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Catégorie : Infrastructures
Retrouvez toute l’actualité des infrastructures de transports: travaux, maintenance des lignes, gares, ouvrages d’art, viaducs et ponts ferroviaires.

La fin du réseau Intercités, premier acte
Le gouvernement joue la prudence : en présentant le 19 février un « point d’étape » sur l’avenir des trains d’équilibre du territoire (TET, également dénommés Intercités), il n’a pas voulu révéler quel serait le sort des Intercités, ligne par ligne… class= »MsoNormal »>
« Le préfet François Philizot poursuit sa concertation pour faire évoluer l’offre TET de jour », a indiqué Alain Vidalies en précisant que les décisions seraient prises au fur et à mesure et au plus tard le 1er juillet.
Mais, selon les services du secrétaire d’Etat aux Transports, il est prêt à signer avec la SNCF un nouveau contrat sur les TET, qui serait limité aux quatre lignes structurantes définies par le rapport Mobilité 21 du député socialiste Philippe Duron : Paris – Limoges – Toulouse, Paris – Clermont, Transversale Sud Bordeaux – Toulouse – Marseille, Paris – Caen – Cherbourg.
A moins que les régions concernées ne fassent part de leur souhait d’en devenir elles –mêmes les autorités organisatrices. C’est ce qu’a proposé la Normandie par exemple, qui a indiqué le 18 février qu’elle accepterait de prendre en charge la gouvernance des trains Intercités assurant les liaisons avec Paris en échange de matériel neuf. « Dans l'hypothèse où l'Etat financerait ce plan de rattrapage, je proposerai à l'assemblée régionale que la région Normandie se substitue à l'Etat comme autorité organisatrice de ces deux lignes [Paris – Caen – Cherbourg, et Paris – Rouen – Le Havre, NDLR] », a précisé Hervé Morin (UDI), son président.
Sur les liaisons dont il restera l’autorité organisatrice, l’Etat va demander à la SNCF d’être plus offensive commercialement. Elle sera incitée à aller chercher des clients en leur proposant des tarifs attractifs et en facilitant les correspondances et le passage d’un mode à un autre. C’est d’ailleurs ce qu’annonçait Jean Ghédira, le patron des Intercités dans une interview publiée par Le Parisien le 29 janvier. « Je veux rendre les trains Intercités populaires. En 2016, on va multiplier par quatre le nombre de billets à petit prix, d'un million en 2015 à 4 millions », indiquait-il. L’Etat demande aussi que l’accès à Internet soit amélioré à bord et que les trains soient plus propres.
En contrepartie, l’Etat va investir 1,5 milliard d’euros pour renouveler le matériel sur les liaisons structurantes. Les futurs trains devront être plus confortables et aptes à rouler à 200 km/h voire un peu plus. D’où la décision de lancer un appel d’offres. Ce choix permet de ne pas être accusé de favoritisme envers Alstom et Bombardier qui proposaient d’utiliser les contrats-cadres de commandes de TER conçus pour rouler à 160 km/h en les adaptant aux « grandes lignes ». Cette option évite ainsi tout risque de recours juridique et permet sans doute aussi de gagner du temps en repoussant à plus tard le moment de sortir le carnet de chèque.
Paris – Caen – Cherbourg sera traitée à part car, sur cette liaison, il faudra choisir des trains à deux niveaux afin de faire face à l’afflux de voyageurs dans la partie banlieue parisienne. De ce fait, Bombardier devrait être retenu pour cette partie du marché (l’enveloppe est estimée à 400 ou 500 millions d’euros sur les 1,5 milliard). Alstom bénéficiera aussi d’une partie des commandes futures (voir pages suivantes).
L’avenir des autres lignes TET fera l’objet d’une négociation avec les régions. Soit les régions n’en veulent pas, et elles sont supprimées. Soit les liaisons seront reprises par les régions et l’Etat serait prêt à prendre en charge le renouvellement du matériel. S’agissant des trains de nuit, le gouvernement suit là encore les recommandations du rapport Duron : seules deux lignes seront maintenues car le gouvernement estime qu’il n’existe pas d’autre offre alternative suffisante. Ce sont les lignes Paris – Briançon et Paris – Rodez / Latour-de-Carol. Pour les autres trains de nuit, l’exploitation sera poursuivie jusqu’au 1er juillet prochain. Après, le gouvernement arrêtera de les subventionner. « Cela n’est plus supportable : à chaque fois qu’un voyageur prend un train de nuit, cela coûte 100 euros à la collectivité », rappelle Alain Vidalies.Toutefois, « pour être sûr que tout a été fait », un appel à manifestation d’intérêt sera lancé sur ces trains de nuit. Y aura-t-il des candidats ? La réponse n’est pas évidente : les liaisons de nuit sont coûteuses à exploiter et font face à la concurrence redoutable de liaisons aériennes low cost et désormais de lignes d’autocar. A cela s’ajoutent les nombreux travaux menés la nuit sur le réseau qui rendent l’équation encore plus difficile.
Ces difficultés ne sont pas propres à la France : le gouvernement suit l’exemple de l’Allemagne qui a annoncé il y a quelques semaines l’arrêt de tous ses trains de nuit en décembre prochain.Marie-Hélène Poingt
Ouverture du dimanche dans les gares: parution de l’arrêté au JO
L’arrêté autorisant l’ouverture dominicale des commerces de détail situés dans douze gares dont six à Paris a été publié le 11 février au Journal officiel.
Le nouvel article du code du travail autorise les commerces de détail situés dans six gares implantées à Paris ainsi que dans les gares d’Avignon-TVG, Bordeaux Saint-Jean, Lyon Part-Dieu, Montpellier Saint-Roch, Marseille Saint-Charles et Nice Ville « à déroger au repos dominical des salariés dans les conditions définies ».
180 millions d’euros de travaux pour moderniser le réseau de Midi-Pyrénées en 2016
Le 26 janvier, à moins d’un an de la fin des conventions liant la SNCF aux régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, les directeurs Midi-Pyrénées de SNCF Mobilités, Jacques Rascol, et de SNCF Réseau, Pierre Boutier, ont présenté, peut-être pour la dernière fois, les perspectives du ferroviaire en Midi-Pyrénées. « La SNCF travaillera avec le conseil régional pour faire du ferroviaire un atout de la construction de la grande région Midi-Pyrénées–Languedoc-Roussillon », ont-ils affirmé. La nouvelle entité créée au 1er janvier compte désormais 2 900 km de voies (1 560 en Midi-Pyrénées) et transporte 37 millions de voyageurs (20 en Midi-Pyrénées) dans 800 trains (435 en Midi-Pyrénées).
Avec 180 millions d’euros d’investissement, la modernisation du réseau Midi-Pyrénées se poursuit. A la gare Matabiau, deux voies seront renouvelées en juillet tandis qu’une voie nouvelle de 115 mètres, la 1C, sera mise en service à la fin de l’année. La construction d’un poste de commande à grand rayon d’action, première brique de la commande centralisée du réseau, débutera en mars pour une livraison fin 2017. L’organisation des circulations des trains par blocs indépendants, amorcée fin 2009 par le nord-est, s’achèvera d’ici fin 2016 par le bloc central commandant les circulations Montauban – Toulouse – Carcassonne.
Le 4 janvier, le préfet de Haute-Garonne a déclaré d’utilité publique les aménagements ferroviaires au nord de Toulouse dans le cadre du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). En 2016, 19 km de voies y seront aménagés afin d’autoriser simultanément deux circulations lentes (TER et fret) et deux rapides (TGV et trains sans arrêts). Un terminus TER partiel sera créé à Castelnau-d’Estrétefonds. L’axe Toulouse – Tarbes verra 150 km renouvelés d’ici 2020 dont, en 2016, les sections Toulouse – Empalot – Portet – Saint-Simon et Capvern – Tournay.
La modernisation des gares bénéficiera de 6,7 millions d’euros, dont 3 millions pour la seule gare Matabiau (rénovation du hall d’arrivée avec la création d’une nouvelle salle d’attente). Cinq gares seront transformées en pôle d’échanges multimodal dont Castres et Pamiers.
En Languedoc-Roussillon, près de la moitié des voies et 85 % du réseau structurant (820 km) seront renouvelés entre 2015 et 2025 pour près d’un milliard d’euros, le plus gros programme d’investissement de France.
Catherine Sanson-Stern
« Semi-grande vitesse » et gares rénovées à la française en Inde
Les échanges franco-indiens ne se limitent pas à d’éventuels achats d’avions Rafale. A l'occasion de la visite officielle de François Hollande en Inde, du dimanche 24 au mardi 26 janvier, la SNCF a conclu un accord concernant une étude sur la rénovation de deux gares dans le nord du pays. Il s'ajoute à un premier accord signé le 9 décembre dernier avec les Indian Railways (IR) concernant un contrat d’étude sur la modernisation de la ligne voyageurs Delhi – Chandigarh (245 km) en « semi-grande vitesse » (200 km/h). Tous deux s'inscrivent dans le cadre d’un protocole de coopération signé en avril dernier avec les IR.
L’étude d’exécution de la modernisation de la ligne Delhi – Chandigarh concernée par le premier accord sera financée à égalité par la France et l’Inde. Mobilisant une trentaine d’experts durant un an, en France et en Inde, cette étude a pour objectifs d’identifier les solutions techniques de rénovation, d’en tirer trois scénarios possibles et de développer les conditions de mise en œuvre du scénario retenu. De quoi envisager ultérieurement la modernisation de neuf lignes prioritaires (totalisant 6 400 km environ) à adapter à la semi-grande vitesse, ce qui intéresse déjà une quinzaine d’acteurs du secteur ferroviaire français (Alstom, Thales, Vinci, ETF, Vossloh Cogifer, Actia, Elno, Lumiplan, Railtech, Keolis, NGE/TSO, etc.) et trois banques.
C’est également dans le contexte d’un vaste programme – la modernisation de 400 gares – que le deuxième accord a été signé pour un projet pilote concernant les gares d’Ambala (état de Haryana dans le nord) et Ludhiana (état du Pendjab, dans le nord-ouest). L’objectif, selon la SNCF, est de « partager l’expérience française de modernisation de gares et de créer un concept de rénovation – architecture, plateforme ferroviaire, immobilier, financement – adapté à l’Inde ». Ce qui devrait permettre d’établir un ou plusieurs modèles de rénovation pour d’autres gares en Inde. A cette fin, une équipe de 12 experts SNCF, notamment Gares & Connexions et Arep (architectes, exploitants, financiers), travailleront en Inde et en France sur ce projet durant six mois.
Au-delà du ferroviaire, les Français comptent bien trouver une place dans le programme de 100 smart cities annoncé par le Premier ministre indien Narendra Modi. Ils souhaitent piloter le projet dans trois villes : Pondichéry au sud (district de Pondichéry, enclavé dans le Tamil Nadu), Nagpur au centre (Maharashtra), et Chandigarh, ville conçue par Le Corbusier, au nord (capitale du Pendjab et de l'Haryana), par laquelle François Hollande a entamé sa visite en Inde.
P. L.
Le gouvernement revoit le fonctionnement des gares routières
Le fonctionnement des gares routières va être revu, selon une ordonnance présentée le 25 janvier au Conseil des ministres. Cette ordonnance initiée par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, et par le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, doit permettre de répondre au « développement important du marché » des autocars suscité par le texte promulgué à l’été 2015, a souligné le Conseil des ministres dans un communiqué.
Or, le cadre de fonctionnement des gares routières était dépassé, « régi par des textes de 1926 et 1945 ». Le texte présenté mercredi aux ministres « a pour objectif d’assurer une égalité d’accès des opérateurs économiques aux gares routières, d’augmenter les retombées positives au plan local de ces nouvelles dessertes, et de répondre aux exigences de qualité de service des usagers ».
Il prévoit en particulier « la tenue d’un registre public qui permettra aux transporteurs de connaître les offres d’accueil des autocars » et « un principe de non-discrimination entre transporteurs ». La nouvelle Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) s’est vu confier, selon la même source, « une mission de régulation de l’accès aux gares ». Elle pourra ainsi « édicter des règles afin de prévenir d’éventuelles distorsions de concurrence » et arbitrer des différends, « avec un pouvoir de mise en demeure d’office et de sanctions ».
La métamorphose capitale des gares parisiennes
Les six grandes gares parisiennes changent en profondeur. Gares & Connexions les transforme en lieux de vie et en espaces commerciaux, sources de revenus permettant de contribuer au financement des travaux. Son directeur général, Patrick Ropert, invité comme grand témoin du Club Ville, Rail & Transport, pour évoquer « La nouvelle vie des grandes gares de Paris » nous dresse un état des lieux.
Le Grand Paris des gares sera contrasté. D’un côté, en petite couronne, vont naître de nouveaux édifices le long du nouveau métro. De l’autre, au cœur de la capitale, trônent des monuments majeurs qu’il faut repenser. Les six gares parisiennes ont été construites vers 1850. Elles ont traversé le temps en s’adaptant à la croissance du trafic. Elles figurent toutes parmi les sept gares les plus fréquentées de France, où seule la gare de Lyon-Part-Dieu s'intercale et devance Paris-Austerlitz. A l’aube du XXIe siècle, elles ont besoin de s’adapter à leur époque. Une opération de rénovation coûteuse. Gares & Connexions, branche de la SNCF chargée de la gestion et du développement des gares, doit investir beaucoup d’argent dans ces travaux, et table sur le développement d’emplacements commerciaux pour lui apporter des fonds. Comme le souligne Patrick Ropert, directeur général de Gares et Connexions, « la gare forme un quartier de ville assez singulier, dans lequel l’intensité du flux généré par les transports publics crée une capacité à développer de l’activité économique ». Développer cette activité tout en accueillant les voyageurs, « c’est notre mission et notre raison d’être principale ».
Les premiers résultats sont là. Sur 1,2 milliard de chiffre d’affaires généré par les gares, la moitié est réalisée par les péages des trains, le reste provient de l’immobilier et du commerce, ou, pour parler comme les professionnels, du real estate et du retail. Les loyers des magasins situés dans les gares rapportent déjà 170 millions à Gares & Connexions, qui s’est fixé comme objectif de doubler cette ressource d’ici 2023. Cet argent est réinvesti dans des travaux d’aménagement ou de rénovation. « Nous sommes dans une économie circulaire, ce qui nous permet de compenser l’argent public devenu rare », se félicite Patrick Ropert. Gares & Connexions souhaiterait aller plus vite pour développer ces profitables commerces mais se voit limité par sa capacité d’investissement. Ce qui est sûr, c'est que la demande est là. Les points de vente en gare sont rentables. Ils ont généré l’an passé un milliard de chiffre d’affaires, en hausse de 3,5 % sur les neuf premiers mois de 2015. La progression est nettement supérieure à celle des commerces de ville ou des centres commerciaux, qui s’établit dans une fourchette entre 0,2 et 0,5 %. Mais elle reste en deçà de celle des boutiques implantées dans les hubs britanniques qui ont connu une croissance comprise entre 4,5 % et 6, 5 %. Il faut dire que ces magasins ont bénéficié des investissements réalisés dans ces gares. Pour attirer dans les commerces, il faut des gares modernes et fonctionnelles. Ce à quoi Gares & Connexions travaille. Et certaines gares parisiennes ont déjà bénéficié de travaux.
Dans la gare du Nord, le réaménagement a débuté par le côté banlieue qui représente 80 % du trafic, contre 3 % pour celui d’Eurostar. « C’était là que les travaux s’imposaient de manière la plus urgente. Les quais du RER n’avaient pas été refaits depuis leur création », justifie Patrick Ropert. L'installation d’une mezzanine a permis d’accueillir de nouveaux commerces qui connaissent déjà « une performance hors pair ». En 2016, la gare accueillera une brasserie de 750 couverts tenue par le chef Thierry Marx. « La restauration est un élément clé de la consommation en gare et un élément majeur de la culture française. Le succès du Lazare avec le chef Eric Frechon est spectaculaire, nous voulons le décliner dans d’autres gares avec d’autres chefs », explique le directeur de Gares & Connexions. Le parking à vélos qui était devenu un lieu de deal a été rasé pour y installer un Starbucks avec terrasse : « Nous préférons que les gens consomment du café plutôt que de se voir proposer du crack en sortant de l’Eurostar. » Mais pas question de mettre des boutiques partout. Le confort des voyageurs reste la priorité. Il est prévu de procéder au nettoyage des quais devenus trop encombrés en enlevant des commerces pour redonner de l’espace. La livraison de nouvelles rames Eurostar Siemens permettra d’augmenter la capacité des trains de 20 %. Pour gérer cette croissance, le terminal transmanche sera doublé. Déjà, premier signal du renouveau, pour faire entrer l’art dans la gare, une sculpture de Richard Texier a été installée sur le parvis.
Si le défi de la Gare du Nord, qu'impose notamment la compétition Paris/Londres, est le plus spectaculaire, toutes les grandes gares sont logées à la même enseigne. En 2021, elles auront toutes été rénovées. Le travail est entamé dans la plupart d'entre elles.
La première à en avoir bénéficié est celle de l’Est. Le beau bâtiment a fait l’objet de gigantesques travaux de transformation, livrés en 2009, pour accueillir le TGV Est. Ils se poursuivront par l’installation d’un jardin public en bordure de la rue d’Alsace en 2019 et la construction d’un quai pour accueillir le CDG Express. Une revitalisation intérieure de la gare et de ses commerces est également prévue.
Saint-Lazare, la plus ancienne des gares d’Ile-de-France, a connu six grandes transformations depuis sa création en 1837. Les cinq premières entre cette date et 1932. Il a ensuite fallu attendre 80 ans pour qu'elle soit de nouveau refondue. Les lourds travaux, débutés en 2003, se sont achevés en 2012, faisant de cette gare « une vitrine mondiale de la transformation. Il nous reste à investir le parvis en y installant des kiosques, à installer de nouvelles activités dans les étages pour irriguer les bâtiments historiques d’un centre de congrès, d’un restaurant club et même d’un centre de fitness qui viendront s’ajouter à la crèche, au restaurant et au bureau de poste. Il manquera un hôtel, mais nous y travaillons », assure Patrick Ropert. L’arrivée des commerces à Saint-Lazare a aussi eu un effet bénéfique relevé par un participant au colloque : « Depuis qu’il y a des magasins dans cette gare les escalators fonctionnent et les couloirs sont propres. » Parole d'un connaisseur, Daniel Cukierman qui, en tant que directeur des gares à la SNCF, a lancé ces grands travaux.
La transformation de la gare de Lyon elle aussi a débuté et se fait par étapes. En 2010 une première phase avait consisté en des travaux d’agrandissement, avec la création du hall 2 livré en 2013. Elle se poursuit avec la restauration de la galerie des fresques, puis viendra le tour des étages du bâtiment. Il est également prévu de réaménager l’arrière de la gare, rue de Bercy d’ici 2019. Très gros projet d'ensemble qui sera prochainement présenté. La gare a été travaillée morceau par morceau. On connaîtra alors le système global qu'elle formera.
Reconstruite dans les années 60 et revisitée dans les années 80, la gare Montparnasse n’est pas la plus belle de Paris. Gares & Connexions prévoit de la réinventer pour en faire un exemple, « à l’instar de ce qui a été fait pour Saint Lazare. Nous allons retravailler l’intérieur, augmenter les espaces commerciaux et les espaces d’attente pour une livraison prévue entre 2017 et 2020 ». Nouvelle étape, que promet Patrick Ropert, on ne fera pas une concaténation des deux espaces – commercial et transport – comme c'est le cas à Saint-Lazare, mais le but est de parvenir à une fusion des espaces.
Enfin, Austerlitz, la moins fréquentée des gares parisiennes, sera la dernière à bénéficier d’un réaménagement prévu pour s’achever en 2021. Un projet inscrit dans la métamorphose de tout le quartier, un « très gros projet conduit avec la Semapa qui dépasse nos propres enjeux », affirme Patrick Ropert.
Enfin, rénovées, les gares parisiennes seront connectées. Offrir la Wi-Fi gratuite en gare permettra à Gares & Connexions, en étudiant la data, de mieux connaître les consommateurs pour mieux les servir.
Pour développer ses emplacements commerciaux, Gares & Connexions ne cache pas s’être inspiré d’Aéroports de Paris. ADP a développé son activité commerces depuis plusieurs années. « L'évolution des redevances perçues sur le trafic (avion et passagers) étant contrainte, nous avons cherché des leviers de développement économique », explique Guillaume Sauvé, directeur de l’ingénierie d’ADP. Aéroports de Paris a trouvé dans le développement des points de vente une solution pour dégager de la rentabilité, et Guillaume Sauvé précise : « Le temps où les infrastructures de transports étaient de simples commodités est révolu. Ce sont des espaces de vie à part entière. L'architecte et l'ingénieur doivent repenser la façon dont sont conçus ces espaces pour en faire des lieux évolutifs, flexibles, pouvant accueillir les nouveaux services demandés par les clients et qu'apporte également la révolution digitale. Il faut valoriser les flux, travailler sur la qualité des espaces, la lumière, mais aussi sur le choix des marques et des offres commerciales présentes. Si le tout est bien combiné, alors le résultat est performant. »
De fait, le chiffre d’affaires par passager d’ADP réalisé dans les boutiques en zone réservée (duty free et duty paid) a doublé en 10 ans, de sorte qu'aujourd'hui chaque voyageur dépense près de 20 euros en moyenne et contribue à une part importante du chiffre d’affaires et des résultats des aéroports parisiens. En 2014, sur les 2,8 milliards de chiffre d'affaires consolidé d’ADP, un peu plus de la moitié provient des activités aéronautiques (redevances d'atterrissage, redevances passagers) qui constituent le cœur historique du groupe, le reste est réalisé via les commerces et services, l’immobilier et les filiales à l'international. C’est ce même équilibre moitié/moitié qu'a établi Gares & Connexions avec son CA de 1,2 milliard.
Pourtant, la situation des gares n'est pas celle des aéroports. Les premières sont au cœur des villes, pas les seconds. Mais ADP essaye de faire venir la ville, ou au moins certaines de ces fonctions autour de l'aérogare en développant le concept de « ville aéroportuaire ». Par exemple en implantant des immeubles bureau, des hôtels à Roissy, ou un centre commercial avec Aéroville. Ces changements s’inscrivent, remarque Guillaume Sauvé dans une démarche « d’adaptation constante de l'aéroport, qui conduit, de même qu'on construit la ville sur la ville, à construire l'aéroport sur l'aéroport ».
Morceau de la ville, l’aéroport en est d’abord la porte d'entrée, et ADP est donc intéressé au premier chef par le futur réseau du Grand Paris : « Paris est en concurrence avec d'autres grandes métropoles européennes et l'amélioration de la desserte des aéroports est un facteur clé de son attractivité et de sa compétitivité, souligne Guillaume Sauvé. A terme, cinq gares du métro du Grand Paris desserviront nos aéroports [NDLR : Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget] et elles seront complémentaires du CDG Express, projet de liaison directe sur lequel Aéroports de Paris est fortement mobilisé et qui reliera en seulement 20 minutes la Gare de l'Est et Roissy. »
« La mondialisation aidant, poursuit-il, le trafic aérien va doubler dans le monde d'ici à 2030 avec près de sept milliards de voyageurs. Or chaque million de passagers supplémentaire accueillis dans les aéroports parisiens crée en moyenne 4 100 emplois directs et indirects. Nous avons donc un intérêt collectif à favoriser le maillage des transports ferrés en Ile-de-France. Il s’agira bien sûr d’assurer de meilleures conditions d'accueil des touristes. Mais les gares du métro du Grand Paris seront aussi essentielles pour le transport du quotidien, en particulier pour les salariés des aéroports. Ils sont aujourd’hui plus de 90 000 à évoluer sur la plateforme de Paris-Charles-de-Gaulle. Or près de 90 % d'entre eux empruntent chaque jour la voiture, avec un temps de trajet non garanti car dépendant des embouteillages ! »
A la RATP, la question se pose différemment. Du fait de l’énormité des flux quotidiens qu’il faut traiter. Peut-être, aussi, le modèle d’espace essentiellement souterrain du réseau de métro et de RER ne se prête-t-il pas à une vie aussi riche que celle des gares ou des aéroports. Quoi qu'il en soit, estime Franck Avice, directeur Services, Relation clients et Espaces de la RATP, sa priorité reste de gérer les transports quotidiens de 10 millions de voyageurs, dont sept millions empruntent les 368 gares ou stations du réseau ferré.
Pour améliorer la qualité de ses services, la RATP souhaite donner de la visibilité à certaines stations. Auber, par exemple, est invisible depuis l’espace public… Il faut encore améliorer le cheminement des passagers en facilitant les correspondances grâce à la signalétique. Essentiel pour une gare comme Châtelet-Les Halles qui voit passer chaque jour 250 000 personnes dans la salle d’échanges. Si les correspondances doivent se faire naturellement, elles sont aussi l’occasion pour la RATP d’offrir du service complémentaire en prenant en compte les attentes des clients. « Les voyageurs qui transitent ne recherchent pas la même chose que ceux qui voyagent loin. Ils sont demandeurs de services du quotidien, comme l’alimentaire », constate Franck Avice. La RATP propose aussi des services de coiffeurs, de laboratoires d’analyses médicales et de centres de fitness. Le fait de devoir rendre des services du quotidien, remarque le patron des Services, « n'empêche pas de monter en gamme et de faire venir de grandes enseignes. Dans l'alimentaire, par exemple, Marks & Spencer a choisi La Défense pour marquer son retour en France ».
Les services proposés par la RATP sont appréciés par ses clients. Mais ce qu’ils rapportent est loin de couvrir ses besoins de financement. « En 2020 nous aurons rénové 260 stations et nous avons besoin de 200 millions d’euros pour nous attaquer aux gares RER. La gare d’Auber va nous coûter cher, or le taux de rentabilité de ces investissements n’est pas positif. Mais il faut le faire, même si on sait qu’une fois rénovée une station n’est pas plus fréquentée », remarque M. Avice. Les loyers des commerces installés dans les stations de la RATP ne suffiront pas à couvrir le coût des travaux à y réaliser. « La station Châtelet a demandé 200 millions d’euros d’investissement, dix fois plus que ce que nous rapportent les commerces en une année. » La question du financement reste donc cruciale. D'autant qu'il faut ensuite entretenir les installations. Ce qui suppose que la question soit prise en compte dès la conception…
Les services passent aussi par une connectivité généralisée. Il faut donner accès aux ressources de la ville. Là où la SNCF fait d'abord le choix du Wi-Fi en gare, pour la RATP, explique Franck Avice, la connectivité passe d'abord par les réseaux 3G ou 4G sur l'ensemble du réseau, car « les gens passent plus de temps dans les véhicules et sur les quais que dans les salles d'échange. Mais fournir ces réseaux dans l'espace souterrain est extrêmement compliqué ».
Ce dialogue incessant entre la gare et la ville, le transport et les services, David Mangin architecte, urbaniste (Agence Seura), en est un témoin privilégié. Il y a dix ans, il remportait le concours des Halles. Or, dit-il, les Halles, c'est une machine infernale, cinq niveaux, un échangeur routier, des grands équipements, trois lignes de RER… Résultat, « une vraie catastrophe qu'il faut réparer ». Les premières réalisations vont émerger dans les mois qui viennent.
Un des aspects du réaménagement suppose des arbitrages entre commerçants et transporteurs. Le transporteur, résume David Mangin, veut que le voyageur arrive le plus vite sur les quais et le commerçant veut qu'il y soit le moins vite possible… Dans l'arbitrage il ne faut pas oublier l'essentiel : il s'agit au bout du compte de trouver le meilleur espace public.
Ce long travail à propos des Halles a amené David Mangin à s'intéresser au souterrain. Un espace qui ne retient pas trop d'habitude l'attention des architectes, attentifs à la surface et au volume. Et pourtant, le souterrain, « pour des millions et des millions de gens, c'est l'espace public principal ».
Or, quand on y regarde de près, pas si simple de comprendre les gares, ni comment, par des espaces le plus souvent souterrains, la gare noue des relations avec la ville. L'équipe de David Mangin a étudié ce qu'il appelle des « mangroves urbaines ». Comment se nouent des liens physiques entre ville et gare, comment « les choses prennent racine et se redéveloppent à partir de leur racine ». Ces relations, si elles sont bien comprises peuvent apporter beaucoup de valeur…
On peut ainsi voir comment fonctionnent ensemble Saint-Lazare et les Grands magasins, ou bien les gares du Nord et de l'Est ou, encore, tout le complexe Châtelet, Forum des Halles, rue de Rivoli, Carrousel et Louvre… Autant de cas qui témoignent de la capacité très forte qu'ont les grands lieux de transport de créer de la vie urbaine.
De ces analyses sur les systèmes existants résulte un étonnement, qui porte sur la conception des gares nouvelles du Grand Paris. 80 % des gares du Grand Paris seront en correspondance avec des gares ou stations existantes (dont 28 de la SNCF). David Mangin ne comprend pas pourquoi il a été demandé dans la conception de ces gares de ne pas créer de couloir… alors qu'ils naîtront de toute façon, comme en témoignent ces analyses de mangroves. « On trouve que ce n'est pas joli, s'étonne l'architecte. Pourtant, bien conçus, avec un itinéraire confortable, ces couloirs peuvent être des lieux agréables. »
Second étonnement, conforté aussi par l'analyse des systèmes urbains : l'étrange obstination à observer l'effet d'une nouvelle gare dans un rayon de 400 ou de 800 mètres alors que la réalité des parcours, au cas par cas, peut montrer des dissymétries : l'attractivité forte d'une gare, parfois à 1 ou 2 km, si le parcours a bien été conçu pour les piétons ou les vélos… ou faible à 200 mètres, quand il faut franchir une route ou un faisceau de voie ferrée et contourner un bâtiment pour en trouver enfin la façade…
Troisième sujet d'étonnement. Les gares du Grand Paris n'ont pas été d'emblée pensées comme « toit commun » pour l'ensemble des systèmes de transport. Question qu'on voit se poser aujourd'hui de façon de plus en plus insistante en se disant, un peu tard peut-être, qu'il ne faudra pas manquer le rendez-vous avec les bus. C'est pourtant un véritable enjeu que, « lors des déplacements en transports en commun, on retrouve les avantages de la voiture, avec laquelle on peut faire plusieurs choses sur le parcours. Il faut faciliter les correspondances avec les bus ou les taxis et tout proposer sous un même toit. Si on ne rend pas confortable l’accès d’un mode de transport à un autre, on n’aura pas l’attractivité souhaitée ».
Une grande partie des difficultés est due aux questions de gouvernance. La sénatrice du Bas-Rhin, Fabienne Keller, les avait précisément soulevées en 2009 dans son rapport sur les gares. Un travail qui lui fit saisir que « les gares sont devenues les nouveaux centres villes ». Quelques années après son rapport, « les défis restent entiers ». L'une des difficultés vient du fractionnement des AO. Et celle-ci se pose avec plus d'acuité en région parisienne qu'ailleurs… Une strate supplémentaire est venue récemment s'ajouter : les installations que vont nécessiter les nouveaux bus interurbains nés de la loi Macron. Un nouveau rendez-vous à ne pas manquer, sinon, avertit Fabienne Keller, « on ratera le chaînage ».
Si elle voit bien le travail en cours dans les grandes gares, elle relève tout ce qui reste à faire pour les bâtiments plus modestes. « Mettre des commerces à St Lazare, c’est facile. Mais en province ou en région parisienne, c’est moins évident. Or, il faut pousser à intégrer des services adaptés aux besoins du quotidien dans les gares de province aussi. » D'autant que la présence de commerces ou de services, en attirant du monde, contribue à créer un sentiment de sécurité. Les alentours, souligne-t-elle, « ne sont pas toujours agréables à vivre ». Il faut « changer les paradigmes pour faire de ces gares des lieux apaisés où l'on puisse se poser, profiter de la 3G ou de la 4G, faire quelques courses ».
Pour jouer un rôle de facilitateur, la sénatrice souhaiterait que la Caisse des dépôts puisse financer ces commerces le temps de leur lancement. Mais « attention à ne pas limiter les gares à des endroits où l’on trouve des transports et des commerces. Ce doit aussi être des lieux de vie. Il faut y intégrer des espaces culturels, même si cela ne rapporte rien au m2. »
Autant de réflexions qui vont à l'appui de sa formule : « La place du village, aujourd'hui, c'est la gare. » Remarquons que c'est aussi la position revendiquée par la SGP, qui voit ses futures gares comme les « places du Grand Paris Express ».
Pour l'instant, le nom de « place » désigne moins une solution qu'une question à résoudre. On cherche encore la voie pour assurer aux gares moyennes ou modestes leur rôle de centre intermodal, de lieu de commerce et de vie. L'effervescence née du sujet, la connaissance fine des enjeux laissent espérer que les bonnes idées seront trouvées. Il n'y a pas de temps à perdre. En tout cas, au cœur de la capitale, on dirait bien que le modèle inauguré à Saint-Lazare, affiné depuis par Gares & Connexions, ouvre la voie à la renaissance des grandes gares.
Valérie Chrzavzez-Flunkert et F. D.
Paris-Nord : French bashing, French loving…
Les gares françaises ont commencé à se renouveler, sans pour autant mettre un terme aux critiques et railleries dont elles font parfois l’objet. L’essayiste Jacques Attali écrivait en juillet dernier que nous avons « les pires gares du monde ». Andy Street, patron des grands magasins britanniques John Lewis, contribuait au french bashing en critiquant la gare du Nord, face à Saint-Pancras : « Vous montez dans l’Eurostar en partant d’un endroit que je ne peux que décrire comme l’épicentre de la misère en Europe, et vous sortez dans une gare moderne, qui va de l'avant. » Patrick Ropert reconnaît que la gare du Nord a grand besoin d’être rénovée. Tâche d'autant plus lourde qu'avec 210 millions de voyageurs, elle est la première gare d'Europe, quand Saint-Pancras en accueille 49 millions. La Gare du Nord n'a reçu aujourd'hui que 75 millions d'investissement… tandis que Saint-Pancras a bénéficié d’1,2 milliard de livres pour sa rénovation. C'est l'effet d'un choix fort, fait par la ville et le pays, de requalifier, au-delà de la gare, tout un quartier du nord de Londres en faisant faire jouer à Saint-Pancras son rôle de City booster. Pari remporté. Le directeur de Gares & Connexions l’admet : « Le succès de Saint-Pancras et les critiques à l’égard de la gare du Nord sont des éléments de motivation pour se bouger. »
Et c'est en cours, Paris-Nord va bénéficier d’une rénovation en deux phases : 2015-2018 on range, 2018-2021, on agrandit. La volonté de transformation n’est pas passée inaperçue outre-Manche. En août dernier le Financial Times conseillait d’investir dans un pied à terre aux abords de la gare du Nord…Satisfaire des voyageurs caméléons
Loin du luxe et des espaces duty free, la RATP est du fait de ses trafics quasiment vouée aux services du quotidien. Avec le Transilien, la SNCF ne les ignore évidemment pas en Ile-de-France. Mais elle doit aussi offrir, notamment aux voyageurs internationaux, une palette plus vaste. Il y a un grand écart entre les besoins des voyageurs qui font la navette par la gare du Nord chaque jour et ceux qui la traversent pour prendre l’Eurostar. Cependant, l'affaire est plus complexe qu'il n'y paraît et Patrick Ropert souligne un côté « caméléon » des voyageurs quotidiens dont les demandes changent suivant les jours. D’où la nécessité de proposer à chacun une offre très large. ADP travaille aussi sur la segmentation et élargit son offre. Le luxe reste essentiel. Ce qui n'a pas empêché le gestionnaire des aéroports d'ouvrir un Carrefour Market à Orly pour les courses du quotidien.
SNCF Gares & Connexions. Antoine Nougarède nommé directeur généralde A2C
Antoine Nougarède devient directeur général d’A2C et membre du comité de direction de SNCF Gares & Connexions. Il exerçait depuis mars 2014 les fonctions de directeur général adjoint de cette filiale.
Ingénieur agronome diplômé de l’Ecole supérieure d’agriculture de Toulouse, Antoine Nougarède, spécialiste de l’immobilier commercial en France et à l’étranger, est doté d’une expérience de sept ans au contact des élus locaux. Il a successivement occupé les postes de directeur d’Opérations au sein d’Espace expansion (filiale d’Unibail), directeur des Grands projets et directeur général d’Apsys Varsovie puis directeur de l’Immobilier commercial chez Icade.
En tant que directeur général d’A2C, Antoine Nougarède va porter directement une ambition forte de valorisation des espaces en gare à travers un doublement des redevances commerciales générées par les magasins, les restaurants et la régie Média transports en gare.
SNCF. Marc Benaïm nommé directeur Finances & Régulation de Gares & Connexions
Marc Benaïm a rejoint SNCF Gares & Connexions le 4 janvier 2016 en qualité de directeur Finances & Régulation. Il est membre du comité de direction de SNCF Gares & Connexions.
Diplômé d’HEC Paris, il a commencé sa carrière en 1994 au sein d’Arthur Andersen Audit & Conseil à Paris. En 1998, il rejoint le Groupe de Transport & logistique Transalliance-Stockalliance en tant que responsable du Plan et du Contrôle de gestion. A compter de 2001, en charge du Contrôle de gestion et des Acquisitions de la société de location de véhicules industriels Via Location, il participe au retournement puis au développement de cette société sous contrainte LBO. Il intègre ensuite en 2005 le Groupe Geodis en qualité de directeur du Contrôle de gestion groupe puis est promu Finance director South Europe & Africa de la division Geodis Wilson (freight forwarding). Depuis 2010 au sein du pôle Transport ferroviaire et multimodal de marchandises de SNCF Logistics, il a structuré la direction financière de filiales du pôle puis au cours des quatre dernières années contribué au redressement de la direction Sol & Rail de FRET SNCF en qualité de directeur Finances & Achats.Marc Benaïm aura en charge une direction financière recentrée sur ses missions fondamentales (contrôle de gestion, comptabilité, investissements) avec deux inflexions : un appui financier renforcé sur les filiales de SNCF Gares & Connexions (Arep, A2C et Itiremia) et le pilotage de la régulation vis-à-vis de l’Arafer. Stéphane Mialot, directeur délégué à la Régulation, arrivé le 14 septembre 2015, lui est en effet rattaché.

Lyon – Turin. Le tunnelier entrera en action en juillet prochain
Le tunnelier Federica va creuser la galerie de reconnaissance de neuf kilomètres qui constitue le début du tunnel transfrontalier. Le tunnelier présenté officiellement le 14 janvier sur son lieu de construction au Creusot est désormais prêt pour son ouvrage sur le Lyon – Turin. Plus qu’une simple opération technique, « ici, c’est une étape symbolique qui marque l’entrée dans l’histoire concrète du projet », a souligné Hubert du Mesnil, président de Telt (Tunnel Euralpin Lyon Turin) en réceptionnant le tunnelier. Une entrée symbolisée donc dans l’usine du constructeur-concepteur NFM Technologies par une machine baptisée Federica arborant une tête de coupe de 12 mètres de diamètre dotée de 76 molettes abrasives de 300 kg chacune. L’énorme bouclier abrite un train de services de 135 mètres de long pesant 2 400 tonnes, dont la moitié pour la seule tête de coupe. Double particularité de Federica, elle sera équipée d’un robot pour le changement des molettes et d’un radar de prédiction des propriétés des terrains permettant d’anticiper le paramétrage de la machine, « une première », selon Alain Deleard, directeur général de NFM Technologies.
Assemblé à blanc au Creusot, le tunnelier sera démonté dans les prochains jours pour être acheminé en Maurienne jusqu’à début mars. Un transfert qui nécessitera une centaine de camions dont une trentaine de convois exceptionnels à destination du site de Saint-Martin-La-Porte. Les éléments du tunnelier emprunteront la descenderie existante sur 2 400 mètres jusqu’à la chambre de montage souterraine, vaste caverne longue de 45 mètres et haute de 26 mètres où le tunnelier sera assemblé pendant quatre mois.
Les travaux d’excavation commenceront en juillet prochain. Le tunnelier creusera la galerie de reconnaissance proprement dite sur près de neuf kilomètres (à raison de 20 à 30 mètres par jour) entre la descenderie de Saint-Martin-La-Porte et celle de La Praz, dans l’axe et au diamètre du futur tunnel de base. Autrement dit, la galerie constituera les neuf premiers kilomètres du tube sud du tunnel transfrontalier, comme l’a précisé Mario Virano, directeur général de Telt, qui s’est aussi félicité de l’avancée du tunnel malgré les oppositions au projet : « Le tunnel est un symbole européen avec un haut niveau d’intelligence impliquant de nombreux partenaires dans tous les domaines, de la connaissance de l’environnement à la sécurité des travailleurs, on ne peut pas l’arrêter. » Au plus fort du chantier, 450 personnes travailleront dans la galerie. Le calendrier prévoit la fin des travaux* de la galerie de reconnaissance d’ici cinq à huit ans en fonction des conditions géologiques et de l’avancée de galeries complémentaires. Telt annonce une mise en service du futur tunnel de 57 kilomètres pour 2028-2029, mais d’ici là, le nouveau maître d’ouvrage dévoilera son premier logo parmi 240 projets d’écoles d’art et design du Piémont et de Rhône-Alpes exposés le 8 février au musée des Confluences de Lyon.Claude Ferrero
*réalisés par un groupement d’entreprises composé de trois sociétés françaises et trois italiennes : Spie Batignolles TPCI, Eiffage TP, Sotrabas, Ghella, CMC, Cogeis.

Déjà 13 liaisons d’autocars contestées
669 liaisons d’autocars de plus de 100 kilomètres commercialisées à ce jour, qui permettent de desservir 130 villes en France (surtout les plus grandes). Eurolines/Isilines en proposent plus grande partie (40 % des liaisons) suivi par FlixBus (22 %), Starshipper (18 %), Ouibus (13 %) et Megabus (7 %).
Quant aux liaisons de moins de 100 kilomètres, soumises à déclaration préalable, 79 ont déjà été déclarées à l’Arafer et une seule est commercialisée à ce jour entre Dijon et Lons-le-Saunier par FlixBus. Notons aussi qu’aucune n’a été créée par OuiBus, la filiale de la SNCF, qui avait déclaré ne pas vouloir concurrencer ses TER.
Et 13 font pour le moment l’objet de recours, quasiment toutes étant proposées par FlixBus. Les premières saisines date du 23 décembre, les premières décisions sont attendues avant le 23 févier, l’Arafer ayant deux mois pour se prononcer et dire si les liaisons sont ou non, susceptibles de porter atteinte à l’équilibre économique des services publics conventionnés (TER, trains d’équilibre du territoire, lignes d’autocars interurbaines) comme le pensent les autorités organisatrices des transports à l’origine de la saisine.
« C’est aux AOT de démontrer le déséquilibre. Ce n’est pas simple, mais elles sont censées avoir les éléments assez rapidement puisque ce sont elles qui signent les conventions », souligne Anne Yvrande-Billon, vice-présidente de l’Arafer, en rappelant que les régions devront pour cela disposer de comptes de ligne. Des comptes que les régions ont toujours déclaré avoir du mal à obtenir de la part de la SNCF.