Catégorie : Infrastructures

Retrouvez toute l’actualité des infrastructures de transports:  travaux, maintenance des lignes, gares, ouvrages d’art, viaducs et ponts ferroviaires.

  • Plus diversifié, le Sifer 2023 bat des records de fréquentation

    Plus diversifié, le Sifer 2023 bat des records de fréquentation

    Satisfaction générale pour la 13e édition du Sifer qui s’est déroulée du 28 au 30 mars à Lille. Selon ses organisateurs, le salon ferroviaire a accueilli quelque 7 000 visiteurs, un record de fréquentation. Avec 378 exposants, « dont 24 % de nouveaux participants, avec 20 pays représentés » (soit 22 % d’entreprises internationales).

    Le renouvellement des exposants illustre la diversification constatée dans les allées du salon, même si les outillages destinés aux infrastructures et à leur maintenance occupaient toujours les places de choix sur des panneaux de voie aménagés, alors que les équipementiers formaient le gros des exposants. Les constructeurs de matériel roulant étaient plus visibles qu’à l’accoutumée, idem pour certains opérateurs ferroviaires.

    Complétant l’exposition, 43 manifestations et 20 événements (conférences, tables rondes, ateliers, présentations) ont été organisés au cours des trois jours du Sifer, avec un programme d’une grande variété.

    Le village FIF

    A l’heure où le mode ferroviaire connaît un regain d’intérêt, le secteur a pu afficher à Lille ses côtés les plus innovants, tant sur les stands des pôles de compétitivité et clusters, où l’on a pu en savoir plus sur les projets de trains légers, qu’au village FIF (Fédération des industries ferroviaires). Regroupant stands et espace de conférences, le village FIF où le Corifer a été lancé, est rapidement devenu un lieu d’échanges pour les adhérents de la FIF et les visiteurs du salon. Au cours des trois jours, la FIF a contribué à la promotion de l’industrie ferroviaire française, tant auprès des associations européennes (VDB, ANIE ASSIFER, Unife) que de Business France. Et la FIF a concrétisé deux coopérations, avec la création d’un programme de collaboration renforcée avec SNCF Réseau pour répondre aux défis de l’infrastructure ferroviaire et la poursuite du partenariat engagé à Innotrans avec la VDB, son homologue allemande.

    Le programme de coopération renforcée lancé par la FIF et SNCF Réseau est destiné à « consolider les fonctionnements communs au sein de la filière industrielle dédiée à l’infrastructure ferroviaire », au moyen de quatre groupes de travail consacrés aux principaux enjeux d’organisation de cette filière, lancés par Louis Nègre, président de la FIF, et Matthieu Chabanel, pdg de SNCF Réseau. Ces groupes de travail, qui seront coordonnés par des binômes des deux organismes et associeront plusieurs acteurs de la filière, auront pour thèmes la coordination d’une trajectoire de filière partagée, le renforcement de l’attractivité de la filière ferroviaire et les dispositifs de formation, les collaborations transverses au service de la transition écologique et de l’innovation et, enfin, la recherche d’efficacité collective dans le cadre des projets et des appels d’offre. Ces groupes de travail feront l’objet d’un suivi d’avancement régulier dans le cadre de comités de pilotage.

    Dans le cadre du partenariat entre l’Association de l’industrie ferroviaire allemande (VDB) et la FIF, signé en septembre 2022 à Berlin lors du salon Innotrans, les deux associations ont également identifié quatre domaines de coopération communs en vue de renforcer leur coopération : numérisation (automatisation, cybersécurité, maintenance, normalisation et standardisation, comme la modularisation au niveau européen) ; durabilité (en mettant l’accent sur la décarbonisation, la responsabilité sociale des entreprises et les marchés publics respectueux du climat) ; concurrence internationale (concurrence, marché mondial, lobbying européen, conditions d’exécution des contrats, IPI) ; et attractivité des métiers et des formations.

    Patrick Laval

  • Utiliser les profits des autoroutes pour financer les autres transports : l’idée fait son chemin

    Utiliser les profits des autoroutes pour financer les autres transports : l’idée fait son chemin

    Sur ce point-là, le gouvernement et Bernard Roman, l’ex-président de l’Autorité de régulation des transports qui s’exprime encore publiquement (son mandat a pris fin en août 2022), sont bien d’accord : il faut utiliser les surprofits dégagés par les sociétés d’autoroutes pour financer les autres infrastructures de transport, le ferroviaire notamment. « Je suis 100% pour que la route puisse financer les autres projets de transport décarbonés (…) et la transition écologique doit être au cœur de la réflexion sur les futurs contrats de concessions autoroutières sur lesquels le gouvernement ferait bien de travailler dès maintenant »,  a dit en substance Bernard Roman dont la parole était plus libre que jamais le 5 avril devant les sénateurs de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Ses propos n’engagent que lui, a pris le soin de préciser l’ancien régulateur du secteur.

    Auditionné le 22 mars dernier devant la commission équivalente de l’Assemblée nationale et celle des Finances,  Clément Beaune avait dit exactement la même chose : « La Première ministre a présenté il y a quelques jours un plan d’avenir pour les transports (…) avec une forte ambition pour le transport ferroviaire. Il serait juste que les sociétés d’autoroutes dont on connait la bonne situation financière puissent contribuer« , avait avancé le ministre délégué aux Transports.

    Devant le tollé provoqué par les révélations fin janvier du Canard enchaîné sur les superprofits des sociétés d’autoroutes, soulignés dans un rapport gardé secret de l’Inspection générale des finances (IGF) et des inspecteurs du ministère de l’Ecologie (1), Bruno Le Maire et Clément Beaune, avaient été entendus en mars par les députés pour faire le point sur l’avenir des concessionnaires autoroutières qui prendront fin en 2031 pour les premières, en 2036 pour les autres. Le ministre de l’Economie avait indiqué que son gouvernement saisirait le Conseil d’Etat pour étudier l’option d’un raccourcissement de la durée des actuelles concessions, afin  « d’éviter toute rente ».

    Clément Beaune avait de son côté annoncé le lancement d’Assises des autoroutes pour débattre du périmètre et de la durée des futures concessions. Le gouvernement n’aurait pas convié l’ART, selon Bernard Roman qui se dit « très perplexe devant la volonté de mettre de côté le régulateur. C’est comme si on faisait une mayonnaise sans œuf !« , fustige l’ancien régulateur du secteur qui après le psychodrame de la possible nomination de Marc Papinutti à la tête de l’ART, n’a toujours pas de successeure.e.

    Nathalie Arensonas

    (1) Le taux de rentabilité interne sur lequel sont basés les contrats de concessions d’autoroutes avait été estimé à 7,7%. Au final, il atteint 12,5% pour les contrats ASF-Escota (Vinci) et 11,7% pour ceux d’APRR-Area (Eiffage) selon le rapport de l’IGF et du Conseil général de l’environnement et du développement durable.
  • Sébastien Fraisse prend les commandes d’Indigo

    Sébastien Fraisse prend les commandes d’Indigo

    Depuis le 1er avril, Sébastien Fraisse a pris la présidence du directoire du groupe Indigo. Agé de 51 ans, ce polytechnicien, également diplômé de l’École Nationale des Ponts et Chaussées, remplace à ce poste Serge Clémente, qui reste membre du directoire jusqu’au 30 juin 2023. « Cette nomination s’inscrit dans le cadre de la réorganisation du groupe Indigo proposée par Serge Clémente à ses actionnaires, à l’automne 2022″, explique dans un communiqué l’entreprise spécialiste du stationnement.

    « C’est un changement dans la continuité du plan de transformation que nous avons lancé pour consolider nos activités de stationnement historiques, en parking et en voirie, mais aussi pour développer de nouveaux services à la ville, adaptés aux transformations environnementales et sociétales que nous vivons», justifie Serge Clémente cité dans le communiqué.

  • Le Sifer, « de retour à pleine vitesse »

    Le Sifer, « de retour à pleine vitesse »

    On aurait pu craindre le pire en ce 28 mars, nouvelle journée de mobilisation, mais il y avait incontestablement du monde dans les halls du Grand palais de Lille pour l’inauguration de la 13e édition du Sifer, premier salon ferroviaire de France avec 376 exposants pendant trois jours et un riche programme de conférences.

    L’inauguration de cette 13e édition a réuni Philippe Citroën, directeur-général de l’Unife, Louis Nègre, président de la Fédération des Industries Ferroviaires (FIF), Matthieu Chabanel, président directeur-général de SNCF Réseau, et Franck Dhersin, vice-président Transports de la région Hauts-de-France. Chacun a pu souligner les points forts, ainsi que les défis auxquels est confrontée l’industrie ferroviaire, des difficultés de recrutement aux besoins de financement. Absent, le ministre Clément Beaune avait envoyé une vidéo dans laquelle il a évoqué l’investissement de 100 milliards d’euros dans le ferroviaire, de même que le verdissement du train.

    Le deuxième temps fort de cette journée inaugurale s’est déroulé au « village » FIF, qui regroupe cette année une douzaine d’adhérents, ainsi qu’un espace de conférences. C’est sur ce dernier qu’a eu lieu l’inauguration du Corifer 2 (Comité d’Orientation de la Recherche et de l’Innovation de la Filière Ferroviaire) par sa présidente, Carole Desnost.

    « De retour à pleine vitesse » après une édition un peu spéciale en octobre 2021, à la sortie du Covid, le Sifer retrouve son rythme et l’importance qu’il avait en 2019… avec une réelle diversification des exposants, même si l’infrastructure occupe toujours le devant de la scène avec ses expositions de matériels et d’outils sur panneaux de voie.

  • Le train à grande vitesse Rio – São Paulo refait surface

    Le train à grande vitesse Rio – São Paulo refait surface

    On le croyait mort et enterré depuis presque dix ans, mais le projet de train à grande vitesse brésilien entre Rio de Janeiro et São Paulo refait surface. Porteur de tous les espoirs durant la première décennie du siècle, le projet précédent de LGV, qui aurait relié Rio à São Paulo et Campinas, avait été initialement lancé en 2007 afin d’être prêt pour la Coupe du Monde de la FIFA en 2014. Reprogrammé, faute de candidats, pour les Jeux olympiques de 2016, ce projet avait pris du retard en se coordonnant au calendrier électoral, avant le lancement d’un nouvel appel d’offres, les candidatures étant alors attendues pour août 2013. Malgré l’intérêt manifesté par trois groupements, le résultat décevant de cet appel d’offres avait entraîné une suspension pour une durée plus ou moins indéterminé du projet, dans un contexte marqué par des difficultés de financement et un ralentissement économique, sur fond de doutes quant à la rentabilité d’une telle relation.

    Reste que les deux premières villes du Brésil représentent, avec leurs bassins respectifs, une population totale d’une trentaine de millions d’habitants dont les besoins de mobilité sont très mal satisfaits actuellement. C’est pourquoi l’entreprise TAV Brasil a été mise sur pied en 2021 par deux particuliers et deux entreprises pour lancer un nouveau projet de train à grande vitesse entre Rio de Janeiro et São Paulo, évalué à 50 milliards de reais (8,9 milliards d’euros), dont 70 % pour les infrastructures, 18 % dans le matériel roulant ou autres équipements, alors que 12 % du montant seront investis dans le social et l’environnemental. Et en février dernier, l’Agence nationale des Transports terrestres (ANTT) a autorisé TAV Brasil à construire 380 km de ligne nouvelle et à l’exploiter pendant 99 ans.

    A la différence du projet précédent, il n’est plus question de construire le tronçon de ligne nouvelle entre São Paulo et Campinas, à une petite centaine de kilomètres plus au nord que la première ville du Brésil. De plus, le tracé de la partie restante a été revu, afin de réduire le kilométrage de ligne à construire dans les agglomérations de São Paulo et de Rio de Janeiro en réutilisant les emprises ferroviaires en place. Non seulement le tracé, qui desservira deux gares, à São José dos Campos (Etat de São Paulo) et Volta Redonda (Etat de Rio), a été réduit de quelque 120 km, mais plus de latitudes seront accordées aux investisseurs et soumissionnaires des différents lots, en tenant compte de l’échec des précédentes tentatives, qui avaient découragé les candidats.

    Pour sa mise en service prévue en juin 2032, le train à grande vitesse devra relier Rio de Janeiro et São Paulo en 90 minutes, à une vitesse maximale de 350 km/h en pleine ligne et de 80 à 230 km/h dans la traversée des zones urbanisées. Reste, d’ici-là, à convaincre investisseurs et industriels de se lancer dans ce projet ambitieux mais sans doute nécessaire. Pour s’en convaincre, avant de lancer concrètement le chantier de la ligne nouvelle, TAV Brasil se donne deux ans pour mener une étude approfondie.

    P. L.

  • Plan sobriété : les opérateurs s’engagent à éteindre leurs panneaux lumineux à la fermeture des gares

    Plan sobriété : les opérateurs s’engagent à éteindre leurs panneaux lumineux à la fermeture des gares

    Réunis autour d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, et de Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, les principaux acteurs, gestionnaires et opérateurs du secteur des transports, ont fait un point d’étape le 27 mars sur les mesures mises en œuvre depuis cet automne pour faire des économies d’énergie.

    « Ces plans reposent notamment sur le pilotage de la consommation énergétique, la sensibilisation et l’adoption de gestes simples au quotidien (baisse du chauffage, économies d’éclairage, mise en veille des écrans, covoiturage, autopartage, etc.) », ont notamment rappelé les ministres. Il s’agit, en particulier dans le ferroviaire, de renforcer l’éco-conduite, l’éco-stationnement ou de mieux adapter la ventilation et la température des bâtiments.

    De nouvelles mesures ont été identifiées, telles que la meilleure régulation de la publicité lumineuse dans les gares, stations et aéroports. Les opérateurs s’engagent à éteindre 100 % de leurs panneaux lumineux dès la fermeture des gares, des aéroports et des métros à partir du 1er janvier 2024. « Ils établiront également une stratégie de sobriété de la gestion de leurs parcs de panneaux lumineux« , ajoutent les ministères. La SNCF prévoit une baisse de 45 % de ses émissions carbone d’ici à 2031, la RATP une réduction de sa consommation électrique de 35 % d’ici à 2026.

  • Le coût caché du stationnement automobile

    Le coût caché du stationnement automobile

    La mobilité a un coût, mais l’immobilité du parc automobile en a également un, largement insoupçonné jusqu’à présent, qui, selon l’intégration ou non des externalités monétarisées, va de 14 à 22 milliards d’euros par an, en France ! C’est ce qui ressort de l’étude intitulée Le coût du stationnement automobile pour les finances publiques, réalisée par Bruno Cordier (ADETEC) pour le compte de l’association Qualité Mobilité et présentée début mars lors d’une conférence de presse de la Fnaut.

    Cette étude s’inscrit dans une série consacrée au modèle économique des mobilités, après celles des aides publiques à l’avion, au covoiturage, aux cars SLO (« cars Macron»), à la voiture électrique ou au coût réel de la voiture. Comme dans les études précédentes, celle consacrée au stationnement non seulement bouleverse bien des idées reçues, mais dévoile la partie cachée d’un iceberg, aussi grosse que le coût des transports urbains conventionnés dans toute la France et presque deux fois plus élevé que tous les transports interurbains conventionnés !

    70 millions de places de stationnement gratuit, soit deux par véhicule!

    Comment un tel éléphant a-t-il pu passer inaperçu dans la pièce ? Tout d’abord parce que « beaucoup de données ne sont pas disponibles », de l’aveu même de Bruno Cordier, qui a dû avoir recours à des hypothèses, qu’il a voulu « les plus sérieuses possibles ». C’est pourquoi il faut garder à l’esprit que les résultats doivent être considérés comme des ordres de grandeur.

    Premiers de ces ordres de grandeur : les automobilistes français disposent de 70 millions de places de stationnement gratuit sur voirie, soit quasiment deux par véhicule ! Rien que ce cadeau se chiffre à 12,3 milliards d’euros, dont environ 4,8 milliards pour la mise à disposition du foncier, 3,2 milliards pour l’amortissement des aménagements et 4,2 milliards pour l’entretien. On pourrait se dire que ces places sont quand même bien utiles pour permettre aux usagers des transports publics de faire les quelques kilomètres entre domicile et arrêt le plus proche. Oui, mais « les parkings de rabattement sont epsilon sur les 70 millions de places de stationnement gratuites », répond Bruno Cordier.

    Des recettes loin de couvrir les frais

    Mais chaque automobiliste sait qu’il n’y a pas que le stationnement gratuit. En effet, 750 000 places payantes ont été aménagées sur voirie, auxquelles s’ajoutent environ 150 000 places en enclos, 163 000 en élévation et 887 000 en souterrain. Les places sont chères… et les amendes – remplacées en 2018 our le forfait post-stationnement (FPS) – encore plus.. Les données disponibles montrent que les recettes du stationnement payant sont très loin de couvrir les frais. Sauf à Paris, le stationnement est une activité déficitaire ! En effet, sans compter le manque à gagner lié aux non-paiements, les dépenses publiques liées au parkings en ouvrage sont d’environ 1,9 milliard d’euros, contre des recettes d’environ 745 millions, soit un déficit dépassant 1,1 milliard d’euros, près de mille euros par place ! Alors pourquoi des entreprises privées s’intéressent-elles à ce marché ? Parce qu’elles sont responsables uniquement de la gestion des parkings publics, dont la construction est généralement aux frais de la collectivité…

    La collectivité n’est pas la seule pour qui les places de stationnement représentent un coût : celles mises à disposition par les employeurs publics se chiffrent à 1,6 milliard par an… avantage en nature non imposé et représentant un manque à gagner pour l’URSSAF et l’Etat de plus de 3 milliards en ajoutant les employeurs privés. Pourtant, on pourrait dire que les taxes et impositions foncières (plus les deux taxes spécifiques à l’Île-de-France) rapportent 800 millions d’euros, mais une fois de plus, on se retrouve avec un manque à gagner de l’ordre de la centaine de millions d’euros liées à la sous-déclaration des espaces de stationnement, voire de la transformation des garages en espaces de vie.

    900 km2 consacrés au stationnement en France

    Voici comment on arrive à un montant annuel de l’ordre de 14 milliards, déjà énorme. Si l’on ajoute des externalités chiffrables comme la circulation automobile induite, les émissions de gaz à effet de serre liées au stationnement public (environ 10,3 millions de tonnes), la congestion, l’usure des routes, la pollution, les accidents et le bruit, il faut ajouter environ 10,8 milliards d’euros. Si l’on déduit les recettes publiques liées à la circulation induite (TICPE, principalement), le coût net est d’environ 7,9 milliard d’euros. Et encore, « le coût du foncier routier, l’impact sur les autres modes de déplacement, l’environnement ou sur la santé n’a pas été monetarisé », ajoute Bruno Cordier. Finalement, on approche de 22 milliards par an en comptant les externalités monétisables. « Les décideurs locaux savent que les parkings leur coûtent cher », les collectivités supportant plus de 13 milliards de ce total.

    « Aucun autre usage privé de l’espace public ne bénéficie d’un tel avantage que le stationnement », résume Bruno Cordier : « Ce sont près de 900 km2, soit huit fois la surface de Paris, qui sont consacrés au stationnement en France ! » Et comme ce cadeau est généralement fait dans les centres des villes, où le foncier est élevé, on explique un bon cinquième des montants astronomiques évoqués dans l’étude. Dans ce domaine, il y a évidemment pire que la France, si l’on pense aux downtowns nord-américains passés au bulldozer pour que les voitures aient la place de se garer. Mais il y a d’autres modèles aussi : « dans les villes japonaises, le stationnement est interdit sur l’espace public », conclut Bruno Cordier.

    P. L.

  • La SNCF s’engage avec une start up polonaise sur le train du futur

    La SNCF s’engage avec une start up polonaise sur le train du futur

    A l’occasion du Sommet mondial Hello Tomorrow 2023, qui s’est tenu les 9 et 10 mars à Paris, Nevomo, entreprise polonaise de technologie profonde (Deep Tech) et la SNCF ont signé un protocole d’accord « pour évaluer les avantages de MagRail au sein du réseau ferré français afin d’accroître l’efficacité et la capacité du transport de passagers et de marchandises ». Pour Nevomo, dont la solution MagRail vise à équiper progressivement les infrastructures existantes d’une sustentation magnétique et d’une motorisation linéaire en vue d’y autoriser « des vitesses allant jusqu’à 550 km/h », il s’agit du deuxième accord de coopération avec un acteur majeur du rail en Europe, après celui conclu avec RFI, le réseau ferré italien, en 2021. Un accord a également été signé par Nevomo avec le port allemand de Duisbourg, premier port fluvial d’Europe.

    Identifier les technologies émergentes…

    « Nous avons remarqué la grande technicité de Nevomo et considérons que les technologies proposées sont susceptibles de faire progresser le chemin de fer », a indiqué Luc Laroche, directeur du programme d’Innovation du Système Ferroviaire, qui précise que le protocole d’accord couvrira trois domaines : « augmenter les performances des trains de marchandises actuels pour des limites de chargement plus élevées et plus de capacité sur nos lignes de fret, augmenter la capacité sur les lignes urbaines encombrées et évaluer MagRail comme un système de propulsion alternatif pour les lignes rurales en combinaison avec des véhicules légers ». Et David De Almeida, directeur scientifique et de la recherche au sein la direction Technologies, Innovation et Projets Groupe de la SNCF, précise que les accords avec des écosystèmes innovants permettent « d’alimenter notre veille scientifique et d’identifier les technologies émergentes à explorer pour les chemins de fer de l’avenir ».

    De son côté, Przemek Ben Paczek, PDG et cofondateur de Nevomo, se déclare très fier de devenir le partenaire de la SNCF, « le leader de l’innovation des chemins de fer européens ». Pour le dirigeant de l’entreprise dont le projet est « inspiré par le concept Hyperloop », un accord avec la SNCF « est sans aucun doute la meilleure confirmation de la crédibilité de notre technologie ».

    … et utiliser les infrastructures existantes

    A la différence des autres projets combinant sustentation magnétique et moteur linéaire, MagRail s’appuie sur les lignes de chemin de fer en place, afin d’en augmenter la capacité et d’exploiter des matériels roulants électriques dans des secteurs non électrifiées comme les terminaux ou les ports. Intégré aux infrastructures ferroviaires existantes, le système MagRail offre entre autres la possibilité de faire fonctionner les trains en mode automatique, « sans caténaire et sans erreur humaine »… mais pas sans installations supplémentaires, puisque des profilés doivent être posés parallèlement aux rails utilisés pour le roulement des trains classiques. En pratique, l’application qui se rapproche actuellement le plus de la solution proposée est le SkyTrain de Vancouver, métro automatique à motorisation linéaire, en service depuis 1985, mais sur des lignes nouvelles construites à cet effet. Car sauf sur de très longs alignements, les lignes en place n’autoriseront sans doute pas des vitesses très supérieures à celles pratiquées par les trains classiques. D’ailleurs, on notera que la SNCF, qui s’y connaît en trains à grande vitesse, ne vise pas, que ce soit avec le fret, l’urbain ou les « petites lignes », des applications particulièrement rapides !

    Nevomo rappelle qu’un premier démonstrateur à l’échelle 1/5 de MagRail a été présenté en 2019 et que des essais sur une maquette « de taille moyenne » ont été effectués en décembre 2020. Et l’année dernière, Nevomo « a terminé la construction de la piste d’essai à l’échelle 1 à Nowa Sarzyna, en Pologne, qui est la plus longue piste d’Europe pour tester la sustentation magnétique passive ». Pour ce qui est de l’accord avec le SNCF, des essais devraient se dérouler d’ici 2025.

    P. L.

  • Contrats pour Alstom et Colas sur les extensions du RER nord-sud de Manille

    Contrats pour Alstom et Colas sur les extensions du RER nord-sud de Manille

    Coup double pour les entreprises française aux Philippines, où Alstom et Colas Rail, au sein d’un consortium dirigé par le premier, ont été choisis par le maître d’ouvrage Mitsubishi Corporation pour le projet d’extension du North-South Commuter Railway (NSCR), le futur RER nord-sud de la région capitale de Manille, sur l’île de Luçon. Ces contrats font suite à celui signé le 3 mars entre le ministère philippin des Transports (DOTr) et Mitsubishi Corporation pour la fourniture des systèmes ferroviaires intégrés liés au projet d’extension du NSCR, qui se chiffre à 1,8 milliard d’euros.

    Sur ce total, la part contractuelle d’Alstom, qui représente environ 1,1 milliard d’euros, comprend l’intégration du système, la signalisation et les télécommunications, l’alimentation électrique, le système de billettique, les portes palières, les systèmes de maintenance et les équipements de dépôt, ainsi que le poste central de signalisation et la formation. En matière de signalisation, Alstom devra notamment déployer un équipement ERTMS niveau 2 – une première en Asie du Sud-est – qui mettra en œuvre sa solution Atlas 200.

    De son côté, Colas Rail sera responsable de la conception, de la fourniture, des travaux, des essais et de la mise en service des voies, ainsi que des caténaires. Colas rappelle qu’après la ligne souterraine du métro de Manille (fin 2021), l’extension du NSCR est le deuxième projet majeur d’infrastructure ferroviaire attribué à Colas Rail aux Philippines.

    Le projet NSCR fait partie de la série d’infrastructures majeures « Build, Better, More » (construire, mieux, plus) en cours de réalisation aux Philippines pour étendre – ou plutôt restaurer – le réseau ferré national des PNR (Philippine National Railways). Financé par l’Agence japonaise de coopération internationale et censé ouvrir en 2029, le projet d’extension du NSCR, de part et d’autres de la phase 1 de ce RER (37 km entre Tutuban et Malolos, soit 11 gares), comprendra la section sud (55 km, 20 gares) entre Tutuban et Calamba (province de Laguna) et la section nord (51 km, 7 gares) entre Malolos et l’aéroport international de Clark (province de Pampanga). Des correspondances avec le métro souterrain et le métro léger seront offertes dans les gares les plus centrales de la section sud. A l’extrémité de cette dernière, une correspondance devrait être offerte à Calamba avec la future desserte intercités du sud de l’île de Luçon, dite PNR South Long Haul.

    P. L.

  • Ouverture des marchés de transport de voyageurs : l’Autorité de la concurrence s’empare du sujet

    Ouverture des marchés de transport de voyageurs : l’Autorité de la concurrence s’empare du sujet

    Comment se passe la libéralisation des transports urbains, interurbains et régionaux de voyageurs ? Le gendarme français de la concurrence a décidé d’interroger les acteurs du marché. Elle lance une consultation publique jusqu’au 31 mars, avec toute une batterie de questions. Morceaux choisis.

    Trains de voyageurs

    Connaissez-vous le calendrier d’ouverture à la concurrence des transports ferroviaires régionaux dans votre région et/ou dans les autres régions françaises ? Qu’en attendez-vous ? Y a-t-il des obstacles ou des freins à l’entrée de nouveaux opérateurs ? Faut-il octroyer les marchés par lots ou confier l’intégralité d’un réseau de transport urbain à un opérateur unique ? Quels sont les équipements, installations et autres actifs susceptibles de procurer un avantage concurrentiel significatif à un candidat ? Quelles sont les informations stratégiques ou indispensables pour l’élaboration des offres ? Le cadre réglementaire relatif à la transmission de données est-il satisfaisant ?

    Autocars « Macron »

    Quelles évolutions économiques a connu le marché du transport interurbain par autocar librement organisé depuis l’entrée en vigueur de la loi Croissance et égalité des chances (dite « loi Macron ») du 6 août 2015 ? Le transport ferroviaire et le transport longue distance par autocar sont-ils concurrents ou complémentaires ?

    Gares, pôles d’échanges multimodaux

    Les gares ferroviaires de voyageurs et autres installations de service ferroviaire permettent-elles-il d’assurer des conditions de concurrence satisfaisantes pour les opérateurs, et une qualité de service satisfaisante pour les usagers ? Y a-t-il des obstacles ou des freins à l’accès de nouveaux opérateurs aux gares ferroviaires ou routières ? Quelles sont les contraintes qui peuvent empêcher le développement des pôles d’échanges multimodaux ?

    Réponses à envoyer par mail avant le 31 mars 2023,
    en précisant le nom de la société ou de l’organisation et votre secteur d’activité.

    Les contributions ne seront pas publiées par l’Autorité de la concurrence. Mais le nom des entreprises ou organisations
    pourront être cités dans son futur avis (sauf mention contraire express).

    N.A