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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Une nouvelle autoroute ferroviaire au départ de l’Espagne
A peine plus de trois mois après avoir lancé une autoroute ferroviaire entre Calais et Turin-Orbassano , Lorry Rail, la filiale commune de la SNCF, des CFL et de Lohr Industries, a inauguré aujourd’hui une nouvelle ligne reliant le terminal intermodal de Barcelone-Can-Tunis au terminal intermodal de Bettembourg (Luxembourg). « Il s’agit de la cinquième autoroute ferroviaire opérée par VIIA et Lorry Rail en faveur du transport de semi-remorques non accompagnées », indique la société dans un communiqué, en ajoutant que c’est la première autoroute ferroviaire au départ d’Espagne. « Le maillage est complété par les lignes Calais – Le Boulou, inaugurée en 2016, Aiton (près de Chambéry) – Orbassano et Bettembourg – Le Boulou », précise de son côté VIIA (groupe SNCF) qui exploite les autoroutes ferroviaires.Cinq allers-retours hebdomadaires sont prévus dans un premier temps sur cette ligne longue de 1 219 km. Un sixième aller-retour sera ajouté en avril. « Le train sera complété d’un lot chargé à Perpignan pour profiter au maximum de la capacité des convois sur les réseaux français et luxembourgeois », souligne Lorry Rail. Le parcours sera effectué en 22 heures environ.
Pour Reynald Nicolas, directeur général de Lorry Rail, « ce service qui s’ajoute à la liaison entre Bettembourg et Le Boulou, permet de renforcer significativement la présence de Lorry Rail sur un des axes majeurs reliant le Nord de l’Europe à l’Espagne ».

La Cour des comptes s’intéresse maintenant aux TER, à l’emploi à la SNCF et à la RATP…
La Cour des comptes, qui a présenté début février son rapport sur les Intercités, n’en a pas fini avec la SNCF. Elle vient d’achever un « rapport sur la politique des ressources humaines à la SNCF », a indiqué un des conseillers à Ville, Rail & Transports. Mais elle n’a pas encore décidé s’il serait public ou pas. La question doit passer en délibéré cette semaine. Le rapport qui fait un tour d’horizon très large de la politique RH s’intéresse aux recrutements, aux déroulements de carrière, à la masse salariale, à la productivité ou encore aux dispositifs sociaux qui existent à la SNCF.
Les sujets sur le groupe ferroviaire étant inépuisables, les Sages de la rue Cambon sont aussi en train de travailler sur les TER et sur la façon dont les régions et la SNCF se préparent à la concurrence. Le rapport est prévu en septembre ou octobre.Enfin, la RATP, dont les activités seront également progressivement soumises à la concurrence dans les prochaines années, fait aussi l’objet d’un examen sur « sa performance et la qualité du service économique pour évaluer son coût», précise ce même conseiller. Le résultat de travail, réalisé avec la Cour régionale des comptes d’Ile-de-France, devrait être publié cet automne.
M.-H. P.

L’Auvergne-Rhône-Alpes « obtient » deux milliards d’euros pour le Lyon – Turin
Pas de discours, mais de l’argent. Alors que le Lyon – Turin fait l’objet d’une polémique en Italie, côté français, la région Auvergne-Rhône-Alpes s’active pour (re)booster le projet de liaison ferroviaire. Considérant que l’argent est le nerf de la guerre, la région vient d’obtenir l’accord de l’Union Européenne pour financer 50 % des voies d’accès au tunnel de base international. Soit deux milliards d’euros sur les quatre milliards (revus à la baisse) nécessaires à l’aménagement des voies d’accès au tunnel de base international*.
L’accord a été obtenu le 14 février à Bruxelles lors d’une réunion entre la DG Transports de la Commission Européenne et Etienne Blanc, 1er VP de la région en charge du dossier. Le 18 février, Laurent Wauquiez, président de région, a écrit à Elisabeth Borne pour porter officiellement la demande de financement auprès de l’UE. Jusqu’à présent, l’UE s’était engagée à financer la moitié environ du tunnel de base et de la section italienne. « C’est la première fois que l’Europe s’engage financièrement sur les accès au tunnel de base, c’est une décision fondamentale pour relancer le Lyon – Turin », se félicite Etienne Blanc. Alors que le rapport Duron repoussait la construction des voies d’accès « au-delà de 2030 », l’initiative régionale permettrait de démarrer plus tôt cette section française comprise entre l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry et Saint-Jean-de-Maurienne.
Le projet nécessite quand même une révision du coût initial de 7,7 milliards d’euros à quatre milliards d’euros, rendue possible selon Etienne Blanc par un phasage décalé de la construction des quatre tunnels (Glandon, Belledonne, Chartreuse, L’Epine). Une étude approfondie devrait valider d’ici un an ce tour de force technique et financier. Outre l’aide européenne, la région, avec les départements et les grandes agglomérations, se fait fort d’apporter un milliard d’euros, en escomptant un milliard de l’Etat. Très optimiste?
Claude Ferrero
* Coût : 7,7 millions d’euros pour les voies d’accès/section française, 8,6 millions d’euros pour le tunnel transfrontalier, 1,7 million d’euros pour la section italienne.

Nouveau plan d’urgence pour la ligne P du Transilien
Hasard du calendrier, dix jours après une réunion d’initiative locale organisée à Trilport, petite commune de Seine-et-Marne, dans le cadre du Grand débat national (lire notre reportage), et qui portait sur la piètre qualité de la ligne P du Transilien, des mesures radicales dégagent l’horizon des 104 000 passagers quotidiens. Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) et Alain Krakovitch, patron de SNCF Transilien, ont annoncé le 15 février l’électrification la branche Trilport – La Ferté-Milon, « dernière ligne francilienne non électrifiée » (10 000 voyageurs/jour).
La mesure sera inscrite au prochain contrat plan Etat-région pour tenter de résoudre les problèmes de saturation sur l’axe nord de la ligne sur laquelle circulent encore des rames diesel, alors que la branche vers Provins accueille des rames BGC (autorails à grande capacité de Bombardier) depuis 2013.
Par ailleurs, l’autorité organisatrice des transports, IDFM, a conclu un accord avec la région Grand Est pour que ses TER Vallée de La Marne marquent l’arrêt en gare de La Ferté-Milon aux heures de pointe du matin et du soir, à partir du service 2020 (c’est-à-dire en décembre 2019). Objectif, soulager les trains de la branche Château-Thierry très chargés à ces heures (70 000 passagers/jour).
Par ailleurs, sur la demande des associations d’usagers de la ligne, IDFM a demandé à SNCF Transilien d’augmenter la capacité du train Château-Thierry – Paris de 5h04 avec un train long à partir d’avril 2019. Enfin, suite à une série de pannes de matériel roulant ces derniers mois, un audit sur le dispositif de maintenance des rames est annoncé dès aujourd’hui. Les conclusions sont attendues à l’été 2019.
N. A.
La ligne P
252 kilomètres, la plus étendue du réseau francilien
+4 % de fréquentation par an entre 2010 et 2015
Elle dessert cinq axes du nord au sud de la Seine-et-Marne et au-delà :
– Gare-de-l’Est – Chelles – Meaux
– Gare-de-l’Est – Meaux – Château-Thierry
– Gare-de-l’Est – La Ferté-Milon (via Meaux)
– Gare-de-l’Est – Coulommiers
– Gare-de-l’Est – Provins

Une plateforme de formation aux métiers du ferroviaire sort de terre en Ile-de-France
L’Ile-de-France n’est peut-être pas la première région à laquelle penseraient les candidats à une formation aux métiers du ferroviaire. Et pourtant, la région parisienne est la plus dense en activité ferroviaire, avec 10 % du réseau ferré national, 3 700 km de voies à entretenir, 70 % des voyageurs plus de 6 000 trains par jour (40 % du total national), sans oublier les grands projets que sont le prolongement d’Eole, le Grand Paris Express… et CDG Express. C’est pourquoi le nombre d’emplois de la filière devrait progresser « de 4 % entre 2020 et 2025, pour un besoin net de 13 750 recrutements dans les secteurs de la voie ferrée, caténaire et signalisation », selon les promoteurs de la plate-forme ferroviaire de L’ÉA-Itedec.
Les poses de la première pierre et du premier rail de cet établissement de formation ont été célébrées à Aubergenville (Yvelines), le 15 février, en présence de Didier Kling, président de la CCI Paris Ile-de-France, Pierre Bédier, président du conseil départemental des Yvelines et du groupement d’intérêt public ActivitY’, Xavier Gruz, directeur du projet Eole-Nexteo SNCF Réseau et Jacques Empinet, président du conseil d’établissement de L’ÉA, les écoles des éco-activités. Chiffré à 2,8 millions d’euros (dont 35 % financés par le Conseil départemental des Yvelines et 29 % par le projet EOLE), ce projet de plate-forme ferroviaire est présenté comme unique en France (en fait, des centres de formation similaires existent ou sont en construction, tel le Campus Mecateam en Bourgogne). Il doit permettre la formation de près de 300 apprentis et stagiaires aux métiers du ferroviaire entre 2019 et 2021. « Nous avons souhaité mettre en place ce projet unique en France sur le campus de notre école L’ÉA-Itedec, avec le soutien de nos partenaires, parmi lesquels le conseil départemental des Yvelines, l’Agence d’insertion ActivitY’, l’Etat et la Direccte Ile-de-France, Bouygues Énergies & Services, le Groupe Eltia et Eole/SNCF. L’objectif est d’aider les entreprises qui aménagent les transports ferroviaires pour les villes de demain à garantir la montée en compétences de leurs salariés et à recruter des jeunes formés à ces métiers d’avenir », a expliqué Didier Kling. Pierre Bédier a ajouté que le projet de plate-forme était ouvert « à tout type de public : jeunes, bénéficiaires du RSA ou demandeurs d’emploi de longue durée ». Les candidats en formation pourront bénéficier par la suite des emplois générés par les clauses d’insertion dans les marchés publics.
Doté de 600 m de voies formant un « Y », avec appareils de voie et d’un passage à niveau, le site d’Aubergenville comprendra trois zones distinctes de formation aux métiers : signalisation (génie civil signalisation, câbleurs des installations de signalisation, vérificateurs techniques des installations, essayeurs/intégrateurs des installations, mainteneur), caténaire (conducteurs de nacelle élévatrice rail-route, poseurs caténaires, superviseurs des travaux sur les caténaires, mainteneurs des caténaires) et voie ferrée (conducteurs de pelle rail-route, poseurs de voie et d’appareil de voie, superviseurs des travaux sur les voies, mainteneurs de la voie).
La plateforme intérieure sera constituée de plusieurs ateliers offrant différentes composantes techniques nécessaires à la pratique des métiers du ferroviaire : atelier soudure (proposant 12 cabines cloisonnées pour des mises en situation à l’échelle 1 de travaux de soudures et de forges), atelier de maçonnerie (permettant la mise en œuvre d’éléments bétons constituant des gares et quais ou encore de passages à niveau et de voies urbaines), laboratoire (autorisant des tests de matériaux dédiés au ferroviaire), salles équipées (de logiciels dédiés, d’équipements communiquant permettant le pilotage des éléments de signalisation et autres éléments actifs des voies), espace dédié à la sécurité et aux métiers agissants sur les réseaux d’alimentation en électricité et/ou de communication (équipés de poteaux aériens et de caniveaux communicants avec ceux du plateau technique ferroviaire) et enfin zone de déploiement de la fibre optique dans le cadre des réseaux ferrés.

Le plan d’optimisation de la SGP sur l’intermodalité et les vélos est retoqué
L’une des propositions du plan d’optimisation présenté par Thierry Dallard ne passe décidément pas. C’est le renoncement à l’interopérabilité des lignes 15 Sud et 15 Est à Champigny (Val-de-Marne). Le 13 février, le conseil d’Ile-de-France Mobilités a voté à l’unanimité un vœu « réaffirmant sa volonté que soit réalisée l’interopérabilité ». Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne, s’en est aussitôt félicité. Cette mesure, dont le « potentiel maximum d’optimisation » est évalué par la SGP à 127 millions d’euros, nécessiterait une enquête publique modificative. Elle avait été vertement critiquée par les sept présidents des départements franciliens.
Autre proposition du plan qui n’a pas échappé à la lecture attentive des administrateurs PCF d’Ile-de-France Mobilités : une « sortie des consignes à vélo des gares ou prise en charge par les promoteurs ». « Du grand n’importe quoi ! », ont aussitôt protesté Jacques Baudrier, Pierre Garzon et Fabien Guillaud-Bataille. Pour eux, « imaginer construire un réseau de 35 milliards d’euros de métro en négligeant l’intermodalité vélo est caricatural. »
Réaction ferme d’Elisabeth Borne dans un tweet : « Il n’est pas question que le #vélo serve de variable d’ajustement pour les gares du #GrandParisExpress. Le vélo doit jouer tout son rôle dans les déplacements au quotidien, c’est le sens même de notre #PlanVelo qui renforce sa place autour des gares.»
Le Collectif Vélo Ile-de-France et la Fédération des Usagers de la Bicyclette ont aussitôt salué la réaction de la ministre. Mais ils appellent « Elisabeth Borne et la SGP à aller beaucoup plus loin, en s’engageant sur la construction d’au moins 100 000 places de stationnement vélo ».
F. D.

La SNCF veut faire monter 200 000 voyageurs de plus dans ses TER
Acte II pour le plan CAP TER 2020. Deux ans après le lancement de son programme visant à redresser la situation des TER confrontés à la baisse des voyageurs et à la grogne des régions, le directeur général de TER SNCF Mobilités estime avoir gagné la première manche : stopper la perte des voyageurs (le trafic TER a augmenté de 4,8 % en 2017 après cinq ans de baisse continue, et si la grève a plombé 2018, la reprise est tangible depuis novembre), améliorer la qualité de service (les retards du fait du transporteur ont reculé de 17 %), et réduire les coûts de production des TER. « Nos coûts de production sont orientés à la baisse, en ligne avec l’objectif d’une diminution de 20 % des coûts de structure », affirme Frank Lacroix. Après des années de tensions avec les régions, neuf conventions TER ont été négociées pour repartir sur de nouvelles bases (notamment la maîtrise des coûts). N’en manquent plus que deux (les Hauts-de-France et la Bretagne) qui devraient aboutir dans les mois qui viennent. « Je considère que nous sommes définitivement sortis de l’impasse », souligne Frank Lacroix.
Même si les efforts doivent être poursuivis pour atteindre tous les objectifs, reconnaît le patron des TER, il est temps maintenant de passer à une nouvelle phase du programme : la conquête de nouveaux voyageurs. En allant notamment chercher les automobilistes.
Frank Lacroix se fixe l’objectif de faire monter « au moins » 200 000 voyageurs de plus chaque jour dans les TER à l’horizon 2025. Alors que les trains régionaux vont s’ouvrir à la concurrence à partir de décembre 2019 (mais il faudra sans doute attendre au moins deux ans avant de voir arriver de nouveaux opérateurs, le temps de tout organiser), le patron de l’activité veut devenir « le meilleur partenaire des régions » et être « celui qui va faire monter à bord des transports publics le plus de voyageurs ».
Dans ce but, l’activité TER va être complètement réorganisée. 44 directions de lignes dédiées aux territoires vont être créées. Avec à la tête de chacune, un directeur qui sera en contact direct avec les élus, les associations de voyageurs et l’ensemble du tissu local. « Il sera responsable du fonctionnement de ses lignes et dirigera lui-même tous les agents qui contribuent au service et à la production de trains, explique Frank Lacroix. On constitue des entités multi-métiers responsables de l’attractivité », précise-t-il. Aujourd’hui, il existe déjà 11 directions de lignes. Cette année, 80 % seront lancées et toutes seront en place en 2020.
Ces directions de lignes vont aider les régions à définir les services à mettre en place en fonction de leurs besoins, segmentés autour de trois offres : des trains Citi, fréquents et de grande capacité, pour désengorger l’accès aux villes ; des trains Krono, rapides et confortables, pour relier des pôles régionaux ; des trains Proxi, trains sur-mesure par exemple des matériels légers ou des navettes, pour desservir de façon plus fine le territoire. De nouvelles solutions pourront être proposées par le préfet Philizot qui s’est vu confier, en janvier par le ministère des Transports, une mission sur les dessertes fines du territoire.
Pour faciliter l’accès aux trains, les voyageurs devront pouvoir acheter leurs billets « n’importe où et n’importe quand ». 100 % de l’offre est désormais disponible par voie digitale. Au printemps, l’appli SNCF évoluera pour devenir un assistant personnel de mobilité et en septembre, il sera possible d’acheter son billet de TER avec un smartphone via la solution NFC.
Pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas passer par le digital, il sera possible, à partir d’avril, d’acheter son billet en téléphonant gratuitement à un des 11 centres de relations clients en région.
Dans les petites gares en revanche, les guichetiers vont peu à peu disparaître. « Du fait des nouvelles pratiques digitales de nos clients, il arrive, dans certaines gares, qu’un agent au guichet vende moins de cinq billets par jour. Nous devons nous adapter : les agents ne doivent plus attendre sans rien faire derrière leur hygiaphone. Ils doivent aller chercher les clients », explique Frank Lacroix.
D’où une série d’initiatives pour élargir les compétences des agents (travaillant pour l’escale, l’accompagnement mais aussi la vente) et faire en sorte que, demain, 50 % des agents soient capables de vendre des titres commerciaux contre 20 % aujourd’hui. Ils seront formés et, en plus d’assurer des heures de permanence dans les gares à certains moments identifiés de la journée, ils pourront aller vendre des billets sur les marchés, dans les entreprises ou les universités. Des boutiques mobiles (qui sont en fait des camionnettes boutiques, il y en a une quinzaine) sont en train d’être testées dans cinq régions.
La SNCF développe aussi un réseau de partenaires (bureau de tabac, boutiques, bureaux de postes etc.) habilités à vendre des titres de transport. On en recense actuellement 130 sur le territoire. L’outil de vente dont ils disposent baptisé Mobileo Boutique leur permettra aussi de vendre des billets de TGV. « Progressivement, nous pourrons vendre des titres de transport multimodal », précise Frank Lacroix.
Par ailleurs, dans les gares, où en moyenne 25 % des voyageurs utilisent des automates, des espaces « Visioservice » permettront d’entrer en contact avec des agents pour être aidé. Quatre expériences ont été lancées dans les Pays de la Loire et en Normandie.
« Tout cela sera déployé gare par gare, site par site, territoire par territoire. Chaque voyageur saura où il peut aller acheter son billet », souligne encore le patron des TER. Cet ensemble de mesures vise à limiter autant que possible le nombre de voyageurs qui monteraient à bord du train sans billet. Dans ce cas, si le voyageur va se faire connaître auprès du contrôleur, la tarification à bord sera moins salée que pour un fraudeur, mais plus élevée que pour un voyageur prévoyant. Face aux protestations de la Fnaut et de certains élus à ce sujet, la SNCF a accepté de vendre les billets à bord au tarif normal dans les régions qui lui ont demandé. C’est le cas de la moitié d’entre elles.
Marie-Hélène POINGT

Et voici le MP14, premier métro parisien de 120 mètres
Ce sera le plus long des métros parisiens, avec ses huit voitures qui en font une rame de 120 mètres. Cette version longue et à conduite automatique du métro sur pneus MP14 d’Alstom, que la RATP compte mettre en service à fin 2019 ou début 2020, est destinée à la ligne 14, mais c’est sur la ligne 1 qu’elle effectue, de nuit, des essais de type depuis janvier. Un choix qui se justifie à deux titres au moins.
D’une part, la plus ancienne ligne parisienne est équipée pour la circulation des métros sur pneus et présente les caractéristiques géométriques les plus exigeantes du réseau (courbes très serrées à la Bastille, rampes prononcées au Pont de Neuilly), qui permettront de vérifier la conformité du nouveau matériel pour ce qui est de ses performances. C’est ainsi qu’après des essais statiques, visant à valider les fonctionnalités de base du matériel, les essais dynamiques sont menés en ligne jusqu’à l’été prochain, avec pour but de vérifier plus précisément le freinage, la traction, la compatibilité électromagnétique ou le confort acoustique, mais aussi climatique.
D’autre part, les ateliers de la ligne 1 situés à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) sont actuellement les seuls adaptés à l’accueil et à la maintenance d’une rame de 120 mètres pendant les essais, en attendant l’achèvement du nouveau site de maintenance et de remisage de la ligne 14, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Un site que le MP14 rejoindra d’ici la fin de l’année, lorsque débuteront les essais portant cette fois sur le système de conduite automatique et les moyens audiovisuels embarqués, cette fois-ci sur la ligne 14. Ce n’est qu’une fois ces essais réalisés et l’autorisation de mise en service obtenue que la première rame, entièrement équipée et aménagée par son constructeur Alstom, pourra accueillir ses premiers voyageurs.
Car dans son état actuel, cette première rame est pour l’essentiel dépourvue de son aménagement intérieur qui, lorsqu’il sera en place, offrira de nouveaux sièges à l’ergonomie revue et davantage de places aux personnes à mobilité réduite que l’exige la réglementation en vigueur. Indispensable pendant la phase d’essais sur la ligne 1, en conduite manuelle, le pupitre de conduite du premier MP14 (qui sera escamoté quand il sera en service) est actuellement l’équipement qui se fait le plus remarquer à l’intérieur ! L’éclairage de la rame est également en place ; à base de LED, il a été entièrement repensé et contribue à réduire de 20 % la consommation énergétique du MP14 par rapport au MP05, modèle sur pneus le plus récent actuellement. Une autre réduction promise par le nouveau matériel est celle du bruit intérieur, à hauteur de 40 %.Le MP14 n’est pas uniquement destiné à la ligne 14, il doit équiper à partir de 2021 la ligne 4 en version à six voitures, après son passage en mode automatique, ainsi que la ligne 11 à partir de 2022, en version à 5 voitures avec conduite manuelle (qui pourra par la suite être convertie pour la conduite automatique). Au total, 72 nouvelles rames doivent être livrées ces cinq prochaines années par Alstom, pour un coût de 1 096,22 millions d’euros, entièrement financé par Ile-de-France Mobilités. « Plus de 2 000 emplois seront pérennisés en France chez Alstom et ses fournisseurs » rappelle le constructeur, dont huit sites participeront à ce projet : Valenciennes (conception et fabrication), le Creusot (bogies), Ornans (moteurs), Villeurbanne (électronique embarquée), Tarbes (traction), Aix-en-Provence (informatique de sécurité), Reichshoffen (études de collision) et Saint-Ouen (design).
Patrick LAVAL

Marc Papinutti remplace François Poupard à la DGITM
Marc Papinutti a été nommé le 13 février, en conseil des ministres, à la tête de la Direction générale des Infrastructures, des Transports et de la Mer (DGITM) au ministère de la Transition écologique et solidaire. Il succède à François Poupard qui occupait ce poste depuis 2014 et devient directeur général des Services de la région Nouvelle-Aquitaine.
Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, Marc Papinutti est un fin connaisseur du secteur : après avoir travaillé à la direction régionale de l’équipement d’Ile-de-France, puis à la direction des transports terrestres du ministère, il a notamment été directeur des Infrastructures de transports en 2008, avant de prendre en charge deux ans plus tard la direction générale de Voies navigables de France (VNF), établissement public de 4 700 agents et salariés. Il était depuis 2017 directeur de cabinet d’Elisabeth Borne, la ministre des Transports.
« Sous sa direction, la DGITM accompagnera d’importantes transformations portées par le gouvernement, en particulier liées au projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), prochainement débattu au Parlement, et à la mise en œuvre de la réforme pour un nouveau pacte ferroviaire », indique notamment un communiqué du ministère.
Un autre artisan de l’élaboration compliquée de la LOM, Cédric Grail, numéro 2 de la DGITM, a récemment quitté le ministère pour diriger le cabinet, depuis fin janvier, le cabinet de David Kimefeld, président de la Métropole de Lyon.

Le gouvernement italien dans le piège du Lyon-Turin
Alors que se terminait, le 11 février, une réunion au sommet sur Lyon-Turin au palais Chigi autour du premier ministre Giuseppe Conte, avec Matteo Salvini (Ligue) mais sans Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles), la très attendue « Analyse coûts-bénéfices » portant sur la ligne nouvelle sortait enfin. Elle a été publiée sur le site du ministère ce 12 février. Elle montre que le projet de ligne nouvelle est « un désastre », a aussitôt commenté Danilo Toninelli, le ministre des Infrastructures et des Transports. On savait que l’étude serait négative, ayant été confiée par un ministre membre du Mouvement 5 étoiles opposé au projet à des experts de son choix. De fait, le verdict est « sans appel ».
L’étude repose sur deux scénarios, l’un dit réaliste, l’autre optimiste. Elle fait la balance entre les revenus cumulés du transport d’un côté et, de l’autre, le coût des infrastructures, celui de l’exploitation mais aussi les frais externes, compte tenu par exemple de pertes de droits d’accise pour l’Etat dues au report modal.
Selon le scénario « réaliste », la ligne nouvelle verrait passer 25,2 millions de tonnes de marchandises en 2059. Le solde négatif serait de 6,995 milliards d’euros. Selon le scénario « optimiste », 51,8 millions de tonnes passeraient par la ligne à la même date. Le déficit serait de 7,805 milliards d’euros. Plus on transporte, plus la collectivité perd. Et ce ne sont pas de petites sommes. C’est à peu près le prix du tunnel de base de 53 km.
A peine publié, le rapport a fait polémique. On a remarqué que sur les cinq experts chargés de l’analyse coûts-bénéfices, l’un d’eux, le seul considéré « neutre » et non pas comme les autres opposés au projet, a refusé de la signer. Quant au commissaire extraordinaire du gouvernement chargé de l’Axe Lyon – Turin, il considère qu’avec ce rapport on passe de la farce à la fraude, « dalla farsa a la truffa ».
L’étude a été publiée peu de temps après que le journal économique Il Sole 24 0re eut révélé les résultats d’une autre étude, dite technico-juridique, établie par les services du ministère des Transports.
Si la première étude veut démontrer qu’on n’a aucun intérêt à achever la construction du tunnel, la seconde montre qu’on ne peut pas en arrêter la réalisation.
Selon Il Sole 24 Ore du 8 février, la facture oscillerait entre 2,8 et 4 milliards d’euros si l’Italie décidait de tout arrêter. Il faudrait débourser entre 200 et 500 millions d’euros pour la remise en état, 600 millions pour rembourser les prêts européens sur la période 2015-2019, entre 500 millions et un milliard pour dédommager les entreprises mais aussi la France et l’Europe et encore 1,5 à 1,7 milliard pour sécuriser le tunnel historique qui n’est plus aux normes internationales. « Arrêter le chantier à ce stade d’avancement coûterait autant, voire plus cher, au pays que de finir l’ouvrage », en conclut l’association Transalpine qui regroupe des acteurs politiques et économiques français et italiens partisans du projet.
Bref c’est le cauchemar. On ne sait ni entrer dans le tunnel ni en sortir, et il n’est même pas construit.
F. D.