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Catégorie : Mobilités douces
Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

Le vélo repart de plus belle
Le bulletin mensuel des fréquentations vélo reparaît, à nouveau publié par l’association Vélo & Territoires, après une interruption de cinq mois. Etabli sur un échantillon de 205 compteurs, il témoigne d’une hausse importante de la pratique du vélo. Sur les cinq premiers mois de cette année, le nombre de passages progresse de 39% par rapport à la même période en 2019, et de 13% par rapport à 2021. De fortes progressions sont enregistrées en milieu urbain (+17% par rapport à 2021), tandis que la fréquentation stagne en milieu rural (+0%) et baisse légèrement en milieu périurbain (-2%) . Pour Vélo & territoires ces chiffres montrent « une pratique urbaine bien installée qui progresse fortement en semaine ». Les pratiques en milieu rural et périurbain, elles, restent « fragiles » : « sans doute orientées vers le loisir, elles sont plus sensibles à la météo ».
https://www.velo-territoires.org/observatoires/plateforme-nationale-de-frequentation/bulletins-frequentations-velo/#

Un atlas des mobilités pour en comprendre les enjeux
La Fondation Heinrich Boll – une fondation politique liée au parti écologiste allemand Alliance 90 / Les verts fondée en 1997 – vient de publier son Atlas des mobilités : 60 pages et 23 chapitres pour comprendre les enjeux et les perspectives de nos déplacements. Réunissant une quinzaine d’experts sous la direction de Jules Hebert, directeur-adjoint, coordinateur des programmes Transition énergétique, Transformation sociale & écologique du bureau parisien de la fondation, cet ouvrage se penche sur les problématiques liées à la mobilité : climat, santé, inégalités sociales et territoriales, inégalités de genre, etc. De nombreuses cartes et graphiques illustrent ces différentes questions et permettent d’appréhender en un coup d’œil un état des lieux du transport en France et en Europe.
Nous n’avons jamais été aussi mobiles… En France, chaque personne parcourt aujourd’hui en moyenne 50 kilomètres, principalement en voiture, contre 4 à 5 kilomètres de marche au début du XIXe siècle. Ces déplacements ont un coût : les transports représentent 28,5 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne en 2019 et 34 % en France. Des émissions essentiellement liées à la combustion des énergies fossiles, le pétrole représentant plus de 90% des consommations d’énergie des transports aussi bien au niveau mondial, dans l’UE qu’en France.
La situation internationale actuelle a encore rendu plus essentielle cette réflexion sur l’énergie consommée par les transports, l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe rappelle douloureusement la dépendance des pays européens au pétrole russe.
Ainsi, le développement du transport ferroviaire, qui émet peu de CO2 comparé aux autres modes de transport est présenté comme un élément central de notre stratégie de réduction des émissions. Le renforcement des trains « du quotidien », des trains de nuits et des interconnexions à l’échelle du continent constituent une alternative à la voiture et à l’avion. Les auteurs rappellent qu’un trajet en train émet 45 fois moins de CO2 qu’un trajet en avion.
L’Atlas est disponible gratuitement sur le site Internet de la Fondation Heinrich Boll (https://fr.boell.org/fr).
S.D.
https://fr.boell.org/sites/default/files/2022-06/ATLAS%20MOBILITES%202022-Bdef.pdf

Geodis mise sur le fluvial et le vélo avec ULS à Strasbourg
Geodis a annoncé le 16 juin la conclusion d’un partenariat commercial avec Urban Logistic Solutions (ULS), spécialiste strasbourgeois de la logistique combinée par voie fluviale et vélo électrique. Les marchandises (colis, messagerie) viendront transiter par la plate-forme de transbordement d’ULS dans le port du Rhin. Elles seront ensuite acheminées par barge vers une seconde plateforme en centre-ville. Les vélos à assistance électrique avec remorque assureront le relais sur le dernier kilomètre, où les commerçants et particuliers des quartiers centraux seront livrés par des salariés d’ULS.
« Cette nouvelle organisation couvre 15 % des volumes que nous livrons actuellement sur l’agglomération de Strasbourg », a calculé Stéphane Cassagne, directeur général de Geodis Distribution Express. Pour ULS, qui opère à Strasbourg depuis septembre 2020, ce partenariat illustre une montée en puissance qui se poursuivra à la fin du mois de juin avec l’ouverture d’une seconde base d’opérations à Lyon. Le spécialiste de la cyclo-logistique combinée au fluvial entend s’implanter à moyen terme dans 19 villes françaises desservies par la voie d’eau.
ULS (27 salariés) a réalisé 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires à Strasbourg. Thomas Castan, son fondateur, mise sur une croissance très rapide et sur une expansion européenne (Benelux, Allemagne, Royaume-Uni). L’entreprise s’apprête à ouvrir son capital à un partenaire industriel ou financier pour soutenir un programme de recherche et développement estimé à 3 millions d’euros, qui permettra notamment la mise au point de barges spécifiques, de remorques plus capacitaires (200 kg de charge utile actuellement) et d’outils informatiques dédiés à sa spécialité.
Olivier Mirguet

Sytral Mobilités traverse les frontières départementales
Plus qu’une nouvelle identité, les transports en commun lyonnais ont dévoilé cette année une nouvelle ambition. Désormais baptisée Sytral Mobilités, l’autorité organisatrice des mobilités des territoires lyonnais (AOMTL) a vu son périmètre géographique étendu sous l’effet de la loi d’orientation des mobilités. Désormais, elle est ainsi chargée de piloter les projets de transport sur la métropole lyonnaise, mais également sur douze autres territoires du Nouveau Rhône, sur une commune de l’Ain et sept communes de la Loire. Les équipes de Sytral Mobilités étudient d’ailleurs dès à présent le transfert des autres marques de l’AOMTL, notamment les Cars du Rhône et le réseau Libellule, sous cette bannière commune.
Dans le même temps, le conseil syndical de Sytral Mobilités a voté une évolution des taux du versement mobilité. À compter du mois de juillet 2022, les employeurs publics et privés de plus de 11 salariés devront, pour la plupart, augmenter leur contribution. Ces taux seront modulables, pour tenir compte de la qualité des dessertes en transport en commun des différents territoires. « Nous travaillons cependant avec chacun d’entre eux pour faire évoluer ces taux en même temps que l’offre de transport. Nous devrions avoir des hausses progressives, sans que l’objectif soit d’atteindre 2 % sur l’ensemble du périmètre », précise Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon et de Sytral Mobilités.
J. D.

Comment harmoniser le transport ferroviaire avec de multiples acteurs ?
Qui dit ouverture à la concurrence, dit multiplication des acteurs. Comment faire en sorte que les voyageurs effectuent un trajet « sans couture », sans se poser de questions sur le transporteur aux commandes ? C’est ce thème qui a été abordé lors de la table ronde organisée le 12 mai en amont de la cérémonie de la remise des Grands Prix des Régions.
Alors que l’ouverture à la concurrence des TER se prépare de plus en plus activement, les associations d’usagers s’inquiètent d’un risque de « morcellement ferroviaire ». Elles redoutent la mise en place de tarifications très différentes d’une région à l’autre, de correspondances pas toujours adaptées ou de la multiplication d’applications locales.
L’arrivée de nouveaux opérateurs va conduire à de nombreuses transformations, reconnaît Jean-Aimé Mougenot, le directeur TER délégué de SNCF Voyageurs. Pour assurer une qualité de service élevée aux voyageurs, il juge essentiel d’innover. « Il ne faut pas continuer à travailler comme avant, mais faire en sorte que les Régions puissent développer et adapter leur offre afin de répondre à des besoins qui évoluent », conseille-t-il. Certaines Régions ont commencé à le faire. Pour prendre en compte les changements de comportements suscités par la crise sanitaire, l’Occitanie propose par exemple des abonnements financièrement intéressants pour ceux qui télétravaillent trois jours par semaine. La Région a aussi lancé un dispositif de post-paiement à destination des moins de 26 ans les incitant à prendre le train, avec un système de tarification dégressif. Jean-Aimé Mougenot plaide pour la personnalisation du service, clé selon lui de la réussite du transport de demain. Pour répondre à cette attente, les régions Normandie et Grand Est développent un outil permettant de renseigner par SMS les voyageurs du TER, avant, pendant et après leurs voyages.
» LA PERSONNALISATION DU SERVICE EST LA CLÉ DE LA RÉUSSITE DU TRANSPORT DE DEMAIN » Jean-Aimé Mougenot
De son côté, SNCF Voyageurs a conçu une plateforme proposant un service de transport à la demande en partenariat avec des chauffeurs payés à la prestation. L’objectif est d’offrir une solution aux habitants des zones peu denses. L’outil est expérimenté par les Pays de la Loire.
Transdev, qui a remporté un des deux lots de TER mis en concurrence par la région Sud sur l’axe Marseille – Toulon – Nice (la SNCF a remporté le lot Etoile de Nice) prépare la transition à venir avec la SNCF et la Région. Claude Steinmetz, le directeur ferroviaire de Transdev, rappelle que l’objectif est d’offrir plus de qualité, de fluidité et une totale transparence à l’usager. Il insiste sur la nécessité de réussir le transfert des 163 cheminots qui seront affectés au service ferroviaire qu’assurera à partir de 2025 Transdev. Une préoccupation sociale partagée par la SNCF, qui devra également réaliser le transfert de 600 salariés pour exploiter, à partir de 2024, l’Etoile de Nice, via sa filière SNCF Sud Azur.
A la recherche de standards pour créer de la valeur
Pas concerné pour le moment par la reprise d’une ligne ferroviaire, Didier Cazelles le directeur général adjoint de Keolis France, sait déjà, en tant qu’exploitant routier de lignes régulières, à quel point une billettique harmonisée est importante. « Nous sommes multiopérateurs et dans certaines régions il y a un système d’incitation lié aux recettes. Mais pour le client c’est transparent : il n’y a qu’une marque et une billettique commune. Le fait qu’il y ait plusieurs opérateurs reste invisible pour l’usager », explique-t-il. « Dans une logique de Délégation de Service Public avec une responsabilité d’opération de marketing de conquête et d’innovation, nous faisons des pilotes d’Open paiement sur carte bancaire ou Smartphone que les Régions peuvent ensuite élargir avec l’ensemble des opérateurs », poursuit-il. Harmoniser la billettique est une nécessité, souligne Didier Cazelles qui invite les opérateurs travaillant sur un même réseau à réaliser un travail de coordination pour y parvenir. L’objectif commun, rappelle-t-il, est de reconquérir les 10 % de clients qui ne sont toujours pas revenus à bord du transport public du fait de la crise sanitaire.
Pour y parvenir, il faut, poursuit-il, faciliter le parcours client, mettre au point des standards de service plus exigeants et personnaliser davantage les voyages. La gestion des données le rend possible. A la Région de l’organiser.
» L’OBJECTIF EST D’OFFRIR PLUS DE QUALITÉ, DE FLUIDITÉ ET UNE TOTALE TRANSPARENCE À L’USAGER » Claude Steinmetz
Observant l’ouverture à la concurrence des TER en France, Didier Cazelles voit émerger des modèles différents : « Une région a choisi un modèle d’exploitation en infra, une autre attribue le matériel et confie l’exploitation, la régénération des voies et des gares et une troisième a préféré retenir une logique mixte. »
Pour dégager de la valeur, il préconise de faire émerger un modèle industriel standard. Acheter un matériel en plus grande quantité permettrait aux Régions, comme aux opérateurs, de gagner sur les prix d’achat. Une préconisation qui semble être entendue dans les appels d’offres routiers, où les exigences de standard de service se renforcent. « Le métier se transforme. On passe de l’artisanat à des process. Ce qui ne nous empêche pas de jouer un rôle de conseil, ni de partager des innovations », rapporte le directeur de Keolis.
Pour Jean-Aimé Mougenot la standardisation est aussi amorcée dans le ferroviaire avec le marché Régiolis, une rame automotrice construite par Alstom déclinable en plusieurs versions que les autorités organisatrices peuvent personnaliser. « C’est un marché de trois milliards qui va concerner des centaines de matériel encore en cours de livraison », détaille-t-il, avant d’ajouter que l’on peut aussi espérer faire des économies en travaillant sur des innovations plus frugales, avec du matériel ferroviaire hyper léger et moins cher, pour raccorder le fer aux transports en commun sur des lignes à faible densité.
Harmoniser en prenant en compte les spécificités de chaque région
Michel Neugnot, le vice-président chargé des mobilités en Bourgogne-Franche-Comté, estime en revanche que vouloir avoir un système unique dans le cadre de l’ouverture à la concurrence serait une erreur, car chaque Région a sa spécificité, son histoire, son réseau. A ceux qui s’inquiètent de l’arrivée de nouveaux opérateurs, il rappelle qu’il y a déjà une multiplicité de trains : TER, TGV, TET et du service librement organisé. Le tout étant organisé par SNCF Réseau, sans que cela ne pose de problème. C’est SNCF Réseau qui autorise la circulation sur les sillons, intervient en cas de problème et gère la reprise du trafic selon les spécificités liées au monde ferroviaire.
L’harmonisation des correspondances ne lui semble pas non plus problématique. Selon l’élu, le système fonctionne déjà entre différentes catégories de trains et avec les cars routiers. En revanche, Michel Neugnot estime qu’il faudra un jour changer les distributeurs de billets régionaux permettant l’achat de titres de transport sans réservation, qui datent de 1994 et qui n’ont pas été conçus pour prendre en compte une tarification complexe. Dans sa région, l’élu compte y pallier notamment grâce à l’achat des billets via des téléphones ou des tablettes.
» LE MÉTIER SE TRANSFORME. ON PASSE DE L’ARTISANAT À DES PROCESS. CE QUI NE NOUS EMPÊCHE PAS DE JOUER UN RÔLE DE CONSEIL, NI DE PARTAGER DES INNOVATIONS « Didier Cazelles
La Bourgogne-Franche-Comté a prévu d’ouvrir la totalité de son réseau à la concurrence à partir de janvier 2026. « La loi de décentralisation de 2002, qui a transféré la responsabilité des TER aux Régions, a permis de réaliser des avancées dans la gestion des trains par rapport à la situation antérieure. Cette nouvelle étape doit permettre d’améliorer encore les transports publics, en ayant cette fois une démarche qui soit multimodale. » La LOM a donné aux Régions les compétences pour l’ensemble des mobilités et la Région va se saisir de cette possibilité pour travailler en coordination avec les AO urbaines afin d’augmenter la part des transports publics et donc lutter contre le réchauffement climatique.
Pour identifier ce que chaque entreprise, y compris la SNCF, peut lui apporter, afin de proposer de nouvelles offres dès le 1er trimestre 2023, la région Bourgogne-Franche-Comté recourt au sourcing. Elle travaille aussi à l’élaboration d’un MaaS intégrant l’ensemble des acteurs. « Nous voulons proposer une offre de transport multimodale, prenant en compte le dernier km, avec un système de billettique indépendant, qui mélangera toutes les solutions, y compris le car, le covoiturage et l’autopartage et permettra de délivrer un seul et même ticket regroupant le paquet de titres de transport nécessaires au voyage de son utilisateur. Un billet payable en une seule fois, pour que les choses soient simples », détaille Michel Neugnot qui prévoit également de mettre en place des kiosques dans les gares, où seront proposé des services de type de conciergerie, blanchisserie, ventes en circuit court, livraisons de courses…
Vers une multiplication des systèmes de billettique
La région Bourgogne-Franche-Comté veut prendre en charge la billettique. « On y travaille depuis trois ans. Ce n’est pas un long fleuve tranquille, mais on va arriver à quelque chose de correct avant 1er janvier 2026 », assure Michel Neugnot qui annonce que dans sa région, on pourra prendre son billet sur Mobigo, ou via un numéro Allo billet pour les personnes n’ayant pas accès à la plateforme. Il justifie : « Il faut que chaque Région avance sur ce sujet, car si on attend le grand outil que la Fnaut réclame, il faudra patienter jusqu’à la fin du siècle. »
De son côté, Claude Steinmetz prévient : « La pire des choses serait que chaque opérateur gère sa billettique. Ce serait une régression inutile. Ce n’est pas la démarche des nouveaux entrants. On a besoin d’une SNCF forte sur ce thème et de concertation, y compris entre régions, pour parvenir à faire en sorte que l’ouverture à la concurrence soit quelque chose de simple, de positif, qui fonctionne bien, à l’instar de ce qui se fait en Suisse ou en Allemagne. »
Michel Neugnot souhaite plus d’interconnexions entre le système billettique de sa région et l’agence de voyages de la SNCF, SNCF Connect, afin que les voyageurs qui souhaitent franchir les frontières régionales, puissent le faire de façon simple, tant pour l’information que pour la réservation. Jean-Aimé Mougenot explique : « Nous travaillons déjà comme une agence de voyages. Sur le site SNCF Connect on pourra trouver un billet combinant trains, cars et TAD. Avec la profusion de possibilités de voyages, quelqu’un qui prendra un billet à un guichet en gare trouvera la continuité de son parcours au-delà du train », assure-t-il avant d’ajouter : « La somme des possibilités de voyages doit permettre de les faciliter. Et pour cela, il faut que les différents sites soient interconnectés et puissent progressivement proposer l’ensemble des prestations de chaque Région. Notre travail est de servir à tout le monde un système d’information et d’achat simplifiant les choses. Ce qui va nous demander de passer d’un système monolithe à un système modulaire. »
» GARES & CONNEXIONS TRAVAILLE À LA MISE EN PLACE DE STANDARDS DE SIGNALÉTIQUE, D’ANNONCES, DE RITUELS D’AFFICHAGES DES TRAINS 20 MINUTES À L’AVANCE, AFIN D’APPORTER UN MÊME NIVEAU DE SERVICE À TOUTES LES GARES EN FONCTION DE LEUR TYPOLOGIE « Eliane Barbosa
Pour le directeur TER délégué, il n’y aura pas de compétition entre SNCF Connect et les sites de MaaS que les Régions mettent en place, car l’enjeu n’est pas de se faire concurrence. Le but est de parvenir à réussir l’objectif du patron de la SNCF en doublant la part du ferroviaire en 2030. Pour faciliter les échanges d’information et l’interconnexion des sites, SNCF Voyageurs est en train d’élaborer une prise TER. « Une passerelle, une boîte logicielle sur laquelle les AO pourront se brancher sur le système d’information centrale SNCF Connect, afin de faciliter les échanges d’informations », résume Jean-Aimé Mougenot qui relativise la difficulté : « On retrouve la même problématique entre les transports régionaux et le national qu’entre les AO urbaines et le transport régional. » Il prévoit qu’à l’avenir ceux qui se déplaceront dans leur région auront le réflexe d’utiliser le MaaS local, tandis que les voyageurs venant de l’extérieur se tourneront vers SNCF Connect.
Dans la Région Sud, Transdev et la SNCF avancent sur la billettique. « SNCF assurera la distribution, mais on n’a pas encore parlé de la gestion des situations perturbées, de la modification des billets, de l’annulation, de l’ajout d’options », précise Claude Steinmetz qui prévoit de traiter tous ces thèmes avant l’ouverture à la concurrence. « On a jusqu’à juin 2025 pour trouver des solutions, ce qui compte tenu de la complexité du dossier nous laisse juste le temps, mais nous sommes sereins », affirme-t-il.
Des gares en voie de standardisation
Gares & Connexions n’est pas concernée par l’ouverture à la concurrence des TER, mais sa directrice des Opérations et des territoires, Eliane Barbosa, compte profiter de cette étape pour redynamiser les 3 000 gares qui ont été confiées à la filiale de SNCF Réseau. Il s’agit d’en faire des hubs d’échanges multimodaux et de proposer de nouveaux services aux voyageurs, de manière à les inciter à prendre davantage le train. C’est tout l’objet du programme Place de la gare.
Gares & Connexions, qui est depuis 2018 le gestionnaire unique des gares, doit en effet garantir à tous les nouveaux opérateurs le même niveau de qualité de service, de confort, d’accessibilité, de propreté, d’information voyageurs, de sécurité, mais aussi de réassurance dans les parcours de transport ferroviaire ou multitransporteurs. Les équipes d’Eliane Barbosa travaillent à la mise en place de standards de signalétique, d’annonces, des rituels d’affichages des trains 20 minutes à l’avance, afin d’apporter un même niveau de service à toutes les gares, en fonction de leur typologie, quelle que soit la région où elles se trouvent.
» IL FAUT QUE CHAQUE RÉGION AVANCE SUR LE SUJET DE LA BILLETTIQUE, CAR SI ON ATTEND LE GRAND OUTIL QUE LA FNAUT RÉCLAME, IL FAUDRA PATIENTER JUSQU’À LA FIN DU SIÈCLE « Michel Neugnot
La loi d’orientation des mobilités donne la possibilité aux Régions qui le souhaitent, de prendre la main sur les petites gares. Si cela arrivait, « Gares & Connexions disparaîtrait et la garantie d’homogénéité aussi », prévient la responsable de Gares et Connexions. Pour les gares régionales, le décret mono-transporteur prévoit que des gares TER puissent voir leur gestion confiée au nouvel opérateur si la région le décidait.
Mais à ce stade, aucune Région n’a choisi de le faire. « En tant que spécialiste des gares, nous souhaitons continuer à exercer notre mission pour toutes les gares, pour tous les Français, mais nous avons aussi un devoir de pédagogie et souhaitons aider les Régions à regarder là où cela pourrait être pertinent pour elles de reprendre la main, et là où nous avons tout notre rôle à jouer pour leur apporter de nouveaux services attendus par nos clients. Les contrats de performances que nous voulons signer avec les Régions doivent aussi servir à cela », précise Eliane Barbosa.
Valérie Chrzavzez-Flunkert
Les Régions légitimes pour prendre la main sur la tarification
Michel Neugnot est favorable à la liberté tarifaire dans chaque Région et ne voit pas en quoi cela peut poser problème. « Sur les TGV, il n’y a pas de prix normés », rappelle t-il tandis que Jean Pierre Serrus abonde : « Ce n’est pas un privilège pour la région qui finance le TER d’avoir la main sur les tarifs ».
Le TER est le premier budget de la Région, rappelle Jean-Luc Gibelin, le vice-président chargé des transports en Occitanie, région qui n’ouvrira pas ses lignes à la concurrence. « Dans notre région, une offre de qualité combinée à une gamme tarifaire attractive, a permis au trafic des TER de retrouver, et même dépasser, son niveau d’avant Covid », annonce l’élu. Selon lui, la mise en oeuvre d’une politique tarifaire régionale efficace permet de développer le trafic du TER. Si Claude Steinmetz juge naturel que les Régions aient la main sur l’animation tarifaire, il les encourage tout de même à réaliser un effort d’harmonisation pour simplifier la vie des usagers. «Elles pourraient, par exemple, se mettre d’accord sur les âges à partir desquels les voyageurs ont le droit à des réductions. »
Accès aux dépôts et aux matériels, deux points clé dans l’ouverture à la concurrence
La position de Transdev est connue : il faut un atelier dédié en propre pour pouvoir faire les sauts de performance attendus par la région. En Sud Paca,, Transdev travaillera avec Alstom. « Nous serons responsable de la maintenance, mais nous travaillerons avec le constructeur pour profiter de son savoir faire», précise Claude Steinmetz.
Le directeur ferroviaire de Transdev rappelle que son entreprises bénéficiera de rames neuves dans la région. Ailleurs, si elle est amenée à récupérer du matériel auprès de la SNCF, « cela supposera qu’un état des lieux et que des informations précises soient donnés pour le transfert. La transparence doit être la règle. Je suis persuadé que ce sera le cas », conclut Claude Steinmetz.
Un système billettique universel proposé aux collectivités
Née en 2012, Ubitransport est une start-up mâconnaise qui accompagne les collectivités et les opérateurs privés dans l’optimisation de leurs réseaux de transports collectifs via des solutions de paiement en ligne, de gestion dématérialisée des titres de transport et de numérisation des informations pour les voyageurs. Sébastien Hurtaux son directeur général se félicite d’avoir déjà équipé 200 réseaux de transports répartis dans 10 régions de France : «Ubitransport gère les titres de transport et favorise le partage d’informations, en temps réel, entre conducteurs, opérateurs, collectivités et usagers », précise-t-il. La solution proposée concerne les transports scolaires, interurbains, urbains et à la demande. L’entreprise qui a obtenu une levée de fonds de 45 millions en 2019, exporte désormais son savoir-faire au-delà de nos frontières.

Un vélo sans pédale proposé à Paris pour le prix d’un Navigo mensuel
Un vélo électrique sans pédale disponible par abonnement, c’est le concept proposé par Vässla, une entreprise suédoise qui a annoncé son arrivée à Paris, le 18 mai. Vendu sur de nombreux sites d’électroménager, ce type d’engin n’était jusque-là pas disponible à la location.Déjà présent à Stockholm, mais aussi à Madrid, Barcelone et Berlin en 2021, Vässla arrive à Paris, avec deux formules d’engagement. L’une de 6 mois Urban pro, et une autre d’un mois. Dans les deux cas, l’abonnement inclut un casque (fortement recommandé même s’il n’est pas indispensable au regard de la loi), un antivol, une assurance, un service de réparation et de remplacement de l’engin en 48 heures Le tout pour 79 € par mois, soit un peu plus que le prix d’un passe Navigo mensuel version salariés.
Plus proche de la draisienne que du vélo – des repose-pieds remplacent les pédales– le Vässla bike est mû par un moteur électrique lui permettant d’atteindre la vitesse de 25 km/h. Ce type de véhicules a été ajouté en janvier 2022 à la liste des Engins de déplacement personnel motorisé (EDPM), inscrits dans la réglementation du permis de conduire. Il s’ajoute donc aux trottinettes électriques, gyropodes, skates électriques et hoverboards. L’autonomie annoncée de la batterie amovible (3,5 kg) du Vässla est de 40 km.Y. G.

Le projet d’Anne Hidalgo pour verdir le périphérique
Pas de limitation de vitesse, mais moins de voies de circulation sur la partie nord, 45 000 arbres plantés d’ici 2024, dont 18 000 le sont déjà, et 22 portes de Paris transformées en places végétalisées. Ce sont les grandes lignes du projet de transformation du périphérique, présentées le 18 mai par Anne Hidalgo. La maire de Paris était entourée de nombreux maires des communes de la petite couronne pour montrer un consensus sur le projet. Elle a d’ailleurs insisté sur l’importance pour la Ville de Paris de ne pas ignorer les « 10 millions d’habitants qui vivent au-delà du périphérique ».Si la Mairie veut faire du périphérique « une ceinture verte pour remplacer la ceinture grise actuelle », c’est pour la santé des 555 200 habitants qui vivent aux abords de cette artère – plus d’un million de véhicules par jour – et qui sont exposés à des niveaux de pollution de l’air six fois supérieur aux recommandations de l’OMS.Une voie dédiée au covoiturageS’y ajoutent les nuisances sonores. Une campagne de mesure de Bruitparif en 2020, avait révélé que 90 % des sites testés subissaient un dépassement des valeurs limites européennes qui sont de 68 dB dans la journée et de 62 dB la nuit.Malgré cela, la maire n’a pas évoqué de baisse de la vitesse sur cette voie. « Ce n’est pas le sujet aujourd’hui », a-t-elle affirmé. Il est seulement prévu, à l’horizon 2030 d’« homogénéiser le nombre de voies avec 2×3 voies incluant la voie de covoiturage/bus/taxis ».Dans un premier temps, durant les JO de 2024, une voie sera dédiée aux déplacements des athlètes et de leurs coachs entre les lieux de vie, d’entraînements et ceux des compétitions. Par la suite, cette voie sera réservée au covoiturage et aux transports en commun.Une autre sera végétalisée« 82 % des véhicules circulant sur le périphérique sont autosolistes », dit David Belliard, l’adjoint à la Maire de Paris chargé de la transformation de l’espace public et des transports. « Si seulement 10 % de ces automobilistes n’étaient plus seuls dans leur voiture, cela retirerait 80 000 véhicules du périphérique », souligne l’élu écologiste.La réduction du nombre de voies de circulation à l’horizon 2030 va se traduire par la suppression d’une voie dans la partie nord qui en compte quatre. « Elle sera végétalisée », précise David Belliard. Cela représente 10 hectares. Au sud, entre les portes d’Orléans et de Gentilly, c’est le terre-plein central où débouchait une ancienne bretelle d’accès venant de l’A6a, qui sera végétalisé avec 20 000 arbres plantés sur certaines voies latérales, les bretelles et les échangeurs.Yann Goubin
Le Forum Vies Mobiles pour des « rythmes de vie moins intenses »
Le 4 avril, jour où sortait le dernier volet du 6ème rapport du GIEC, le Forum Vies Mobiles, fort de son initiative de Forum citoyen, mettait « sur la table 18 propositions à l’attention des élus et des décideurs ». Propositions marquées par un « appel à des rythmes de vie moins intenses », et offrant une « opportunité pour réussir la transition écologique et sociale ».
Constat du think tank soutenu par la SNCF : « Seuls les centres des plus grandes villes voient se multiplier les transports alternatifs (tram, VTC, vélo en libre-service, … demain taxi autonome voire volant ?) qui viennent s’ajouter sans ordre à l’offre historique (car, train, métro). » Cependant, « l’essentiel des déplacements ne passe plus par les centres-villes ». Dans cette «France éclatée», les habitants ne disposent pas tous des mêmes ressources pour se déplacer. Il apparaît nécessaire de réaménager le territoire en concevant de nouveaux bassins de vie, grâce à la relocalisation des emplois, des services (alimentation, santé, loisirs, …) et des équipements du quotidien autour des habitations.
Quant à la taxe carbone, souligne le Forum, elle pèse plus fortement sur le budget des ménages les plus pauvres mais a peu d’effets sur les modes de vie des plus riches. « Inéquitable, la taxe carbone est ainsi inefficace ! ».
Parmi ses 18 propositions, le think tank invite à « recréer des pôles de vie en dehors des métropoles (emplois, commerces, services publics). » ; « conditionner l’implantation des entreprises, des commerces et des grands équipements à l’existence de moyens d’accès alternatifs à la voiture individuelle » ; « supprimer les vols intérieurs quand une alternative bas carbone de moins de 4h existe » ; « imposer le renouvellement des flottes d’entreprise au profit des petites cylindrées et des modes actifs » ; « créer une Autorité de Mobilité disposant de l’ensemble des leviers d’action sur les transports et la route (infrastructures et régulation) » ; « mettre en place un compte carbone mobilité pour les individus et les entreprises permettant à chacun de connaître l’impact carbone de son activité. »F.D.
https://forumviesmobiles.org/points-de-vue/15537/mobilite-reorganiser-le-territoire-national-pour-reussir-la-transition

3e ligne du métro de Toulouse : début des travaux d’ici la fin d’année
« Les travaux de la troisième ligne débuteront d’ici la fin de l’année. L’autorisation environnementale, signée par le préfet Etienne Guyot ce vendredi 15 avril constitue l’ultime échéance administrative avant le lancement concret des travaux », a déclaré Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse qui a porté ce projet de métro depuis sa campagne électorale de 2014.
Ce projet à près de trois milliards d’euros pour une ligne de 27 kilomètres et 21 stations reliera après 2028 l’est à l’ouest de la métropole et assurera la desserte d’un bassin de près de 200 000 emplois (avec beaucoup de sites Airbus). Le président de Tisséo Collectivités et Ingénierie Jean-Michel Lattes a détaillé le calendrier à la Dépêche du Midi : résultat des appels d’offres désignant les groupements d’entreprises pour les travaux de génie civil d’ici fin 2022, début des travaux de gros-œuvre en 2023 avec une quarantaine de chantiers simultanés, arrivée en 2024 des cinq tunneliers (80% de la ligne sera souterraine, ainsi que 17 stations dont la profondeur ira de 20 à 35 mètres), fin des grands chantiers en 2026, second-œuvre (aménagement des stations et du tunnel) en 2026-27, gros du chantier de connexion de la ligne B à la 3e ligne et arrivée des premières rames en 2027 avant une marche à blanc annoncée pour 2028.
Catherine Stern

Ticket à 9 euros dans les transports publics en Allemagne : une expérience risquée?
Dans le cadre de son programme de lutte contre la hausse du prix de l’énergie, le gouvernement allemand prévoit d’introduire un ticket mensuel au prix symbolique de 9 euros sur la période du 1er juin au 31 août pour permettre aux Allemands d’utiliser les transports en commun urbains et régionaux sur tout le territoire qu’ils soient publics ou privés.
Ainsi, un Berlinois pourra circuler avec son ticket à Munich ou Hambourg, voire entre les deux grandes villes en empruntant des lignes régionales. L’idée a été saluée unanimement par les associations d’usagers et les entreprises de transport. Mais la mise en œuvre du projet est jugée aventureuse. « Tout cela part d’une bonne intention. Mais les conditions ne sont pas remplies », estime Ralf Damde, le délégué du personnel de DB Regio (lignes TER de la Deutsche Bahn).
Cette opération marketing lancée par le ministre libéral des transports, Volker Wissing (FDP), comporte en effet des risques en terme de capacité et de sécurité. La DB craint une surcharge notamment dans les zones touristiques. « Nous avons fait l’expérience en 1995 avec le forfait ‘bon week-end’ (Schönes-Wochenende-Ticket). Ce fut un véritable chaos avec des gens qui descendaient sur les rails pour empêcher les trains de partir sans eux à bord », rappelle-t-il.Si le prix est attractif, le confort doit être au rendez-vous pour convaincre les nouveaux usagers d’utiliser le train à partir de septembre. « Or, la qualité du transport n’est pas assurée en raison du manque de capacités. Nous n’avons pratiquement pas de matériels en réserve, tout au plus 50 voitures à deux niveaux sur toute l’Allemagne. Il nous faudra donc plus de personnels sur les quais pour aider les passagers », insiste Ralf Damde. « Cette expérience doit être concluante car les transports en commun sont la clé de la transition énergétique », ajoute-t-il.L’Etat allemand a plafonné la dépense à 2,5 milliards d’euros pour cette opération qui sera votée à l’assemblée fédérale (Bundestag) le 20 mai. D’ici-là, certaines conditions doivent être encore précisées comme la zone de validité (nationale ou régionale), le transport des vélos (compris ou non dans le forfait) ou la modalité de remboursement des cartes et autres abonnements sur la période (étudiants, banlieusards, etc.).
Christophe Bourdoiseau