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Catégorie : Mobilités douces
Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

Chambéry choisit Keolis pour son réseau Stac
L’agglomération du Grand Chambéry a décidé cet été de confier à Keolis l’exploitation de ses transports publics à partir de janvier 2019 et pour une durée de six ans. Keolis, qui faisait face à Transdev (l’actuel exploitant) et RATP Dev dans la compétition, a proposé la solution la plus « ambitieuse », a expliqué l’agglomération dans un communiqué, en rappelant aussi avoir « souhaité responsabiliser le futur délégataire en passant d’une régie intéressée où le risque était supporté par l’agglomération, et donc les contribuables, à un risque porté par le délégataire afin qu’il puisse proposer un réseau et des offres en adéquation avec les attentes des usagers ». La proposition de Keolis est également apparue comme « la plus favorable financièrement, puisqu’elle permet à Grand Chambéry de réduire sa contribution de 10,2 % entre 2019 et 2024 », a ajouté l’agglo.
Dans le cadre de cette DSP, le nouvel opérateur exploitera 28 lignes de bus desservant 137 000 habitants sur 38 communes. Il proposera des services en soirée les jeudis, vendredis et samedi sur les lignes chrono A, B et C jusqu’à 0h30, ou encore plus de bus le dimanche matin sur les lignes Chrono et des horaires adaptés à ceux du TER le dimanche. La filiale de la SNCF prévoit d’atteindre les 90 millions de voyages d’ici à la fin de la DSP.

Lyon parie sur le développement de Bluely par Bolloré
Après l’arrêt d’Autolib’ à Paris, la question de l’avenir de son homologue Bluely à Lyon se pose de deux façons : le fiasco parisien menace-t-il de la même façon la métropole lyonnaise ? Ou bien, y a-t-il une recette de la réussite du modèle du système d’autopartage de Bolloré dans la capitale des Gaules ? Les déclarations des responsables de la métropole de Lyon incitent à évacuer la première hypothèse pour prendre en compte les facteurs positifs de Bluely. De son côté, l’entreprise Bolloré, sollicitée, n’a pas donné suite sur le futur de la désormais plus grande vitrine de son savoir-faire dans l’autopartage en France.
Si le silence est assourdissant, la cause est entendue malgré tout pour Karine Dognin-Sauze, vice-présidente (LREM) chargée de la Mobilité intelligente à la Métropole : « Nous sommes engagés dans une démarche pérenne pour développer un modèle économique visant la rentabilité. » Selon elle, il s’agit bien d’un « modèle gagnant-gagnant » entre Bolloré et la métropole pour un déploiement intelligent des nouveaux usages de l’électromobilité grâce à une évolution des comportements. « En tant que collectivité, nous jouons un rôle de facilitateur, on avance en nous adaptant avec des retours sur expérience. » La qualité de la relation et les objectifs partagés par les partenaires seraient donc un gage d’assurance pour Bluely. Même si Pierre Hémon, délégué (EELV) aux Mobilités actives de la métropole, met la pédale douce : « Bluely, c’est une belle vitrine opaque qui ne donne pas beaucoup de chiffres. C’est regrettable à l’heure de l’open data, et si elle n’est pas rentable on devrait savoir si elle permet ou non la démotorisation des trajets et le passage aux transports en commun »
A la grande différence d’Autolib’ en délégation de service public, le dispositif lyonnais fait l’objet d’une convention avec des obligations réciproques des deux partenaires : Bolloré conduit sa propre politique commerciale et d’investissement tandis que la collectivité intègre l’offre Bluely dans sa politique globale de communication et lui donne accès à son domaine public moyennant redevance (100 euros/an/place de stationnement et 1,25 % sur le chiffre d’affaires). Cette redevance est aussi en vigueur pour l’autre système d’autopartage lyonnais créé par la SEM LPA avec Citiz et Yea!, augmentée à 250 euros/place/an car il s’agit de véhicules à essence. Louis Pelaez, président de LPA, a annoncé que Citiz a atteint son équilibre financier en 2017, dix ans après son lancement.
Et Yea, le nouveau système en free floating créé en octobre 2017 avec 100 véhicules, lance 50 automobiles supplémentaires cet été pour répondre à la demande. « Nous aurions pu craindre que Yea! se substitue à Citiz, notamment sur les trajets courts, or, nous avons constaté une accélération du rythme des locations. Citiz a augmenté son kilométrage parcouru de 50 % depuis début 2018 tandis que Yea! répond à l’attente d’une clientèle de jeunes urbains », se félicite Christine Giraudon, directrice marketing de LPA.
Sur le terrain, il apparaît que les trois systèmes (boucle, stations, free floating), malgré des craintes de concurrence potentielle, visent des clientèles et des longueurs de trajets différentes : 65 km en moyenne pour Citiz, 15 km environ pour Yea!, des trajets courts autour de 6 km pour Bluely. A priori, un cercle vertueux où chacun trouve son créneau dans un environnement complémentaire et favorable : « la dynamique de l’autopartage est forte à Lyon comme au plan national, avec des abonnés de Bluely en progression constante », commente Pierre Soulard, directeur de la Mobilité urbaine à la métropole. Une chose est sûre : la collectivité pratique « des conditions d’accueil transparentes et équitables » pour les opérateurs et entend soutenir et promouvoir leur développement. Bluely, créé en octobre 2013, n’est qu’à la moitié du chemin qui a conduit Citiz à l’équilibre et, selon la métropole, Bolloré va accentuer son implantation en connaissance de cause.
D’ailleurs, l’opérateur Blue Solutions ne manque pas de communiquer pour vanter le succès de Bluely à l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry et sur ses offres promotionnelles auprès des étudiants, en période de soldes, etc. Des comités de pilotage trimestriels complétés par des reportings techniques hebdomadaires permettent d’échanger sur des questions stratégiques comme l’emplacement des stations, où l’intérêt de l’entreprise (fréquentation/rentabilité) rejoint celui de la métropole (desserte des nouveaux quartiers). Les études Qualité récurrentes font état de la satisfaction des abonnés sur la propreté des voitures, et d’une demande d’une disponibilité et d’un maillage plus importants de Bluely. « Il faut trouver l’équilibre entre la masse critique pour répondre à l’intérêt général de l’autopartage et le risque industriel assumé par l’opérateur », résume Pierre Soulard, confiant dans le pari de Bolloré. L’entreprise, selon lui, a fait le pari de l’électromobilité pour être prête lors du décollage du véhicule électrique et de la recharge intelligente partagée (un tiers des bornes sert aussi aux non-utilisateurs Bluely). Blue Solutions devrait donc poursuivre l’amélioration des performances de ses batteries tous formats à Lyon. Une décision pour se positionner comme un fournisseur fiable à Lyon, futur marché important, où le prochain passage à l’électrique du parc du réseau de bus du Sytral concerne plus de mille véhicules.
Claude FERRERO
*Bluely : 300 véhicules (130 en 2013), 12 700 abonnés. Citiz : 107 véhicules, 2 800 abonnés. Yea! : 150 véhicules.

Des navettes autonomes à la demande attendues en septembre à Rouen
Une première européenne ! C’est ce qu’affirment les promoteurs du service de navettes autonomes à la demande qui vont circuler à partir de septembre à Rouen, au beau milieu de la circulation. Ce service est porté par Rouen Normandy Autonomous Lab, résultat d’un partenariat public-privé doté d’un budget de 11 millions d’euros et regroupant la métropole de Rouen, la région Normandie, Transdev, Renault, la Matmut et la Caisse des dépôts.
Après 18 mois de travaux et une phase de test, le service est prêt pour être lancé sur la commune de Saint-Etienne-du-Rouvray. Dès septembre 2018, (sous réserve d’autorisation), et jusqu’à décembre 2019, il suffira à ceux voulant le tester, de télécharger une application pour pouvoir commander l’une des quatre ZOE électriques autonomes, mais aussi dès fin 2018, une navette i-Cristal de 12 places, codéveloppée par Transdev et Lohr.
Ces véhicules desserviront trois lignes totalisant 10 km, avec 17 points d’arrêts en correspondance avec les lignes du réseau de transport en commun de la métropole de Rouen. Les quatre Renault ZOE dédiées à ce projet sont équipées d’une technologie leur permettant de circuler sur routes ouvertes, en intégrant les contraintes de trafic, les autres véhicules, les ronds-points, les piétons… Pour des raisons réglementaires, un safety driver est présent dans toutes les voitures, prêt à reprendre la main si nécessaire.
Mais comme nous avons pu le vérifier, sa présence servira surtout à rassurer et informer les personnes empruntant le service. Car les véhicules ne sont pas laissés sur la route sans vigilance. Depuis le PC central des bus de Rouen, un poste de commandement a été installé. Tous les véhicules autonomes y sont géolocalisés, leur comportement contrôlé. Il est même possible d’y établir une communication avec les passagers en mode audio et vidéo. C’est depuis ce poste que l’opérateur peut intervenir en cas de nécessité. C’est de là notamment qu’en cas de pluie, il peut réduire la vitesse des véhicules, ou les arrêter.
La période de test avec utilisateurs permettra de vérifier l’acceptabilité sociétale de ce type de service de mobilité autonome, partagée et à la demande, et de prendre en compte les remontées d’informations délivrées par les voyageurs. « L’intérêt pour nous est d’avoir de vrais clients, pour avoir un retour d’utilisation et pouvoir commencer à travailler sur le business model. Car l’objectif est de vérifier que ce type de transport peut s’inscrire dans la continuité du transport public du premier ou dernier kilomètre, et de construire une offre de transport efficace, plus personnalisée, plus écologique et plus connectée, qui va transformer les frontières entre transport particulier et collectif », détaille Thierry Mallet, PDG de Transdev. « Nous allons voir comment les habitants vont s’approprier le service qui sera mis à leur disposition gratuitement. L’améliorer en prenant en compte les remarques, pour trouver le bon compromis vitesse/confort afin que cette expérimentation puisse donner lieu à généralisation », ajoute Frédéric Sanchez, président de la métropole Rouen-Normandie.
Valérie Chrzavzez

De nouveaux vélos en libre service déployés à Nantes
Les Nantais ont pu découvrir le 22 août les 1230 nouveaux vélos en libre service baptisés Bicloo déployés la nuit dernière par JCDecaux sur 103 stations.
Orange et noir, le Bicloo est plus léger que son prédécesseur (il a été allégé de 2,3 kg) et sa robustesse a été renforcée, annoncent ses promoteurs. Le vélo pourra être emprunté via l’application bicloo officiel. A partir de novembre, il sera doté d’un système de verrouillage électronique hors station pour des arrêts de courte durée.
« En ligne avec sa stratégie de développement durable et selon les principes de l’économie circulaire, JCDecaux donnera vie à l’ensemble des bicloo de 1ère génération », précise un communiqué de la métropole de Nantes. Les 880 vélos qui étaient jusque-là en service à Nantes seront réutilisés sur d’autres contrats VLS, soit après rénovation et remise aux nouvelles couleurs, soit sous forme de pièces détachées, précise encore le communiqué.
D’autres services accompagnent l’arrivée des bicloo comme le service Monbicloo (location de vélos en moyenne et longue durée) avec une offre de stationnement simplifiée (biclooPark), l’ouverture d’une maison bicloo en centre ville et sa déclinaison nomade bicloo mobile.

Indigo weel s’installe à Grenoble
Indigo a annoncé avoir installé le 23 juillet à Grenoble près de 600 vélos en libre service et sans station. C’est ainsi la 7e agglomération française à disposer de ce service que l’on peut réserver via une application. Le coût est de 50 centimes pour 30 minutes d’utilisation et 5 euros pour une journée sans abonnement. Trois formules d’abonnement sont également proposées : 79 euros pour un an, 59 euros pour six mois, 15 euros pour un mois.
Indigo explique avoir choisi de s’installer à Grenoble car « le Conseil métropolitain a pour objectif le triplement de la part modale de l’usage du cycle à horizon 2020. La ville et son agglomération comptent ainsi 320 km de pistes cyclables, ce qui en fait l’un des réseaux cyclables les plus denses de France« .

Keolis lance la première navette autonome sur voie publique du Canada
Le 10 août 2018, Keolis Canada et Navya ont annoncé le lancement d’un premier projet-pilote de navette autonome 100% électrique à Candiac, au Québec. Cette initiative est soutenue par le Gouvernement du Québec, du Technopôle IVEO, du Cluster for Electric and Smart Transport et de Propulsion Québec. Cette expérimentation, d’une durée de douze mois, débutera à la fin du mois d’août et sera, selon le communiqué de Keolis, la première de longue durée du pays. Circulant dans des conditions réelles de circulation, sur voie publique, la navette cohabitera ainsi avec les automobilistes.
Située sur la rive-sud de l’île de Montréal, dans la région de Montérégie, au Québec, la ville de Candiac compte un peu plus de 21 000 habitants pour une superficie de 17,59 km2. La mise en service de cette navette autonome, qui effectue un parcours de 2 km, entend répondre aux besoins de mobilité de proximité des habitants de cette ville de petite taille en complétant le réseau de bus existant. Le service aux voyageurs sera interrompu temporairement l’hiver prochain. La navette sera néanmoins testée sans passagers à bord durant cette période,dans le cadre d’un projet de recherche et développement.

La révolution billettique de l’Ile-de-France est annoncée
Deux nouveaux Passes, Navigo Easy et Liberté+ vont prochainement enrichir la palette des passes Navigo en Ile-de-France. Liberté + doit être lancé en octobre 2019 après une première phase de déploiement en avril. La commercialisation de Navigo Easy est prévu en avril 2019.
Avec ces passes, le ticket magnétique pourrait disparaître, indique Laurent Probst, « à l’horizon 2021 ». Mais le directeur général d’Ile-de-France Mobilités ne veut pas s’engager sur une date tant que le nouveau système n’est pas en phase de déploiement.
Les deux nouveaux passes s’adressent à des publics différents. Liberté + vise le public des voyageurs occasionnels, qui n’ont pas besoin d’un passe Navigo mensuel ou annuel. Correspondant à une demande forte des usagers, et à un engagement de Valérie Pécresse, Liberté + permettra, dans la zone dense d’Ile-de-France, celle du ticket T+, de passer du RER ou du métro au bus sans avoir à repayer. Un système mis en place dans de très nombreuses métropoles de province. Ce sera la fin d’une exception francilienne qu’on ne regrettera pas. La fin du paiement aux correspondances aura un coût pour Ile-de-France Mobilités, qui l’estime à environ 40 millions d’euros par an. Le support du nouveau titre de paiement sera la carte Navigo. Que l’on fasse un voyage ou dix, l’équivalent du ticket de métro T+ reviendra à 1,49 euros (prix du ticket acheté en carnet de dix aujourd’hui) au lieu de 1,90 euros (prix du ticket à l’unité). Les achats seront débités en fin de mois.
Navigo esay, autre carte sans contact destinée aux touristes, permettra de charger des titres de transport comme les tickets T+, Orlybus, Roissybius, le forfait Navigo jour, etc . La carte sera vendue 2 euros, pour éviter qu’elle soit tout de suite jetée.
Derrière ces nouveaux passes destinés à faciliter la vie des voyageurs, l’affaire est plus compliquée pour Ile-de-France Mobilités. Le déploiement de Liberté+ va nécessiter de recalibrer la relation entre appareil central et valideur. Avec un gros travail de paramétrage, concernant, rappelle Laurent Probst, des « millions de comptes et des milliards de validations. »
En parallèle, IDF M mène un chantier de rénovation du système informatique de transactions. Aujourd’hui, chaque opérateur a son système qui a une bonne quinzaine d’années . Demain, il n’y aura plus qu’un système central , celui de l’autorité organisatrice. L’appel d’offres est en cours. Le titulaire du contrat sera désigné vers la fin de l’année. Un contrat en conception-réalisation dépassant les 100 millions d’euros.
En parallèle, précise Laurent Probst, « il faut aussi que les valideurs soient modernes ». Ile-de-France va laisse les opérateurs gérer leurs valideurs. On s’attend à ce que cela représente un effort financier important pour la SNCF
Parallèlement l’expérimentation du smartphone comme support de paiement va commencer en fin d’année. Quant à l’utilisation de la carte bancaire comme titre de paiement, aujourd’hui pratiquée à Londres, IDF M y travaille aussi. Pas sûr cependant qu’elle soit promise à un grand avenir si, comme cela se profile, le futur de la carte bancaire, c’est le téléphone.
Saint-Etienne Métropole souhaite passer au trolleybus IMC
L’agglomération de Saint-Etienne est une des dernières de France, avec Lyon et Limoges (voire Nancy, si l’on compte le TVR), à mettre en œuvre des trolleybus sur son réseau de transports publics. Et le 17 juillet, en lançant un avis d’appel à candidatures pour sa prochaine génération de trolleybus standards, Saint-Etienne Métropole non seulement confirme que ce type de bus électrique a un avenir, mais l’agglomération stéphanoise est aussi une des premières autorités organisatrices des transports au monde (et la première en France) à envisager de faire appel à la technologie IMC (pour In-Motion Charging, soit « charge en mouvement »). Aussi appelée Trolleybus 2.0, cette solution implique que les trolleybus soient également équipés de batteries chargeables en exploitation, pouvant ainsi « s’affranchir temporairement de leur alimentation normale par ligne aérienne de contact bifilaire » comme le souligne l’avis d’appel à candidatures. De quoi envisager l’exploitation de lignes de trolleybus sur des parcours qui ne sont pas intégralement électrifiés, par exemple en cas de travaux, de déviations ou de prolongements.
A part l’IMC, les 22 trolleybus de la tranche ferme envisagée sont tout ce qu’il y a de plus standard aujourd’hui. « Ces véhicules sont à plancher plat, sans marche intérieure, disposent de 3 portes et peuvent transporter environ 90 passagers. Ils comportent de 22 à 28 places assises. Les dimensions maximales du véhicule hors appendices sont de 12 m de long et 2,55 m de large. » Deux tranches optionnelles sont évoquées, de un et deux trolleybus respectivement.
Les candidats, qui ont jusqu’au 10 août pour se déclarer, verront leurs offres évaluées à 60 % sur leur valeur technique et à 40 % sur leur prix.
Nouvelle gare du Nord : les réserves d’Ile-de-France Mobilités
La nouvelle gare du Nord, qui sera coproduite par la SNCF et Ceetrus, la foncière du Groupe Auchan, ne séduit pas totalement Ile-de-France Mobilités. L’autorité organisatrice, informée par la SNCF des projets en lice, avait d’ailleurs émis des réserves avant le choix du 9 juillet. Laurent Probst, DG d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), en avait fait part à Patrick Ropert, DG de SNCF Gares & Connexions dans un courrier du 4 juillet. Selon lui, parmi les trois projets finalistes, connus alors comme A, B et D, les analyses techniques des experts, soit mandatés par Gares & Connexions, soit d’IDFM ou de la RATP, penchaient nettement pour la solution du groupement D, en ce qui concerne les enjeux de fluidité, de lisibilité de la gare et d’efficacité intermodale. Enjeux dont l’AO fait le premier critère de choix.
Les propositions des deux autres groupements n’apportaient pas aux yeux d’IDFM toutes les garanties d’un traitement satisfaisant des espaces de transport du quotidien. C’est cependant Ceetrus, l’un de ces deux autres groupements, qui a été désigné « preferred bidder » par SNCF Mobilités.
C’est surtout le déplacement de la gare routière et sa transformation en « écostation », malgré le joli nom trouvé, qui n’ont pas convaincu l’AO. On avait une gare routière qui fonctionnait, on se retrouve avec des espaces dans lesquels les bus auront du mal à manœuvrer, regrettait en substance ce mercredi Laurent Probst devant quelques journalistes.
Certes, Ile-de-France Mobilités comprend que la solution choisie par la SNCF soit celle qui ménage le plus d’espace aux commerces. L’AO y trouve d’ailleurs son intérêt. Dans l’équilibre économique des gares, plus les surfaces commerciales seront rentables, moins Ile-de-France Mobilités qui paye les « touchers » de trains quand ils stationnent en gare, aura de chance d’être taxé. Patrick Ropert a répondu en ce sens à Laurent Probst le 9 juillet. Il a précisément fait valoir que l’offre du candidat pressenti serait de 60 % moins élevée en termes d’impact tarifaire.
Reste que la copie devra être revue. De quoi nourrir le dialogue qui vient de s’ouvrir dans le cadre d’une négociation exclusive entre la foncière d’Auchan et la SNCF. Afin d’améliorer le projet avec le candidat pressenti.
F. D.

Paris : des bus qui ne vont plus qu’à 8 km/h…
Les Parisiens massés sur les Champs-Elysées ont regretté que le bus à impériale transportant les champions du Monde descende trop vite l’avenue. C’est un reproche qu’on adresse rarement aux bus parisiens. Ils roulent très mal, et Ile-de-France Mobilités s’en inquiète. Un rapport voté le 11 juillet par le conseil d’IDF M, que VR&T a pu consulter, fait le point sur la mise en œuvre du programme de refonte des bus adopté le 6 décembre 2016.
Selon le document de l’autorité organisatrice « après de nombreux échanges, le projet d’exploitation étudié par la RATP a été transmis à Ile-de-France Mobilités de 16 mai 2018 ». Et « cette première version a mis en évidence la problématique des vitesses commerciales des bus. L’opérateur a en effet construit une offre de transport sur des temps de parcours dégradés. Les vitesses retenues à l’heure de pointe du soir marquent un recul très significatif au regard des vitesses de référence du contrat Stif – RATP 2016-2020, certaines lignes majeures subissant une vitesse commerciale à l’heure de pointe particulièrement faible, de l’ordre de 8 km/h. Ce recul présente ainsi, en moyenne, près d’un km/h de baisse par rapport à la vitesse contractuelle ». IDF-M déplore « une non-production de près de 8% de l’offre kilométrique programmée (équivalente au non-fonctionnement quotidien de cinq lignes de bus) ».
Pour la RATP (toujours selon le rapport d’Ile-de-France Mobilités), « ces vitesses traduisent les difficultés grandissantes de circulation dans Paris ».
Catherine Guillouard s’en était d’ailleurs inquiétée devant le Club VR&T, le 24 avril dernier. Aujourd’hui, disait-elle, « nous sommes proches de la barre des 10 km/h dans Paris. Il y a plusieurs causes : les travaux, l’encombrement des carrefours, les incivilités multiples (60 000 PV en 2017 dans les couloirs de bus). Nous travaillons avec la préfecture de police et la Mairie de Paris pour aider à développer la vidéoverbalisation ».
Aussi jugeait-elle, indispensable, avant de remettre son projet d’exploitation à IDF Mobilités, qu’il soit « soit fondé sur la réalité opérationnelle constatée ». Et insistait sur une autre raison expliquant les mauvaises performances. « Il faut que les aménagements de bus soient réalisés, et cela dépend de la Ville de Paris. C’est structurant, puisqu’il y a plusieurs centaines de points d’arrêt à changer. » C’est aussi ce qu’on pense à l’AO.
Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, à son tour reçu par le Club le 6 juillet, s’est voulu rassurant, et a confirmé que tout serait prêt pour avril 2019. Tout en avançant que cela ne servirait à rien de réaliser des aménagements conçus pour une nouvelle offre avec des bus supplémentaires, tant que lesdits bus ne sont pas arrivés…
Ce dernier argument n’est pas très rassurant. On a l’impression qu’on se prépare moins à réaliser le programme dans les temps qu’à montrer que si on n’y arrive pas, c’est plutôt la faute au voisin… En fait, certains représentants des usagers craignent le pire : qu’on rate le rendez-vous du printemps 2019, et qu’on ne fasse rien avant longtemps. Les municipales sont attendues pour le printemps 2020. Cela va être risqué de se lancer peu de temps avant l’échéance dans des travaux gênants, dont le bénéfice ne se fera sentir qu’après le vote. Comme argument de campagne électorale, on fait mieux. Certes, il y a encore un peu de temps avant la campagne. Mais, remarque-t-on à l’AUT-IDF, les services de la voirie de la Ville sont déjà bien occupés par les aménagements vélos. Et on observe que, parmi les travaux prévus cet été, rien ne concerne les bus.
F. D.