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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Les architectes des quatre gares de la High Speed 2 ont été choisis
Le gouvernement britannique a annoncé quelles équipes d’architectes, de designers et d’ingénieurs ont été retenues pour transformer la gare londonienne d’Euston et concevoir les trois nouvelles gares de la ligne à grande vitesse HS2. Ces quatre gares doivent ouvrir pour la mise en service de cette ligne nouvelle en 2026.
A Birmingham, la gare de Curzon Street a été attribuée à WSP UK Ltd (en collaboration avec Grimshaw Architects LLP), alors que le pôle d’échanges de Birmingham Interchange revient à Ove Arup & Partners International Ltd (en collaboration avec Arup Associates et Wilkinson Eyre Architects Ltd).
Dans la périphérie de Londres, le pôle multimodal d’Old Oak Common sera signé WSP UK Ltd (en collaboration avec Wilkinson Eyre Architects Limited) et à Londres, la gare d’Euston (photo ci-dessus) sera transformée par Ove Arup & Partners International Ltd (en collaboration avec Grimshaw Architects LLP).Parmi les réalisations les plus emblématiques des équipes retenues, citons le Gateshead Millennium Bridge (pont mobile entre Gateshead et Newcastle), l’Eden Project en Cornouailles, la gare de Bijlmer ArenA, à Amsterdam, et le nouveau hall en hémicycle de la gare de Kings Cross, à Londres.
En coopération avec HS2 Ltd, les lauréats seront chargés de livrer des bâtiments « centrés sur la personne », une architecture « permettant l’accessibilité pour tous » et un design « intemporel », tout en respectant l’esprit des lieux. Enfin, les équipes devront intégrer les bonnes pratiques mises en œuvre dans les gares du monde entier, ainsi que des lignes directrices et spécifications approuvées par un panel indépendant d’architectes et de designers.Pour ce qui est de la construction proprement dite des deux gares de Londres, HS2 Ltd a donné la liste des candidats présélectionnés, les contrats devant être attribués cet automne.
Pour la transformation de la gare d’Euston, cinq consortiums sont en lice :
Costain Ltd et Skanska Construction UK Ltd ; Mace Ltd et Dragados SA ; Bechtel Ltd ; BAM Nuttall Ltd et Ferrovial Agroman (UK) Ltd ; Canary Wharf Contractors Ltd , MTR Corporation (UK) Ltd et Laing O’Rourke Construction Ltd.Pour le pôle multimodal d’Old Oak Common, les quatre consortiums sont :
Balfour Beatty, Vinci Construction UK , Vinci Construction Grands Projets SAS et Systra SA ; Mace Ltd et Dragados SA ; Bechtel Ltd ; BAM Nuttall Ltd et Ferrovial Agroman (UK) Ltd.Patrick Laval

19 000 embauches à la Deutsche Bahn pour augmenter l’offre
La compagnie ferroviaire allemande, Deutsche Bahn (DB), a annoncé une vague d’embauches inattendue avec une offre de 19 000 postes à pourvoir en 2018 dont 1 000 conducteurs de locomotives. Selon Claus Weselsky, le chef du syndicat des conducteurs de train (GDL), il manquerait actuellement 1 200 conducteurs de locomotive à la DB ce qui expliquerait de nombreuses annulations de trains, notamment de marchandises.
La DB a expliqué son choix par une volonté de multiplier l’offre aux usagers mais aussi par la transition numérique. Richard Lutz, le président de la DB, avait annoncé au début de l’année sont objectif d’augmenter de 20 % le nombre de trains sur le réseau dans les prochaines années. Par ailleurs, la DB veut être en mesure de gérer numériquement au moins 10 % du trafic. « La circulation des trains en sera plus fiable et les trains seront plus ponctuels », a estimé Richard Lutz.
Actuellement, la DB emploie 320 000 personnes dont près de 200 000 en Allemagne. Dans les cinq dernières années, la compagnie a embauché 60 000 personnes et a renouvelé ainsi un tiers de ses effectifs. La DB doit également anticiper un nombre important de départs à la retraite dans les prochaines années.
Enfin, parmi les 19 000 offres, on trouve plus de 4 000 postes d’apprentis en alternance. Cofinancé par l’Etat et les entreprises, ce système clé du succès économique allemand permet à des jeunes de 16 à 17 ans d’alterner pendant trois ans la pratique (3 à 4 jours dans l’entreprise) et la théorie (2 à 3 jours sur les bancs de l’école). Elle permet surtout d’assurer la relève dans les ateliers et les bureaux alors que l’Allemagne connaît une grave pénurie de main-d’œuvre de personnels qualifiés.
Christophe Bourdoiseau

Gilles Savary : « Le rapport Duron ? Un rapport de rupture »
Gilles Savary, ancien député, consultant, président de l’atelier « Mobilités plus sûres » des Assises de la mobilité, répond aux questions de VR&T à la suite de la publication du rapport « Mobilités du quotidien » du Conseil national des infrastructures, présidé par Philippe Duron.
Ville, Rail & Transports. Comment recevez-vous le rapport Duron ?
Gilles Savary. C’est un changement de doctrine assez clair, assez net, à bien des égards. C’est un rapport de rupture très intéressant.
VR&T. De rupture, à quels égards ?
G. S. C’est la première fois depuis les années 90 qu’on dit qu’il ne faut pas attendre de miracle de la politique de report modal. Jusqu’à présent nous avions des idées assez simples, inspirées des écologistes : il faut basculer les trafics sur le rail. Après plus de vingt ans d’efforts, partout en Europe, on s’aperçoit qu’on n’a pratiquement pas fait bouger, ou alors de façon extrêmement marginale, le pourcentage de voyageurs ou de marchandises transportés par rail, par rapport à la route, ou à l’aérien ou à la mer. On n’a pas réussi cette politique très coûteuse, qui repose sur des investissements géants et des subventions massives en faveur du rail, et sur la fiscalisation de la route, même si certains considèrent qu’elle n’est pas suffisante. C’est la première rupture doctrinale.
VR&T. D’autres ruptures ?
G. S. Une priorité affirmée pour les mobilités du quotidien. Cela avait déjà été évoqué par ce gouvernement, le précédent en avait beaucoup parlé mais n’avait pas fait grand-chose. On fait une priorité de mobilités considérées comme besoin de première nécessité pour des Français qui doivent se déplacer quotidiennement. C’est extrêmement important par rapport à la culture des grands projets prestigieux et des performances techniques des précédentes années.
Il y a une troisième rupture, c’est le début d’une véritable politique nationale pour les modes doux : vélos, marche, avec, en face, des propositions budgétaires qui ne sont pas complètement marginales ou anecdotiques. C’était jusqu’à présent une amélioration du cadre de vie en ville, ce n’était pas érigé en politique nationale. Ces modes trouvent leur lettre de noblesse dans ce rapport. Voilà trois grandes ruptures doctrinales qui me semblent extrêmement importantes.
VR&T. En matière de report modal, on se focalise souvent sur un échec français, notamment en fret. Pour vous, il est européen ?
G. S. Oui. Le livre blanc de 2001 sur les transports de Loyola de Palacio — qui a été un très grand commissaire européen — est axé essentiellement sur le report modal. Si on compare les chiffres d’alors pour la route et le fer aux chiffres d’aujourd’hui, on constate qu’on a beaucoup fiscalisé la route mais que cela n’a pas fait bouger de façon significative les parts modales. La route est plus souple, le chemin de fer est devenu moins fiable et, dans ses usages classiques, il n’est plus tellement adapté à notre époque, au fait qu’on a à faire du porte-à-porte, du just in time. Et puis, il y a une très grande résilience de la liberté de circulation individuelle.
Il y a aussi des phénomènes structurels. Pour en revenir à la France, aujourd’hui, dans la campagne, on a beaucoup de mal à massifier les déplacements. Le village français n’est plus complet. Il est éclaté. Il faut parfois emmener les enfants à la maternelle à trois kilomètres, faire quatre kilomètres à l’opposé pour aller à l’école primaire, aller ailleurs à la perception ou voir le médecin. Les parcours sont devenus chaotiques, on peut difficilement les regrouper. Le véhicule individuel reste pour un grand nombre de Français incontournable, sans compter l’attachement qu’on peut avoir à la route, au fait qu’elle est synonyme de liberté. Jusqu’à présent, on a tenu un discours politique à l’envers de ce qui se passe : les mobilités routières n’ont cessé de se développer et tiennent parfaitement le choc, même si on les sanctionne, même si on les taxe. Il est très sage de le reconnaître.
VR&T. Mais il y a tout de même une incohérence de la politique des transports des gouvernements successifs. Quand on voit ce que fait la Suisse, notamment pour les transports de marchandises, on constate qu’une politique très volontariste porte ses fruits.
G. S. C’est peut-être volontariste, mais il y a tout de même des cols qui sont fermés en hiver et vous ne pouvez pas passer autrement. La Suisse, ce n’est pas les Pays-Bas. 70 % des Suisses sont abonnés au train. C’est un peu comme pour traverser le Channel : on ne peut pas prendre la voiture. Ce que fait la Suisse n’est pas transposable. On a cru qu’on pouvait le transposer en France et faire des grands corridors de plaine, des autoroutes ferroviaires… Mais quand vous êtes transporteur routier, et que vous achetez un camion, vous n’allez pas payer le train pour le faire circuler. Vous l’acceptez quand vous traversez la Suisse, parce que la Suisse est un obstacle naturel.
VR&T. Où le chemin de fer est-il aujourd’hui pertinent ?
G. S. Au XXIe siècle, la zone de pertinence du mode ferroviaire, ce sera de plus en plus l’accès au cœur de l’agglomération. Le phénomène d’urbanisation et de polarisation est très fort en France. On avait Paris et le désert français. On a maintenant Paris, les métropoles et les périphéries des métropoles. Il faut équiper le ferroviaire pour accéder au cœur. Heureusement, le réseau existe, et les lignes en étoiles arrivent dans les centres des agglomérations. Il faut massifier, et rabattre le plus possible autour de ces lignes les véhicules individuels ou le transport par car. C’est ainsi que nous pourrons conjuguer la lutte contre la congestion et la lutte contre la pollution. C’est un enjeu considérable. Il est évoqué dans le rapport Duron, sous un angle qui me plaît assez, et c’est peut-être une quatrième rupture à ajouter aux trois que j’ai citées : une rupture technologique. Il faut mettre de l’ERTMS, pour avoir des cadencements au quart d’heure. Il faut inventer les RER de province, dit le rapport. Cela va coûter très cher, parce qu’il faut aussi supprimer les passages à niveau en zone périurbaine, sécuriser les voies, disposer d’installations de contresens. Jusqu’à présent les régénérations avaient pour objectif flamboyant de remettre le réseau dans l’état des années 70 ! Ce n’est plus possible. Il faut une rupture technologique si l’on veut éviter que la ville ne s’étouffe sous la congestion.
VR&T. Mais cela n’empêchera pas la demande de transport de croître…
G. S. C’est vrai, et on raisonne un peu trop sur la suppression de la voiture en ville sans réfléchir aux solutions qu’il faut apporter aux périphéries des villes. Une grande partie des problèmes des villes vient de la très mauvaise organisation des activités sur le territoire, d’un déversement démographique considérable. Les gens qui travaillent en ville ne peuvent plus y vivre, parce que c’est devenu trop cher. Ils sont « exportés » à 10, 15, 50, 100 km des métropoles, alors que leur emploi ne l’est pas. Il y a donc une augmentation de la demande de mobilité périphérique, qui devient de plus en plus difficile à vivre. Les bouchons ont de plus en plus d’amplitude horaire, il faut partir de plus en plus tôt le matin et on rentre de plus en plus tard le soir, ce sont des journées éreintantes. Cela représente une dégradation considérable des conditions de vie autour des grandes agglomérations. La situation est potentiellement explosive. C’est là qu’il faut agir. Pas simplement agir en ville. C’est le non-dit du rapport Duron, ou son angle mort, à aucun moment il ne dit : il faudrait réaménager l’espace.
VR&T. D’autres réserves ?
G. S. Il y a un autre sujet qui me préoccupe. C’est le matraquage fiscal automobile. Un jour, on limite la vitesse sur route à 80 km/h, or, cela aura peu d’incidence sur l’accidentologie, mais beaucoup d’incidence sur les rentrées d’amendes. Un autre jour c’est le péage urbain. On met encore en place la dépénalisation du stationnement et des augmentations du stationnement infernales. On augmente la TICPE selon une trajectoire impitoyable jusqu’en 2022. J’ai peur que se mette en place une fracture sociale dans les mobilités, et que les gens qui ont été socialement expulsés de la ville et sont captifs de la voiture soient très durement taxés, tout simplement pour aller travailler. Je sais bien qu’on a besoin de 500 millions de plus, ou d’un milliard de plus pour l’Afitf. Et encore, c’est uniquement pour les infrastructures d’Etat, parce qu’on a mis un mouchoir sur les infrastructures des collectivités locales, qui sont les plus importantes de France, notamment en mode routier. Je comprends qu’on ait besoin de trouver ces ressources. Mais il ne faut pas trop encourager l’accumulation de taxations punitives en centre-ville. Il vaudrait mieux s’occuper des périphéries, y « exporter » les emplois, cogérer le développement économique. Autrement on ira vers des situations socialement intenables.
VR&T. Une des solutions qu’on voit apparaître, dans des propos d’Elisabeth Borne ou dans le rapport Duron, c’est le véhicule autonome. Quelle place va-t-il occuper selon vous ?
G. S. Les mobilités à longue distance trouveront leur avenir dans la décarbonation et, pour ce qui est de la gestion des congestions, en partie dans l’électronique et l’automatisation. C’est vrai pour le train, c’est vrai aussi pour l’automobile. Cela dit, le véhicule autonome sur la place de l’Etoile, ce n’est pas pour demain matin. Peut-être aura-t-on des véhicules autonomes – par exemple des cars – sur des voies dédiées sur autoroute. Cela, c’est accessible rapidement.
Il faut pousser rapidement le 100 % électrique et, si possible le 100 % électrique propre. J’observe que pour la première fois dans un rapport national le véhicule à hydrogène commence à gagner de la crédibilité. Jusqu’à présent on s’en tenait au véhicule à deux litres. Il y a énormément de perspectives nouvelles qui vont pouvoir se conjuguer pour améliorer les mobilités. Encore faut-il que ce ne soit pas une façon d’accroître les inégalités or, j’y insiste, la sélection sociale par le prix du foncier est un prodigieux moteur d’inégalité. On dit qu’il faut modifier les comportements des gens. En fait, leurs comportements sont modifiés… par les prix du foncier. S’ils n’ont pas de comportements vertueux, c’est qu’ils n’ont pas d’autres solutions.VR&T. Si la route est de plus en plus sollicitée, il va falloir de plus l’entretenir…
G. S. Oui, et le rapport Duron parle trop peu de la façon dont on va entretenir le réseau routier dans sa totalité. Le réseau routier a plusieurs titulaires. Il y a le réseau autoroutier concédé, le réseau national mais il y a surtout le réseau départemental, de plus en plus sollicité, notamment dans les zones périurbaines où il devient des contre-rocades, des façons d’éviter des bouchons, de trouver des trajets malins. Or, ce réseau est aujourd’hui sollicité d’une façon très largement supérieure à ce qu’il est capable de supporter parce qu’il n’a pas été fait pour cela. Le réseau routier national fait plus de 20 000 km et le réseau autoroutier concédé moins de 10 000 km, mais il y a 380 000 km de voies départementales, et plus de 500 000 km de voies communales. Le rapport ne traite aujourd’hui que des autoroutes et du réseau routier national. Le réseau capillaire est celui qui enregistre la plus grande croissance des trafics et la plus forte croissance d’accident. C’est une zone d’ombre de ce travail mais, au bout du bout, c’est un excellent rapport, extrêmement courageux, qui prête à réfléchir, et qui propose aux ministres des choix clairs.VR&T. Des trois scénarios que présente Philippe Duron, lequel est selon vous le meilleur ?
G. S. Le meilleur c’est le troisième.VR&T. Le plus gourmand ?
G. S. On a besoin d’améliorer les infrastructures urbaines, de développer les modes doux, d’assurer l’intermodalité. Et on a pris du retard en ce qui concerne la dorsale de tout cela, qui est l’amélioration des étoiles ferroviaires des grandes agglomérations. Tout cela va coûter terriblement cher. J’ajoute que le rapport parle de l’ERTMS, rupture technologique sur le ferroviaire nécessaire et décisive, mais il ne le chiffre pas. Vu l’ampleur de nos besoins, il faut donc un milliard de plus à l’Afitf, c’est le troisième scénario. Mais il oblige à un matraquage difficilement supportable des populations…VR&T. Le choix du scénario médian apparaît plus probable.
G. S. C’est effectivement le plus crédible. Mais il demandera beaucoup de courage à l’Etat dans la définition des priorités. Plus encore que ne le dit ce scénario. L’ERTMS n’est pas chiffré, le programme de suppression de passages à niveau est extrêmement modeste par rapport à ce qu’il faudrait dans les quasi-banlieues des grandes métropoles, l’entretien du réseau départemental n’est pas vraiment chiffré… De plus, le rapport dit : Lyon – Turin n’est pas dans ma mission, le canal Seine – Nord non plus, le CDG Express non plus, ni le Grand Paris. Des dossiers dont on sait qu’ils pourraient être extrêmement « europhages » ! Le Grand Paris, c’est une machine à faire de la dette. Or, tous ces dossiers sont considérés comme des coups partis. Je préfère le scénario 3, mais je ne pense pas qu’on arrive à trouver le milliard d’euros supplémentaire annuel nécessaire tout en assurant le financement de ces grands projets en cours. Le scénario 2 est plus crédible mais il va contraindre le gouvernement à faire des choix encore plus ciblés sur les projets, encore plus concentrés que ce qui est proposé.Propos recueillis par François Dumont
et Marie-Hélène Poingt
NTV racheté par un fonds américain
La société italienne NTV qui exploite les trains à grande vitesse .italo, a accepté une offre de rachat du fonds américain GIP (Global Infrastructure Partners) pour 1,98 milliard d’euros. Initialement, l’opérateur privé voulait placer en Bourse jusqu’à 40 % de son capital. Option à laquelle il a finalement renoncé face à l’offre américaine. Le fonds américain laisse aux actionnaires actuels la possibilité de contrôler encore 25 % du capital de l’opérateur à l’issue de l’opération.
Lancé en 2012 sur le segment de la grande vitesse ferroviaire par un groupe d’entrepreneurs italiens dont l’ex-patron de Ferrari, Luca Cordero di Montezemolo, NTV a enregistré en 2017 un chiffre d’affaires de 454,9 millions d’euros, en hausse de 24,8 % sur un an, avec 13 millions de passagers.

Alstom remporte un contrat de 30 locomotives pour le Maroc
Alstom fournira 30 locomotives électriques Prima à l’ONCF, l’opérateur de chemin de fer marocain. Ce contrat d’environ 130 millions d’euros est le résultat d’un appel d’offres international lancé en mars 2017.
Les 30 locomotives Prima M4 sont dotées d’une puissance nominale de 5,5 MW. Leur vitesse d’exploitation maximale est de 160 km/h et elles sont alimentées en tension CC de 3 kV. Elles peuvent être équipées de l’ETCS niveau 1.
Les locomotives seront fabriquées par l’usine de Belfort. Le Creusot (bogies), Ornans (moteurs), Petit-Quevilly (transformateurs), Tarbes (composants de chaînes de traction) et Villeurbanne (systèmes électroniques de bord) participeront à la réalisation. Le service après-vente et la maintenance seront assurés par Alstom au Maroc, qui emploie dans le pays 350 collaborateurs (tramway Citadis de Rabat et Casablanca, rames à grande vitesse pour Tanger – Kénitra).

La Fnaut se prononce pour un mélange de franchises et d’open access pour les TGV
Les usagers veulent faire entendre leurs voix dans le débat sur l’ouverture à la concurrence dans les grandes lignes ferroviaires. Libéralisation qui doit être effective à partir du 14 décembre 2020 selon les textes européens et sur laquelle planche Jean-Cyril Spinetta chargé de remettre dans les tout prochains jours un rapport très attendu sur le système ferroviaire.
Dans ce but, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) a lancé une étude pour comparer la situation dans trois pays souvent cités en exemple, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie.
En Grande-Bretagne, où le réseau a été découpé en une vingtaine de franchises, les services sont exploités à 98 % en franchises et 2 % en open access (accès libre). « Le marché est devenu verrouillé », estime Michel Quidort, le président de la fédération européenne des voyageurs, également membre du bureau de la Fnaut, qui a réalisé l’étude. « Le régulateur britannique mais aussi les utilisateurs sont relativement critiques à propos du système des franchises », affirme celui qui est aussi un ancien de Transdev. « Le régulateur observe qu’avec les franchises, les usagers sont un peu oubliés alors qu’en open access, les opérateurs prennent des risques et font preuve d’inventivité dans les services, les formules proposées. Ça vient titiller la vingtaine de monopoles octroyés par les franchises », ajoute-t-il. La Grande-Bretagne serait d’ailleurs en train de reconsidérer le sujet.
En Allemagne, où l’open access est la règle pour le service des grandes lignes, l’opérateur historique, la DB, domine le marché avec 98 % de parts. Enfin, en Italie, l’opérateur privé NTV arrivé en 2012 a permis de faire baisser les tarifs de 25 à 30 % et de faire progresser le marché de la grande vitesse ferroviaire de 20 % par an, au détriment du transport aérien, passé de 51 à 26 % entre Milan et Rome, souligne l’étude. « Ce développement s’explique aussi par la baisse de 40 % des péages d’infrastructures », rappelle Michel Quidort.
Toutefois, admet la Fnaut, qui n’a jamais caché sa position en faveur d’une ouverture à la concurrence, l’open access peut être envisagé comme « un élément déstabilisateur » si les opérateurs se concentrent sur les liaisons rentables au détriment des lignes déficitaires. C’était d’ailleurs la crainte exprimée par les sénateurs Nègre et Maurey, auteurs à l’automne dernier d’une proposition de loi sur l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire, qui se prononçaient pour un système de franchises, indispensable à l’aménagement du territoire.
D’où la position mi-chèvre mi-chou de la Fnaut de permettre la coexistence de deux modèles, open access pour dynamiser le système, et franchises, en incluant dans le périmètre des franchises « des paquets de lignes cohérents et complets comprenant des lignes à grande vitesse et leurs prolongements en TGV et TET et de lots bâtis autour de ligne TGV intersecteurs ».
Une voix dissonante de celle des opérateurs ferroviaires qui, ce n’est pas si souvent le cas, réclament unanimement l’open access et ont adopté officiellement une position commune sur cette question le 11 janvier lors d’un conseil d’administration de l’UTP.
Marie-Hélène Poingt
Le bilan décevant de la loi de lutte contre la fraude dans les transports
Les transporteurs espéraient mieux. C’est en résumé ce qui ressort du bilan dressé par les transporteurs deux ans après la promulgation de la loi de lutte contre la fraude et les incivilités, selon un rapport parlementaire présenté le 7 février.
Ainsi, même si les responsables de la RATP admettent avoir noté une légère diminution de la fraude depuis l’entrée en vigueur de la loi, ils regrettent que « l’impact de la loi ne soit pas aussi important que souhaité », indiquent les deux rapporteurs. « D’autant que la mesure la plus emblématique, celle relative à la fiabilisation des adresses des fraudeurs, n’est toujours pas entrée en vigueur », écrivent Aude Luquet et Michel Vialay, la première députée LREM de Seine et Marne, le second député LR des Yvelines.
En effet – et c’est une des principales difficultés rencontrée par les transporteurs –, une fois qu’ils ont verbalisé un contrevenant, ils se retrouvent dans environ 50 % des cas avec des adresses erronées ou périmées. La loi prévoyait la création d’une plateforme d’échange permettant de confronter l’adresse déclarée par le fraudeur avec celle qu’il a déclarée pour créer un compte bancaire ou percevoir les allocations familiales par exemple. Mais le décret d’application n’a toujours pas été publié. Ce retard s’expliquerait par des difficultés juridiques et techniques, indiquent les députés qui plaident pour le lancement rapide de ce fichier « fraudeurs » permettant de croiser et de fiabiliser les adresses.
Le taux de recouvrement a toutefois déjà légèrement progressé : il est passé de 44,7 % en 2016 à 47,7 % en 2017. L’année dernière, la RATP a ainsi pu récupérer plus de 30 millions d’euros. Une somme modeste comparée à ce qu’elle a dépensé pour y arriver : 150 millions mobilisés pour la lutte contre la fraude en 2017…
Le durcissement des sanctions prévu par la loi Savary, semble aussi être apprécié par les transporteurs, notamment la création d’un délit puni de deux mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende pour les contrevenants qui ne respectent pas l’obligation de rester à la disposition des agents. « En 2017, seulement 20 délits de soustraction à cette obligation ont été constatés par les agents de la SNCF, ce qui tend à prouver que cette obligation, assortie d’une sanction sévère, est plutôt bien respectée », note le rapport. Avec un bémol : les officiers de police judiciaire (OPJ) qui doivent donner leur accord à la rétention des contrevenants ne donnent une réponse positive que dans 47 % des cas… Un exemple est édifiant : en juin 2017, dans les Yvelines, la SNCF a formulé 165 demandes auprès des OPJ. Sur ce total, seules sept ont été acceptées, mais dans le même temps, des équipes ont été dépêchées dans 94 % des cas. « Dans ce cas pourquoi donner un avis défavorable et laisser aux contrevenants le temps de se soustraire aux agents de sécurité avant l’arrivée de la police ? », s’interrogent les deux députés qui demandent davantage de réponses positives.
En revanche, le délit d’habitude, qui est désormais porté à cinq délits par an au lieu de dix auparavant, a logiquement bondi : il était évalué par la SNCF à 2 000 chaque année avant la loi Savary, il s’est élevé à 14 225 en 2017. Mais, affirme le Gart, « certains parquets (Marseille par exemple) indiquent aux opérateurs qu’il est inutile de transmettre les nouveaux dossiers (très nombreux) car ils n’ont pas les moyens matériels de les traiter ». Malgré cela, la SNCF a indiqué aux parlementaires vouloir déposer plainte systématiquement. Côté RATP, qui s’était lassée de perdre son énergie pour rien et avait renoncé, des responsables affirment avoir « timidement » recommencé à les poursuivre mais cela « ne constituerait pas une priorité », relatent les deux rapporteurs.
Reste que, dans sa globalité, le combat vaut le coup (le coût ?) puisque le manque à gagner annuel de la fraude pour les transports publics reste estimé, au bas mot, à 500 millions d’euros sur toute la France. Pour améliorer encore l’efficacité de la loi, les deux rapporteurs espèrent que le ministère des Transports reprendra quelques-unes de leurs suggestions au moment de la rédaction du projet de loi sur les mobilités attendue en avril.
Marie Hélène Poingt

Les transporteurs lancent leurs plans neige
Qualifiées de « phénomène météorologique exceptionnel », par Elisabeth Borne, la ministre des Transports, les chutes de neige du 6 février ont bloqué une partie du pays, notamment le bassin parisien où il y avait jusqu’à 20 cm de neige dans le Sud-Ouest de Paris. On a comptabilisé jusqu’à 700 km de bouchons dans la nuit de mardi à mercredi, malgré le salage des routes, les recommandations du ministère aux automobilistes d’éviter de prendre la route et l’interdiction faite aux poids lourds de circuler sur les principaux axes en Ile-de-France.
Côté SNCF, le plan grand froid a été activé. Le transporteur recommandait aux voyageurs de reporter leurs déplacements dans la mesure du possible. Les vitesses ont été réduites sur les grandes lignes. Pour les TGV, dont la vitesse est abaissée à 220 km/h, il s’agit d’éviter les projections de glace lors de croisements.
En Ile-de-France, on comptait deux trains sur trois en circulation en moyenne. Avec deux points noirs : les lignes L (Paris – Versailles) et P (Paris – Meaux et Paris – Coulommiers), où des arbres ont chuté à cause du poids de la neige et ont entravé les circulations. « Nous avons mis en place notre plan neige depuis deux jours. Cela nous a permis d’ajouter des trains supplémentaires mardi soir pour acheminer tous les voyageurs », a expliqué Alain Krakovitch, le directeur général de SNCF Transilien. « 2 500 agents sont mobilisés sur les voies pour déneiger en particulier les aiguillages, mais aussi les quais et assurer l’information voyageurs », a-t-il ajouté.
Toutefois – et c’était l’une des principales difficultés à la SNCF comme ailleurs –, l’entreprise ferroviaire a aussi dû faire face aux difficultés de ses agents d’arriver à leur service.
La RATP a ainsi estimé que 15 % de ses agents ont été confrontés à des problèmes d’acheminement et n’ont pu rejoindre leur poste. La RATP, qui avait aussi les yeux fixés sur les prévisions météo, a lancé son plan « Alerte neige » consistant à arrêter les chantiers et à mobiliser les équipes pour qu’elles s’assurent du bon fonctionnement des aiguillages.
« 1 200 agents sont intervenus pour mener des actions de prévention et de protection du réseau. Il s’agit d’actions telles que le raclage des caténaires, le dégagement et le nettoyage de voies de tramway, le déneigement des abords des gares et stations, le sablage en cas de besoin des voies de RER, des lignes aériennes de métro et des quais de tramway… », explique la RATP. « La nuit, on fait circuler les trains pour éviter que le givre ne reste sur les caténaires », précise Philippe Martin, son directeur général adjoint.Les problèmes de circulation ont essentiellement concerné les tramways sur pneus et les bus qui ont cessé de circuler le 6 février en début de soirée. Les raisons ? Les problèmes d’adhérence des pneus et la volonté de ne pas générer de surencombrements. « Imaginez nos 4000 bus pris dans les embouteillages ! », souligne Philippe Martin. « La décision a été prise progressivement. Ce sont les conducteurs qui signalent les zones de difficultés au centre de régulation. Nous envoyons des voitures de régulation sur place pour prendre des décisions de fermeture partielle ou complète. La décision de reprendre se fait aussi progressivement dès que nous avons la certitude que l’itinéraire est complètement sûr. »
M.-H. P.

Partenariat public-privé pour la digitalisation du réseau
Digital Open Lab est né. Un « laboratoire » ouvert à l’ensemble des acteurs de la filière ferroviaire, destiné à développer en partenariat des solutions innovantes pour la digitalisation du réseau, grâce à l’intelligence artificielle et à l’Internet des objets. Trois millions d’euros seront investis cette année. Premières réalisations en vue : la surveillance des consolidations provisoires (fixations des rails entre eux et traverses) et la surveillance de l’isolement des câbles électriques le long des voies et dans les postes de contrôle. C’est la préfiguration du « Réseau 4.0 » de la prochaine décennie.
L’accord signé créant Digital Open Lab a été signé le 6 février par Patrick Jeantet, président de SNCF Réseau, Louis Nègre, président de la Fédération des industries ferroviaires, et Yves Ramette, président de l’institut de recherche Railenium.
Le train à hydrogène d’Alstom primé
Alstom a remporté le 5 février le Trophée de la mobilité pour le Coradia iLint, son train à hydrogène, dans le cadre des Trophées Europe 1 de l’avenir. Un train dont on commence à parler en France puisque Philippe Duron, dans le rapport qu’il vient de rendre, en a signalé l’intérêt. Solution pour les lignes non électrifiées à laquelle est attentif Michel Neugnot, président de la commission Transport et Mobilité de Régions de France.
Cependant, en développant ce train, Alstom n’a jusqu’à présent pas fait de la France l’un de ses premiers pays cibles. Le Coradia iLint, développé en Allemagne avec l’aide de plusieurs Länder, devrait intéresser au premier chef, en dehors de l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas ou les pays nordiques. Des pays dans lesquels la filière hydrogène est plus avancée qu’en France. De plus, en Allemagne par exemple, les lignes non électrifiées supportent souvent un trafic régional très dense, ce qui est rare en France.
Les deux premiers trains, précise Alstom, sont actuellement en phase de tests en Allemagne et devraient pouvoir transporter leurs premiers passagers au deuxième semestre 2018 en Basse-Saxe, première région à avoir passé commande de 14 trains à hydrogène.
Coradia iLint a été conçu par les équipes d’Alstom en Allemagne, à Salzgitter, centre d’excellence pour les trains régionaux et en France, notamment à Tarbes, autre centre d’excellence consacré aux systèmes de traction et à Ornans pour les moteurs avec la contribution des sites de Villeurbanne et de Saint-Ouen.
F. D.