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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Le RER E prolongé à l’Ouest pour de vrai le 15 décembre
Eole à l’Ouest, acte I, scène 2 : le 15 décembre, tous les trains du RER E seront prolongés jusqu’à La Défense et Nanterre-La Folie. Soit seize trains par heure aux heures de pointe, et dix aux heures creuses, en attendant le prolongement jusqu’à Mantes-la-Jolie fin 2026.
Depuis la scène 1 qui a vu sa mise en service le 6 mai, ce prolongement de 8 km entre Haussmann-Saint-Lazare et Nanterre ne voyait passer que quelques trains venant de Paris aux heures creuses et le week-end, rendant bien vides les nouvelles gares monumentales construites Porte Maillot et sous le Cnit à La Défense.
La situation va bien changer le 15 décembre. Avec huit trains par heure en pointe entre Nanterre et Chelles, quatre trains jusqu’à Villiers-sur-Marne et quatre jusqu’à Tournan, « c’est vraiment une vraie interconnexion entre de l’Est et de l’Ouest », s’enthousiasme-t-on chez Ile-de-France Mobilités (IDFM). « Tout l’Est parisien va être relié directement à La Défense ! C’est un nouvel axe fort de maillage qui va offrir une alternative au RER A », le grand axe est-ouest de la région parisienne, y ajoute-t-on.
IDFM espère notamment faire baisser de 15% la fréquentation de cette ligne A notoirement surchargée dans son tronçon central. La pression devrait également baisser sur les RER B et D, certaines correspondances étant désormais évitées.Un bémol cependant : des derniers départs assez tôt, bien avant 23h y compris dans Paris, pour cause de travaux sur les lignes de la banlieue est. Il faudra regarder sa montre.
« Nous sommes très satisfaits de de cette nouvelle infra », dit-on chez SNCF Réseau, qui mène ce vaste chantier dont la facture totale pourrait atteindre les 6 milliards d’euros d’aujourd’hui. Les sept mois d’exploitation réduite depuis l’inauguration en mai ont pu permettre « de roder cette nouvelle ligne, d’évaluer son comportement et d’affiner les quelques réglages nécessaires avant sa mise en service complète».
Quant au centre de commandement de Pantin, il accueille désormais la supervision du trafic du RER E, ainsi que des réseaux Est et Saint-Lazare avec les lignes J, L et P, et jusqu’aux lignes normandes.
Eole (pour Est-Ouest Liaison Express, un acronyme des années 1980 toujours utilisé) ne faisait pas partie du plan de transport des Jeux olympiques, mais la nouvelle ligne a pu aider à desservir la piscine olympique installée à La Défense Arena, à deux pas du terminus de Nanterre. La période de transition a également permis à Alstom de livrer suffisamment de trains pour assurer un service normal.
« Ca tourne bien. Il n’y a pas d’inquiétude », se réjouit-on chez IDFM, où l’on remarque que lesdits nouveaux trains, les RER NG, vont également faire leur entrée sur le RER D le 15 décembre.
L’acte II d’Eole à l’Ouest est prévu pour dans deux ans, fin 2026. Le RER E sera alors prolongé de 47 km jusqu’à Mantes-la-Jolie, via Poissy, en récupérant une branche de la ligne J. Ce qui permettra au passage de désengorger la gare Saint-Lazare. Aux seize allers-retours par heure en pointe entre Nanterre et la banlieue est s’ajouteront alors six trains supplémentaires entre Mantes et Magenta ou Rosa Parks. Soit 22 trains par heure et par sens dans la zone centrale, où les deux services seront superposés.
Il faudra pour cela achever les travaux en cours dans la banlieue ouest et déployer NExTEO, un système d’automatisme mis au point par Siemens Mobility qui doit permettre faire circuler jusqu’à 28 trains par heure et par sens à 120 km/h. Alstom doit aussi livrer d’ici là la totalité des 130 RER NG nécessaires au renouvellement complet du parc de la ligne. La fréquentation doit quasiment doubler.
Cet acte II se fera avec un nouveau chef de projet chez SNCF Réseau, Xavier Gruz ayant quitté l’entreprise fin novembre pour rejoindre EDF, après douze ans aux manettes.

Le secteur ferroviaire se mobilise autour du FRMCS, la radiocommunication du futur
L’Union Internationale des Chemins de fer (UIC) a accueilli les 19 et 20 novembre à Paris une conférence sur le FRMCS (Future Railway Mobile Communication System, ou futur système de communication ferroviaire mobile). Conçu pour remplacer le Global System for Mobile Communications – Railway (GSM-R), ce système représente un bond technologique majeur en matière de communications ferroviaires, estime l’UIC dans un communiqué. « Ce projet de plus de 50M€, cofinancé par Europe’s Rail et le Smart Networks and Services Joint Undertaking (SNS JU), est conduit par l’UIC à hauteur de 13,5M€, rassemblant 13 compagnies ferroviaires, 13 fournisseurs, deux opérateurs de réseaux mobiles et l’UNIFE« .
L’écosystème du FRMCS fera l’objet de tests dans trois laboratoires et sur cinq sites pilotes en Europe, y compris sur une ligne à grande vitesse en Espagne, indique encore l’UIC, qui précise vouloir faire de ce thème une conférence annuelle. Le FRMCS, qui s’appuiera sur la 5G, pourrait remplacer le GSM-R (2G) d’ici 2035. Pour ses promoteurs, la radiocommunication du futur doit contribuer à rendre le réseau ferroviaire plus interropérable, plus performant, plus robuste.

La SNCF veut déminer la période de Noël en repoussant les négociations salariales en début d’année
Les négociations salariales peu avant les vacances de Noël, c’est fini! La SNCF a décidé de tenir dorénavant vers mars ses négociations annuelles sur les salaires (NAO). Justification avancée par la direction du groupe : une meilleure vision du niveau de l’inflation et des résultats de l’entreprise dont les comptes sont bouclés vers la fin du premier trimestre. Tout cela doit permettre de mieux définir la politique salariale du groupe, alors que les NAO qui se tenaient jusqu’à présent en novembre (et préparées dès la sortie de l’été) obligeaient à anticiper trop en amont la situation de l’année suivante.
Cela permet aussi de déconnecter ces discussions, socialement toujours sensibles, des périodes de fêtes de fin d’année, qui ont plusieurs fois donné lieu ces dernières années à des menaces de grève. Et parfois obligé la SNCF, sous pression, à céder aux revendications salariales, voire à des surenchères.
Reculer la date des négociations sur les salaires l’éloigne aussi d’une autre période sensible de la fin de l’année : le changement de service (autrement dit, les changements horaires) qui donne traditionnellement lieu à de la grogne chez certains conducteurs et à des mouvements sociaux ici ou là.
2,2 % d’augmentation moyenne des salaires en 2025
Les NAO qui se sont tenues le 20 novembre ont d’ailleurs été marquées par un préavis de grève, même s’il ne visait pas -officiellement- directement ces négociations : une journée de grève le lendemain, 21 novembre, puis une grève illimitée et reconductible possiblement à partir du 11 décembre.
Les quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise doivent se retrouver dans la soirée du 21 novembre sur la suite à donner au mouvement. Elles devront aussi se tourner vers leurs adhérents pour décider si elles signent le nouvel accord salarial proposé par la SNCF : une augmentation moyenne de 2,2 % des salaires, se décomposant d’une hausse générale des salaires fixes de 0,5% au 1er avril 2025, d’une augmentation de la prime de travail de 13,5 euros par mois pour les statutaires, versés sur 12 mois et intégrant la prime de fin d’année, et d’une augmentation de 15 euros par mois sur le salaire de base des contractuels.
Accord sous conditions
« Pour 4ème année consécutive, la hausse proposée est supérieure à l’inflation, estimée à 1,5 % en 2025. Soit 0,7 point au-dessus de l’inflation« , souligne la direction de la SNCF. Le groupe va également maintenir la garantie d’un salaire minimum annuel équivalant à un SMIC annuel majoré de 10%, soit 1 580 euros net par mois. Il propose une clause de revoyure de la NAO si l’inflation évolue de manière significative courant 2025.
L’accord est mis à la signature des organisations syndicales jusqu’au 29 novembre. Il ne sera validé que si deux syndicats au moins le signent. Sinon, indique la direction, il ne sera pas appliqué, à l’exception « des mesures sur les bas salaires« .

Les syndicats de la SNCF s’expliquent sur les motifs d’une grève qui s’annonce peu suivie
Le mouvement de grève lancé le 21 novembre par les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF ne devrait pas être très suivi si l’on en croit les premières annonces de l’entreprise. Selon la SNCF, le trafic sera quasi-normal sur les TGV et quelques perturbations sont à prévoir sur certaines lignes régionales.
Il est vrai que les motifs de la grève sont larges (démantèlement du fret, concurrence dans les TER, plan de financement pluriannuel pour les infrastructures) et peuvent paraître hors d’atteinte : les mesures prises dans le cadre du plan de discontinuité de Fret SNCF sont déjà tellement avancées que l’on voit mal le gouvernement et la direction de la SNCF reculer. Et la défense du fret est rarement un motif de mobilisation. De même, les nouvelles filiales de la SNCF sont dans les starting-blocks pour exploiter, à partir du 15 décembre des TER suite à des appels d’offres lancés par des régions. Difficile là encore de tout détricoter.
Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminots, Fabrice Charrière, secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire, et Thomas Cavel, secrétaire général de la CFDT Cheminots, expliquent pourquoi ils se lancent tout de même dans la bataille*. Sur le mode unitaire. Avec en toile de fond, les nouvelles négociations sur les salaires qui s’ouvrent demain à la SNCF.
Ville, Rail & Transports. Les motifs de votre appel à la grève sont très larges, fret, TER… Vous demandez même une loi de programmation pluriannuelle des investissements pour les infrastructures, ce qui relève du gouvernement. Pensez-vous que les cheminots peuvent se mobiliser sur ces thèmes?
Thierry Nier. Nous sommes face à une situation où il y a une telle étanchéité entre les thèmes que cela peut permettre à tous les cheminots de se mobiliser. Nous pointons le processus large de privatisation en train de se mettre en place, en évoquant la situation du fret, de TER et même demain de SNCF Réseau avec l’arrivée de la Société des Grands Projets (qui pourrait se voir confier des projets de RER métropolitains, ndlr). L’ensemble des cheminots va être confronté à la privatisation et il y aura des évolutions en matière d’organisation du travail. C’est d’ailleurs ce qui va se passer dans le cadre des filiales mises en place par la SNCF pour exploiter des TER gagnés après appels d’offres.
Cela crée de la colère mais la colère ne se traduit pas forcément en mobilisation. Nous organisons des tournées avec des éléments d’explication et nous entendons beaucoup d’interrogations. Même l’encadrement au fret se dit en colère après tout ce qu’il a tenté pour sauver Fret SNCF et face à la brutalité de l’annonce sur son démantèlement. Il y a une volonté, qui date, de liquider Fret SNCF pour se débarrasser d’un poids financier.
L’idée derrière, c’est qu’une entreprise publique, ça coûte cher et qu’il faut se délester des coûts. Nous abordons ces sujets de façon unitaire avec un mouvement à double détente. Une grève le 21 novembre, puis un appel à une grève illimitée et reconductible à partir du 11 décembre.
Fabrice Charrière. La particularité de ce mouvement, c’est qu’il concerne presque plus des questions sociétales que la SNCF : il porte sur des choix politiques. S’il y a moins de trains de fret, il y aura plus de camions sur les routes aux dépens de l’environnement. L’ouverture à la concurrence dans les TER en France n’est pas une bonne décision. Regardez ce qu’il se passe en Angleterre où le système ferroviaire est en train d’être renationalisé 30 ans après. Nous, on fait l’inverse! Il faut se poser la question du coût de ces choix à l’avenir.
Les mobilisations pourraient être plus fortes dans les activités les plus concernées : au fret, dans les régions concernées par l’ouverture à la concurrence, dont l’Ile-de-France…Toute grève a aussi un impact financier important qu’il ne faut pas négliger.
Thomas Cavel.Les trois points de notre préavis traduisent notre volonté de mettre dans le débat public des questions d’intérêt général. Ce sont des questions fondatrices sur ce qu’est le service public.
VRT . Ce mouvement n’arrive-t-il pas trop tard : Fret SNCF a cédé 23 flux et va disparaître dans quelques semaines et les deux sociétés de remplacement sont lancées…
Thierry Nier. Nous cherchons à faire changer le cours des choses depuis des années. Quand Clément Beaune (ancien ministre des Transports, ndlr) a annoncé il y a un an et demi un plan de discontinuité pour Fret SNCF, nous avons immédiatement réagi avec des pétitions, des rassemblements… Nous n’avons pas ménagé nos efforts. Avec le nouveau gouvernement, nous ne nous attendions pas à des miracles. Mais un moratoire aurait laissé la possibilité de rediscuter avec la Commission européenne. J’y ai cru mais tout s’est effondré avec la décision de François Durovray (le ministre actuel des Transports, ndlr). Ce qui explique la grève aujourd’hui.
Par ailleurs, la plateforme des trois demandes portées par les syndicats est un travail unitaire de long terme. Nous sommes tous d’accord sur le fond et sur la temporalité.
Fabrice Charrière. On reproche parfois aux cheminots de faire grève en prévention! Nous espérions ne pas en avoir à passer par ce rapport de force. Nous nous sommes rassemblés devant le ministère des Transports le 26 septembre à propos du fret. La réponse du ministre est arrivée le 28 octobre. C’est ce refus qui a déclenché le préavis de grève. Nous espérions passer par la voie diplomatique d’autant qu’une enquête parlementaire sur l’ouverture à la concurrence dans le fret préconisait un moratoire pour Fret SNCF. Le choix du nouveau gouvernement a été de s’entêter. Les organisations syndicales s’étaient mis d’accord en amont sur la stratégie. D’où nos décisions rapides.
Thomas Cavel. Le calendrier a été posé par les pouvoirs publics. Côté CFDT Cheminots, cela fait longtemps que nous combattons ces sujets. Notre position c’est de ne pas s’assoir sur une chaise en attendant la fin du monde. C’est de notre responsabilité de remettre ces sujets sur la place publique. La question du fret semble aujourd’hui presque redécouverte. Pourtant cela fait des années qu’on en parle. Mais les pouvoirs publics ont fait le choix du pire. Il était impossible de rester sans répondre.
VRT. La concurrence dans les TER relève aussi des régions qui ont décidé de lancer des appels d’offres…
Thierry Nier. La SNCF porte aussi une part de responsabilité car quand SNCF Voyageurs décide de candidater à un appel d’offres, elle crée une filiale, ce qui conduira à des changements pour les droits des cheminots. SNCF Voyageurs pourrait répondre aux appels d’offres et exploiter directement les TER.
Fabrice Charrière et Thomas Cavel. La filialisation des sociétés dédiées à l’exploitation des TER est un choix de la SNCF, il n’y avait pas d’obligation de le faire dans tous les cas.
VRT. Les menaces de grève ne représentent-elles pas aussi une volonté de peser sur les négociations salariales (NAO) prévues demain à la SNCF?
Thierry Nier. La question salariale n’est pas présente dans le préavis. Les trois points identifiés sur l’avenir du système ferroviaire, sur le fret et la concurrence font consensus. Ce n’est pas tous les jours que les organisations syndicales se mettent d’accord sur des points aussi cruciaux.
Nous sommes à quelques jours de la liquidation d’un bel outil, Fret SNCF. Hexafret, qu’on pourrait rebaptiser Mortifret, ne pourra pas candidater pendant dix ans aux flux cédés par Fret SNCF. C’est une façon d’entraver son développement à l’avenir.
On nous explique aujourd’hui que le wagon isolé va beaucoup se développer et qu’il pourra bénéficier d’une aide publique. Ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent : depuis l’ouverture de la concurrence dans le fret ferroviaire en 2006, aucun opérateur n’est venu sur ce créneau du wagon isolé car il était jugé non rentable. La seule entreprise qui faisait du wagon isolé, c’était Fret SNCF. La quasi-totalité de l’aide de l’Etat à Fret SNCF allait au wagon isolé car cette activité nécessite des moyens. Désormais, l’aide publique est considérée comme étant normale. Ne doit-on pas voir dans ce retournement de discours les velléités de quelques-uns qui veulent la liquidation de Fret SNCF?
Thomas Cavel. Si les NAO faisaient partie de la stratégie, on ne lancerait pas une grève le lendemain, mais le jour même pour éprouver le rapport de force. Nous ne voulions pas d’un mélange des genres. Mais pour nous, le jeu des salaires n’est pas une option. Nous y allons avec la ferme intention de négocier pour les salariés, même si on entend que l’austérité doit s’appliquer à tous les étages.
VRT. Comment jugez-vous le climat social global à la SNCF ?
Fabrice Charrière. Le climat social s’est apaisé à l’occasion des JO. Mais désormais on nous annonce des NAO réduites à peau de chagrin. Nous avons encore le temps de trouver des solutions d’ici Noël. Sinon, le climat social peut devenir compliqué.
Thomas Cavel. Le climat social est marqué par beaucoup d’inquiétudes. Des questions sociales et économiques se posent, ainsi que sur le financement du réseau : c’est quoi le devenir de notre outil de travail?
VRT. Que va-t-il se passer après le 21 novembre?
Thierry Nier. Les portes restent ouvertes si le gouvernement ou la SNCF veulent revoir leurs positions. Dès le 21 novembre au soir, nous nous réunirons pour voir ensemble quelle sera la suite.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt
* Seul Sud Rail ne nous avait pas répondu au moment de la publication de cet article.

Trente ans après son lancement, Eurostar a changé de dimension
Pour ses 30 ans, Eurostar aborde un nouveau cap. Le 14 novembre 1994 en effet, Eurostar traversait pour la première fois le tunnel sous la Manche, transportant ses premiers voyageurs. Trente ans plus tard, la compagnie a changé d’identité depuis qu’elle s’est unie à l’été 2022 à Thalys, l’opérateur ferroviaire qui reliait la France, le Benelux et l’Allemagne.
La marque Thalys a disparu au profit d’Eurostar, qui a plus de notoriété à l’international. L’opération a donné naissance à une compagnie desservant 28 destinations en France, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas et en Allemagne. Avec des synergies à la clé, un système de billetterie et de réservation unique, un nouveau site internet, une nouvelle application et un nouveau programme de fidélité pour la nouvelle holding basée à Bruxelles et dont SNCF Voyageurs reste l’actionnaire majoritaire (1).
Il y a six mois, Eurostar annonçait vouloir renouveler son matériel roulant en commandant un maximum de 50 trains à grande vitesse, alors que le parc actuel est spécialisé dans les relations transmanche, d’une part, et dans les anciennes dessertes Thalys, d’autre part. L’objectif est de faire d’Eurostar la première compagnie ferroviaire internationale à grande vitesse capable de traverser cinq pays européens. Et d’accueillir 30 millions de voyageurs annuels à l’aide notamment d’une flotte plus importante et en explorant de nouvelles liaisons au départ de ses open-hubs. Ce qui représente une hausse de 61 % par rapport aux 18,6 millions de voyageurs transportés en 2023, année qui a vu un retour à une fréquentation comparable aux années précédant la pandémie.
La crise Covid qui avait fait plonger les comptes est désormais dépassée : le chiffre d’affaires dépasse la barre des 2 milliards d’euros et un EBITDA de 423 millions d’euros. Ces résultats découlent de l’importante augmentation de l’offre entre 2022 et 2023, qui a permis une croissance globale de la fréquentation des trains. Sur les trente dernières années, 380 millions de passagers ont emprunté les trains d’Eurostar et de Thalys.
(1) Eurostar Group est une holding basée à Bruxelles, détenue à 55,75 % par SNCF Voyageurs, 19,31 % par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), 18,5 % par la SNCB (belge) et 6,44 % par des fonds gérés par Federated Hermes Infrastructure.

VINCI Concessions et Meridiam augmentent leur participation dans le capital de Lisea
L’actionnariat de Lisea, la société concessionnaire de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux (LGV SEA), évolue. Les actionnaires Ardian et la Caisse des dépôts et consignations ayant décidé de céder 26,24% du capital de l’entreprise, VINCI Concessions et Meridiam se sont portés acquéreurs de ces titres. Tous deux étaient déjà actionnaires du concessionnaire de la LGV SEA qui permet de relier Paris à Bordeaux en deux heures.
VINCI Concessions reprend 8,645% des titres, ce qui conforte sa position de premier actionnaire de Lisea, à l’issue du bouclage financier réalisé le 14 novembre. La transaction montre la confiance des deux acheteurs, qui parient sur un développement du trafic sur cette ligne. Selon la filiale de Vinci, « les perspectives de développement financier et commercial de Lisea sont prometteuses. SNCF Voyageurs a annoncé croître son offre pour mieux répondre à la demande de dessertes vers la région Sud-Ouest ». Par ailleurs, Lisea va lancer l’année prochaine les travaux pour construire à Marcheprime, en Gironde, un site de maintenance et de remisage des trains afin de faciliter l’arrivée de nouveaux opérateurs ferroviaires. Elle espère ainsi accueillir à partir de 2028 de nouveaux opérateurs, en particulier la nouvelle compagnie Proxima.

Paris-Orléans : un plan de transport pour compenser l’arrêt des circulations de trains en journée
Un plan de transport a été présenté le 12 novembre par la région Centre-Val de Loire et la SNCF pour compenser l’arrêt de circulations ferroviaires en pleine journée entre Paris et Orléans à partir du printemps prochain du fait de travaux. En avril 2025 en effet, un chantier préparatoire nécessitera d’interrompre les circulations de trains entre 10h et 15 h entre ces deux villes. Les travaux pourront ensuite être lancés en août, occasionnant des coupures entre 9h30 et 17h30 les jours de la semaine jusqu’à la fin janvier 2026.
Le plan de transport prévoit de renforcer la fréquence durant les heures de pointe. Certains trains rouleront avec trois rames et 1000 places supplémentaires seront proposées deux heures avant et deux heures après les travaux. Des cars seront également mis en service pendant les interruptions, offrant 700 places par jour à 12 euros le trajet.
Le chantier, qui doit être réalisé sur cette ligne pour la moderniser, permettra de rénover 70 km de voies dans le Loiret, entre Boisseaux et Les Aubrais. Il se fera en journée pour préserver, une fois n’est pas coutume, les circulations des trains de fret. Un choix assumé par SNCF Réseau qui le justifie par le caractère essentiel de cet axe pour le fret.
Ces dernières années, les élus ont souvent dénoncé l’état de cette ligne et demandé des « travaux indispensables« . Pourtant le chantier, d’un montant de 133 millions d »euros financés par SNCF Réseau, a déjà été repoussé deux fois.

Barcelone avance pour réunifier ses tramways
Barcelone a inauguré le 9 novembre un tronçon central de son tramway : deux kilomètres entre la place des Gloriès (arrivée du Trambesos) et, plus au sud, l’arrêt Verdaguer.
Grande première locale, le tracé n’a aucune caténaire puisque l’alimentation est amenée par le sol via le système APS de Alstom. Depuis le début des années 2000, le constructeur a d’ailleurs fourni à la ville espagnole une flotte de Citadis 302 qui vont donc arpenter Diagonal dans le prolongement de la ligne 4 venue du Trambesos.
Reste à rallier encore plus au sud la place Francesc Macià, soit 2,4 km supplémentaires pour que la jonction avec le réseau Trambaix soit effective. Végétalisation, voies réservées ou encore mobilier urbain sont au menu de cet aménagement engagé en 2022 avec ATM, l’autorité publique des transports métropolitains. Les décideurs misent sur une réalisation pour 2028.
Michel Garicoix

Affaire du chat Neko : la SNCF relaxée en appel
C’est l’épilogue dans l’affaire du chat Neko qui avait été écrasé le 2 janvier 2023 par un train en gare Montparnasse. Le 8 novembre, la SNCF a été relaxée par la Cour d’appel de Paris, a indiqué l’avocat de la Fondation 30 millions à France Bleu Gironde.
Déjà le 4 juillet 2023, alors que le procureur estimait, après une enquête poussée, que la SNCF n’avait pas failli et méritait la relaxe, le tribunal de police de Paris avait tout de même condamné l’entreprise, sans doute influencé par le buzz médiatique et politique autour de cette affaire.
En faisant appel, la SNCF avait voulu faire acter que ses agents avaient correctement travaillé. Dans un contexte plus apaisé, la cour d’appel a suivi la demande du parquet qui était de relaxer la SNCF, estimant qu’aucune faute n’avait été commise.
