. De son côté, SJ avait déjà annoncé en décembre la commande de ces trains, proposés en son temps par Bombardier Transport. Depuis la reprise de ce dernier par Alstom, le Zefiro Express fait partie de la plateforme de trains à grande et à très grande vitesse Avelia.

    Ce nouveau matériel roulant commandé par SJ à Alstom sera le plus rapide à circuler sur le réseau ferré suédois au moment de la livraison des premiers éléments, prévue en 2026. Les trains les plus rapides en Suède actuellement circulent à 200 km/h.

    P. L.

  • DFDS et primeRail lancent un train de fret intermodal Sète – Cologne

    DFDS et primeRail lancent un train de fret intermodal Sète – Cologne

    La compagnie maritime danoise DFDS et le logisticien allemand primeRail étendent leurs opérations intermodales conjointes en créant une nouvelle relation de fret ferroviaire entre Sète et Cologne (Allemagne) en partenariat avec le logisticien turc Ekol Logistics. Deux allers-retours seront proposés chaque semaine entre Sète et Cologne par DFDS / primeRail, qui prévoit d’ajouter un autre aller-retour hebdomadaire.

    Cette relation DFDS / primeRail offrira à ses clients un itinéraire alternatif de la Turquie à Cologne, ainsi qu’une nouvelle ligne continentale pour les entreprises d’Espagne et de France. Le choix de Sète comme terminus sud s’inscrit la stratégie de DFDS de « faire de cette ville un important centre d’échanges ».

    DFDS compte également lancer une nouvelle relation de fret intermodal sur rail de Sète à Calais, cette fois dans la perspective de relier la Turquie au Royaume-Uni. Rappelons qu’en matière de desserte transmanche, DFDS assure jusqu’à 54 liaisons quotidiennes entre la France (Dunkerque ou Calais) et Douvres, auxquelles il faut ajouter un service de transport de passagers et de fret entre Dieppe et Newhaven qui propose jusqu’à 6 traversées quotidiennes. Dans l’annonce du lancement de son nouveau service ferroviaire, qui intervient le jour d’ouverture de la SITL, DFDS indique employer 1 000 salariés français et opérer cinq navires sous pavillon français.

  • Les programmes transports des candidats en débat devant le Club VRT

    Les programmes transports des candidats en débat devant le Club VRT

    Jusqu’au bout, les questions liées aux transports et à la mobilité seront restées discrètes dans la campagne électorale. Elles touchent pourtant le quotidien des Français et prennent une dimension particulière avec la flambée du prix des carburants et la nécessaire transition énergétique et écologique.

    Invités à exposer les programmes transports des candidats devant le Club Ville, Rail & Transports le 15 mars, sept porte-paroles ont débattu des mesures de leur candidat. Tous ont répondu présents, sauf l’équipe d’Éric Zemmour, tandis que le porte-parole de Marine Le Pen est intervenu par vidéo. Le représentant d’Emmanuel Macron s’est contenté d’un bilan des actions du quinquennat puisque la feuille de route transport du président candidat n’était pas dévoilée à l’heure du Club.

    Convergence sur le réseau ferroviaire…

    S’il y a bien un sujet sur lequel les candidats de l’opposition présentent des points de convergence, c’est le train !  « Comme quoi, en politique on arrive à être d’accord sur les enjeux de transports », s’amuse Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d’usagers de transport (Fnaut). Il était l’un des deux « grands témoins » de ce Club VR&T, avec Arnaud Aymé, expert en économie des transports travaillant pour le cabinet de conseil Sia Partners.

    Avant même que le Conseil d’orientation des infrastructures ne dévoile le 16 mars le « mur d’investissements » nécessaire, notamment pour le ferroviaire, et alors que le projet de contrat de performance entre l’État et SNCF Réseau fait l’unanimité contre lui, la majorité des candidats avaient un plan de relance du rail dans leur besace de campagne. Ils surenchérissent sur le montant des investissements à consentir.

    Jugez plutôt : 7 milliards d’euros par an pour Yannick Jadot (contre 2,8Mds en 2022) pour régénérer et moderniser le réseau ferré, « le mettre aux normes européennes au bout de cinq ans », faire rouler des TER cadencés de 5h du matin à minuit et créer 15 nouvelles lignes de trains de nuit. « Il faut faire confiance aux territoires pour engager les investissements de proximité, tout régenter depuis Paris, ça ne marche pas », juge le porte-parole du candidat écologiste, Vincent Dubail. Et à chaque fois qu’il existe une alternative en train, les trajets de moins de quatre heures en avion seront supprimés, promet-il au nom de Yannick Jadot.

    Six milliards d’euros par an pour Jean-Luc Mélenchon : « Le train doit remailler le territoire, avec la possibilité d’avoir une gare multimodale près de chez soi, de la présence humaine aux guichets et des trains accessibles aux personnes handicapées », énonce sa porte-parole Émilie Marche qui défend aussi les RER métropolitains, sous l’appellation de trams-trains.

    Un milliard par an supplémentaire dans la loi de finances pour 2023 du côté d’Anne Hidalgo, et un « grand plan » pour l’extension du réseau (pas encore été arbitré) , indique son porte-parole Nicolas Mayer-Rossignol.

    Marine Le Pen promet « d’investir 40 milliards d’euros sur le quinquennat pour remettre à niveau les infrastructures ferroviaires, augmenter la performance du réseau avec l’accélération du programme ERTMS, sauver les dessertes fines du territoire en lien avec des itinéraires de fret alternatifs » et « en coordination avec les collectivités locales qui ont plutôt fait le job », affirme Franck Briffaut, maire RN de Villers-Cotterêts et porte-parole de la candidate.

    Valérie Pécresse promet 3,5 milliards par an pour régénérer et moderniser le réseau structurant, accélérer l’ERTMS, construire des RER métropolitains, assurer le « sauvetage » des petites lignes avec des sociétés de projet public-privé et des aides de l’État. « A chaque fois que les AOM mettent deux euros, l’État mettra un euro », a également précisé Philippe Tabarot, l’un des porte-paroles de la candidate LR lors du « Grand débat transport » organisé le 17 mars par le think tank TDIE et Mobilettre.

    Sur les 25 milliards d’euros par an que Fabien Roussel entend consacrer aux transports, il en prévoit cinq pour le rail et trois pour les transports urbains.

    Aucun chiffrage du côté d’Emmanuel Macron. Ses porte-paroles Paulin Dementhon et Fabienne Keller étaient bien en mal de faire « des annonces tonitruantes » (dixit) puisque le programme transport du président candidat n’était toujours pas dévoilé, ni le 15 mars au Club VR&T, ni deux jours plus tard chez TDIE. « On a doublé les investissements pendant le mandat (61 milliards d’euros injectés dans le système ferroviaire avec les 35 milliards de reprise de la dette de SNCF Réseau), mais il s’agit d’aller plus loin en modernisation du réseau, d’investir dans les RER métropolitains et de faire des efforts sur le fret ferroviaire », ont-ils avancé.

    … mais divergences sur la concurrence

    Quelle est la position des candidats sur l’ouverture à la concurrence ferroviaire ? Sur ce sujet, les divergences sont plus marquées. Du côté du RN, « le ferroviaire doit rester un système intégré et la SNCF un opérateur pivot, 100 % public ». La concurrence oui, « à condition de définir des périmètres concédés cohérents et économiquement viables », dit Franck Briffaut.

    Les candidats de l’Union populaire et du PCF veulent, eux, abroger le Pacte ferroviaire voté en 2018, stopper l’ouverture à la concurrence, réunifier le groupe SNCF dans un EPIC et remettre les nouvelles recrues au statut cheminot. « On voit bien les vertus d’une entreprise intégrée, sur le modèle de la RATP », défend Jacques Baudrier, porte-parole de Fabien Roussel.

    Emmanuel Macron qui n’a pas voulu séparer SNCF Réseau du reste du groupe SNCF au moment de la réforme de 2018, « défend les garanties d’équité pour les nouveaux opérateurs entrant sur le marché ferroviaire », selon Paulin Dementhon.

    Du côté des candidats PS et EELV, statu quo sur le sujet : « La séparation de SNCF Réseau n’est pas vraiment le problème, on l’a fait (en 1997 avec RFF, ndlr) puis on est revenu en arrière. La question, c’est plutôt que la SNCF traite équitablement les nouveaux entrants », relève Vincent Dubail pour le candidat Jadot. Valérie Pécresse elle, veut « accélérer la mise en concurrence ferroviaire », indique François Durovray, qui la représente.

    Tarifs plus avantageux…

    Pour Fabien Roussel, la promesse des « Jours heureux » passe par une « mobilité heureuse » et donc, la gratuité des transports urbains. Il promet par ailleurs une baisse de 30 % du prix des billets de train et des TER gratuits pour les trajets domicile-travail. « Après les cars Macron, il y aura les TER Roussel », s’amuse le candidat communiste.

    La gratuité, Jean-Luc Mélenchon la prône pour les moins de 25 ans, quand Yannick Jadot mise plutôt sur un forfait mobilité durable de 1 000 € par an, la gratuité des transports scolaires et un « Ticket climat » pour les 16-25 ans : 100 € par mois (50 € pour les étudiants) pour voyager en illimité en transport collectif, sauf en avion. L’écologiste défend la TVA à 5,5 % sur les transports publics (tout comme Anne Hidalgo), et le forfait mobilité durable obligatoire.

    … et aides à la conversion automobile

    Pour accompagner les Zones à faibles émissions (ZFE) attendues d’ici à 2024 dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants dépassant les seuils de pollution (plus de 30 villes sont concernées, en plus des 11 métropoles déjà prévues), Fabien Roussel évoque 10 000 euros de prime à la conversion pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable, au lieu de 6000 € aujourd’hui. Y compris pour un véhicule d’occasion. Valérie Pécresse veut revoir le calendrier des ZFE et Jean-Luc Mélenchon envisage carrément de les supprimer.

    Anne Hidalgo et sa concurrente LR veulent lancer un crédit à taux zéro et un système de leasing social pour l’achat d’une voiture électrique. Le leasing (location longue durée) pour aider les plus modestes à s’équiper d’une voiture électrique a été la seule annonce d’Emmanuel Macron pour les mobilités lors de la présentation de son programme électoral, le 16 mars.

    Anne Hidalgo et Yannick Jadot, qui veut interdire la vente de véhicules thermiques neufs à partir de 2030, promettent un million de bornes de recharge sur le territoire français (dix fois plus que l’objectif de l’actuel gouvernement). Valérie Pécresse en annonce 200 000, en s’appuyant sur le privé.

    Comme Valérie Pécresse, la candidate socialiste veut des voies routières réservées aux lignes de covoiturage et aux bus à haut niveau de service (BHNS), y compris sur les grands axes « afin de raccrocher les habitants des métropoles à une offre de mobilité souple », indique Nicolas Mayer-Rossignol. Anne Hidalgo veut aussi développer le covoiturage courte distance sur voies réservées, « sur le modèle de la start-up Ecov ». Pour le représentant de Marine Le Pen, « le transport routier reste le mode plus souple », il ne s’agit donc pas de le bousculer.

    Vélo populaire

    Pour porter la part du vélo à 9 % des déplacements, Anne Hidalgo veut doubler le Fonds vélo, le porte-parole d’Emmanuel Macron évoque 30 % de pistes cyclables supplémentaires et des infrastructures pour le vélo périurbain. Yannick Jadot vise 15 % de parts modales avec 500 millions d’investissement par an en faveur de la bicyclette, quand Jean Luc Mélenchon veut développer « le vélo populaire », c’est-à-dire plus sûr avec des pistes cyclables continues, du stationnement sécurisé, la possibilité de l’embarquer dans le train, d’accéder à la gare à vélo, etc. « On ne produit plus de vélos en France, on ne fait que de l’assemblage : recréer une filière vélo permettrait de créer 150 00 emplois locaux », avance par ailleurs Émilie Marche. Fabien Roussel promet une Agence nationale du vélo pour passer à 15 % de part modale avec un million d’euros par an d’investissements pour les pistes cyclables et le stationnement sécurisé.

    Pas touche au droit de grève

    Valérie Pécresse défend un droit de grève plus encadré avec 72h de prévenance, au lieu des 48h instituées par la loi. Elle répond ainsi à une demande de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut).

    Pour le représentant de Fabien Roussel, « Le problème du moment, ce n’est pas la grève, mais le manque de chauffeurs. Avant de s’interroger sur le droit de grève, il faut s’interroger sur la mise en concurrence (des lignes de bus Optile, puis RATP demain, ndlr) et les conditions sociales dans les appels d’offres ». Avant de vouloir réformer le droit de grève, encore faut-il pouvoir embaucher avec des salaires attractifs !, lance-t-il en évoquant « 100 000 chauffeurs de bus manquants. Sinon, il n’y aura plus de transports publics ! ». Même avis chez les Insoumis :  « On n’a qu’à bien les payer les agents et il n’y aura pas de grève », tranche Émilie Marche. Pour la candidate socialiste, « Pas question de toucher au droit de grève. Deux cas suscitent l’exercice du droit grève et du droit de retrait : les agressions et elles augmentent, les salaires et ils n’augmentent pas », résume Nicolas Mayer-Rossignol.

    Des milliards à financer

    Les colis ne votent pas… L’une des propositions de Philippe Duron dans son rapport sur le financement des transports publics – un euro par colis du e-commerce, ce qui pourrait rapporter 1,3 milliard d’euros par an, selon le coprésident de TDIE – est visiblement tombé dans de sourdes oreilles. Aucun candidat n’a repris l’idée. « Sur 100 colis d’Haropa, le port fluviomaritime de l’axe Seine, 90 % passent par la route », observe pourtant le porte-parole d’Anne Hidalgo

    Alors qui paiera la transition énergétique ? Comment financer les programmes d’investissements ? On généralise le principe pollueur-payeur et on rétablit l’écotaxe poids lourds ? On permet aux villes d’instaurer un péage urbain ? On ponctionne davantage la consommation de carburant plutôt que de la subventionner ? Interrogé par Arnaud Aymé, directeur associé du cabinet Sia Partners, quatre porte-paroles ont précisé comment leurs candidats comptent financer leurs mesures.

    Anne Hidalgo veut créer « Routes de France » qui récupérera la gestion et les recettes des autoroutes à la fin des concessions et abondera le budget de l’Agence de financement des infrastructures (AFITF), elle défend aussi une « écotaxe progressive ».

    Yannick Jadot prévoit une loi de programmation budgétaire pluriannuelle, une taxe sur le kérosène, une taxe carbone aux frontières (taxer les marchandises produites à l’étranger et exportées vers l’UE en fonction de leur empreinte carbone), un droit d’usage pour les poids lourds (Eurovignette), mais exclut les péages urbains, « forme de féodalité médiévale et facteur d’exclusion des citoyens », résume le représentant du candidat vert. Un autre porte-parole, David Belliard, annonce de son côté  « une grande convention pour retrouver de nouveaux modèles de financement avec l’ensemble des acteurs et avec la fin de la TICPE ».

    Valérie Pécresse promet aussi « une loi de programmation budgétaire dans les 100 premiers jours du mandat, la création d’une « vraie » taxe carbone aux frontières (y compris pour les transports routiers de marchandises), et la création d’un Livret Vert (fusion du Livret de développement durable et du Livret A) » indique François Durovray.

    Pour financer au total 25 milliards d’euros d’investissements annuels dans les transports, Fabien Roussel veut augmenter la taxe sur les bureaux dans les villes les plus riches et où la demande est forte, en se fondant sur l’exemple francilien : « 624 euros du mètre carré contre 150 euros à Noisy-le Grand. Visiblement, ce n’est pas rédhibitoire et beaucoup moins compliqué que le péage urbain », illustre Jacques Baudrier. Son candidat défend la hausse du taux du versement mobilité (VM) dans les « zones premium », quand Anne Hidalgo prévoit  « une base fiscale pour pouvoir lever le versement mobilité partout et le moduler à la hausse ou à la baisse ». Malgré les coups de boutoir du Medef contre les impôts de production, Valérie Pécresse promet de pérenniser cette ressource précieuse pour les autorités organisatrices de mobilité.

    Pour dégager des ressources dédiées aux mobilités décarbonées, Yannick Jadot veut taxer les billets d’avion en classe affaires et sur les compagnies de jets privés, instaurer un malus au poids sur les véhicules : « On est à un moment cardinal : c’est le moment de faire payer le transport routier », tranche aussi Jacques Baudrier.

    Si Bruno Gazeau se « réjouit de la convergence d’esprit chez les candidats », il se dit « frappé qu’aucun n’a conscience qu’il faut changer d’échelle. » Cette persévérance passe par une loi de programmation pluriannuelle ou des appels à projets réguliers et d’un montant constant, selon l’ancien délégué général de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) « Le Plan de relance, c’est bien, mais comment on fait après ? », interroge celui qui défend aujourd’hui les intérêts des usagers.

    Nathalie Arensonas