Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.
Talgo fournira les prochains trains à grande vitesse de la Renfe
On savait depuis quelques jours que l’Avril de Talgo et l’Oaris de CAF étaient en finale pour le nouveau contrat de trains à grande vitesse de la Renfe, finalement attribué ce lundi 28 novembre. Et c’est Talgo qui a remporté le contrat pour la construction et la maintenance d’un nouveau parc comptant jusqu’à 30 trains, a annoncé aujourd’hui le ministre de l’Equipement, Íñigo de la Serna. Encore un « contrat du siècle », en tout cas le plus grand marché jamais conclu par la Renfe. L’offre de Talgo s’élève à un total de 786 millions d’euros, dont 337,1 millions pour les 15 trains de la tranche ferme et 448,9 millions pour la maintenance pendant 30 ans, la Renfe ayant préalablement établi un plafond de 1,096 milliard d’euros pour cette tranche. Ce qui met le prix unitaire de la rame à 22,5 millions d’euros et la maintenance à 2,49 euros/km.
A titre de comparaison, l’offre de CAF était de 870 millions d’euros, alors que Siemens et Alstom frôlaient le plafond avec respectivement 1,071 milliard et 1,095 milliard d’euros pour 15 rames. Et pour ce qui est de la note technique, Talgo était également premier, suivi d’Alstom, de CAF et de Siemens.

La sous-station de la Castelle est prête pour le contournement Nîmes – Montpellier
Le cœur énergétique du Contournement de Nîmes et Montpellier (CNM) va commencer à battre : la sous-station de la Castelle, à Lattes au sud de Montpellier, s’apprête à délivrer les 2×25 kV monophasés pour une mise sous tension fin mai 2017. La livraison à l’exploitation des 80 km de liaisons nouvelles mixtes est fixée au 5 octobre 2017. Tandis que sur le faisceau de la gare de Montpellier la Mogère s’achève le déroulement des dernières caténaires, Oc’Via, constructeur du CNM pour SNCF Réseau, a présenté la sous-station flambant neuve de la Castelle. Branchée sur la boucle sud de Montpellier en 225 kV triphasé du réseau RTE, elle est dotée de deux transformateurs de 116 tonnes chacun, dont 70 t de cuivre, circuits magnétiques et acier, et 50 t d’huile. D’une capacité de 60 MVA, ces géants ont été manufacturés à Malines en Belgique par CG Global et acheminés par route. Leur montage a nécessité deux semaines. L’un sera actif et l’autre en réserve. Capteurs et disjoncteurs amont et aval les protègent.
RTE a détourné sa ligne voisine de 225 kV pour la faire transiter par le site, partagé en deux espaces (RTE et Oc’Via) séparés par une clôture intérieure. RTE a achevé la construction de ses barres et disjoncteurs, essais compris, le 29 septembre dernier. Ses installations atteignent 16 m de haut. Oc’Via a pris le relais avec des essais en interne en novembre pour mise sous tension fin mars 2017. Le coût de l’ensemble avoisine dix millions d’euros.
La sous-station de la Castelle couvrira les besoins de la section courant de Vergèze (PK 51) à la jonction de Lattes. La partie est du CNM, de Manduel à Vergèze, ainsi que le lien Manduel – Saint-Gervazy (ligne de la rive droite du Rhône) et la jonction vers Tarascon, seront alimentés par la sous-station existante de Biscarrat sur la LGV Méditerranée. A Vergèze, un commutateur permettra d’assurer un secours par la sous-station restant en service en cas de défaillance de l’autre, moyennant une baisse de tension. Par ailleurs, la sous-station de la Castelle est dimensionnée pour alimenter la section est d’une future ligne nouvelle Montpellier – Perpignan.
Pour la partie RTE, le centre de contrôle de l’alimentation est situé à Toulouse, pour SNCF Réseau à Lyon. Quatre postes de mise en parallèle sont installés le long du CNM pour éviter les chutes de tension. La consommation ferroviaire est exigeante : deux rames TGV qui se croisent exigent sans délai 50 MW, « soit la consommation d’une ville comme Sète », note Jean-Philippe Bonnet, délégué Méditerranée de RTE. Le CNM ne comptera que deux sous-sectionnements : à Vergèze et au droit de la Castelle. La partie 25 kV de la Castelle est construite par Oc’Via mais, contrairement aux voies et signalisation qui seront entretenues par Oc’Via Maintenance, son entretien reviendra à SNCF Réseau.
Sur la ligne, la pose de voie du CNM a été achevée fin août. Les équipes signalisation achèvent l’installation des deux systèmes superposés BAL et ERTMS 1, ce dernier couvrant la ligne, ses antennes et toutes les voies de la gare de la Mogère. L’ERTMS 1 est adapté à la vitesse limite du CNM : 220 km/h dans un premier temps.
« Les essais en ligne, commencés en octobre, dureront six à huit mois, explique Thierry Parizot, directeur général d’Oc’Via. D’abord des essais statiques, puis sur les raccordements aux extrémités », soit cinq jonctions dont une à voie unique (la « virgulette » vers le sud de la rive droite du Rhône). « La montée en vitesse est prévue sur six semaines, en juillet et août 2017 », précise-t-il. La fin des essais est fixée au 5 septembre 2017, laissant place à la formation des conducteurs des divers opérateurs, le fret devant être archidominant en première phase. SNCF Réseau prévoit sur le CNM une tarification fret identique à celle de la ligne historique, permettant ainsi de libérer sur cette dernière une belle quantité de sillons, bienvenus tant pour les TER et Intercités que pour… les TGV.
Porter la vitesse de 220 à 320 km/h sur les 60 km Manduel – Lattes n’est pas prévu avant l’extension vers Perpignan. Sur le CNM, cela exigera la requalification informatique de l’ERTMS de 1 à 2, la reprise des dévers et la surtension de la caténaire. Quant à la gare de la Mogère, le passage de six à huit voies est ménagé mais hypothétique : les appareils de voies qu’il exigerait n’ont pas été posés par anticipation. Il faut dire que cette gare en compte déjà… 26 sur les 52 du CNM. A la mise en service, elle ne recevra que deux TGV par sens et par jour. Son faisceau permettra surtout la régulation du fret.Michel Gabriel LEON
Feu vert au rachat de Faiveley par Wabtec
Faiveley Transport a indiqué le 23 novembre que la Commission européenne avait donné son feu vert définitif à son rachat par l’américain Wabtec. Le rachat de l’équipementier français doit devenir effectif le 30 novembre.
Des visuels pour se repérer dans le métro toulousain
En 2017, les 37 stations des deux lignes de métro de Toulouse bénéficieront chacune d’un visuel spécifique destiné à améliorer leur identification par les personnes en situation de handicap cognitif ou mental, les passagers étrangers, analphabètes ou malvoyants, mais aussi les enfants. Un projet unique pour un réseau de transport urbain en France, avec un budget prévisionnel de 100 000 euros.
Ce projet est parti d’une étude de besoins réalisée en 2010 par Tisséo avec le soutien de l’Adapei (association départementale de parents et amis des personnes handicapées mentales). L’élaboration d’un cahier des charges de recherche et de conception de visuels avec des psychologues et des historiens en 2013 a débouché en 2014 et 2015 sur un partenariat avec des classes de BTS design graphique et du diplôme d'arts appliqués du lycée toulousain des Arènes intitulé « Dessine-moi une station ». Différents acteurs locaux ont aussi été réunis au sein d'un comité de suivi technique et d'un comité scientifique. C’est le projet « anecdote » de deux étudiantes en BTS, Lara Clerc et Jessica Paradis, qui a finalement été retenu. A chaque station est associé un symbole lié à une anecdote propre à son quartier, à son patrimoine remarquable, aux personnages célèbres qui ont marqué les lieux ou aux références occitanes : une péniche pour la station Canal du Midi, un avion pour la station Mermoz (en référence à l’aviateur pionnier de l’Aéropostale) ou un écureuil pour la station Esquirol (signification du mot en occitan)… L’ensemble des visuels devrait être mis en œuvre d’ici novembre 2017.
Catherine Sanson-Stern
Les habitants des grandes villes recourent davantage aux transports publics
La part des Français utilisant régulièrement les transports publics continue sa progression. Entre 2014 et 2015, elle est en hausse de deux points passant à 69 % contre 67 % en 2015 et 63 % en 2014, et concerne ceux qui habitent dans des agglomérations de 50 000 habitants et plus, nous apprend l’observatoire de la mobilité 2016, présenté le 17 novembre par l’Union des transports publics.
« La hausse de fréquentation concerne les réseaux de toutes tailles, souligne Marc Delayer, un des vice-présidents de l’UTP. Elle est liée au développement qualitatif de l’offre qui a augmenté de 60 % en 20 ans et à sa très forte progression qualitative. A titre d’exemples, 70 % des réseaux sont équipés en systèmes billettiques, la totalité propose des services numériques : site Web, applications… », précise-t-il.La SNCF va enregistrer les conversations téléphoniques de ses aiguilleurs
Des enregistreurs de conversations téléphoniques seront progressivement installés dans les postes d’aiguillage à partir de la fin de l’année, a indiqué SNCF Réseau, confirmant une information des Echos. Cette mesure répond à une recommandation du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).
L’objectif est en effet de disposer d’éléments factuels « afin de déterminer les causes et faciliter les retours d’expérience. Les enregistrements seront conservés pendant une durée de deux mois. Ce délai passera à un an si le poste d’aiguillage est impliqué dans un incident et à dix ans en cas d’accident grave », précise le quotidien économique.TER : Keolis prêt à participer à l’expérimentation de la concurrence
Les temps changent, les esprits aussi : Keolis est prêt à expérimenter la concurrence lorsque celle-ci s’ouvrira dans les TER. Alors que… class= »MsoNormal »>
pendant de nombreuses années, l’opérateur de transport public filiale de la SNCF a toujours affirmé avec force qu’il était hors de question qu’il s’intéresse aux TER exploités par la SNCF, Guillaume Pepy se serait « décrispé » sur la question, selon plusieurs acteurs ferroviaires.
Interrogé par VRT, le président de la SNCF confirme, expliquant « qu’on ne peut répondre à des appels d’offre si on ne propose pas du neuf ».
Selon lui, « nous pourrons répondre à des appels d’offres à 2, à 3, voire à 4, pourquoi pas avec d’autres partenaires ». Il faut s’appuyer, explique-t-il sur les compétences de Keolis qui « sait répondre à des appels d’offre et sait réinventer des plans de transports ». Mais, ajoute-t-il, « il est hors de question que Keolis réponde contre la SNCF ».
De son côté, Jean-Pierre Farandou explique aussi « ne pas s’interdire, le moment venu, de participer à l’expérimentation ». Plus vague, il indique qu’il « faudra voir comment s’organise la relation avec la SNCF ». Il reconnaît que la position de la maison-mère « est plus ouverte sur le sujet ; la réflexion a mûri». Selon lui, l’exemple du T11 (cette ligne francilienne de tramway, monopole de fait de la SNCF, va être confiée à Keolis) ne sera pas forcément suivie. Si on sait que l’exploitation sera moins chère (d’où l’approbation de cette « sous-traitance » par le Stif), on ne connaît pas exactement le montant de l’économie permise.
MHP
Pour Alstom et Carbone 4, le tram est plus « vert » que le BHNS
A l’heure de la COP22, Alstom et le cabinet parisien Carbone 4 ont présenté une étude comparative sur l’empreinte carbone des tramways et des bus à haut niveau de service (BHNS). Deux solutions qui se retrouvent souvent en concurrence lors de la création de nouveaux réseaux de transport en commun en site propre. Jusqu’à présent, ce sont surtout les questions de coût (investissements, exploitation, cycle de vie) qui ont présidé au choix en faveur d’un mode ou de l’autre. Mais l’impact sur l’environnement de ce choix modal n’a jusqu’à présent pratiquement pas été pris en compte, faute d’évaluations de l’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie, et non seulement sur l’exploitation. En effet, pour ce qui est de cette dernière (et particulièrement sur le poste énergie), le tram possède a priori un avantage certain. Mais est-ce vraiment le cas ? Et qu’en est-il de la phase de construction ? Autant de questions qui trouvent dans l’étude conjointe d’Alstom et de Carbone 4 une première réponse.
Quoique ses nouvelles solutions de captage (APS, SRS) et de stockage d’énergie permettent à Alstom d’équiper aussi bien des trams que des bus, l’industriel est nettement plus présent sur le premier de ces deux modes. Il n’est donc pas très étonnant qu’Alstom ait choisi de communiquer sur une étude comparative dont les résultats sont globalement en faveur du tramway pour ce qui est de l’empreinte carbone. Une étude qui tombe à point nommé : Alstom a montré à cette occasion que son nouveau système de tramway intégré Attractis présentait une empreinte encore plus faible. Un résultat obtenu par l’optimisation des moyens mis en œuvre pour la réalisation de nouveaux réseaux. Une optimisation pour ce qui est des délais (temps de construction réduits, perturbations limitées), puisque Attractis a pour objectif de réaliser un réseau de 10 km opérationnel en 30 mois. Optimisation aussi pour les investissements mis en œuvre, réduits de 20 %. Moins gourmand en béton, en acier ou en câbles, Attractis devrait également – et assez logiquement – permettre une réduction d’émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 20 %. Une estimation basée sur le retour d’expérience de 17 réseaux de tram intégrés équipés de rames Citadis.
Dans le modèle de calcul retenu, les émissions de gaz à effet de serre sont le produit de quatre facteurs : le besoin de mobilité, le mode de transport, l’efficacité énergétique et le contenu en dioxyde de carbone de la source d’énergie utilisée.
L’étude porte sur le cycle de vie d’une ligne fictive mais représentative de 10 km en Belgique, comprenant sa construction et son exploitation pendant 30 ans. La Belgique a été retenue pour son mix électrique moyennement favorable, entraînant l’émission de 240 g de CO2 par kWh. Une valeur très « européenne », mais supérieure à celle en vigueur en France (où le nucléaire assure plus des trois quarts de l’approvisionnement électrique) et très inférieure à la valeur chinoise (800 g de CO2 par kWh). L’étude a été réalisée à fréquentation égale, de 6 400 voyageurs par heure et par sens en heure de pointe, soit un ordre de grandeur qui est bien celui d’une ligne de tram, mais pratiquement le double de la capacité des liaisons actuellement assurées en BHNS (même si les promoteurs de ces derniers annoncent bien plus).
Dans le cadre de l’étude, cinq alternatives ont été étudiées : trois variantes du BHNS (diesel classique, hybride rechargeable et électrique) et deux solutions de tramway (classique et Attractis d’Alstom). Pour ce qui est des BHNS, les chiffres sont basés sur les publications d’institutions françaises (Ademe) ou internationales (école Chalmers de Göteborg, BHNS de Bogotá) – d’autant plus qu’un bus électrique de 18 m, « c’est de la science-fiction actuellement », selon l’un des auteurs ! En revanche, les données concernant les tramways sont réelles et proviennent du retour d’expérience d’Alstom.
Lors de la phase de construction, les émissions de CO2 liées à l’établissement d’une ligne nouvelle sont nettement en défaveur du tramway pour ce qui est des matériaux de construction, l’écart étant plus faible pour les équipements de construction et l’énergie liée à la construction proprement dite. Globalement, construire une infrastructure tramway représente 2,2 fois plus d’émissions qu’une infrastructure BHNS. Rien de très surprenant : un tram exige des détournements de canalisations, puis la pose de rails et de lignes aériennes de contact.
Côté matériel roulant, il faut déjà tenir compte du fait qu’un tram dure 30 ans, contre 15 ans pour un bus. Cependant, construire les 20 trams nécessaires sur la ligne étudiée émet plus de CO2 que de produire les 90 bus diesel qui assureraient le même service. En revanche, les 20 trams sont plus avantageux que les 98 bus hybrides rechargeables ou les 102 véhicules électriques équivalents. Pour deux raisons, liées aux batteries : la production de ces dernières est loin d’être « verte » et leur masse réduit d’autant le nombre de voyageurs acceptables à bord des bus.
En effectuant la somme des émissions issues des constructions de l’infrastructure et des véhicules, le tram classique se situe au double du niveau du BHNS diesel. Entre ces deux solutions, les BHNS hybrides et électriques se rapprochent du tram, au point de rattraper presque le niveau d’émissions d’Attractis (le tram optimisé d’Alstom n’émet que 14 % de CO2 en plus qu’un BHNS électrique).
En revanche, du côté de l’exploitation, Attractis ne représente qu’un gain marginal par rapport à un tram « classique ». Quel que soit le tram, le niveau d’émissions de ce dernier est sans commune mesure avec celui des BHNS, même électriques, en dépit d’un mix électrique médiocre dans ce cas d’étude belge. Pour ce qui est de la traction, un BHNS diesel émet en effet 4,6 fois plus de gaz à effet de serre qu’un tram ! Ce dernier est également très performant en matière de fuites de gaz réfrigérants (normes drastiques, contrairement aux bus) et d’énergie utilisée dans les dépôts. En revanche, quel que soit le tram ou le BHNS, la maintenance est aussi peu « verte ». En additionnant tous ces éléments, exploiter un tram permet toujours de diviser les émissions d’un facteur 1,5 à 3,3.
Intéressante par sa couverture intégrale du cycle de vie d’un projet, cette étude fait toutefois l’impasse sur deux catégories de bus réputés « verts », pour leur absence d’émissions de particules : le trolleybus – tout électrique depuis toujours – et le bus au biogaz. Ce qui est dommage, car ces bus sont – eux – déjà disponibles en version articulée de 18 m
Recontacté au sujet de ces deux types de bus, le cabinet Carbone 4 nous a apporté quelques précisions qui ne faisaient pas partie de l’étude initiale, mais qui méritaient des chiffrages approfondis pour déterminer les éventuels avantages du trolleybus ou du biogaz sur 30 ans.
Pour le trolley, en phase construction, « l’infrastructure devrait être plus légère que le tramway et plus lourde que le BHNS, ce qui devrait se retrouver dans les émissions ». Et en phase exploitation, à l’électricité, « il faudrait comparer l’efficacité énergétique du trolley par rapport à un tramway », vu les frottements plus importants que présente le roulement pneu sur route du trolley que le roulement fer sur fer du tram.
Pour le biogaz, « on est sensiblement sur du BHNS » en phase construction, même si l’on « peut imaginer des différences sur la taille du réservoir – et donc la capacité unitaire des bus – si l’on veut le même contenu énergétique : [pour] la même taille, on devra faire le plein plus souvent, donc peut-être plus de kilomètres haut le pied ». Et sur la phase exploitation, « le facteur d’émission du biogaz peut varier beaucoup en fonction de son mode de production », alors que l’efficacité énergétique est notoirement moindre que celle du diesel.
Auvergne Rhône Alpes lance son plan de sécurisation ferroviaire
Le président de la région Auvergne-Rhônalpes n’a pas lésiné sur les moyens pour assurer «le bouclier de sécurité de la région ». Doté d’une enveloppe estimée à cent millions d’euros sur cinq ans, le plan de sécurisation adopté… le 17 novembre va doubler les effectifs de la police ferroviaire et déployer une couverture maximale de la vidéo-protection dans les gares, les parkings limitrophes et leurs abords immédiats.
Ainsi la Sûreté ferroviaire (SUGE) qui compte actuellement 17 équipes composées de 160 agents passera à 34 équipes et 320 agents d’ici fin 2017, avec un déploiement en trois étapes à partir de mars prochain. Douze équipes sont directement financées par la région, et cinq par la SNCF, « un financement négocié directement avec Guillaume Pépy » selon Laurent Wauquiez qui souhaitait une réelle implication de la SNCF.
L’autre volet du plan concerne l’installation de caméras dans les rames TER et les gares. Une réponse à « la forte augmentation* des faits de délinquance en 2015, notamment dans les trains avec +27 % » selon le président de région. Les actes délictueux ont lieu principalement dans les gares (60%), les trains (15%) et sur les autres emprises SNCF (25%). Aujourd’hui, si 70% des trains TER rhônalpins sont dotés de caméras (aucune rame en Auvergne), seules 13% des gares et haltes (soit 49 sur 366 gares) sont équipée de vidéo-protection. Le plan prévoit d’équiper en priorité les 105 gares les plus fréquentées (plus de 300 000 voyageurs/an) et situées sur des axes sensibles (périurbain de Grenoble, vallées de l’Arve, du Rhône, de la Saône, du Gier, Clermont-Issoire, Saint-Etienne-Le Puy).
Enfin, un Centre de supervision régional « vidéo-patrouille » sera créé pour les gares les plus sensibles permettant l’accès en temps réel aux images et le traitement des caméras intelligentes de détection des comportements suspects. In fine, le coût du plan reste à peaufiner en fonction de l’abondement de l’Etat dans le CPER, très sollicité, et des partenaires collectivités pour la sécurisation des abords et parkings des gares. Le prix à payer pour la région qui va « le plus investir en France dans la sécurité des transports ferroviaires ».
Claude Ferrero
*8500 actes liés à la sureté (+15% pour les biens, +3% pour les personnes), dont 85% sont concentrés dans les 5 départements rhônalpins les plus peuplés. Source base Cezar SNCF.
Une plateforme pour lutter contre les fraudeurs
Maintenant que la loi Savary sur la sûreté dans les transports s’applique, place aux modalités pratiques. Depuis plusieurs mois, l’Union des transports publics planche sur un projet de plateforme de vérification des adresses qui devrait entrer en service en juin 2017. Auparavant, elle devra faire l’objet d’un avis de la Cnil.
« Cette plateforme, une société à actions simplifiées, sera portée par l’UTP. Elle permettra de rapprocher les éléments fournis par un contrevenant (nom, prénom, date et lieu de naissance) au fichier des comptes bancaires et assimilés et au Répertoire national commun de la protection sociale », explique Pierre Izard, le directeur général délégué Système et Technologies ferroviaire à l’Epic de tête SNCF, qui est également vice-président de l’UTP. Il estime que lors de sa première année de fonctionnement, elle pourrait aider à la recherche de 1,7 million d’adresses de contrevenants.
Les opérateurs de transport public l’attendent avec impatience, tant le taux de recouvrement des amendes est faible : entre 15 à 40 % des PV ne parviennent jamais à leurs destinataires en raison d’une adresse erronée. Globalement le manque à gagner dû à la fraude est évalué à 500 millions d’euros par an.