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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.
Crise des sillons dans le secteur ferroviaire
L’Union des transports publics (UTP) fait face à une crise des sillons. Le 31 mars, lors de 9e conférence nationale consultative sur les sillons, elle l’a affirmé avec force, estimant que l’origine de cette crise est le fait que « le réseau ferroviaire français n’est pas aujourd’hui en état de marche ». Les entreprises ferroviaires fret et voyageurs (SNCF, Colas Rail, EuRailCo, Euro Cargo Rail, Europorte, Eurostar, VFLI, Keolis et la filiale Veolia-Trenitalia), adhérentes à l’UTP, demandent des mesures immédiates en attendant que le plan de régénération du réseau soit mené à bien. Notamment une information fiable et suffisamment à l’avance sur les restrictions dues aux travaux. « Ne pas pouvoir dire à au moins deux mois si un train va pouvoir passer ou pas n’est pas supportable pour les transporteurs tout simplement parce que ce n’est pas supportable pour leurs clients », estime l’UTP. C’est pourtant le cas depuis plus d’un an. »
Croissance du fret ferroviaire en Europe
Dans une étude présentée le 1er avril, la Communauté des chemins de fer européens (CER) observe que le fret ferroviaire a augmenté de 5,4 % en tonnes-km en Europe de l’Ouest en 2010 comparé à 2009. En Europe de l’Est, le trafic a crû plus de 7 %. Un résultat encourageant, note le CER, car le trafic de marchandises avait fortement chuté dans les années 1990 et stagnait depuis les années 2000.
Côté passagers, après un léger recul en 2009, le trafic enregistre une croissance de près 3,1 % en Europe de l’Ouest en 2010 par rapport à l’année précédente. En Europe de l’Est, il se contracte de 4,5 %. Le CER explique ce recul notamment par les difficultés financières des compagnies ferroviaires et par le manque d’investissements dans les infrastructures. Pour l’organisme qui regroupe plus de 70 entreprises ferroviaires et gestionnaires d’infrastructures en Europe, ces résultats montrent que le secteur est sorti de la crise économiqueConcurrence : Capitaine Train se lance face à voyage-sncf.com
Capitaine Train, un nouveau site de vente de billets de train conçu en mai 2009, a fini par être mis en service le 28 mars. Après bien des difficultés pour avoir accès au système informatique de la SNCF, puis après un test mené à partir de l’été 2010 avec plus d’une centaine d’utilisateurs, ses fondateurs ont décidé de se lancer et d’entrer en concurrence avec voyages-sncf.com. Reste que l’accès au site se fait en version bêta, c’est-à-dire en accès restreint car ses fondateurs estiment qu’ils font encore face à des bugs, même si 400 comptes seraient tout de même ouverts chaque jour. Capitaine Train parie sur le bouche-à-oreille, qui semble fonctionner, et sur l’effet volume : la seule vente de billets de train représente 2 milliards d’euros annuels selon eux. Les promoteurs du site se rémunéreront via une commission payée sur les billets, variable selon une série de facteurs comme la classe ou la destination.
Clear Channel remporte le mobilier urbain du tramway du Havre
Clear Channel vient de remporter l’appel d’offres pour le mobilier urbain du futur tramway de l’agglomération havraise. Il s’agit d’un contrat de 8 ans à compter du 1er janvier 2013 pour 48 abris voyageurs ainsi que 10 garages à vélos sécurisés. L’afficheur disposera ainsi de 154 faces de 2 m2 le long des 13 km de la ligne de tram qui desservira les pôles d’activités stratégiques de la ville basse aux grands bassins de population et zones commerciales de la ville haute, en passant par les axes les plus importants du cœur de ville.
Fret : partenariat pour le transport d’eaux minérales
Réseau Ferré de France (RFF) et Nestlé Waters France ont signé le 31 mars une convention de partenariat visant à développer le transport ferroviaire des eaux minérales de Nestlé Waters France. La société transporte déjà par rail plus de 30 % de ses eaux minérales au niveau national. Pour aller plus loin, RFF s’engage à faciliter les transports des eaux par voie ferrée depuis ou à destination des sites de chargements. Le gestionnaire des infrastructures explique qu’il « va apporter des solutions logistiques et les moyens nécessaires pour réaliser la maintenance des Installations terminales embranchées (ITE), raccordement du réseau industriel au réseau ferré classique ». Il accompagnera aussi son client dans l’élaboration de schémas logistiques performants. Un comité de pilotage commun à Nestlé et RFF doit superviser la mise en œuvre de cette convention conclue pour cinq ans.
Australie : commande de 22 trains pour Bombardier
Bombardier a annoncé le 31 mars avoir reçu une commande pour la fourniture et la maintenance de 22 trains électriques par le gouvernement de l’Etat d’Australie du Sud, dont le montant s’élève à 269 millions de dollars australiens, soit 197 millions d’euros. Conçus pour le réseau de transport d’Adélaïde, ces trains de 240 sièges, qui seront composés de trois voitures chacun et fonctionneront à 25 kV, seront fabriqués aux usines Bombardier de Dandenong et Maryborough, en Australie, avant leur mise en service prévu en 2013.

Alain-Henri Bertrand, directeur de la Direction des Circulations Ferroviaires : « Nous travaillons au rapprochement de nos 150 horairistes avec RFF »
La direction des circulations ferroviaires a vu le jour le 1er janvier 2010. Regroupant près de 14 400 agents, essentiellement des aiguilleurs, régulateurs, horairistes, elle n’a pas de liens hiérarchiques avec la SNCF. Un gage d’indépendance vis-à-vis de la SNCF et de ses concurrents potentiels, dans le cadre de la libéralisation du marché ferroviaire. Ville, Rail & Transports. Qu’est-ce qui a fondamentalement changé avec la création de la DCF ?
Alain-Henri Bertrand. La DCF a un peu plus d’un an et fonctionne maintenant sur un rythme de croisière. Elle regroupe à la fois une structure de direction, composée d’environ 350 personnes, et 21 Etablissements Infrastructwure Circulation. Ces EIC regroupent les fonctions opérationnelles territoriales qui étaient auparavant disséminées dans les directions régionales de la SNCF. Avant, le chef des aiguilleurs, si l’on peut dire, c’était chaque directeur régional. Désormais, les 14 000 cheminots de la DCF (c’est-à-dire les aiguilleurs, régulateurs et horairistes) dépendent de son directeur, c’est-à-dire de moi-même, qui n’ait aucun lien hiérarchique avec la SNCF, à part avec son président mais selon des modalités particulières définies par la loi. C’est cela qui a principalement changé : la frontière hiérarchique a été modifiée. La loi du 12 décembre 2009 nous a invités à regrouper toutes les unités dans une structure homogène, coupée de la SNCF. Ainsi, il n’y a plus d’ambiguïtés sur le fait que les agents travaillent en toute équité et confidentialité. C’était déjà le cas avant, mais il était plus difficile pour la SNCF de le démontrer.
VR&T. Comment avez-vous organisé vos relations avec Réseau Ferré de France ?
A.-H. B. Auparavant, RFF finançait les activités des agents dans le cadre d’une convention forfaitaire. Chacun faisait son métier, une fois que les budgets avaient été fixés.
Désormais, nous travaillons quasiment en régie. RFF fixe nos missions avec des objectifs, par exemple de régularité. Et nous donne les moyens de les réaliser en finançant notre budget à l’euro. Nous définissions nos budgets de façon très transparente. RFF finance donc nos éventuels dépassements. Au total, notre budget tourne autour du milliard d’euros. Il couvre essentiellement les frais de personnel. Nous avons des relations très proches avec l’équipe de pilotage de RFF. RFF fait les arbitrages pour attribuer les sillons. Nous sommes les petites mains. Cette année par exemple, RFF nous a demandé de privilégier les trains de fret longs parcours dans le cadre de l’engagement national pour le fret. Nous avons donc tracé leurs sillons sur un cadre vide, rendant plus difficiles les passages de trains venant après.
VR&T. On entend de nombreuses critiques au sein de la SNCF expliquant que la création de DCF entrave la réactivité en cas de retard de trains. Qu’en pensez-vous ?
A.-H. B. Vis-à-vis de la SNCF, il a fallu créer de la distance. Nous avons passé l’année 2010 à construire cela pour prendre en compte ce que nous dit la loi, tout en l’appliquant de façon intelligente. Nous devons traiter tous les clients de façon équitable. Mais il est bien évident qu’un client pesant 99 % des sillons voyageurs est un client important. Il faut trouver l’équilibre subtil souhaité par la loi.
En cas de retard, la communication opérationnelle entre l’aiguilleur et l’agent qui répartit les conducteurs sur les trains continue à se faire comme avant. Ils se trouvent tous sur un même plateau. Il n’y a pas de barrières opérationnelles.
La communication entre les équipes de management est articulée différemment. Dans les situations perturbées, le choix des décisions part de la DCF qui évalue la situation et préconise des solutions à un directeur de crise qui appartient à la SNCF. Ces préconisations visent à donner leurs chances à tous les convois, trains de fret et de concurrents. On ne peut pas faire table rase pour faire passer à tout prix les TGV. Cela peut être perçu défavorablement à la SNCF sur le thème : « Cela marchait mieux avant. »
VR&T. D’autres critiques portent sur le thème d’une dégradation de la sécurité avec la multiplication des acteurs dans le paysage ferroviaire…
A.-H. B. Conséquence des paquets ferroviaires européens, l’entreprise ferroviaire unique qui assurait la qualité et la sécurité au sol et à bord a été décomposée en plusieurs entités. Des interfaces ont été créées, opérationnelles et institutionnelles comme l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF, ndlr), l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (ARAF)… Le diable se cache dans les détails, il faut absolument cadrer les détails du processus. Mais inversement, ces évolutions permettent de poser et d’éclaircir la question : qui est responsable de quoi ? A chaque fois, il faut définir l’entité responsable de la sécurité. A ce stade de construction, on a peut-être l’impression que le système n’est pas aussi stable qu’avant. Pourtant, au niveau de la DCF, nous avons mis en place un circuit extrêmement court pour être efficace. Entre l’aiguilleur qui ferait une erreur et moi, il n’y a qu’un dirigeant de proximité, un dirigeant de zone (DUO) et le directeur d’établissement. Cela permet d’être très réactif.
VR&T. Récemment, l’ARAF a estimé qu’il serait souhaitable de rapprocher la DCF de RFF. Avez-vous commencé à travailler dans cette direction ?
A.-H. B. Pierre Cardo, le président de l’ARAF, a par la suite précisé ses propos en expliquant qu’il fallait un rapprochement fonctionnel pour améliorer la qualité. RFF est responsable de la stratégie, nous de l’exécution. Il faut rapprocher la stratégie de l’exécution avec un collectif opérationnel. Nous travaillons donc à rapprocher les 150 horairistes de la DCF avec RFF. Nous voulons que le management soit plus opérationnel. Dans le cadre du cadencement, qui va se traduire par une profonde réorganisation horaire, on se donne plus de chances de réussir.
Pour les autres, c’est-à-dire les aiguilleurs et les régulateurs qui sont dans les EIC, il n’y a pas de volonté ni de la part du gouvernement ni de la part des deux EPIC, la SNCF et RFF, de modifier les équilibres.
VR&T. Avez-vous maintenu des passerelles avec la SNCF pour favoriser la mobilité des agents ?
A.-H. B. Rien n’a changé dans le statut des agents qui travaillent à la DCF ni dans le temps de travail. De même, nous tenons à organiser des passerelles car cela fait partie de la richesse de nos métiers. Il faut que les aiguilleurs sachent comment fonctionne un train pour qu’ils comprennent les enjeux. Nous organisons donc les formations en conséquence, avec des troncs communs et des spécialisations. Nous assurons aussi la fluidité des passerelles dans une logique de construction de carrière et de renforcement des compétences.
Une nouvelle offre de wagons isolés en France
Depuis mi-décembre, une nouvelle offre de transport de wagons isolés est proposée en France par deux filiales de SNCB Logistics, Xpedys, commissionnaire de transport de fret conventionnel, et OSR, une nouvelle entreprise ferroviaire qui a obtenu en novembre 2010 sa licence ferroviaire et son certificat de sécurité. Cette dernière a l’autorisation de circuler sur l’axe Le Havre – Paris – Dijon – Mulhouse. Un plan de transport a été mis au point pour une vingtaine de clients venant de Belgique et de France. OSR organise ses flux à partir de deux hubs, Tergnier en Picardie et Aulnoye dans le Nord. Fort de 75 personnes soumis au droit privé, OSR, qui achemine aussi des trains complets, affirme proposer un modèle plus économique que Fret SNCF. « Nous sommes petits, réactifs, avec un grand groupe derrière nous », résume Olivier Deprez, son directeur général.
Naissance de SNCB Logistics
Une nouvelle entreprise de fret ferroviaire est née en Belgique le 1er février : SNCB Logistics, filiale indépendante de droit privé des chemins de fer belges. La SNCB travaillait sur ce scénario depuis 2008 pour redresser les comptes de sa branche fret qui perdait alors plus de 80 millions d’euros annuels. La compagnie de fret peut aussi empocher une subvention de 135 millions d’euros, la dernière acceptée par la Commission européenne en contrepartie de cette restructuration. Sur ce total, 105 millions vont servir à financer les mesures liées aux 500 suppressions de postes, soit environ 30 % des effectifs. Ceux qui seront embauchés dans le futur par SNCB Logistics le seront dans un cadre contractuel privé et coûteront donc moins chers à l’entreprise. L’objectif global est d’économiser 100 millions d’euros annuels, soit 25 % des coûts de l’entreprise. Et de renouer avec la rentabilité à l’horizon 2012.

Bordeaux Saint-Jean : lifting avant l’arrivée de la LGV
Centenaire, la gare Saint-Jean se prépare à la grande vitesse. Les travaux seront terminés cette année, réaménageant plus de 4 000 m2. Coût des travaux : 22 millions d’euros. Depuis le 17 mars, la gare de Bordeaux-Saint-Jean offre un visage résolument moderne. Malgré une restructuration à la fin des années 1980 pour accueillir les premiers TGV, l’organisation intérieure des déplacements n’était plus satisfaisante. Quatre ans de travaux sont sur le point de se terminer avec en ligne de mire la grande vitesse. Au total 4 400 m2 sont réaménagés. « L’objectif était d’élaborer une organisation spatiale et une valorisation du bâtiment compatibles avec l’aménagement du parvis », note Jacques Spigelstein, architecte, chef de projet. La requalification du hall d’arrivée comprend aussi la création d’un sol en pierre, la modification de l’éclairage, de la sonorisation, du mobilier, de la signalétique.
L’ouverture de la première partie de la galerie de liaison côté sud est effective. Cette colonne vertébrale s’avérait indispensable pour fluidifier les déplacements évitant ainsi l’encombrement du quai n° 1. « Cette galerie traverse le bâtiment en mettant en valeur la façade sur les quais, par la restauration des menuiseries historiques en bois et fonte et le nettoyage de la pierre des trumeaux », précise l’architecte.
Multimodalité, détente et services sont les maîtres mots de cette transformation qui s’étend des portes 44 à 56. L’espace multimodal, largement vitré, accessible depuis le parvis ou le quai n° 1, a pour vocation d’être connecté à la palette des moyens de transport. Guichets SNCF, TBC (trams et bus de la communauté urbaine), cars interurbains, voisinent avec un espace info-ventes dédié au TER, à l’office du tourisme. La circulation des trains, mais aussi des tramways et des bus, est affichée.
Le salon d’honneur – à l’emplacement des ex-portes 45 et 46 – est devenu une vaste salle d’attente aux équipements modernes dans un lieu de prestige. On y pénètre depuis le parvis ou la salle multimodale. Il est équipé de grands écrans plats mais le parquet, les boiseries et la cheminée ont été conservés ; les luminaires et les plafonds moulurés, remis en valeur ; les peintures murales d’origine, restaurées.
A l’extrémité sud, la conciergerie assure l’accueil et la prise en charge des personnes handicapées et réunit consignes, objets trouvés, toilettes et un point-vente d’articles de dépannage.
Le coût des travaux s’élève à 22,1 millions d’euros, dont 16,1 financés par la SNCF. Cent treize ans après sa construction, la gare Saint-Jean retrouve une unité architecturale et fonctionnelle en rapport avec l’évolution des déplacements et les besoins des usagers.
François-Xavier POINT
D’autres aménagements à venir
En juin, un nouvel espace de vente de 800 m2 et équipé de 15 guichets remplacera le bureau Informations et Réservations. Escalator, escaliers, vaste ascenseur panoramique permettront de rejoindre quais et souterrains.
2011 verra s’achever le déploiement de 231 écrans dans la gare, sur les quais, dans les souterrains avec la mise en service d’une nouvelle sonorisation, la gare ayant longtemps souffert d’annonces inaudibles. Quant à la signalétique, elle va être entièrement revue, avec des visuels et des codes couleurs utilisés pour la première fois en France.
Les aménagements seront adaptés à tout type de handicap, avec chemins podotactiles de guidage, balises audio, bornes d’appel, information en braille, boucles à induction.
Enfin l’ouverture de 1 000 m2 de commerces répartis principalement à la place des actuels guichets de vente au niveau -1 marquera la dernière étape de cet imposant chantier.
F.-X.P.