Catégorie : Ferroviaire

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  • Tour de contrôle : au tour de la gare du Nord

    Tour de contrôle : au tour de la gare du Nord

    Le 20 octobre, la gare du Nord bascule – ou finit de basculer – dans le XXIe siècle avec la réunion de 13 postes d’aiguillages au sein d’une tour de contrôle qui supervisera la circulation des 1 300 trains du quotidien qui transitent chaque jour depuis ou vers la gare du Nord banlieue, soit 10 % du trafic ferroviaire français.

     

    Troisième et dernière phase du basculement des aiguillages du réseau francilien de la gare du Nord vers la « tour de contrôle » de Saint-Denis, en proche banlieue nord de Paris. Ce poste centralisé d’aiguillage fait partie des trois tours de contrôle prévues sur l’Ile-de-France, avec celle de Pantin et celle de Vigneux, ce dernier ayant repris en mars 2017 la main sur les postes de la gare de Lyon au cours d’un mémorable week-end de travaux.

    Pour la gare du Nord, le basculement a été plus progressif que pour la gare de Lyon, nécessitant quatre années d’études et quatre années de travaux, à la hauteur de ce chantier majeur de 125 millions d’euros (dont 121 millions financés par SNCF Réseau et quatre millions par Ile-de-France Mobilités).

    Au terme de ce chantier, les 13 postes d’aiguillage, auparavant indépendants, qui supervisent la ligne entre Paris, Aulnay et Roissy ou Mitry, seront tous télécommandés depuis une salle de commande de 700 m2. Alors, la tour de contrôle de Saint-Denis pilotera les 1 300 trains du quotidien qui circulent chaque jour depuis ou vers la Gare du Nord banlieue, soit 10 % du trafic ferroviaire français.

    Cette centralisation sera « un saut technologique », selon les termes de SNCF Réseau, permettant de fluidifier la circulation des trains sur un secteur particulièrement critique. En particulier, il sera possible d’exploiter le RER B par segments en situation perturbée et de traiter plus rapidement les incidents.

    Ce basculement d’ampleur avait commencé il y a plus d’un an et demi, le week-end des 11-12 mars 2017, par une interruption de 18 heures sur la branche du RER B entre Aulnay-sous-Bois et l’Aéroport CDG, une semaine avant le grand basculement de la gare de Lyon. Quelques mois plus tard, le week-end du 15 août 2017, une deuxième interruption a permis de raccorder le secteur entre lagare du Nord et La Plaine Saint-Denis, mais cet épisode a été quelque peu éclipsé par le spectaculaire ripage de Clamart pour le Grand Paris Express.

    Mais ce samedi 20 octobre, l’interruption autour de la gare du Nord se retrouve au premier plan de l’actualité ferroviaire, sans doute parce qu’elle a le mauvais goût de tomber au début des vacances scolaires de la Toussaint et que « toutes les circulations des trains en provenance ou à destination de Paris gare du Nord sont fortement impactées », comme l’a prévenu SNCF Réseau. Mais tous les trains n’ont pas été logés à la même enseigne, du moins jusqu’à la suspension totale de 20h30 le samedi soir. En effet, les interruptions concernent davantage les trains du quotidien, « principalement les lignes B, D, H et K, ainsi que les TER à destination de la Picardie », censés être moins demandés pendant les vacances, que les trains grandes lignes.

    Quoi qu’il en soit, cette opération exceptionnelle a été préparée depuis deux ans. Le créneau a été calculé « au plus juste », selon SNCF Réseau et les 300 agents mobilisés ont seulement 19 heures pour réaliser la bascule avec « un planning millimétré pour un trafic normal dès dimanche 5h ». Et si des répétitions ont eu lieu à partir du 16 octobre « pour une réactivité maximale des agents le jour J », des scénarios de crise « sont prêts et anticipés en amont ».

    De 9h à 18h, alors que les suspensions de circulations sont progressivement mises en œuvre, se déroule opération de basculage, qui comprend le remplacement de 3 000 plaques, la modification du câblage (branchement et débranchement de 30 000 fils et 3 000 câbles), ainsi que la dépose de 111 panneaux de signalisation…

    De 18h à 4h30 le dimanche 21, l’arrêt des circulations régulières est mis à profit pour les essais de signalisation, avec circulation de cinq trains vides pour tester les différents itinéraires. L’objectif étant la reprise normale des circulations à 5h, c’est-à-dire pour les premiers trains.

    Qui dit suspension des circulations dit dispositif ad hoc. En commençant par les informations, fournies à partir du 13 octobre sur le site Internet www.transilien.com et l’appli SNCF. Et le jour même, 1 100 « gilets rouges » sont mobilisés dans les gares

    Au fur et à mesure des suspensions de circulations, des bus de remplacement sont mis en place sur les différentes lignes, avec des temps de parcours allongés, ce que reconnaît SNCF Réseau. Un dispositif conjoint a également été monté avec la RATP, afin de renforcer les lignes de métro 4 et 5 (pour la gare du Nord), mais aussi la 13 (pour Saint-Denis), ainsi que les bus. Du moins le 20 octobre, la situation étant censée être revenue à la normale le 21.

    L’opération des 20 au 21 octobre est également mise à profit par SNCF Réseau pour redire que les métiers liés à la circulation des trains sont actuellement confrontés à un manque de candidats. Une campagne de recrutement nationale a été lancée à cette fin à la mi-septembre, car rien qu’en Ile-de-France, « ce sont près de 400 postes à pourvoir d’ici la fin de l’année, dont 120 pour les métiers de la circulation ». Plus précisément, « deux métiers sont particulièrement concernés : aiguilleur du rail (niveau bac) et responsable en poste d’aiguillage (niveau bac+2). » Et avec, comme lieu de travail, la nouvelle tour de contrôle de Saint-Denis, par exemple !

  • «Avec le Grand Paris, Thales change d’échelle sur son marché domestique»

    «Avec le Grand Paris, Thales change d’échelle sur son marché domestique»

    Benoît Couture, directeur des activités systèmes intégrés de communication et de supervision de Thales, revient pour VR&T sur les deux contrats remportés par Thales pour les lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris Express

     

    VR&T. Vous venez de remporter en partenariat avec Siemens le marché des automatismes et de la supervision des lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris express. Que va faire Thales dans le contrat ?

    Benoît Couture. Siemens fournira les automatismes et Thales fournira les commandes centralisées : celle de la ligne 15 et celle des lignes 16 et 17, chacune ayant son propre centre de back-up.

    Nous fournissons des matériels et des logiciels qui supervisent le CBTC et qui supervisent aussi la détection incendie, l’énergie, les équipements électromécaniques – comme les ascenseurs ou les escalators –, les moyens audiovisuels. Nous le faisons depuis une console de travail unique, qui permet à l’opérateur d’optimiser les équipes.

    Thales fournit aussi les compteurs d’essieux et réalise l’installation de l’ensemble des équipements,  dans les centres de contrôle et sur les voies.

    Je tiens à souligner que, depuis plus de deux ans, nos équipes projets ont travaillé très étroitement avec celles de Siemens dans un très bon état d’esprit.

     

    VR&T. Quelle part revient à chacun dans ce contrat de 360 millions d’euros ?

    B. C. Nous avons décidé de ne pas communiquer sur les chiffres mais disons que la répartition est équilibrée.

     

    VR&T. Thales a remporté, seul cette fois, un deuxième contrat concernant les rames des lignes 15, 16 et 17 ? De quoi s’agit-il ?

    B. C. Dans ce deuxième contrat, nous fournissons l’ensemble des systèmes de communication à bord des trains assurant l’information voyageurs, l’interphonie embarquée, la vidéoprotection, ainsi qu’une fonction compteur de voyageurs.

    Il y a à la fois du hardware, du logiciel et de l’intelligence artificielle.

    Associée à la vidéo, l’intelligence artificielle permet, par exemple, de s’assurer qu’un train est vide au terminus. Un voyageur endormi qui reste dans la rame et part au dépôt, c’est problématique et coûteux pour l’exploitant.

    Conformément aux souhaits de la SGP, nous avons proposé des solutions éprouvées basées sur de solides références, associées à beaucoup d’innovations. Notre solution repose par exemple sur une plateforme digitale qui offre de nombreux services aux opérateurs et est cybersécurisée dès sa conception.

     

    VR&T. Pouvez-vous nous en dire plus sur le volet cybersécurité dans ces contrats ?

    B. C. Nous nous appuyons sur l’expertise en cybersécurité du Groupe. Je rappelle que 80 % des transactions bancaires dans le monde reposent sur nos systèmes de sécurité et que nous sécurisons 19 des 20 plus grandes banques mondiales.

    Nous fournissons à la Société du Grand Paris à la fois des solutions « durcies » c’est-à-dire éprouvées et qui sont nativement sécurisées, ainsi que des systèmes anti-intrusion.

    Et nous aidons notre client, la SGP, pour l’homologation auprès de l’Anssi, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

    VR&T. Quelle est l’importance de ces contrats pour Thales ?

    B. C. L’activité transport terrestre de Thales représente 1,7 milliard d’euros de CA, emploie 7 000 personnes et elle est présente dans 42 pays. L’activité que je dirige – systèmes intégrés de communication et de supervision – est présente dans 100 lignes de métro et 30 villes. Avec la RATP, nous avions déjà une référence dans les postes de commandement. Nous en avons aussi à Londres, Dubai, Saint-Domingue, Hongkong ou en Australie. En fait, jusqu’à présent nous avions en France des contrats relativement modestes. Avec les contrats de la SGP, nous changeons d’échelle sur notre marché domestique.

    Et pour le futur, nous n’oublions pas la France, avec la ligne 18 de la SGP. Thales se positionne aussi sur le métro de Marseille ainsi que sur celui de Toulouse.

    Propos recueillis par F. D.

  • « La ligne 14, ce sont des performances inégalées »

    « La ligne 14, ce sont des performances inégalées »

    Le 15 octobre 1998 la première ligne de métro sans conducteur à Paris était mise en service. Edgar Sée, directeur d’Automatisation de la ligne 4, revient pour VR&T sur l’aventure du métro automatique à la RATP.

     

     

    Ville, Rail & Transports. La ligne 14 a ouvert le 15 octobre 1998. 20 ans après, quel bilan ?

     

    Edgar Sée. La ligne 14 transportait en 1998 150 000 voyageurs par jour. On en compte aujourd’hui plus de 550 000. Demain, une fois la ligne prolongée d’Orly jusqu’à Pleyel, ce sera un million de voyageurs, quasiment l’équivalent de la ligne A du RER.

    Et la ligne 14, ce sont des performances inégalées, compte tenu de la capacité des rames. Les trains de 90 mètres se succèdent aujourd’hui à 85 secondes aux heures de pointe. Avec les nouveaux trains, les MP 14, ce seront des trains de 120 mètres qui se succéderont à ce même intervalle. Nous avons l’ambition, ensuite, sur la ligne d’Orly à Pleyel, de les faire se succéder à 80 secondes. Je rappelle que la longueur de la ligne va tripler en passant de 9 km à 27 km.

    Au-delà des performances techniques, je souligne que, d’après l’enquête d’Ile-de-France Mobilités de 2017, 99,4 % de clients sont satisfaits.

     

    VR&T. La ligne 14 s’inscrit dans un vaste mouvement d’extension de l’automatisation.

    E. S. C’est une histoire qui remonte à près de 70 ans à la RATP, avec la première expérimentation de pilotage automatique en 1952. Les techniques ont bien évolué. On disposait d’abord d’une transmission sol-train par tapis de voie, et de moyens audiovisuels analogiques. La transmission sol-train se fait aujourd’hui par radio et les moyens audiovisuels sont numériques. Ce n’est pas encore le cas sur la ligne 14, mais cela le sera lors des prochains renouvellements. Je note d’ailleurs que la transmission radio se fait, avec Octys, sur la ligne 5, alors qu’on n’est pas en automatisme intégral mais en GOA2.

    Aujourd’hui, nous disposons de marches économiques qui permettent des économies en énergie de traction grâce à la récupération de cette énergie au freinage, à l’utilisation au mieux des marches sur l’erre. Elles permettent aussi de n’utiliser quasiment que le freinage électrique, en limitant le plus possible le freinage mécanique. Cela veut dire moins de consommation de matériaux, moins d’émissions de particules. Je rappelle que la RATP est certifiée ISO 50001 en Ile-de-France pour le management de l’énergie.

    Autre évolution technique récente. Sur la ligne 4, nous installons des portes palières hautes, par modules de 5 mètres, en retrofit, sur des quais anciens, et chaque module entre en fonction le lendemain de sa pose. Cette technologie n’était pas disponible lorsque nous avons automatisé la ligne 1.

     

    VR&T. Après la 1, la 14, la 4, quelle ligne du métro la RATP va-t-elle automatiser ?

    E. S. ­Les lignes 14, 1, bientôt la 4, c’est déjà très ambitieux. De plus, sur le RER A, nous avons installé sur un système qui a fait ses preuves, le Sacem, le pilotage automatique. Cela concerne des trains longs de 224 mètres et qui se succèdent à deux minutes. N’oublions pas tout ce que construit la SGP, où nous serons candidats à l’exploitation le moment venu. Aucune capitale historique n’a encore réalisé une succession de projets de telle ampleur.

    D’une manière plus générale, les programmes de modernisation sont à coconstruire avec notre autorité organisatrice.

     

    VR&T. Vous voici maintenant retenu pour exploiter des métros automatiques à Riyad, et, avec Keolis, à Doha. C’est un beau succès. Mais que répondez-vous si l’on vous dit que vous feriez mieux de concentrer toutes vos forces sur l’Ile-de-France ?

    E. S. Je salue d’abord la marque de confiance qui est faite en notre savoir-faire en Arabie saoudite et au Qatar. S’agissant des ressources, nos projets franciliens d’automatisation et de modernisation des lignes 4 et 14 sont menés en parallèle d’un service d’exploitation pour plus d’un million de voyageurs chaque jour. Ces projets requièrent donc des ressources en exploitation, maintenance et ingénierie. A Doha ou à Riyad, il s’agit de création de ligne. De ce fait, nous faisons ici appel à un nombre restreint de personnes très compétentes. Il n’y a pas d’incompatibilité entre ces activités qui sont plutôt complémentaires.

     

    VR&T. Quels sont les pays cibles du groupe RATP ?

    E. S. Mais d’abord la France, avec, pour commencer l’appel d’offres pour l’exploitation de la ligne 15 du Grand Paris Express auquel nous serons très attentifs.

    Récemment, nous avons répondu à l’appel d’offres pour le métro de Buenos Aires. Il s’agit d’exploitation, mais il est intéressant pour une autorité organisatrice de choisir un exploitant capable de mener des projets de modernisation. Nous regardons également de près le marché canadien, et plus spécifiquement l’appel d’offres de RER de Toronto pour lequel nous sommes préqualifiés. Pour ces deux projets, il se trouve que notre capacité à conjuguer exploitation, maintenance et ingénierie est un facteur de succès pour conduire la modernisation.

    Enfin, nous venons d’ouvrir un bureau régional pour la région Asie-Pacifique à Singapour avec l’ambition de devenir un partenaire fiable et durable des acteurs du transport public de Singapour, afin d’accompagner la ville pour atteindre son objectif : offrir des transports urbains parmi les plus intelligents au monde.

     

    VR&T. Au-delà de la RATP, le savoir-faire français est très présent sur ce secteur d’activité

    E. S. Oui, les entreprises issues de l’ingénierie française, comme Thales, Alstom, Siemens, Ansaldo STS occupent une place globale. Le groupe RATP sait travailler avec chacune de ces entreprises et sait intégrer leurs prestations dans l’environnement existant. Mais, aujourd’hui, les Chinois montent en puissance dans ce domaine. Ils ont leur propre ligne automatique, leur propre technologie qui n’est plus issue du savoir-faire des entreprises européennes.

    Propos recueillis par F. D.

  • Les eurodéputés veulent renforcer les droits des passagers ferroviaires

    Les eurodéputés veulent renforcer les droits des passagers ferroviaires

    Niveaux d’indemnisation renforcés, champ d’application élargi, meilleure prise en compte des personnes à mobilité réduite : le Parlement européen entend imprimer sa marque sur la révision du règlement européen relatif aux droits des passagers ferroviaires. La commission des Transports a adopté une position très favorable aux passagers le 9 octobre qui, sauf grosse surprise, sera confirmée en séance plénière en novembre. Sans doute l’aspect le plus emblématique de ce rapport : les niveaux d’indemnisation des passagers en cas de retard ou d’annulation, qui vont jusqu’à prévoir un remboursement total du billet. Trois niveaux de compensation sont prévus dans le rapport parlementaire : 50 % du prix du billet pour un retard entre 60 et 90 minutes, 75 % entre 91 et 120 minutes, et 100 % au-delà de deux heures. Ce qui double dans certains cas les indemnisations prévues aujourd’hui.

    En pointe sur ce dossier – il y représente les intérêts du principal groupe politique du Parlement européen, le PPE, en tant que « rapporteur fictif » – le député LR Renaud Muselier estime que les passagers européens sont en passe de devenir les usagers « qui bénéficieront du meilleur service ferroviaire mondial ». La politique d’indemnisation défendue par les eurodéputés obligera en tout cas la SNCF à s’adapter. Si elle a bien mis en place des indemnisations à partir de 30 minutes, plus favorables donc que le régime européen, elle ne propose par contre pas de rembourser 100 % du prix du billet. Pour ses TGV classiques, qui bénéficient de la politique d’indemnisation la plus favorable, l’indemnisation prévue par la SNCF ne dépasse pas 75 % du prix du billet, et cela pour un retard au-delà de 3 heures. Selon les règles proposées par les eurodéputés, « les détenteurs d’un abonnement auront la possibilité de compter les retards cumulés », explique aussi l’entourage de Renaud Muselier à VR&T. « Ce qui veut dire que si vous avez systématiquement dix minutes de retard sur une période d’un mois, à la fin vous êtes remboursés. Ce n’est pas le cas aujourd’hui en France. »

    Alors que le règlement européen ne s’applique pratiquement aujourd’hui qu’aux lignes à grande vitesse – la faute à un recours généralisé par les Etats aux exemptions prévues dans le texte – les députés ont étendu son champ d’application aux services régionaux. Les TER devront donc s’aligner, ce que n’avait pas prévu la Commission. De même, le Parlement a biffé la clause de force majeure proposée par l’exécutif européen, qui aurait permis aux entreprises ferroviaires d’échapper aux compensations en cas de conditions climatiques extrêmes ou autres désastres naturels. En cela, le train restera défavorisé par rapport aux autocars ou à l’avion qui, eux, bénéficient bien d’une telle clause. Trophée des Verts, on notera que le vélo acquiert aussi plein droit de cité dans le texte, qui prévoit que tous les nouveaux trains et ceux remis à neuf devront prévoir un emplacement spécial pour au moins huit bicyclettes.

    Isabelle Smets

  • Alain Rousset et Patrick Jeantet en désaccord sur les devis de rénovation de lignes

    Alain Rousset et Patrick Jeantet en désaccord sur les devis de rénovation de lignes

    Reçus au congrès de la Fnaut qui s’est tenu à Bordeaux ces 5, 6 et 7 octobre, Alain Rousset, président du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine, et Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, se sont livrés à un duel à distance concernant les devis de travaux de rénovation des lignes classées UIC 7 à 9.

    Alain Rousset a dénoncé « une SNCF qui ne sait pas compter », prenant l’exemple de Périgueux – Agen « où les devis sont passés de 50 à 100 puis 150 millions d’euros » ou de Limoge – Brive par Saint-Yriex où la SNCF « annonce 80 millions d’euros et la CGT de Réseau 40 millions ». « C’est un pur scandale, je ne sais pas refaire les devis », a protesté Alain Rousset qui estime que « la situation est plus grave qu’on ne l’imagine ». « C’est toute la maison SNCF qu’il faut revoir, je ne sais pas si la réforme sera suffisante pour régler le problème », a-t-il ajouté. « Il y a surreprésentation des agents SNCF quand on entreprend le moindre travail, […] la SNCF confond service public et emploi public ! », a-t-il lancé. Ancien maire de Pessac, Alain Rousset cite la réfection de la gare de cette cité proche de Bordeaux « qui a pris deux ans de retard car les agents SNCF n’étaient pas présents ».

    « Je suis patron d’une région qui investit des centaines de millions d’euros (dans les infrastructures ferroviaires), je n’ai plus confiance dans la SNCF alors que les opérateurs semi-publics me disent qu’on peut faire deux fois moins cher », a conclu Alain Rousset.

    Explications quelques heures plus tard, devant le même congrès, de Patrick Jeantet : « La SNCF chère ? Quand les contrats de plan Etat-régions se négocient, Réseau doit fournir un prix sans étude, sans définition de la desserte assurée et sans durée de vie du renouvellement. Ensuite seulement sont menées des études complètes avec de nouvelles spécifications. » Conclusion du patron de SNCF Réseau : « L’avant-projet est donc nécessairement différent du devis estimatif. »

    Pour Patrick Jeantet, « la SNCF n’est pas plus chère que d’autres, elle mène 1 600 chantiers par an, la majorité sans suspension de l’exploitation, et 90 % se terminent dans les budgets ». Pour autant, le PDG de Réseau a tracé des pistes d’économies, soulignant qu’on ne pouvait pas gérer de la même façon les chantiers sur LGV et lignes 7 à 9. Outre cette « gestion spécifique », il a cité « l’exploitation en navette » pour alléger la signalisation, « la pose des traverses directement sur grave-bitume » ou « une adaptation de Nexteo, système de signalisation ne nécessitant pas de postes tous les 10 à 20 km », basé sur un contrôle informatisé indépendant des circuits de voie. « Et le catalogue est à enrichir », a-t-il conclu pour tenter de rassurer un congrès de la Fnaut et un président de région à l’évidence très préoccupés par le sort des lignes 7 à 9. Car ces lignes ne sont « petites » que lorsqu’on les voit de Paris mais sont « grandes » vues des territoires qu’elles desservent, ainsi que le répète le président de la fédération d’association d’usagers, Bruno Gazeau.

    Michel Gabriel LEON

  • Alstom, Safran, et IGE+XAO créent un Centre d’excellence des systèmes électriques embarqués

    Alstom, Safran, et IGE+XAO créent un Centre d’excellence des systèmes électriques embarqués

    Un TGV nécessite autant de câbles qu’un A 380. Et les besoins en connectivité ne peuvent que croître : Wi-Fi, confort, sécurité, nouveaux produits connectés, maintenance prédictive… D’où la création par trois partenaires, Alstom, géant mondial du ferroviaire, Safran, leader mondial du câblage aéronautique et IGE+XAO, start-up spécialisée des systèmes électriques, d’un Centre d’excellence d’ingénierie des systèmes électriques ferroviaires embarqués. Et, comme il s’agit d’apporter au ferroviaire les meilleures pratiques de l’aéronautique, le centre est implanté à Toulouse, sur le site de l’équipementier aéronautique Safran. Le Centre d’excellence pourra accueillir une centaine d’ingénieurs. S’appuyant sur les logiciels d’IGE+XAO et son soutien technique, il développera des systèmes électriques ferroviaires, de la conception jusqu’à l’industrialisation et le maintien en conditions opérationnelles.

    Partenaires depuis 2011, Alstom et IGE+XAO ont donc signé ce 12 octobre un contrat technique et commercial de cinq ans. IGE+XAO fournira ses suites logicielles dédiées à la gestion du cycle de vie des systèmes électriques, ainsi qu’une prestation de services allant de la validation logicielle à l’assistance à l’utilisation, en passant par la formation et la gestion de la plate-forme hardware.

    Le même jour, Alstom et Safran ont signé un accord portant sur la conception des systèmes électriques. Cet accord fait suite au partenariat entre les deux groupes annoncé en 2017, qui portait sur la traction. Ce Centre d’excellence « va contribuer au développement des projets tels que le tramway d’Athènes, le RER nouvelle génération ou encore le TGV du futur », a précisé Thierry Best, directeur des opérations d’Alstom

    • En 2017/18, Alstom a réalisé un chiffre d’affaires de huit milliards d’euros et enregistré pour 7,2 milliards d’euros de commandes. Alstom est présent dans plus de 60 pays et emploie actuellement 34 500 collaborateurs.

    • Safran Electrical & Power est l’un des leaders mondiaux des systèmes électriques aéronautiques, numéro 1 sur le câblage et numéro 2 sur la génération. Acteur clé dans le domaine de l’avion plus électrique, la société compte plus de 13 000 collaborateurs répartis dans 12 pays.

    • IGE+XAO représente 380 personnes dans le monde réparties sur 33 sites et dans 22 pays ainsi que plus de 90 000 licences diffusées dans le monde.

     

    Sur la photo, de gauche à droite : Alain Sauret, président de Safran Electrical & Power, Thierry Best, directeur des Opérations d’Alstom, Alain Di Crescenzo, PDG d’IGE+XAO et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse.

  • Un cheminot tué dans un accident près de la gare Saint-Lazare

    Un cheminot tué dans un accident près de la gare Saint-Lazare

    Un cheminot de 55 ans, agent de signalisation et responsable de travaux, est décédé après avoir été « heurté par un train »près de la gare de Pont-Cardinet dans le 17ème arrondissement de Paris. Il venait de prendre son service quand l’accident s’est produit aux alentours de 22h35 le 10 octobre. Le drame a eu lieu « dans une zone extrêmement dense, avec beaucoup de voies de circulation » et, à cet endroit, « la vitesse des trains est élevée« , a indiqué à l’AFP un aiguilleur de la gare Saint-Lazare et Pont-Cardinet. Sur les voies, le cheminot a d’abord « évité un premier train » avant d’être percuté par « un second train« , a précisé de son côté Aurélien Marchand, délégué du syndicat SUD-Rail à Paris-Saint-Lazare. « Il était chargé de superviser les procédures de sécurité des travaux. C’était un collègue très expérimenté, qui connaissait bien le site« , mais « il était seul » sur les voies et « face à un train roulant à 80/100 km/h, on n’a pas le temps de réfléchir« , a souligné le syndicaliste. Une enquête judiciaire ainsi qu’une enquête interne sont en cours pour déterminer les causes de cet accident qui a par ailleurs entraîné des perturbations sur la circulation des trains.
    La nuit précédente, un accident avait déjà endeuillé la famille cheminote : deux ouvriers ont été tués et trois autres blessés sur un chantier après la collision entre deux engins à Péré, sur la ligne Toulouse-Bayonne dans les Hautes-Pyrénées.

     

  • Agnès Ogier attendue à la direction de la communication de la SNCF

    Agnès Ogier attendue à la direction de la communication de la SNCF

    Sauf coup de théâtre, Agnès Ogier remplacera Mathias Vicherat qui doit quitter prochainement son poste de directeur général adjoint chargé du Projet d’entreprise, de la Communication et de l’Image de SNCF. Reste toutefois à définir la date de son arrivée et le périmètre exact de son poste qui ne devrait couvrir que la communication.

    Agnès Ogier, 52 ans, actuelle directrice générale de Thalys, affiche un parcours sans faute à la SNCF qu’elle a rejoint en 2010. Diplômée de l’Ecole Centrale de Paris, elle commence sa carrière comme consultante en stratégie chez Booz Allen Hamilton en 1990. Deux ans plus tard, elle rejoint SFR, où elle occupe différents postes dans le domaine du marketing (en particulier les questions de tarification et de yield management), avant de prendre en 2008 la direction de la Stratégie et du Marketing produit de SFR Business Team.

    Arrivée en 2010 à la SNCF, elle devient directrice marketing TGV, où elle pilote notamment le projet Ouigo. Elle est aussi la présidente d’IDTGV à partir de septembre 2011 et d’Ecolutis (opérateur de covoiturage) à partir de février 2013.

    Sa carrière prend un coup d’accélérateur quand elle est nommée à son premier poste de direction générale en 2014 et arrive aux commandes de Thalys. Elle se fait remarquer en achevant la transformation de Thalys en une société ferroviaire en mars 2015, en lançant Izy, le premier transporteur ferroviaire low cost international entre Paris et Bruxelles et en étendant le réseau des trains rouges et blancs qui relient actuellement Paris à Bruxelles et Amsterdam, et au-delà à l’Allemagne.

    Grosse bosseuse, directe, elle semble très appréciée par ses collaborateurs. L’ascension à grande vitesse se poursuit.

    M.-H. P.

  • Soudure du premier rail du prolongement du tram de Genève à Annemasse

    Soudure du premier rail du prolongement du tram de Genève à Annemasse

    Une nouvelle étape dans le rapprochement entre Genève et ses voisines françaises a été franchie le mardi 9 octobre. C’est à quelques dizaines de mètres seulement de la frontière entre la Suisse et la France qu’a été soudé le premier rail du prolongement du tramway de Genève vers Annemasse.

    Cette cérémonie intervient quelques jours à peine après une pareille soudure de rail sur le Léman Express, la liaison Cornavin – Eaux-Vivres – Annemasse destinée à relier en décembre 2019 les agglomérations françaises et suisses.

    A cette même échéance de fin 2019, la ligne 12 du tram genevois qui s’arrête à Moëllesulaz à la limite du territoire suisse, poussera sur 2 km vers le cœur d’Annemasse jusqu’à Parc-Montessuit avec quatre nouvelles stations. En seconde phase, attendue pour 2022, la ligne poursuivra sur 1,3 km en desservant trois stations supplémentaires jusqu’au lycée des Glières.

    Cette réalisation s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan de mobilité multimodal soutenu des deux côtés de la frontière. Outre le Léman Express et le tramway, il comprend une ligne Tango de bus à haut niveau de service et une voie verte de plusieurs kilomètres pour les vélos et les piétons.

    Avec cette première soudure (il y en aura 450 sur le chantier), commence véritablement la pose de la voie du tramway qui sera achevée pour la fin 2018. A sa mise en service, le tramway qui assurera la desserte à la fréquence de 8 minutes à la pointe devrait accueillir 10 000 voyageurs par jour.

    Philippe-Enrico Attal

  • Deux morts et deux blessés graves sur un chantier SNCF

    Deux morts et deux blessés graves sur un chantier SNCF

    Un accident mortel s’est produit vers 4 heures du matin dans la nuit de mardi 8 à mercredi 9 sur un chantier SNCF au kilomètre 131 de la ligne Toulouse – Bayonne à Pere, entre Tournay et Capvern (Hautes-Pyrénées). Il a fait deux morts et deux blessés graves.

    Selon les premiers éléments de l’enquête, cités par La Dépêche, un engin de chantier reposant sur les voies aurait glissé sur une pente pour venir s’encastrer dans un autre engin. A leur arrivée sur les lieux, les pompiers ont constaté le décès d’un homme, mort sur le coup. Un deuxième est décédé quelques minutes plus tard. Deux autres ont été transportés dans un état d’urgence absolue, l’un en hélicoptère vers l’hôpital Purpan à Toulouse et l’autre par la route à Tarbes.

    Selon France Bleu Occitanie, les deux morts seraient des hommes âgés de 33 et 55 ans, et les deux blessés en urgence absolue auraient 25 et 27 ans. Le cinquième homme de l’équipe serait légèrement blessé.

    C’est, selon nos informations, un groupement Engie Ineo Ferroviaire (mandataire)-Colas qui est chargé de ces travaux de renouvellement des poteaux électriques et de la caténaire sur la section Montréjeau – Tarbes, de la ligne Toulouse – Tarbes. Au moins l’un des morts serait un salarié d’Engie Ineo Ferroviaire. Toujours selon La Dépêche, ce chantier de nuit s’était ouvert il y a 15 jours en vue du changement de 700 poteaux électriques de la voie à partir du 15 octobre prochain. Le chantier de Capvern est particulièrement difficile, les voies passant sur « la rampe de Capvern » qui est l’une des plus pentues de France.

    Dans un communiqué, la CGT Cheminots déclare que « via ses mandatés CHSCT [elle] a déclenché des enquêtes pour connaître les raisons de cet accident ». Le syndicat rappelle que « l’application de règles strictes, une formation professionnelle initiale et continue de haut niveau, une stabilité et une continuité dans les collectifs de travail et de bonnes conditions de travail sont indispensables ».

    Toujours selon le syndicat, l’accident survient « à l’heure où le président Jeantet annonce l’accroissement de la sous-traitance concernant la maintenance des infrastructures, ce qui entraîne l’abaissement des règles de sécurité ».

    La circulation des trains Intercités est totalement interrompue entre Toulouse et Bayonne. Des cars de substitution ont été mis en place au moins jusqu’à jeudi. Le trafic TER, lui, est interrompu entre Montréjeau et Tarbes.