Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • Ile-de-France Mobilités va lancer un appel d’offres tram+ bus

    Ile-de-France Mobilités va lancer un appel d’offres tram+ bus

    T9+bus. C’est le périmètre du premier appel d’offres concernant les bus qui devrait être lancé par Ile-de-France Mobilités d’ici la fin de l’année. Le prochain conseil de l’ex-Stif, mercredi, doit acter ce périmètre. L’appel d’offres à proprement parler doit être lancé au cours de l’année.

    Pourquoi associer le futur tram Porte-de-Choisy – Orly (ville) à des lignes de bus proches de cet axe, dites « Bord de l’eau » ? Pour mieux gérer les situations perturbées, précise-t-on à Ile-de-France Mobilités.

    Avec ce premier appel d’offres, l’ex-Stif se met en ordre de marche pour que la  mise en concurrence des bus de grande couronne commence  le 1er janvier 2021. Les périmètres ne sont pas définitivement arrêtés mais ces lignes de bus devraient être réparties entre 40 et 50 lots. Ces futurs appels d’offres sont contestés par la plupart des opérateurs de grande couronne, regroupés dans l’association Optile, qui ne comprennent pas pourquoi la RATP dispose par rapport à eux d’un délai de trois ans avant d’affronter des concurrents. Ils l’ont fait savoir, en un premier temps, par une lettre de recours gracieux adressée à Valérie Pécresse.

    Le Front de gauche aussi a protesté contre cette mise en concurrence. Pour Fabien Guillaud-Bataille, conseiller régional et administrateur d’IDF Mobilités, « Valérie Pécresse veut engager la mise en concurrence de lignes importantes comme le Tram T9 et les réseaux de bus Bord de l’eau, de Sénart, du Mantois et du Grand Ouest. Ce passage en délégation de service public est une menace sur la qualité de service des transports de notre région. Une menace également pour l’emploi et les salariés ».

    Le conseil du d’Ile-de-France Mobilités de mercredi devrait aussi acter l’expérimentation d’arrêts à la demande pour les bus de nuit, annoncée par Valérie Pécresse, afin de protéger les femmes de risques d’agressions. Et décider de l’installation de fibre optique dans les gares, indispensable pour assurer une bonne information des passagers en temps réel.

    F. D.

  • Franck-Olivier Rossignolle devient PDG de RATP Dev Transdev Asia

    Franck-Olivier Rossignolle devient PDG de RATP Dev Transdev Asia

    Franck-Olivier Rossignolle succède à Emmanuel Vivant à la tête de RATP Dev Transdev Asia. Ce dirigeant de Transdev s’est pleinement consacré ces derniers temps à la candidature de Lille. Une métropole que, malgré tous ses efforts, Transdev n’a pu ravir à Keolis. Franck-Olivier Rossignolle (49 ans) était auparavant patron de la zone Sud France de Transdev, après avoir été directeur délégué Italie et directeur général du réseau de Gênes.

    Cette nomination, que Thierry Mallet a annoncée lors du Club VR&T le 8 février, s’est fait attendre. C’est en octobre 2017 qu’Emmanuel Vivant, qui avait succédé en juin 2015 à Daniel Cukierman, a quitté RATP Dev Transdev Asia pour devenir directeur international de la Saur. On commençait à se poser des questions sur la volonté des deux maisons mères de continuer une aventure qui les associe dans la ligne 1 du métro de Bombay, la ligne 9 du métro de Séoul, le tramway de Hongkong ou les bus de Nankin. Interrogations démenties avec soin au plus haut niveau.

    Reste qu’à notre connaissance il y avait certaines divergences d’appréciation sur les pays cibles pour l’expansion de la JV. RATP Dev Transdev Asia devrait de ce fait se concentrer sur les trois pays où elle est implantée (Chine, Inde, Corée du sud), RATP Dev et Transdev poursuivant de façon indépendante leur expansion sur les autres marchés d’Asie. Une activité que va piloter aussi pour Transdev Franck-Olivier Rossignolle.

    F. D.

  • Gilles Savary : « Le rapport Duron ? Un rapport de rupture »

    Gilles Savary : « Le rapport Duron ? Un rapport de rupture »

    Gilles Savary, ancien député, consultant, président de l’atelier « Mobilités plus sûres » des Assises de la mobilité, répond aux questions de VR&T à la suite de la publication du rapport « Mobilités du quotidien » du Conseil national des infrastructures, présidé par Philippe Duron.

    Ville, Rail & Transports. Comment recevez-vous le rapport Duron ?

    Gilles Savary. C’est un changement de doctrine assez clair, assez net, à bien des égards. C’est un rapport de rupture très intéressant.

     

    VR&T. De rupture, à quels égards ?

    G. S. C’est la première fois depuis les années 90 qu’on dit qu’il ne faut pas attendre de miracle de la politique de report modal. Jusqu’à présent nous avions des idées assez simples, inspirées des écologistes : il faut basculer les trafics sur le rail. Après plus de vingt ans d’efforts, partout en Europe, on s’aperçoit qu’on n’a pratiquement pas fait bouger, ou alors de façon extrêmement marginale, le pourcentage de voyageurs ou de marchandises transportés par rail, par rapport à la route, ou à l’aérien ou à la mer. On n’a pas réussi cette politique très coûteuse, qui repose sur des investissements géants et des subventions massives en faveur du rail, et sur la fiscalisation de la route, même si certains considèrent qu’elle n’est pas suffisante. C’est la première rupture doctrinale.

     

    VR&T. D’autres ruptures ?

    G. S.  Une priorité affirmée pour les mobilités du quotidien. Cela avait déjà été évoqué par ce gouvernement, le précédent en avait beaucoup parlé mais n’avait pas fait grand-chose. On fait une priorité de mobilités considérées comme besoin de première nécessité pour des Français qui doivent se déplacer quotidiennement. C’est extrêmement important par rapport à la culture des grands projets prestigieux et des performances techniques des précédentes années.

    Il y a une troisième rupture, c’est le début d’une véritable politique nationale pour les modes doux : vélos, marche, avec, en face, des propositions budgétaires qui ne sont pas complètement marginales ou anecdotiques. C’était jusqu’à présent une amélioration du cadre de vie en ville, ce n’était pas érigé en politique nationale. Ces modes trouvent leur lettre de noblesse dans ce rapport. Voilà trois grandes ruptures doctrinales qui me semblent extrêmement importantes.

     

    VR&T. En matière de report modal, on se focalise souvent sur un échec français, notamment en fret. Pour vous, il est européen ?

    G. S. Oui. Le livre blanc de 2001 sur les transports de Loyola de Palacio — qui a été un très grand commissaire européen — est axé essentiellement sur le report modal. Si on compare les chiffres d’alors pour la route et le fer aux chiffres d’aujourd’hui, on constate qu’on a beaucoup fiscalisé la route mais que cela n’a pas fait bouger de façon significative les parts modales. La route est plus souple, le chemin de fer est devenu moins fiable et, dans ses usages classiques, il n’est plus tellement adapté à notre époque, au fait qu’on a à faire du porte-à-porte, du just in time. Et puis, il y a une très grande résilience de la liberté de circulation individuelle.

    Il y a aussi des phénomènes structurels. Pour en revenir à la France, aujourd’hui, dans la campagne, on a beaucoup de mal à massifier les déplacements. Le village français n’est plus complet. Il est éclaté. Il faut parfois emmener les enfants à la maternelle à trois kilomètres, faire quatre kilomètres à l’opposé pour aller à l’école primaire, aller ailleurs à la perception ou voir le médecin. Les parcours sont devenus chaotiques, on peut difficilement les regrouper. Le véhicule individuel reste pour un grand nombre de Français incontournable, sans compter l’attachement qu’on peut avoir à la route, au fait qu’elle est synonyme de liberté. Jusqu’à présent, on a tenu un discours politique à l’envers de ce qui se passe : les mobilités routières n’ont cessé de se développer et tiennent parfaitement le choc, même si on les sanctionne, même si on les taxe. Il est très sage de le reconnaître.

     

    VR&T. Mais il y a tout de même une incohérence de la politique des transports des gouvernements successifs. Quand on voit ce que fait la Suisse, notamment pour les transports de marchandises, on constate qu’une politique très volontariste porte ses fruits.

    G. S. C’est peut-être volontariste, mais il y a tout de même des cols qui sont fermés en hiver et vous ne pouvez pas passer autrement. La Suisse, ce n’est pas les Pays-Bas. 70 % des Suisses sont abonnés au train. C’est un peu comme pour traverser le Channel : on ne peut pas prendre la voiture. Ce que fait la Suisse n’est pas transposable. On a cru qu’on pouvait le transposer en France et faire des grands corridors de plaine, des autoroutes ferroviaires… Mais quand vous êtes transporteur routier, et que vous achetez un camion, vous n’allez pas payer le train pour le faire circuler. Vous l’acceptez quand vous traversez la Suisse, parce que la Suisse est un obstacle naturel.

     

    VR&T. Où le chemin de fer est-il aujourd’hui pertinent ?

    G. S. Au XXIe siècle, la zone de pertinence du mode ferroviaire, ce sera de plus en plus l’accès au cœur de l’agglomération. Le phénomène d’urbanisation et de polarisation est très fort en France. On avait Paris et le désert français. On a maintenant Paris, les métropoles et les périphéries des métropoles. Il faut équiper le ferroviaire pour accéder au cœur. Heureusement, le réseau existe, et les lignes en étoiles arrivent dans les centres des agglomérations. Il faut massifier, et rabattre le plus possible autour de ces lignes les véhicules individuels ou le transport par car. C’est ainsi que nous pourrons conjuguer la lutte contre la congestion et la lutte contre la pollution. C’est un enjeu considérable. Il est évoqué dans le rapport Duron, sous un angle qui me plaît assez, et c’est peut-être une quatrième rupture à ajouter aux trois que j’ai citées : une rupture technologique. Il faut mettre de l’ERTMS, pour avoir des cadencements au quart d’heure. Il faut inventer les RER de province, dit le rapport. Cela va coûter très cher, parce qu’il faut aussi supprimer les passages à niveau en zone périurbaine, sécuriser les voies, disposer d’installations de contresens. Jusqu’à présent les régénérations avaient pour objectif flamboyant de remettre le réseau dans l’état des années 70 ! Ce n’est plus possible. Il faut une rupture technologique si l’on veut éviter que la ville ne s’étouffe sous la congestion.

     

    VR&T. Mais cela n’empêchera pas la demande de transport de croître…

    G. S. C’est vrai, et on raisonne un peu trop sur la suppression de la voiture en ville sans réfléchir aux solutions qu’il faut apporter aux périphéries des villes. Une grande partie des problèmes des villes vient de la très mauvaise organisation des activités sur le territoire, d’un déversement démographique considérable. Les gens qui travaillent en ville ne peuvent plus y vivre, parce que c’est devenu trop cher. Ils sont « exportés » à 10, 15, 50, 100 km des métropoles, alors que leur emploi ne l’est pas. Il y a donc une augmentation de la demande de mobilité périphérique, qui devient de plus en plus difficile à vivre. Les bouchons ont de plus en plus d’amplitude horaire, il faut partir de plus en plus tôt le matin et on rentre de plus en plus tard le soir, ce sont des journées éreintantes. Cela représente une dégradation considérable des conditions de vie autour des grandes agglomérations. La situation est potentiellement explosive. C’est là qu’il faut agir. Pas simplement agir en ville. C’est le non-dit du rapport Duron, ou son angle mort, à aucun moment il ne dit : il faudrait réaménager l’espace.

     

    VR&T. D’autres réserves ?

    G. S. Il y a un autre sujet qui me préoccupe. C’est le matraquage fiscal automobile. Un jour, on limite la vitesse sur route à 80 km/h, or, cela aura peu d’incidence sur l’accidentologie, mais beaucoup d’incidence sur les rentrées d’amendes. Un autre jour c’est le péage urbain. On met encore en place la dépénalisation du stationnement et des augmentations du stationnement infernales. On augmente la TICPE selon une trajectoire impitoyable jusqu’en 2022. J’ai peur que se mette en place une fracture sociale dans les mobilités, et que les gens qui ont été socialement expulsés de la ville et sont captifs de la voiture soient très durement taxés, tout simplement pour aller travailler. Je sais bien qu’on a besoin de 500 millions de plus, ou d’un milliard de plus pour l’Afitf. Et encore, c’est uniquement pour les infrastructures d’Etat, parce qu’on a mis un mouchoir sur les infrastructures des collectivités locales, qui sont les plus importantes de France, notamment en mode routier. Je comprends qu’on ait besoin de trouver ces ressources. Mais il ne faut pas trop encourager l’accumulation de taxations punitives en centre-ville. Il vaudrait mieux s’occuper des périphéries, y « exporter » les emplois, cogérer le développement économique. Autrement on ira vers des situations socialement intenables.

     

    VR&T. Une des solutions qu’on voit apparaître, dans des propos d’Elisabeth Borne ou dans le rapport Duron, c’est le véhicule autonome. Quelle place va-t-il occuper selon vous ?

    G. S.
     Les mobilités à longue distance trouveront leur avenir dans la décarbonation et, pour ce qui est de la gestion des congestions, en partie dans l’électronique et l’automatisation. C’est vrai pour le train, c’est vrai aussi pour l’automobile. Cela dit, le véhicule autonome sur la place de l’Etoile, ce n’est pas pour demain matin. Peut-être aura-t-on des véhicules autonomes – par exemple des cars – sur des voies dédiées sur autoroute. Cela, c’est accessible rapidement.
    Il faut pousser rapidement le 100 % électrique et, si possible le 100 % électrique propre. J’observe que pour la première fois dans un rapport national le véhicule à hydrogène commence à gagner de la crédibilité. Jusqu’à présent on s’en tenait au véhicule à deux litres. Il y a énormément de perspectives nouvelles qui vont pouvoir se conjuguer pour améliorer les mobilités. Encore faut-il que ce ne soit pas une façon d’accroître les inégalités or, j’y insiste, la sélection sociale par le prix du foncier est un prodigieux moteur d’inégalité. On dit qu’il faut modifier les comportements des gens. En fait, leurs comportements sont modifiés… par les prix du foncier. S’ils n’ont pas de comportements vertueux, c’est qu’ils n’ont pas d’autres solutions.

    VR&T. Si la route est de plus en plus sollicitée, il va falloir de plus l’entretenir…

    G. S. 
    Oui, et le rapport Duron parle trop peu de la façon dont on va entretenir le réseau routier dans sa totalité. Le réseau routier a plusieurs titulaires. Il y a le réseau autoroutier concédé, le réseau national mais il y a surtout le réseau départemental, de plus en plus sollicité, notamment dans les zones périurbaines où il devient des contre-rocades, des façons d’éviter des bouchons, de trouver des trajets malins. Or, ce réseau est aujourd’hui sollicité d’une façon très largement supérieure à ce qu’il est capable de supporter parce qu’il n’a pas été fait pour cela. Le réseau routier national fait plus de 20 000 km et le réseau autoroutier concédé moins de 10 000 km, mais il y a 380 000 km de voies départementales, et plus de 500 000 km de voies communales. Le rapport ne traite aujourd’hui que des autoroutes et du réseau routier national. Le réseau capillaire est celui qui enregistre la plus grande croissance des trafics et la plus forte croissance d’accident. C’est une zone d’ombre de ce travail mais, au bout du bout, c’est un excellent rapport, extrêmement courageux, qui prête à réfléchir, et qui propose aux ministres des choix clairs.

    VR&T. Des trois scénarios que présente Philippe Duron, lequel est selon vous le meilleur ?

    G. S.
     Le meilleur c’est le troisième.

    VR&T. Le plus gourmand ?

    G. S.
     On a besoin d’améliorer les infrastructures urbaines, de développer les modes doux, d’assurer l’intermodalité. Et on a pris du retard en ce qui concerne la dorsale de tout cela, qui est l’amélioration des étoiles ferroviaires des grandes agglomérations. Tout cela va coûter terriblement cher. J’ajoute que le rapport parle de l’ERTMS, rupture technologique sur le ferroviaire nécessaire et décisive, mais il ne le chiffre pas. Vu l’ampleur de nos besoins, il faut donc un milliard de plus à l’Afitf, c’est le troisième scénario. Mais il oblige à un matraquage difficilement supportable des populations…

    VR&T. Le choix du scénario médian apparaît plus probable.

    G. S. 
    C’est effectivement le plus crédible. Mais il demandera beaucoup de courage à l’Etat dans la définition des priorités. Plus encore que ne le dit ce scénario. L’ERTMS n’est pas chiffré, le programme de suppression de passages à niveau est extrêmement modeste par rapport à ce qu’il faudrait dans les quasi-banlieues des grandes métropoles, l’entretien du réseau départemental n’est pas vraiment chiffré… De plus, le rapport dit : Lyon – Turin n’est pas dans ma mission, le canal Seine – Nord non plus, le CDG Express non plus, ni le Grand Paris. Des dossiers dont on sait qu’ils pourraient être extrêmement « europhages » ! Le Grand Paris, c’est une machine à faire de la dette. Or, tous ces dossiers sont considérés comme des coups partis. Je préfère le scénario 3, mais je ne pense pas qu’on arrive à trouver le milliard d’euros supplémentaire annuel nécessaire tout en assurant le financement de ces grands projets en cours. Le scénario 2 est plus crédible mais il va contraindre le gouvernement à faire des choix encore plus ciblés sur les projets, encore plus concentrés que ce qui est proposé.

     

    Propos recueillis par François Dumont
    et Marie-Hélène Poingt

     

  • Cityscoot lève 40 millions d’euros

    Cityscoot lève 40 millions d’euros

    Après avoir obtenu 15 millions à l’été 2016, Cityscoot voit plus gros : la start-up française, qui propose des scooters électriques en libre service et sans station (1 600 scooters électriques à Paris et dans quelques communes limitrophes), a annoncé le 6 février avoir levé pas moins de 40 millions d’euros. RATP Capital innovation et InVenture Partners se sont associés aux actionnaires historiques, parmi lesquels la Caisse des Dépôts et Leaseplan, explique Cityscoot dans un communiqué.
    « L’objectif est de financer l’ouverture du service dans de nouvelles villes et d’amener la flotte à 5 000 scooters d’ici la fin 2018 », précise la jeune pousse qui emploie déjà 120 salariés et affiche au compteur 7 000 à 9 000 trajets quotidiens.

    Une expérimentation devrait démarrer à Nice ce mois-ci avant le lancement du service au printemps. Trois autres villes vont prochainement s’ajouter, notamment en Italie et en Suisse.

  • Bordeaux accueille des vélos sans station

    Bordeaux accueille des vélos sans station

    Indigo Weel a annoncé déployer cette semaine 500 vélos en libre service et sans station à Bordeaux. A la fin du mois, 500 vélos supplémentaires devraient être installés, puis la flotte pourra augmenter au fur et à mesure des besoins, explique la société également présente à Metz et à Tours,

    « Pour contrer la problématique de « stationnement sauvage » et du vandalisme, une zone de couverture a été définie avec la collectivité. Aucun stationnement n’est autorisé en dehors de ces zones, celles-ci sont représentées en vert sur l’application », précise Indigo Weel dans un communiqué.

    De plus, un système basé sur des points bonus/malus sera mis en place au cours du premier semestre pour sensibiliser les cyclistes, en leur proposant de cumuler des points à échanger contre des cadeaux ou des coupons pour se déplacer gratuitement à vélo s’ils signalent par exemple un vélo mal garé, endommagé ou s’ils se garent bien dans la zone indiquée dans l’application et inversement perdre des points en cas de mauvais stationnement, ou de dégradation du vélo.

  • WayzUp devient Klaxit et lève des fonds

    WayzUp devient Klaxit et lève des fonds

    WayzUp veut franchir un nouveau cap et créer « le champion européen du covoiturage quotidien ». L’occasion de changer de nom : la start-up se rebaptise Klaxit. « Pendant cinq ans, WayzUp a été un laboratoire de ce nouveau type de transport et a testé de nombreuses solutions avec les entreprises et les collectivités », explique Julien Honnart, le président-fondateur de Klaxit, en affirmant que la formule mise au point fonctionne.

    « C’est une fusée à trois étages : le premier repose sur notre appli spécifiquement conçue pour les itinéraires domicile – travail. Le deuxième a été édifié avec les entreprises qui sont nécessaires pour atteindre la masse critique. Le troisième, c’est le cofinancement des trajets par les entreprises et les collectivités », ajoute Julien Honnart.

    Selon lui, le cofinancement du covoiturage par les entreprises ou les collectivités permet de multiplier par quatre le nombre des utilisateurs. « Le trajet devient gratuit pour le covoituré qui comprend tout de suite l’avantage de la formule », résume le fondateur de Klaxit.

    Pour aller plus loin, Klaxit vient de réaliser une levée de fonds de trois millions d’euros avec cinq partenaires, Sodexo, RATP, Via ID, Maif et Inco. « Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de plus de trois millions. Mais si on regarde qui sont nos cinq partenaires, on comprend que ce partenariat vaut beaucoup plus que trois millions d’euros ! », souligne Julien Honnart.

    Dans l’immédiat, cela va lui permettre d’embaucher dix personnes pour accélérer le développement. Actuellement la start-up compte 18 salariés. L’objectif dans deux ans est de se déployer dans les 50 plus grosses agglomérations françaises, puis d’aller à la conquête de l’Europe, en commençant par les pays frontaliers ainsi que par les trajets transfrontaliers.

  • Le bilan décevant de la loi de lutte contre la fraude dans les transports

    Les transporteurs espéraient mieux. C’est en résumé ce qui ressort du bilan dressé par les transporteurs deux ans après la promulgation de la loi de lutte contre la fraude et les incivilités, selon un rapport parlementaire présenté le 7 février.

    Ainsi, même si les responsables de la RATP admettent avoir noté une légère diminution de la fraude depuis l’entrée en vigueur de la loi, ils regrettent que « l’impact de la loi ne soit pas aussi important que souhaité », indiquent les deux rapporteurs. « D’autant que la mesure la plus emblématique, celle relative à la fiabilisation des adresses des fraudeurs, n’est toujours pas entrée en vigueur », écrivent Aude Luquet et Michel Vialay, la première députée LREM de Seine et Marne, le second député LR des Yvelines.

    En effet – et c’est une des principales difficultés rencontrée par les transporteurs –, une fois qu’ils ont verbalisé un contrevenant, ils se retrouvent dans environ 50 % des cas avec des adresses erronées ou périmées. La loi prévoyait la création d’une plateforme d’échange permettant de confronter l’adresse déclarée par le fraudeur avec celle qu’il a déclarée pour créer un compte bancaire ou percevoir les allocations familiales par exemple. Mais le décret d’application n’a toujours pas été publié. Ce retard s’expliquerait par des difficultés juridiques et techniques, indiquent les députés qui plaident pour le lancement rapide de ce fichier « fraudeurs » permettant de croiser et de fiabiliser les adresses.

    Le taux de recouvrement a toutefois déjà légèrement progressé : il est passé de 44,7 % en 2016 à 47,7 % en 2017. L’année dernière, la RATP a ainsi pu récupérer plus de 30 millions d’euros. Une somme modeste comparée à ce qu’elle a dépensé pour y arriver : 150 millions mobilisés pour la lutte contre la fraude en 2017…

    Le durcissement des sanctions prévu par la loi Savary, semble aussi être apprécié par les transporteurs, notamment la création d’un délit puni de deux mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende pour les contrevenants qui ne respectent pas l’obligation de rester à la disposition des agents. « En 2017, seulement 20 délits de soustraction à cette obligation ont été constatés par les agents de la SNCF, ce qui tend à prouver que cette obligation, assortie d’une sanction sévère, est plutôt bien respectée », note le rapport. Avec un bémol : les officiers de police judiciaire (OPJ) qui doivent donner leur accord à la rétention des contrevenants ne donnent une réponse positive que dans 47 % des cas… Un exemple est édifiant : en juin 2017, dans les Yvelines, la SNCF a formulé 165 demandes auprès des OPJ. Sur ce total, seules sept ont été acceptées, mais dans le même temps, des équipes ont été dépêchées dans 94 % des cas. « Dans ce cas pourquoi donner un avis défavorable et laisser aux contrevenants le temps de se soustraire aux agents de sécurité avant l’arrivée de la police ? », s’interrogent les deux députés qui demandent davantage de réponses positives.

    En revanche, le délit d’habitude, qui est désormais porté à cinq délits par an au lieu de dix auparavant, a logiquement bondi : il était évalué par la SNCF à 2 000 chaque année avant la loi Savary, il s’est élevé à 14 225 en 2017. Mais, affirme le Gart, « certains parquets (Marseille par exemple) indiquent aux opérateurs qu’il est inutile de transmettre les nouveaux dossiers (très nombreux) car ils n’ont pas les moyens matériels de les traiter ». Malgré cela, la SNCF a indiqué aux parlementaires vouloir déposer plainte systématiquement. Côté RATP, qui s’était lassée de perdre son énergie pour rien et avait renoncé, des responsables affirment avoir « timidement » recommencé à les poursuivre mais cela « ne constituerait pas une priorité », relatent les deux rapporteurs.

    Reste que, dans sa globalité, le combat vaut le coup (le coût ?) puisque le manque à gagner annuel de la fraude pour les transports publics reste estimé, au bas mot, à 500 millions d’euros sur toute la France. Pour améliorer encore l’efficacité de la loi, les deux rapporteurs espèrent que le ministère des Transports reprendra quelques-unes de leurs suggestions au moment de la rédaction du projet de loi sur les mobilités attendue en avril.

    Marie Hélène Poingt

  • Les transporteurs lancent leurs plans neige

    Les transporteurs lancent leurs plans neige

    Qualifiées de « phénomène météorologique exceptionnel », par Elisabeth Borne, la ministre des Transports, les chutes de neige du 6 février ont bloqué une partie du pays, notamment le bassin parisien où il y avait jusqu’à 20 cm de neige dans le Sud-Ouest de Paris. On a comptabilisé jusqu’à 700 km de bouchons dans la nuit de mardi à mercredi, malgré le salage des routes, les recommandations du ministère aux automobilistes d’éviter de prendre la route et l’interdiction faite aux poids lourds de circuler sur les principaux axes en Ile-de-France.

    Côté SNCF, le plan grand froid a été activé. Le transporteur recommandait aux voyageurs de reporter leurs déplacements dans la mesure du possible. Les vitesses ont été réduites sur les grandes lignes. Pour les TGV, dont la vitesse est abaissée à 220 km/h, il s’agit d’éviter les projections de glace lors de croisements.

    En Ile-de-France, on comptait deux trains sur trois en circulation en moyenne. Avec deux points noirs : les lignes L (Paris – Versailles) et P (Paris – Meaux et Paris – Coulommiers), où des arbres ont chuté à cause du poids de la neige et ont entravé les circulations. « Nous avons mis en place notre plan neige depuis deux jours. Cela nous a permis d’ajouter des trains supplémentaires mardi soir pour acheminer tous les voyageurs », a expliqué Alain Krakovitch, le directeur général de SNCF Transilien. « 2 500 agents sont mobilisés sur les voies pour déneiger en particulier les aiguillages, mais aussi les quais et assurer l’information voyageurs », a-t-il ajouté.

    Toutefois – et c’était l’une des principales difficultés à la SNCF comme ailleurs –, l’entreprise ferroviaire a aussi dû faire face aux difficultés de ses agents d’arriver à leur service.

    La RATP a ainsi estimé que 15 % de ses agents ont été confrontés à des problèmes d’acheminement et n’ont pu rejoindre leur poste. La RATP, qui avait aussi les yeux fixés sur les prévisions météo, a lancé son plan « Alerte neige » consistant à arrêter les chantiers et à mobiliser les équipes pour qu’elles s’assurent du bon fonctionnement des aiguillages.
    « 1 200 agents sont intervenus pour mener des actions de prévention et de protection du réseau. Il s’agit d’actions telles que le raclage des caténaires, le dégagement et le nettoyage de voies de tramway, le déneigement des abords des gares et stations, le sablage en cas de besoin des voies de RER, des lignes aériennes de métro et des quais de tramway… », explique la RATP. « La nuit, on fait circuler les trains pour éviter que le givre ne reste sur les caténaires », précise Philippe Martin, son directeur général adjoint.

    Les problèmes de circulation ont essentiellement concerné les tramways sur pneus et les bus qui ont cessé de circuler le 6 février en début de soirée. Les raisons ? Les problèmes d’adhérence des pneus et la volonté de ne pas générer de surencombrements. « Imaginez nos 4000 bus pris dans les embouteillages ! », souligne Philippe Martin. « La décision a été prise progressivement. Ce sont les conducteurs qui signalent les zones de difficultés au centre de régulation. Nous envoyons des voitures de régulation sur place pour prendre des décisions de fermeture partielle ou complète. La décision de reprendre se fait aussi progressivement dès que nous avons la certitude que l’itinéraire est complètement sûr. »

    M.-H. P.

  • Grand Paris Express : le calendrier fait tousser l’Essonne

    Grand Paris Express : le calendrier fait tousser l’Essonne

    La ligne 15 Ouest (Pont-de-Sèvres – Nanterre – Saint-Denis-Pleyel) est « annoncée pour 2029 au lieu de 2027 » (retard affectant le tronçon Pont-de-Sèvres – Nanterre, le tronçon suivant, Nanterre – Saint-Denis, étant déjà annoncé pour 2029). La ligne 17 Nord (au-delà du Bourget et jusqu’à CDG) « pour 2026 au lieu de 2024 ». La ligne 18 (Orly – Saint-Quentin) « est désormais annoncée au mieux au printemps 2025, voire à l’été 2026 ». Alors que ce tronçon Orly-Saint-Quentin était envisagé pour le 1er trimestre 2024.

    Le département de l’Essonne a réagi vivement à certaines des nouvelles dates communiquées hier par Bernard Cathelain, membre du directoire de la Société du Grand Paris. Des dates en décalage par rapport aux « échéances opérationnelles au plus tôt » envisagées en septembre 2017 par le préfet d’Ile-de-France. Elles ont été annoncées lors d’une réunion organisée le 6 février par Elisabeth Borne au ministère des Transports, à laquelle assistaient l’ensemble des présidents de conseils départementaux, Anne Hidalgo, la maire de Paris, et Stéphane Beaudet, le vice-président de la région Ile-de-France en charge des transports. Pas de commentaire à la SGP, où l’on précise seulement que Bernard Cathelain a donné des « indications » sur l’ensemble des lignes, et qu’il revient au gouvernement de décider.

    L’Essonne en tout cas réagit, et François Durovray, le président du conseil départemental, a redit que « la méthode n’était pas la bonne, que le calendrier ne devait pas être la résultante de contraintes techniques, mais qu’au contraire il fallait prévoir des moyens techniques supplémentaires – notamment en matière de tunneliers – pour respecter le calendrier initial ». Ajoutant qu’il « n’y a aucune raison pour que les lignes qui desserviront les jeux Olympiques soient privilégiées au détriment des lignes de métro qui pourraient améliorer le quotidien de milliers de Franciliens ».

    Une rencontre technique avec le Centre d’études des tunnels (Cetu) doit faire le point sur les « avancées espérés avec la mise en œuvre de tunneliers supplémentaires ». Et « déterminer les surcoûts liés aux décalages des chantiers », ajoute François Durovray. On suppose, même si le communiqué de l’Essonne ne le précise pas, qu’on évaluera aussi le surcoût lié à la mise en œuvre de nouveaux tunneliers.

    Et les élus de l’Essonne disent qu’en attendant que les tunneliers forent, ils s’opposeront à la construction de tout m² supplémentaire et à « toute mesure palliative » pour la desserte du plateau de Saclay.

    F. D.

    Photo : perspective de la gare CEA/Saint-Aubin (© SGP)

  • Rennes confirme son engagement pour le vélo

    Rennes confirme son engagement pour le vélo

    Constatant que la pratique du vélo augmente de 13 % par an, la ville de Rennes confirme son engagement pour le vélo. Le Réseau express vélo (REV), qui rayonnera depuis la place de Bretagne, va commencer à se déployer en 2018. « Le réaménagement de la place, suivi jusqu’à l’automne de travaux de raccordement de linéaires cyclables et sécurisés existants vers le nord et l’ouest de Rennes, permettront de livrer avant la fin de l’année les 5,4 premiers kilomètres du REV », indique la collectivité dans un communiqué. A terme, 16 km sont prévus et ont vocation à se prolonger vers les communes de Rennes Métropole, précise-t-elle.