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Catégorie : Infrastructures
Retrouvez toute l’actualité des infrastructures de transports: travaux, maintenance des lignes, gares, ouvrages d’art, viaducs et ponts ferroviaires.
Patrick Ropert : « Nous voulons réinventer les buffets de gare »
L’inauguration de L’Etoile du Nord, à Paris, marque une nouvelle étape dans le renouveau des buffets de gare. Et dans la métamorphose de la gare du Nord. Explications de Patrick Ropert directeur
général de Gares & Connexions.
Ville, Rail & Transports. L’ouverture du restaurant l’Etoile du Nord s’inscrit dans un programme de rénovation de la gare du Nord présenté en juin 2015. Où en est-on ?
Patrick Ropert. Nous avons commencé par la partie banlieue, sous la dalle, dont nous avons revisité les quais, en installant une œuvre d’art de Liam Gillick qui apporte un peu de fantaisie dans l’espace. Puis nous avons traité la partie mezzanine. Nous avons agrandi tout l’espace. Le retour client est très, très bon.
Nous travaillons maintenant le quai transversal. Nous allons notamment refaire les accès entre métro et gares, et nous travaillons les flux, pour que tout se passe au mieux, de façon fluide.
Nous allons, à ce même niveau, reconstituer une rue commerçante, créer de nouvelles boutiques. Les restaurants auront deux entrées, ils seront ouverts sur la ville et sur la gare. Nous allons faire venir de nouvelles enseignes internationales, comme Five Guys, les burgers à la mode aux Etats-Unis, ou La Place, enseigne néerlandaise « locavore » [proposant des aliments produits à proximité, NDLR]. Thierry Breton, qui a deux restaurants tout près de la gare, rue de Belzunce, va installer un kiosque de sandwiches. Nous aurons toujours des classiques très accessibles comme Paul ou Brioche dorée. Et puis, un lieu à part, que nous venons d’inaugurer, l’Etoile du Nord.VR&T. Et après l’Etoile du Nord ?
P. R. Prochaine étape de la transformation, mi-janvier, nous inaugurerons le nouveau lounge Eurostar, dans l’ancien hôtel qui se trouvait dans la gare. Mais nous ne faisons pas que du clinquant, nous faisons aussi du fond. Nous refaisons un souterrain qui va de la rue de Maubeuge à la mezzanine banlieue.
Début 2018, nous aurons achevé toute une étape de transformation de la gare, et ce sera la fin d’un programme d’investissement de 80 millions d’euros.VR&T. Mais ce ne sera pas la fin de la métamorphose. Vous aviez présenté en 2015, pour Eurostar, un projet très ambitieux de dissociation des flux entrée et sortie, avec la construction d’une passerelle enjambant les voies, au-delà de la grande verrière. Où en est-on ?
P. R. Jean-Michel Wilmotte avait en effet présenté alors les esquisses d’un tel projet. La réalisation de cette passerelle nécessite des travaux importants sur le réseau, forcément coûteux. Nous procédons actuellement à des chiffrages. Début 2017, le projet sera stabilisé et nous pourrons lancer des appels d’offres. Projet qui de toute façon devra dissocier les flux entrée et sortie.VR&T. L’ouverture de L’Etoile du Nord fait suite à celle du Lazare d’Eric Fréchon, C’est le début d’un programme. Quel en est le principe ?
P. R. Nous voulons réinventer les buffets de gare. J’ai trouvé une édition extraordinaire du Chaix datant de 1954. C’est un recueil des buffets de gare. On y découvre, par exemple, que la spécialité du buffet de la gare de Lons-le-Saunier, c’était la quenelle de brochet, dont on donnait la recette. Les buffets, à l’époque, comptaient dans la gare et dans la vie de la ville. C’étaient des lieux ouverts tous les jours, tôt le matin et tard le soir. C’est le cas de l’Etoile du Nord, que nous venons d’inaugurer et qui va ouvrir de 6h à minuit et va proposer de la vente à emporter à partir de 5h et demie. Tout cela s’inscrit dans notre volonté de faire de la gare un « City booster ». La gare doit rayonner et servir la ville, notamment en offrant des buffets de qualité.VR&T. Quels seront les prochains buffets ?
P. R. Nous continuerons avec la gare Montparnasse dont le buffet sera confié à Alain Ducasse d’ici fin 2018. Michel Roth vient de signer la carte du buffet de la Gare de Metz. Nous allons ouvrir des buffets à Strasbourg, Rennes, Lyon, Marseille, Bordeaux. Nous cherchons actuellement les chefs.VR&T. L’Etoile du Nord est financée et exploitée par Lagardère Travel Retail France, prend place dans un nouveau lieu conçu par l’architecte Patrick Bouchain et a pour chef Thierry Marx. Investisseur privé, nouveau lieu, grand chef, c’est la recette de Gares & Connexions pour les buffets ?
P. R. Non, nous n’avons pas de « recette » pour l’ensemble des buffets. A Bordeaux, nous terminons d’abord des travaux compliqués, avant de déterminer le lieu du buffet qui, de ce fait, ouvrira après la ligne nouvelle. A Strasbourg, nous voulons réinvestir un lieu aujourd’hui ingrat, mais dont la structure est magnifique. Nous nous décidons au cas par cas.Propos recueillis par F. D.
Laurent Wauquiez sort son plan de sécurisation des trains et gares TER
Le président de la région Auvergne-Rhône-alpes n’a pas lésiné sur les moyens pour assurer « le bouclier de sécurité de la région ». Doté d’une enveloppe estimée à cent millions d’euros sur cinq ans, le plan de sécurisation adopté le 17 novembre va doubler les effectifs de la police ferroviaire et déployer une couverture maximale de la vidéoprotection dans les gares, les parkings limitrophes et leurs abords immédiats.
Ainsi la Sûreté ferroviaire (Suge) qui compte actuellement 17 équipes composées de 160 agents passera à 34 équipes et 320 agents d’ici fin 2017, avec un déploiement en trois étapes à partir de mars prochain. Douze équipes sont directement financées par la région, et cinq par la SNCF, « un financement négocié directement avec Guillaume Pepy », selon Laurent Wauquiez qui souhaitait une réelle implication de la SNCF.
L’autre volet du plan concerne l’installation de caméras dans les rames TER et les gares. Une réponse à « la forte augmentation* des faits de délinquance en 2015, notamment dans les trains avec +27 % », selon le président de région. Les actes délictueux ont lieu principalement dans les gares (60 %), les trains (15 %) et sur les autres emprises SNCF (25 %). Aujourd’hui, si 70 % des trains TER rhônalpins sont dotés de caméras (aucune rame en Auvergne), seules 13 % des gares et haltes (soit 49 sur 366 gares) sont équipée de vidéoprotection. Le plan prévoit d’équiper en priorité les 105 gares les plus fréquentées (plus de 300 000 voyageurs/an) et situées sur des axes sensibles (périurbain de Grenoble, vallées de l’Arve, du Rhône, de la Saône, du Gier, Clermont – Issoire, Saint-Etienne – Le Puy).
Enfin, un Centre de supervision régional « vidéopatrouille » sera créé pour les gares les plus sensibles permettant l’accès en temps réel aux images et le traitement des caméras intelligentes de détection des comportements suspects. In fine, le coût du plan reste à peaufiner en fonction de l’abondement de l’Etat dans le CPER, très sollicité, et des partenaires collectivités pour la sécurisation des abords et parkings des gares. Le prix à payer pour la région qui va « le plus investir en France dans la sécurité des transports ferroviaires ».
Claude Ferrero
* 8 500 actes liés à la sûreté (+15 % pour les biens, +3 % pour les personnes), dont 85 % sont concentrés dans les cinq départements rhônalpins les plus peuplés. Source base Cezar SNCF.
Auvergne Rhône Alpes lance son plan de sécurisation ferroviaire
Le président de la région Auvergne-Rhônalpes n’a pas lésiné sur les moyens pour assurer «le bouclier de sécurité de la région ». Doté d’une enveloppe estimée à cent millions d’euros sur cinq ans, le plan de sécurisation adopté… le 17 novembre va doubler les effectifs de la police ferroviaire et déployer une couverture maximale de la vidéo-protection dans les gares, les parkings limitrophes et leurs abords immédiats.
Ainsi la Sûreté ferroviaire (SUGE) qui compte actuellement 17 équipes composées de 160 agents passera à 34 équipes et 320 agents d’ici fin 2017, avec un déploiement en trois étapes à partir de mars prochain. Douze équipes sont directement financées par la région, et cinq par la SNCF, « un financement négocié directement avec Guillaume Pépy » selon Laurent Wauquiez qui souhaitait une réelle implication de la SNCF.
L’autre volet du plan concerne l’installation de caméras dans les rames TER et les gares. Une réponse à « la forte augmentation* des faits de délinquance en 2015, notamment dans les trains avec +27 % » selon le président de région. Les actes délictueux ont lieu principalement dans les gares (60%), les trains (15%) et sur les autres emprises SNCF (25%). Aujourd’hui, si 70% des trains TER rhônalpins sont dotés de caméras (aucune rame en Auvergne), seules 13% des gares et haltes (soit 49 sur 366 gares) sont équipée de vidéo-protection. Le plan prévoit d’équiper en priorité les 105 gares les plus fréquentées (plus de 300 000 voyageurs/an) et situées sur des axes sensibles (périurbain de Grenoble, vallées de l’Arve, du Rhône, de la Saône, du Gier, Clermont-Issoire, Saint-Etienne-Le Puy).
Enfin, un Centre de supervision régional « vidéo-patrouille » sera créé pour les gares les plus sensibles permettant l’accès en temps réel aux images et le traitement des caméras intelligentes de détection des comportements suspects. In fine, le coût du plan reste à peaufiner en fonction de l’abondement de l’Etat dans le CPER, très sollicité, et des partenaires collectivités pour la sécurisation des abords et parkings des gares. Le prix à payer pour la région qui va « le plus investir en France dans la sécurité des transports ferroviaires ».
Claude Ferrero
*8500 actes liés à la sureté (+15% pour les biens, +3% pour les personnes), dont 85% sont concentrés dans les 5 départements rhônalpins les plus peuplés. Source base Cezar SNCF.
L’Occitanie ne financera pas la gare TGV de Montpellier
L’avenir de la gare TGV de Montpellier-La Mogère s’obscurcit davantage. Tandis que les travaux avancent pour cette installation comprenant à terme un faisceau de huit voies dont six à quai, ce qui en fera la plus grande gare TGV de France la région Occitanie vient de stopper son financement. Raison invoquée : l’annonce par SNCF d’une desserte, à partir du printemps 2018, de seulement deux allers-retours par jour soit un Ouigo de et vers Paris, un Paris-Montpellier-La Mogère et un Perpignan-Paris. Dans un premier temps, deux des six voies à quai ne seront pas posées. Cette gare n’offrira pas de correspondance avec les TER ou les Intercités.
« Une gare nouvelle ne peut se justifier qu’à la seule condition qu’elle soit utile et accessible au plus grand nombre de nos concitoyens », explique la présidente du conseil régional Carole Delga (PS) dans un communiqué daté du 26 octobre 2016. Cette gare, d’un coût s’approchant de 150 millions d’euros, est contestée par une partie de la majorité régionale. La région la finance à hauteur de 32,2 millions d’euros.
Montpellier Méditerranée Métropole a déjà voté l’extension de la ligne 1 du tramway jusqu’à la gare de la Mogère, construite dans une zone non encore urbanisée. Cette section devrait coûter une quarantaine de millions d’euros pour 1,2 km et deux stations. Le tramway arriverait en surplomb du faisceau de voies SNCF, sur la dalle supportant le bâtiment voyageurs, après avoir franchi l’autoroute A9 déclassée et l’autoroute A9bis qui la doublera. Treize stations de tramway sépareraient la gare de la Mogère de la gare Saint-Roch, au centre de Montpellier.
M. G. L.
Keolis dévoile son enquête sur les voyageurs et leurs usages digitaux
Dis-moi quels services tu utilises et je te dirai quel voyageur tu es. Dans le cadre de l’Observatoire des mobilités digitales créé en 2015 …
par Keolis et Netexplo, 2783 personnes ont été interrogées pour connaître les différentes utilisations du digital au cours de leurs déplacements. Trois catégories de profil sont distinguées, selon l’étude qui a été présentée le 4 octobre : les « Digi’mobiles » qui représentent 31 % des sondés, à l’aise avec le digital, voire « accros » au smartphone. Ce groupe peut encore se différencier entre autonomes (21 %) et hyperactifs (10 %).
Deuxième catégorie : les connectés (39 % recensés), ont pris le virage du digital mais restent « encore ancrés dans le web 1.0 », commente Eric Chareyron, le directeur prospective de Keolis. Ils sont soit suiveurs à 14 % en attente de modernité, soit « web assis » en attente de simplicité.
Enfin, 30 % des personnes interrogées sont « off-line », autrement dit peu utilisateurs de services digitaux. Ce sont soit des personnes isolées (20 %) soit fragiles (10 %, majoritairement des personnes âgées).
Keolis relève « trois attentes d’assistance numérique prioritaire : mobilier urbain connecté, sécurité et guidage ». Et annonce une prochaine étude étendue à l’international sur le sujet.
Le Conseil d’Etat donne raison à l’Arafer sur les redevances en gare
Le Conseil d’Etat a validé le 3 octobre l’avis défavorable rendu le 17 février par l’Arafer sur le projet de redevances de prestations dans les gares. Le Conseil d’Etat a rejeté la requête de Gares & Connexions contestant la légalité de l’avis.
« La Haute assemblée confirme que pour déterminer le montant des redevances des gares de voyageurs, Gares & Connexions doit tenir compte d’objectifs de performance et de productivité qui doivent être mentionnés avec suffisamment de précision dans le document de référence des gares (DRG). Ce document doit également préciser selon quelles modalités les redevances sont modulées », indique l’Arafer dans un communiqué qui se félicite que le Conseil d’Etat conforte la position de l’Arafer sur la fixation des redevances. De même, il a validé la classification de gare d’intérêt régional donnée par l’Arafer aux parties souterraines des gares de Paris-Austerlitz, Paris-Nord et Paris-Lyon.L’Etat prié de geler tout financement de LGV
Selon un rapport sénatorial présenté le 29 septembre, l’Etat doit « geler pendant une quinzaine d’années le financement des nouveaux projets de lignes à grande vitesse » (LGV) pour « donner la priorité à la modernisation des réseaux existants ». Les projets de LGV reliant Bordeaux à Toulouse et Dax, Poitiers à Limoges et Montpellier à Perpignan « apparaissent comme des investissements excessifs » et leur construction « mérite d’être différée, à tout le moins pendant une quinzaine d’années », affirme ce document, produit par un groupe de travail de huit sénateurs de droite et de gauche, mis en place en février par la commission des finances du Sénat.
Ils demandent aussi que les grands projets de plus de 100 millions d’euros et tout particulièrement le tunnel ferroviaire transfrontalier de la future LGV Lyon – Turin, fassent l’objet de « contre-expertises » du Commissariat général à l’investissement.
Selon eux, il faut avant tout investir « massivement » dans le renouvellement du réseau ferroviaire. D’après leurs calculs, il faudrait dégager de un à deux milliards supplémentaires chaque année. Rappelons que le gouvernement s’est engagé à porter progressivement ce montant à trois milliards d’ici 2020, alors qu’il atteint actuellement 2,5 milliards d’euros.
Or, les crédits sont « insuffisants pour faire face aux engagements souscrits » et l’Agence de financement des infrastructures de transports (Afitf) aura besoin d’une « nette augmentation de ses ressources dès les prochains exercices budgétaires ». D’où l’idée de « concevoir une nouvelle forme d’écotaxe, que ce soit sous la forme d’une redevance kilométrique ou d’une vignette » pour les poids lourds.
Premier Véligo dans une gare parisienne
Déjà présent dans 48 gares franciliennes, Véligo, le service de stationnement de vélos créé par le Stif en 2000 vient de s’installer à Paris : le 28 septembre, un espace a ouvert dans le parking Effia Pasteur de la gare Montparnasse. Cet espace sécurisé, comprend 60 places accessibles 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, avec une carte Navigo en cours de validité. L’aménagement a coûté 90 000 euros, financés par le Stif à 75 %, la Ville de Paris (12,5 %) et SNCF Gares & Connexions (12,5 %). Le dispositif comprend actuellement 2 954 places dans plus de 4 000 Véligo et abris en accès libre, l’objectif du Stif étant d’en créer 20 000 d’ici à 2020. Service apprécié des voyageurs (92 % de satisfaction lors de l’enquête 2013), Véligo est assuré par SNCF Transilien, qui a délégué la gestion à Kisio Service, filiale du Groupe SNCF. Le nouveau service www.veligo.transilien.com permet une souscription en ligne et une carte interactive est disponible sur www.stif.info/carte-veligo.html.

Campagne et plan de bataille contre la fraude
Les actions anti-fraudes ne se font plus en ordre dispersé et la région, le Stif, la RATP et la SNCF le font savoir par le biais d’une campagne inédite du 19 septembre au 4 octobre : « fraudeurs pour vous les règles ont changé ». « L’idée c’est de dire aux fraudeurs occasionnels, “ce n’est pas malin de frauder aujourd’hui“ pour renverser l’état d’esprit », a expliqué Valérie Pécresse. La présidente LR de l’Ile-de-France et du Stif a indiqué avoir reçu l’assurance de Bernard Cazeneuve de l’imminence des décrets d’application sur le volet sûreté de la loi Savary.
Pour mémoire, la loi a fait passer le délit de fraude d’habitude de 10 à 5 contraventions, interdit les mutuelles de fraudeurs, les signalements de présence de contrôleurs via les réseaux sociaux, et prévoit des peines lourdes pour déclaration de fausses identité ou adresse (jusqu’à 2 mois de prison et 3750 euros d’amende). Mais il manque les décrets permettant aux agents assermentés d’exiger une pièce d’identité, de faire des contrôle en civil, de croiser les informations avec les fichiers du fisc et de la sécu et de retenir les contrevenants pendant 4 heures. « Nous nous sommes inspirés de ce qu’a fait le métro de New York, a encore dit Valérie Pécresse. Car l’entrave au déplacement est encore la sanction la plus pénalisante ».
Selon la cour des comptes, la fraude a coûté 366 millions d’euros en 2015, soit un million par jour. La RATP a elle chiffré à 171 M€ la perte de recettes et 90 M€ le coût du contrôle. « L’enjeu est aussi de justice et de citoyenneté », ajoute sa présidente, Elisabeth Borne. Alain Krakovitch, le directeur de Transilien, qui mène depuis un an des opérations coup de poing sous forme de bouclage complet d’une gare, assure lui que « la fraude a baissé de 2 points en deux ans » et qu’elle « déclenche l’exaspération de ceux qui payent. »
Les derniers contrats passés avec le Stif prévoient que la RATP récupère 20 M€ et la SNCF 10 M€. Les sanctions pécuniaires, allant de 35 à 120 €, sont alourdies sur tous les réseaux, et la RATP déploie cette année le PV électronique, tandis que la SNCF a prévu d’assermenter ses 5000 agents de gares. Sachant enfin de la triche est plus importante sur les réseaux ouverts (en moyenne 12 % contre 3 %), il est prévu de fermer les réseaux tram (en commençant par T 11 en 2017) et 14 gares franciliennes dont Saint-Lazare, moyennant une aide du Stif de 50 M€. Cette dernière, qui génère les flux banlieue les plus importants d’Europe, aura des lignes de contrôle automatiques fin 2018. « 90 % des clients franciliens passeront alors par un portique de contrôle contre 80 % actuellement », conclut Alain Krakovitch.
Cécile NANGERONI

Le gouvernement sans solution face à la dette ferroviaire
Circulez, il n’y a rien à voir C’est ce qui ressort après lecture du rapport sur la dette du système ferroviaire transmis le 19 septembre au Parlement par le gouvernement. Celui-ci a décidé de ne pas reprendre la dette ferroviaire… qui devrait s’élever à 50 milliards d’euros en 2025, ni de la placer dans une structure ad hoc de cantonnement. Une reprise totale ou partielle, explique le rapport, pèserait « lourdement sur le déficit public ».
La hausse de cette dette s’était notamment accélérée dans les années 2010 (+7 % annuellement) du fait du lancement de la construction simultanée de quatre lignes à grande vitesse et de la progression continue du montant des dépenses de renouvellement du réseau. Le coût de la dette, très élevé (1,5 milliard d’euros annuels) va représenter un poids très important dans la prochaine décennie.
Mais, selon le gouvernement, « le législateur a créé les conditions d’un redressement durable du système ferroviaire par la loi de réforme du 4 août 2014 ». Et d’expliquer : chacun fera des efforts, de productivité notamment. De plus, la règle d’or, dont le décret d’application est en cours d’examen par le Conseil d’Etat, et qui empêche SNCF Réseau de financer des projets au-delà d’un certain ratio, doit limiter à l’avenir l’endettement du système ferroviaire, assure-t-il. Enfin, des plans de performances qui doivent être signés d’ici à la fin de l’année permettront de rétablir les équilibres financiers.
Ce rapport a suscité consternation et critiques. « On nous explique assez simplement que, oui, cette dette est ennuyeuse. Mais que c’est encore plus ennuyeux de l’avoir sur les comptes de l’Etat en période préélectorale », commente le député socialiste de la Gironde Gilles Savary, qui a été rapporteur de la loi ferroviaire. De plus, selon lui, l’endettement envisagé – 50 milliards de dette stabilisée – n’est exact que si on respecte les textes. Or, poursuit-il, « on est déjà en train de s’affranchir de la règle d’or puisque CDG Express va être lancé ».
Le député UDI Bertrand Pancher dénonce aussi le projet du gouvernement de faire porter en partie par la SNCF le financement de CDG Express. « Il est regrettable que le démarrage du premier projet d’infrastructure d’envergure mette à mal un principe visant à ne plus aggraver la dette abyssale de notre système ferroviaire. » Et de rappeler « qu’après l’abandon de la taxe poids lourd ou le renoncement à percevoir une contribution sur les carburants dont les prix n’ont jamais été aussi faibles, le gouvernement qui ne dispose d’aucun moyen pour financer nos infrastructures de transport se lance dans une opération qui en dit long sur nos dérives ».
Même son de cloche du côté d’Hervé Maurey, président de la commission du Développement durable du Sénat qui demande qu’on « arrête prendre des décisions qui plombent la SNCF ». Selon le sénateur UDI de l’Eure, « en juin, on a enterré la réforme sociale, indispensable pour que la SNCF retrouve de la compétitivité. Aujourd’hui, on s’assoit sur la règle d’or que nous avons votée… » Et il conclut : « Si le gouvernement voulait tuer la SNCF, il ne s’y prendrait pas autrement. » Et de demander à Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat aux Transports, de venir s’expliquer devant son Assemblée. M.-H. P.