Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • L’Etat prépare la mise en concurrence des Intercités sur Nantes – Bordeaux et Nantes – Lyon

    L’Etat prépare la mise en concurrence des Intercités sur Nantes – Bordeaux et Nantes – Lyon

    Le gouvernement veut donner l’exemple. Le ministère des Transports a en effet annoncé le 9 janvier qu’il préparait la mise en concurrence des Intercités (également appelés trains d’équilibre du territoire, TET) sur Nantes – Bordeaux et Nantes – Lyon. L’État, autorité organisatrice de huit lignes d’aménagement du territoire (dont deux lignes de trains de nuit), publiera dans les prochains jours au Journal officiel de l’Union européenne un avis de pré-information officialisant cette démarche,. Chose faite le 14 janvier. Le ministère des Transports, précise aussi un communiqué qu’au cours de cette procédure, « tous les opérateurs candidats pourront faire valoir leurs atouts et propositions ».

    Les TET sont actuellement exploités par SNCF Mobilités dans le cadre d’une convention signée avec l’État et qui arrive à échéance en 2020. Ils devront être ouverts à la concurrence à partir de décembre 2019, de façon progressive, comme le prévoit le nouveau pacte ferroviaire adopté en juin 2018. L’État a décidé dans un premier temps de n’ouvrir à la concurrence que ces deux lignes car elles viennent de bénéficier d’un renouvellement complet de leurs trains. « S’agissant de toutes les autres lignes TET dont l’État restera autorité organisatrice, elles feront l’objet d’un renouvellement ou d’une modernisation de leur matériel au cours des prochaines années, il ne serait donc pas opportun pour le bon fonctionnement de ces lignes de procéder à leur mise en concurrence durant cette même période », justifie le ministère des Transports.

    « C’était attendu, on va se battre pour gagner », a commenté Guillaume Pepy, le PDG de SNCF Mobilités lors de ses vœux à la presse de la SNCF. Selon lui, « ces deux belles lignes d’aménagement du territoire ne sont pas déficitaires : les recettes commerciales ne sont pas suffisantes pour couvrir les coûts, il y a donc une contribution publique. L’opérateur qui sera sélectionné gagnera de l’argent du fait de cette contribution publique ». Un cadre de la SNCF explique aussi qu’en plus d’un parc renouvelé, « la ligne Nantes – Bordeaux devrait retrouver une vitesse satisfaisante après les travaux de modernisation menés sur une centaine de kilomètres sur la ligne qui obligent à ­limiter la vitesse à 60 km/h ». Tout cela devrait contribuer à améliorer l’exploitation future de ces deux lignes qui assurent le transport annuel de plus d’un million de voyageurs et nécessitent 25 millions d’euros de subventions publiques.

    Ces affirmations sont reçues avec beaucoup de circonspection par des opérateurs alternatifs. Après l’échec de son offre pour l’exploitation des trains du CDG Express, Transdev se montre tout particulièrement prudent. « Nous attendons de voir le cahier des charges que produira l’État. Nous voulons connaître leurs critères de choix, leurs attentes et le niveau de subvention prévu avant de nous décider à y aller », souligne un cadre de Transdev. Pas question, selon lui, de se lancer tête baissée dans la compétition si l’opérateur alternatif n’a pas la garantie qu’elle sera loyale. Surtout que répondre à un appel d’offres coûte cher en argent et en temps. Pour CDG Express, le travail réalisé a nécessité de dépenser plusieurs millions alors que l’État ne rembourserait les frais qu’à hauteur de 200 000euros environ, toujours selon cet interlocuteur.

    L’appel d’offres ne devrait pas intervenir avant les années 2020-2021, avec l’objectif d’un début d’exploitation en 2022. L’État indique encore que les collectivités locales et les associations d’usagers seront associées à la définition du service et que le matériel roulant sera, comme aujourd’hui, mis à disposition par l’État, qui en a assuré le financement en tant qu’autorité organisatrice de ces lignes. M.-H. P.

  • Alstom-Siemens : Le Maire monte au front

    Alstom-Siemens : Le Maire monte au front

    La Commission européenne semble bien partie pour bloquer le projet de fusion entre Alstom et Siemens. Nous l’écrivions le 14 décembre et, en ce début d’année, le soupçon ne fait que se renforcer. Le 18 décembre, après la publication des « remèdes » proposés par Siemens et Alstom en réponse aux « griefs » de la Commission européenne, la commissaire à la Concurrence a réaffirmé ses inquiétudes sur un abus de position dominante. De plus, comme l’a remarqué le quotidien Les Echos le 4 janvier, « deux jours plus tard, la DG Concurrence retwittait sur son compte officiel une lettre ouverte signée par les autorités de régulation du ferroviaire britannique, belge, néerlandaise et espagnole, qui appelle Bruxelles à rejeter la fusion ». Rappelons que la décision de Bruxelles doit être rendue avant le 19 février 2019. Bruno Le Maire est vigoureusement intervenu sur le sujet le dimanche 6 janvier, lors de l’émission « Le Grand Rendez-Vous », sur Europe 1. « Le droit de la concurrence européen est obsolète. Il a été créé au XXe siècle et fait face aujourd’hui à l’émergence de géants industriels du XXIe siècle, et il ne permet pas à l’Europe de créer ses propres champions industriels », déclare pour commencer le ministre de l’Economie. Il rappelle qu’Alstom et Siemens étaient, il y a encore quelques années, leaders de l’industrie ferroviaire, et qu’ils sont désormais largement distancés par CRRC, « un géant chinois qui maîtrise parfaitement toutes nos technologies ».

    « La Chine a un marché de 29 000 kilomètres de lignes à grande vitesse ou très grande vitesse. L’Europe en a 9 000. CRRC fait 200 trains à grande vitesse ou très grande vitesse par an. Alstom et Siemens 35. Le chiffre d’affaires d’Alstom et de Siemens ensemble, c’est la moitié de celui de CRRC », relève le ministre, qui ajoute : « CRRC a pris quasiment tous les appels d’offres aux Etats-Unis sur les trains et les transports publics de voyageurs dans les villes. Qu’est-ce qu’on attend pour se réveiller ? »

    « Si jamais la Commission européenne devait rendre une décision défavorable à cette fusion, elle le ferait pour de mauvaises raisons », juge Bruno Le Maire. Et « elle le ferait en ayant exigé de Siemens et d’Alstom l’abandon de compétences et de technologies, ce qui est complètement déraisonnable », car « ça ne sert à rien de demander une fusion si c’est pour qu’Alstom et Siemens se débarrassent de leurs savoir-faire les plus performants », dénonce-t-il. « Ça ne serait pas simplement une erreur économique, ça serait une faute politique, parce que ça affaiblirait toute l’industrie européenne face à la Chine. » Il poursuit : « Ça enverrait le signal, face à une Chine conquérante, que l’Europe se divise et se désarme. » Et de conclure : « Je souhaite que cette fusion aille jusqu’au bout, et je ne vois aucune raison acceptable que la Commission s’y oppose. »

  • Alstom dévoile son train à hydrogène britannique

    Alstom dévoile son train à hydrogène britannique

    L’Allemagne et la France ne sont pas les deux seuls pays où Alstom assure la promotion de son train à hydrogène. En Grande-Bretagne, où l’on vise l’élimination progressive des trains diesel d’ici 2040, alors que les deux tiers du réseau ferré ne sont pas électrifiés, Alstom et la Rosco (entreprise de matériel roulant) Eversholt Rail ont dévoilé le 7 janvier leur projet Breeze (brise) de matériel roulant à hydrogène destiné précisément au marché britannique.

    Réalisé par le site Alstom de Widnes en partant d’une rame automotrice Class 321 (type de train de banlieue construit à la fin des années 1980, en cours de réforme), ce train à hydrogène « pourrait entrer en circulation au Royaume-Uni dès 2022 », selon Alstom. Début 2018, Mark Phillips, directeur général du RSSB (Bureau britannique de la sécurité et de la normalisation des chemins de fer), était un peu plus optimiste lorsqu’il annonçait : « Nous travaillons avec Alstom pour un train à hydrogène fin 2019 ou début 2020. »

    Le constructeur et la Rosco indiquent qu’ils « travaillent en étroite collaboration avec des industriels afin de développer les analyses de marché et d’évaluer des plans d’introduction détaillés pour ces trains innovants et pour l’infrastructure de ravitaillement associée ». Alstom et Eversholt Rail ont également confirmé « avoir terminé leur première étude technique globale et finalisé le concept de design du train » et le constructeur souligne que la solution définie permet, pour la première fois, d’adapter un train à hydrogène au gabarit britannique, plus étroit que le continental. Pour la mise en œuvre de leur projet Breeze, les deux acteurs combinent leurs expériences respectives : le train à hydrogène allemand Coradia iLint pour Alstom et le programme de rénovation Class 321 Renatus, mené par Eversholt avec Wabtec.

    A noter que le projet Breeze n’est pas le seul dans le domaine du train à hydrogène outre-Manche. Un premier démonstrateur britannique de locomotive à hydrogène a déjà été réalisé sous la forme d’un modèle réduit par le Centre de recherche ferroviaire de l’Université de Birmingham (BCRRE), dans le cadre d’un concours d’innovation ferroviaire organisé par l’ImechE (Institution of Mechanical Engineers). Et pour le passage à l’échelle 1, en partant cette fois d’une rame Class 319, le BCRRE a signé un protocole d’accord avec Porterbrook (Rosco concurrente d’Eversholt) pour la réalisation du prototype bimode HydroFlex (à hydrogène ou électrique, par caténaire ou troisième rail). Cet HydroFlex devrait débuter ses essais dès l’été prochain.

    P. L.

  • Les cheminots allemands obtiennent 6,1 % d’augmentation de salaire

    Les cheminots allemands obtiennent 6,1 % d’augmentation de salaire

    Après avoir signé en décembre un accord salarial avec le syndicat majoritaire des cheminots, l’EVG (qui représente 160 000 salariés), la Deutsche Bahn a signé un accord équivalent le 4 janvier avec le deuxième syndicat de l’entreprise, celui qui représente principalement le personnel roulant (GDL, représentant quelque 36 000 salariés, dont 19 000 conducteurs) : les deux syndicats ont obtenu une hausse de salaire de 6,1 % en deux temps et sur deux ans (en partie transformable en temps libre) ainsi qu’une prime unique de 1 000 euros. Les heures supplémentaires non volontaires ont été limitées à 80 par an.

    Alors que la DB s’apprête à engager une profonde réforme structurelle, ces accords offrent à la direction une période sans grève jusqu’en 2021. Par ailleurs, si l’augmentation est lourde financièrement (les frais de personnel représentent 45 % des coûts), elle a été jugée incontournable pour rendre plus attrayants les offres d’emploi de la DB, notamment chez les conducteurs. La pénurie de main-d’œuvre devient en effet menaçante pour l’avenir de l’entreprise.

    Christophe Bourdoiseau

  • « Il va bien falloir trouver le moyen de financer les infrastructures »

    « Il va bien falloir trouver le moyen de financer les infrastructures »

    On avait déjà abandonné l’Ecotaxe, puis on a renoncé à la « redevance temporelle » concernant les poids lourds… C’était pourtant, comme la LKW Maut en Allemagne, une bonne façon de maîtriser la progression du transport routier et de financer l’entretien des infrastructures, routières ou autres. Aux yeux de Louis Nègre, le président de la Fédération des industries ferroviaires, la mise en place d’une telle ressource stable est une nécessité. Nous publions ici sa tribune.

     

    Pour lâcher du lest face à la colère des « gilets jaunes », le gouvernement a confirmé le report de la création d’une « redevance temporelle » concernant les poids lourds, comme avait été abandonnée l’écotaxe, pourtant adoptée à la quasi-unanimité en 2007, sous le quinquennat précédent.

    La Fédération des industries ferroviaires peut comprendre un repli tactique dans une conjoncture politique difficile. Elle demeure cependant convaincue que la question reviendra s’imposer dans l’actualité, comme un long chagrin de l’Ecotaxe que seule une issue positive permettra de soigner définitivement.

    De quoi s’agit-il ? De la révolution représentée par le développement exponentiel du transport routier de marchandises dans l’Union européenne depuis 50 ans. C’est un acquis de la croissance économique sur cette période et de la création du Marché unique européen. C’est aussi, revers de la médaille, un problème majeur en matière d’émission de GES et de particules ainsi que d’encombrement et parfois de sécurité sur certaines routes, et un facteur spécifique de dégradation des infrastructures trop souvent sous-estimé.

    La catastrophe du pont Morandi de Gênes, en Italie, doit en effet amener à réfléchir, en France comme dans le reste de l’Europe, à la « fatigue » accélérée des infrastructures résultant de ce développement du trafic poids lourds, qui n’a certainement pas été prise en compte au moment de leur conception dans l’immédiat après-guerre, et peut avoir des conséquences dramatiques lorsqu’il s’agit de ponts.

    L’élargissement de l’UE aux nouveaux Etats membres de l’Est dans les années 2000 est venu accentuer la pression compétitive sur un secteur déjà très concurrentiel. Le « report modal » vertueux préconisé par la Commission européenne, de la route vers les modes de transport de marchandises moins polluants du rail et de la voie navigable, ne s’est pas produit. Bien au contraire, le transport routier de marchandises a continué sa progression au détriment des autres modes.

    A cela, il y a de multiples raisons, qui tiennent notamment à l’évolution de l’économie : recul de l’industrie lourde et complexité des chaînes de valeurs industrielles qui imposent des mouvements complexes dans des délais contraints. La force du transport routier, c’est sa souplesse, qui lui permet à l’évidence de mieux répondre à ces évolutions.

    La question aujourd’hui, c’est de se donner les moyens de réparer, quand nécessaire, et d’entretenir les infrastructures de transport existantes. C’est aussi de maîtriser la progression du transport routier de marchandises, en favorisant les modes alternatifs, et notamment le ferroviaire quand c’est économiquement justifié, c’est-à-dire sur les longues distances et le trafic massifié ou de pondéreux, voire sur le trafic de proximité (modèle short-liner).

    Pour cela, il faut lancer des signaux clairs : le premier d’entre eux doit être celui de la non-gratuité, au même titre que les péages ferroviaires, c’est-à-dire la tarification de la circulation des poids lourds (sans discrimination) sur le réseau routier national non concédé. Après l’abandon de la taxe poids lourds, la FIF soutient, à défaut de la redevance au kilomètre, l’idée de la « redevance temporelle » proposée par le ministère des Transports dans les premières versions de la loi d’orientation des mobilités (LOM).

    Le produit de cette redevance, à l’instar de la « LKW Maut » existant depuis plus de dix ans en Allemagne, devrait être affecté à l’entretien des infrastructures de transport, routières en premier lieu, mais aussi alternatives, et notamment ferroviaires. La LOM ouvre la voie à une telle affectation en reconnaissant les « externalités négatives occasionnées par le transport routier de marchandises… ».

    La création de cette redevance serait un signal destiné à modérer le recours à ce mode de transport. L’affectation de son produit permettrait de dégager année après année des recettes pérennes susceptibles de mettre le nécessaire effort financier imposé par la dégradation très largement reconnue des infrastructures de transport à l’abri des contraintes budgétaires conjoncturelles.

    L’industrie ferroviaire française, quant à elle, est tournée vers l’avenir et, confrontée à de nouveaux défis au niveau international, effectue sa mue vers le digital, pour le transport de passagers mais aussi de fret, avec le soutien du programme de recherche innovation européen Shift2Rail. Elle poursuit ses efforts vers une mobilité zéro carbone en développant les trains hydrogènes et hybrides, les batteries ainsi que la conduite autonome. La réforme du ferroviaire adoptée au printemps est un atout pour une relance de ce mode de transport. La mise en place de ressources stables pour le financement de l’entretien et la modernisation des infrastructures de transport est une nécessité.

  • Feu vert de l’autorité de la concurrence à l’acquisition de Meccoli par Eiffage

    Feu vert de l’autorité de la concurrence à l’acquisition de Meccoli par Eiffage

    Le 28 décembre 2018, l’Autorité de la concurrence a « autorisé sans condition » la prise de contrôle du groupe Meccoli par Eiffage Infrastructures. Le projet lui avait été notifié le 7 décembre, à la suite de la signature d’un protocole d’achat rendu public le 24 septembre.

    Eiffage Infrastructures a réalisé 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 et emploie 23 400 collaborateurs. Meccoli, entreprise familiale implantée à Azay-sur-Cher (Indre-et-Loire) a réalisé 107 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017 et emploie environ 500 personnes. Meccoli apparaît notamment comme un spécialiste des suites rapides. Dans le cadre de son grand plan de modernisation, SNCF Réseau a attribué en 2016 le lot 1 du nouveau marché des « suites rapides » à un groupement composé d’ETF, filiale d’Eurovia (Vinci), de Meccoli (mandataire), de VFLI et de Sferis.

    Comme le rappelle l’Autorité de la concurrence, « Eiffage est entrée dans le secteur des travaux ferroviaires en 2015, via l’acquisition de la société Pichenot. Le groupe Meccoli est également actif sur les marchés des travaux publics de voies ferrées, en particulier la pose, le renouvellement et la maintenance des voies de chemin de fer ». Cependant, l’Autorité a relevé « qu’Eiffage Infrastructures et Meccoli ne postulaient généralement pas aux mêmes appels d’offres, et lorsque c’était le cas, rares étaient les marchés où les deux entreprises arrivaient aux premier et deuxième rangs des offres ».

    L’Autorité a donc écarté tout risque d’atteinte à la concurrence résultant de la disparition d’un concurrent sur ces marchés, dans « lesquels d’autres concurrents crédibles sont par ailleurs actifs, tels que les sociétés Champenoise, Colas Rail, ETF, et Fourchard & Renard ».

    Sur les marchés de la pose de matériel de signalisation et de caténaires, l’instruction a révélé de très faibles parts de marché cumulées. « SNCF Réseau continuera à disposer, sur ces marchés, d’alternatives crédibles lors de la passation de ses prochains marchés. »

    D’où le feu vert sans condition donné par l’Autorité.

    L’opération intervient dans un contexte de concurrence forte, souligne un spécialiste où « les entreprises spécialisées dans les travaux de renouvellement des infrastructures ferroviaires sont confrontées à des problèmes de rentabilité, de taille critique, de complexité des chantiers. Ce qui pousse à la concentration. »

    F. D.

  • Des facteurs pour surveiller les petites gares

    Des facteurs pour surveiller les petites gares

    La SNCF a lancé une expérimentation dans les Hauts-de-France pour faire surveiller 19 de ses petites gares par des… postiers.

    Le test, mené depuis octobre et baptisé « Vigie gares halte » d’après un document que s’est procuré l’AFP, prévoit en effet de confier aux facteurs « une mission de surveillance dans des gares haltes sans personnel SNCF ». Selon ce document, « seules les gares haltes placées sur le trajet d’une tournée » de facteur « pourront faire l’objet d’une mission de vigie ». Le facteur ne se rendra « que dans les zones accessibles au public » et devra « vérifier qu’il n’y a pas d’anomalies », se référant à une liste établie. Les « gares haltes » ont « rarement plus de deux quais » et contiennent des équipements « limités au strict nécessaire », précise également le document. Le facteur n’aura donc pas à effectuer de manipulations quelconques, ce soin étant laissé aux agents de l’entreprise ferroviaire.

    « Ce sont des nouveaux services proposés aux facteurs qui ont de moins en moins de courriers à distribuer mais qui continuent à arpenter les rues de France », explique La Poste. De son côté, la SNCF devrait tirer les conclusions de cette expérimentation au cours du premier trimestre. Selon SUD Rail, qui a dévoilé l’information à la fin de l’année dernière et dénonce l’externalisation des emplois, « ce sont près de 2000 gares qui seront éligibles à ce dispositif dans un premier temps ».

  • L’Etat va reprendre la main sur le transfert des personnels ferroviaires

    L’Etat va reprendre la main sur le transfert des personnels ferroviaires

    Il n’y aura pas d’accord avec les syndicats sur les modalités de transfert des personnels dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des services publics de transport ferroviaire. Après six mois de négociations, l’Unsa Ferroviaire a été le seul syndicat à signer à la fin de l’année dernière avec l’UTP un projet d’accord. Cette unique signature est insuffisante pour valider l’accord puisque l’Unsa représente 24 % des salariés, en deçà des 30 % nécessaires à la conclusion d’un accord,

    C’est donc l’Etat qui doit prendre, dans les trois mois, un décret pour « fixer les modalités et critères de désignation des salariés transférés par catégorie d’emploi, les conditions d’appel prioritaire au volontariat, les modalités et délais d’établissement des listes de salariés transférés », en cas de changement d’opérateur de service public de transport ferroviaire, précise l’UTP.

    Une situation regrettable, estime encore l’organisation patronale qui explique avoir proposé, au cours des six mois de négociations, différentes versions intégrant des évolutions importantes et « de nombreuses demandes des organisations syndicales relatives à la promotion et à la priorité donnée au volontariat », comme « la prise en compte, au-delà de ce que prévoyait la loi, des critères sociaux pour la désignation des salariés à transférer, ou encore une large information de chacun des salariés potentiellement concernés par un éventuel transfert à chaque étape de la procédure ».

    Ces derniers temps, l’UTP ne se faisait plus trop d’illusions sur la possibilité de conclure un accord. Car certaines demandes des organisations syndicales revenaient selon l’organisation professionnelle, à « réécrire la loi », ce qui n’était pas envisageable, ajoute-t-elle en invitant désormais le gouvernement « à reprendre, autant que possible, les principes contenus dans le projet d’accord signé le 20 décembre 2018, qui est, pour l’UTP, le meilleur compromis possible ».

    En attendant, les négociations relatives aux classifications et rémunérations continuent, tandis que celles sur les garanties sociales (qui concernent notamment les facilités de circulations, le logement, la protection sociale…) vont s’engager.

    M.-H. P.

  • 5 400 km de lignes supprimées en Allemagne en 25 ans

    5 400 km de lignes supprimées en Allemagne en 25 ans

    Malgré le succès de l’ouverture à la concurrence du trafic ferroviaire régional, qui a permis de sauver des dizaines de lignes de la fermeture, le réseau allemand n’a cessé de se réduire depuis la réforme de 1994. La compagnie Deutsche Bahn (DB) a supprimé ainsi 5 400 kilomètres de lignes ferroviaires, ce qui représente plus de 16 % de l’ensemble de son réseau (qui est actuellement de 33 000 km).

    Ces chiffres, révélés par le quotidien Süddeutsche Zeitung, ont été communiqués par le secrétaire d’Etat du ministère des Transports, Enak Ferlmemann, après une question du groupe écologiste à l’assemblée fédérale (Bundestag). « Au cours des dernières années, des régions rurales ont été abandonnées », a déploré Annalena Baerbock, la présidente du parti écologiste.

    La DB, qui traverse actuellement une grave crise de structurelle, est notamment accusée d’avoir échoué dans sa stratégie d’investissement. « Au lieu d’injecter des milliards dans des projets prestigieux sur d’autres continents, la DB devrait plutôt se concentrer sur son cœur de métier, à savoir le transport de personnes en Allemagne », a dénoncé Annalena Baerbock.

    La direction de la compagnie ferroviaire n’a pas démenti ces chiffres mais rappelle qu’elle a également construit plus de 1 000 kilomètres de nouvelles lignes, notamment des LGV. Par ailleurs, la DB estime que les responsables politiques sont aussi responsables de cette situation. Les régions notamment ont une influence décisive sur l’avenir du réseau ferroviaire.

    Christophe Bourdoiseau

  • La grande vitesse espagnole allongera sa toile au fil de 2019

    La grande vitesse espagnole allongera sa toile au fil de 2019

    Freiné ces dernières années et encore en 2018 par des contraintes financières (budget de l’Etat et entreprises du BTP en manque de liquidités), le réseau ferré à grande vitesse espagnol (AVE) a dû également faire face à des aléas techniques (géologie, malfaçons).

    Sauf nouveaux revirements de la scène publique ibérique, 2019 doit amener un rebond sur quelques sections, notamment sur Venta-de-Baños – Burgos (91 km), un tronçon essentiellement à voie unique, sur lequel un pont a dû être reconstruit et qui devrait être mise en service en 2019. Ou encore sur les tunnels de Pajares (entre Madrid-León et les Asturies), deux tubes de 25 km chacun déjà forés, qui seront équipés l’un avec écartement UIC, l’autre sera mixte (UIC et ibérique). Le montage des voies doit démarrer, le contrat ayant été passé en juin 2018. Sur la liaison Antequera – Grenade (114 km), une jonction AVE provisoire sera ouverte en juin 2019, a promis José-Luis Abalos, ministre du Développement. Privée de liaison directe depuis 2015, la ville andalouse sera dès lors à 3 heures de Madrid. Enfin, la ligne AVE Monforte – Murcie (62 km) devait être livrée dès 2017, mais la pression pour un terminus en souterrain repousse l’échéance à 2020.

    D’autres tracés demeurent en travaux comme le tunnel AVE entre les gares d’Atocha et de Chamartin, à Madrid, ces deux terminaux devant remodeler leurs voies grande vitesse. D’autre part, depuis Barcelone vers le sud jusqu’à Almería, le « Corridor Méditerranée » à écartement UIC se précise : sections nouvelles et mises à trois files de rails des voies existantes. Ensuite, la ligne AVE directe entre Madrid et la Galice avance au nord-ouest avec un chantier central sur le maillon Zamora – Orense. Le gestionnaire des infrastructures Adif annonce enfin pour 2020 la nouvelle ligne à l’ouest entre Plasencia et Badajoz, 164 km qui rapprocheront le Portugal de la capitale via l’Estrémadure. Quant au « Y basque », longtemps gelé pour des considérations financières et techniques à la jonction de ses trois branches près de Mondragón, il serait prêt en 2024.

    Côté services, le projet Renfe de train à grande vitesse  low-cost « EVA » qui devait être essayé en mars 2019 entre Barcelone et Madrid, a été ajourné car « non-réaliste ». Même sort pour les convois de Ilsa (Intermodalidad de Levante SA) prévus entre Montpellier et Madrid par cette filiale d’Air Nostrum : des tracasseries juridico-administratives ont empêché leur démarrage dès le 5 octobre dernier, et aujourd’hui les rames nécessaires (les AVE S 100R d’Alstom) font défaut.

    Michel Garicoïx