Le T7 entre Villejuif et Athis-Mons vient à peine d’être inauguré que son prolongement jusqu’à Juvisy-sur-Orge a été déclaré d’utilité publique. Le T7 entre Villejuif et Athis-Mons vient à peine d’être inauguré que son prolongement jusqu’à Juvisy-sur-Orge a été déclaré d’utilité publique. La DUP délivrée par la préfecture de l’Essonne fait suite à l’enquête publique qui s’est déroulée du lundi 21 mai au samedi 22 juin 2013. « A l’horizon 2018, dit le Stif, le T7 Villejuif – Athis-Mons sera prolongé de 3,7 km au sud. Il reliera Juvisy-sur-Orge à Athis-Mons en dix minutes. Il desservira notamment le secteur d’emplois d’Orly-Rungis, deuxième pôle d’activité d’Ile-de-France. Plus globalement, il offrira de nombreuses correspondances, dont plusieurs à la gare de Juvisy, avec les lignes C et D du RER. »
Catégorie : Mobilités douces
Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…
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Le périphérique enfin limité à 70 km/h
La vitesse maximum sur le périphérique parisien va passer de 80 à 70 km/h.
Le périphérique faisait exception. En agglomération, la vitesse est limitée à 50 km, cependant, selon le code de la route, « cette limite peut être relevée à 70 km/h sur les sections de route où les accès des riverains et les traversées des piétons sont en nombre limité et sont protégés par des dispositifs appropriés ». La mesure doit prendre effet avant la fin janvier, après l’examen du décret en Conseil d’Etat. La ville de Paris l’avait réclamée à maintes reprises, pour lutter contre la pollution, les nuisances sonores et améliorer la sécurité. Manuel Valls s’y était déclaré favorable en juillet. C’est lemonde.fr qui a donné l’information. Le quotidien avait juste auparavant, dans son numéro daté des 15 et 16 décembre attaqué dans un éditorial virulent les « politiques irresponsables » à propos du récent pic de pollution, en France et particulièrement à Paris, « le plus grave depuis 2007 ». Le lundi 17, la décision était actée. Reste à agir sur le diesel.
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Palmarès des mobilités. Prix Innovation : Lorient, des supercondensateurs pour la navette transrade
Pour innover, il faut sortir des sentiers battus, ne pas emprunter le même chemin que les autres. C’est ce qu’a fait Lorient Agglomération pour choisir son dernier transrade, officiellement mis en service le 19 septembre 2013. Pour innover, il faut sortir des sentiers battus, ne pas emprunter le même chemin que les autres. C’est ce qu’a fait Lorient Agglomération pour choisir son dernier transrade, officiellement mis en service le 19 septembre 2013. Pas moins de seize chantiers navals ont répondu à l’appel d’offres de Lorient Agglomération. Mais une seule offre correspondait à la demande : le bateau devait utiliser un mode propulsion économe en énergie, être conçu en matériaux recyclables et générer le moins de nuisances possibles y compris dans son entretien.
C’est finalement le chantier naval STX, installé Lanester, une commune qui jouxte Lorient, qui a été retenu en proposant l’Ar Vag Tredan, autrement dit le bateau électrique en breton. Un nom qui ne dit que vaguement l’innovation que renferme ce catamaran de 22,1 m de long sur 7,2 m de large capable de transporter 123 passagers. Certes, il est à propulsion électrique, mais c’est dans le stockage de l’énergie qu’il est original. Au lieu d’opter pour des batteries classiques, longues à recharger, l’agglomération a choisi des supercondensateurs, au cycle de charge-décharge très court qui correspond parfaitement à l’usage de la navette sur la ligne 10 (maritime) du réseau CTRL, confié à Keolis. Des allers-retours fréquents, mais courts (7 min) et nombreux (28 rotations) entre le quai des Indes à Lorient et Pen-Mané à Locmiquélic, sur la rive est de la rade. C’est là que l’Ar Vag Tredan recharge ses supercondensateurs, fournis par la Blue Solutions, la filiale de Bolloré, grâce à une potence, en seulement quatre minutes. De quoi tenir jusqu’à la prochaine escale.Y. G.
Les autres nominés étaient :
Montpellier : une borne intelligente pour les automobilistes qui prennent le tram
Ce serait une première nationale : La TaM (Transports de l’agglomération de Montpellier) a lancé en avril un ticket utilisable dans trois parkings-relais (Circé, Mosson et García Lorca), et dont le prix baisse si l’automobiliste prend le tramway. Ce ticket comprend un double encodage, l’un pour le parking, l’autre pour le tramway. Des bornes intelligentes permettent de lire et de contrôler la durée de stationnement et d'appliquer une grille tarifaire horaire. Il accorde un délai de 30 minutes pour emprunter le tram et conserver une tarification attractive. Faute de quoi, les tarifs du stationnement grimpent. Grâce à sa tarification, ce ticket permet également de réguler le stationnement et d’éviter que, dans les parcs-relais situés près de zones commerciales, les clients de ces commerces ne viennent trop encombrer ces parkings.M.-H. P.
Lyon : l’autopartage Sunmoov’ compatible avec les « smart grids »
Le système d'autopartage opéré par Proxiway (filiale de Transdev), lancé en octobre dans le quartier de la Confluence à Lyon se distingue pour être le premier compatible avec les réseaux électriques intelligents (smart grids). Sunmoov’, associant autopartage électrique et charge solaire, est porté par le groupe japonais Toshiba et le Nedo, l’équivalent de l’Ademe au Japon, qui a investi 50 millions d’euros. Plusieurs bâtiments à énergie positive du quartier fournissent l'énergie nécessaire au fonctionnement des 30 véhicules électriques, répartis sur six stations, dont trois équipées d’un système de charge rapide (20 à 30 minutes) à faible impact sur le réseau. Sunmoov’ vise aussi à expérimenter un système de charge solaire via des panneaux photovoltaïques intégrés sur le toit des bâtiments du quartier, à partir de 2014. En attendant, les voitures Sunmoov’ s’alimentent via la CNR qui fournira une électricité verte, essentiellement hydraulique. Pour Proxiway, l'objectif est de rentabiliser à un horizon de deux à trois ans le service, en convainquant un millier d’utilisateurs réguliers.C. N.
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Palmarès des mobilités. Prix Mobilité durable: Metz, le BHNS à 90 % en site propre
C’est une métamorphose pour la ville. En inaugurant simultanément le 5 octobre deux lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) orientées nord-ouest et sud-est, totalisant 18 km, en site protégé de la circulation sur 90 % du tracé, l’agglomération messine a frappé un grand coup. C’est une métamorphose pour la ville. En inaugurant simultanément le 5 octobre deux lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) orientées nord-ouest et sud-est, totalisant 18 km, en site protégé de la circulation sur 90 % du tracé, l’agglomération messine a frappé un grand coup. Baptisé Mettis, le TCSP (220 millions d’euros) relie les deux plus grands quartiers d’habitat social (Woippy et Borny) via 37 stations et est emprunté par la ligne A (12,5 km) de Woippy au Technopôle, et la ligne B (près de 11 km), du campus du Saulcy au futur CHR, avec un tronc commun de 5,6 km. Ses priorités aux feux, sa vitesse commerciale de 20 km/h, ses fréquences dans le centre-ville de 5 min pendant la pointe et ses parcs-relais en font un mode attractif pour les 100 000 résidents ou salariés bénéficiant d’une station à moins de 500 m.
Les véhicules hybrides aux teintes acidulées, des ExquiCity de Van Hool (de 24 m, 150 voyageurs), ont été designé pour la capitale lorraine qui a parallèlement revu et hiérarchisé tout son réseau urbain. Mission pour Mettis : transporter à terme jusqu’à 35 000 voyageurs par jour et faire passer le nombre de voyage par an et par habitant d’un petit 70 à 90 en deux à trois ans. Moins de deux mois après son lancement, Mettis transporte déjà 25 700 voyageurs par jour, quant à la fréquentation totale du réseau, elle serait déjà passée de 60 000 en 2012 à 65 000… « Nous sommes très contents car on escomptait 23 000 voyages/j en 2014, explique Jean-Luc Bohl, président de Metz Métropole. Les clients le trouvent convivial et il séduit certaines catégories de populations qui ne prenaient pas les TC auparavant, à commencer par moi ! »C.N.
Les autres nominés étaient :
Nantes : développement des lignes Chronobus
Quatre premières lignes Chronobus en septembre 2012, puis trois de plus en septembre 2013, Nantes Métropole compte encore lancer trois autres lignes de ce type après 2014. Les lignes Chronobus, prévues dans le PDU 2010-2020 que l’agglo a adopté en juin 2011, sont des BHNS qui adaptent aux lignes de bus, les avantages du tramway et du Busway.
Grâce à des aménagements de voirie, comme une chaussée élargie, des voies dédiées, la création de ronds-points, parfois franchis par les bus en leur centre ou encore la priorité aux carrefours, les lignes Chronobus offrent un service à la fois fréquent et rapide, toute la journée de 5h à minuit, une accessibilité et un confort propres à convaincre les Nantais les plus réfractaires à emprunter les transports en commun.C. N.
Toulouse : espaces logistiques contrôlés
Après une première charte de bonnes pratiques, mise en place en 2005 à la suite d’une concertation approfondie avec les transporteurs, chargeurs ou commerçants, une 2e charte de livraison a été signée le 19 septembre 2012 à Toulouse. Basée sur le principe de l’accréditation des professionnels selon les types de véhicules et d’activité, elle s’applique depuis le 1er novembre dans le centre-ville. Les livraisons en véhicules thermiques ne sont permises qu’à certains moments et l’utilisation d’un disque livraison est obligatoire avec un temps d’arrêt limité. Toulouse Métropole a aussi fait le choix d’espaces logistiques contrôlés (portions de voirie dédiées aux livraisons avec accès contrôlé par des bornes escamotables). Un travail de sensibilisation a été entrepris envers les livreurs qui s’engagent à utiliser davantage les véhicules non thermiques. Les commerçants de leurs côtés doivent faire coïncider les heures d’ouverture avec celles des livraisons et développer la mutualisation des réceptions via des commerçants-relais ou points-relais. Ceci s’inscrit dans le cadre du réaménagement du centre-ville et du meilleur partage de l’espace public.M.-H. P.
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Palamarès des mobilités. Prix Ville et Automobile : Nantes, une ville en paix avec les voitures
Depuis le 1er octobre 2012, Nantes Métropole et la ville de Nantes ont lancé ce qu’elles considèrent être l’un des projets majeurs du plan de déplacements urbains 2010-2015-2030 : « La ville apaisée ». Depuis le 1er octobre 2012, Nantes Métropole et la ville de Nantes ont lancé ce qu’elles considèrent être l’un des projets majeurs du plan de déplacements urbains 2010-2015-2030 : « La ville apaisée ». Concrètement, cela s’est traduit par la mise en place d’une grande zone 30 couvrant le centre de l’agglomération sur une superficie de 100 ha, un accroissement des zones piétonnes de 18 à 20 ha, une zone à trafic limité sur les axes principaux afin de limiter la circulation automobile.
Dans le cadre de ce nouveau plan de circulation, le cours des 50-Otages, axe majeur du centre-ville, est interdit aux voitures en transit depuis octobre 2012. Cet axe, ainsi que certaines rues adjacentes, est devenu une zone à trafic limité (ZTL). La vitesse y est limitée à 30 km/h. Cette ZTL est dédiée aux piétons (grâce au réaménagement des trottoirs), aux vélos (création d’une piste cyclable en position centrale), aux transports en commun mais aussi aux véhicules autorisés (riverains, livreurs, taxis…)
L’accès est identifié notamment par un marquage au sol et des contrôles de police sont régulièrement effectués, mais, selon Nantes Métropole, « il est surtout fait appel au sens de responsabilité et au civisme des automobilistes ». Parmi les avantages liés à ces aménagements, la régularité des transports en commun a été améliorée et les modes dits doux sont devenus plus sûrs. Les lignes de BHNS Chronobus, mises en service le 1er octobre 2012, puis le 26 août dernier, en profitent tout particulièrement. Avant 2012, 18 000 véhicules empruntaient quotidiennement le Cours des 50-Otages. Aujourd’hui, ils sont 6 000.M.-H. P.
Les autres nominés étaient :
Marseille Piétonnisation du vieux port
C’était l’un des projets phare de Marseille Provence pour 2013, capitale européenne de la culture : redonner son lustre au Vieux-Port et en faire un espace apaisé où piétons et modes doux retrouveraient toute leur place. Signé par le groupement Michel Desvigne mandataire/Foster+Partners/Tangram/Ingérop-Kersalé, le projet visait également à redynamiser le centre-ville pour renforcer son attractivité touristique et commerciale.
C’est fait depuis le début de l’année : le Vieux-Port est devenu semi-piéton. Une très vaste esplanade a été créée Quai de la Fraternité. Le projet a permis de dégager les quais et d’en ouvrir les espaces afin de leur faire retrouver leur aspect linéaire originel. Aujourd’hui, le nombre de voies de circulation est passé de neuf à deux sur le Quai de la Fraternité. Avec la réduction de moitié de la circulation et la reconquête de l’espace public au bord du plan d’eau, l’espace piéton a augmenté de 75 %.M.-H. P.
Valenciennes : dématérialisation du paiement du stationnement
Désormais, à Valenciennes, c’est par téléphone qu’on paie son stationnement. Le 4 mai 2013, la ville de Valenciennes a été la première ville française à lancer Skipi, avec sa Saem Valenciennes Stationnement. L’automobiliste télécharge l’application sur son smartphone, sur le site www.skipi.eu.com. Puis, lorsqu’il est garé, il n’y a plus qu’à se connecter, se localiser, entrer l’immatriculation du véhicule, et à indiquer la durée de stationnement qu’il souhaite. Son compte bancaire est alors débité de la somme correspondante. Et à la fin du temps prévu, il reçoit un SMS, et peut alors soit confirmer la fin du stationnement soit le prolonger, pour éviter d’être en infraction. Après cinq mois d’utilisation, le service recense déjà 1 200 usagers réguliers, soit l’objectif prévu après un an de fonctionnement.Y. G.
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Palmarès des mobilités. Prix Européen : Saragosse, aménagement de la ville autour du tramway
Cinquième ville d’Espagne, Saragosse (700 000 habitants), a inauguré en mars sa première ligne complète de tramway – une première phase de 5 km avait ouvert en 2011. Avec l’arrivée du tram sur un parcours de 13 km et 25 stations, du nord au sud, la ville a été rénovée de façade à façade. Cinquième ville d’Espagne, Saragosse (700 000 habitants), a inauguré en mars sa première ligne complète de tramway – une première phase de 5 km avait ouvert en 2011. Avec l’arrivée du tram sur un parcours de 13 km et 25 stations, du nord au sud, la ville a été rénovée de façade à façade. Un tiers du montant du projet (près de 360 millions d’euros) a été consacré aux aménagements urbains, se traduisant par une importance accrue accordée aux piétons et aux vélos et une circulation automobile apaisée. De longues portions de voies ont aussi été engazonnées.
Sur 2 km du centre historique, une solution sans caténaire a été mise en œuvre avec le système ACR de stockage rapide de l’énergie (super-capacités), permettant de recharger par le sol, en 20 secondes en station. Les 21 rames Caf Urbos 3 – industriel dont l’usine est située précisément à Saragosse – passent toutes les 5 à 7 minutes aux heures de pointe, et transportent 80 000 voyageurs par jour (100 000 sont escomptés à court terme). Le réseau de bus, qui comprend 45 lignes et réalise 400 000 voyages par jour, est en correspondance à trois pôles d’échanges. Il a été totalement réorganisé cet été pour éviter les doublons.
Le réseau est géré par une Sem, dans laquelle la municipalité est présente à 20 %, aux côtés d’un groupement mené par Caf, FCC, Acciona, Concessia, Ibercaja et Tuzsa.
A noter, un très bon taux de couverture de 68 %, sachant qu’une carte valable une heure sur le réseau coûte 1,35 euro. Saragosse envisage maintenant une ligne est-ouest de trois kilomètres et sept stations, pour 85,7 millions d’euros.C. N.
Les autres nominés étaient :
Barcelone : couloirs de circulation réservés
Dans la foulée de la pionnière Madrid, Barcelone a étrenné le 29 octobre 2013 son premier bus VAO qui circule dans un couloir réservé à certains véhicules. Cet axe est accessible aux bus, taxis, voitures écologiques ou transportant au minimum deux personnes dans un premier temps (la règle est habituellement un minimum de trois personnes). Ce n’est qu’une des dernières innovations lancées par cette ville qui affiche son dynamisme en matière de déplacements publics et dispose d’un réseau très performant. Elle a fait le choix du Lion’s City hybride, un matériel innovant. Grâce aux dix dernières commandes qui doivent arriver avant la fin de l’année, elle va disposer du parc de Lion’s City hybride le plus important au monde.M.-H. P.
Salzbourg : le trolleybus, mode écologique par excellence
Le réseau de transports publics de Salzbourg (166 000 habitants) s’étend. L’exploitant urbain SLB a fait le choix du trolleybus, persuadé, à juste titre, que c’est un mode de transport écologique. Il transporte chaque année 40 millions de voyageurs (s’ajoutent 12 millions de voyageurs transportés par des bus exploités par une autre entreprise privée). Depuis de nombreuses années, Salzbourg ne commande plus que des trolleybus à plancher surbaissé. Les Trollino 18 de Solaris/Cegelec ont été « restylés » genre BHNS. Ils sont maintenant tous en service. L’une de leurs caractéristiques est d’accueillir les vélos grâce à leur vaste plate-forme arrière.M.-H. P.
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22e Palmarès des mobilités : Pass d’or pour Lyon
Si l’on en croit les résultats du Palmarès 2013 de Ville, Rail & Transports, le transport public va bien ! Ou du moins ils montrent que le secteur est dynamique et porteur de progrès même s’il faut du temps pour concrétiser des projets et pour aller plus loin dans l’intermodalité. Si l’on en croit les résultats du Palmarès 2013 de Ville, Rail & Transports, le transport public va bien ! Ou du moins ils montrent que le secteur est dynamique et porteur de progrès… même s’il faut du temps pour concrétiser des projets et pour aller plus loin dans l’intermodalité.
Nos critères de sélection s’appuient sur les chiffres 2012 de l’UTP. Ils prennent en compte les éléments clés mesurant la performance des réseaux urbains et les évolutions d’une année sur l’autre : offre kilométrique, nombre de déplacements, vitesse commerciale, taux de couverture, etc.
Pour Lyon, c’est la consécration. Même si elle ne figurait pas parmi les trois finalistes lors de notre dernier Palmarès en 2012, l’agglomération a fini par se hisser sur la plus haute marche du podium, après avoir remporté le Pass de bronze en 2010, puis le Pass d’argent en 2011. Un succès qui s’explique par une mobilisation menée sur tous les fronts, tram, métro et bus, ainsi que par des innovations intéressantes, telles que la mise en service d’une voie aménagée pour les modes doux dans un tunnel routier très emprunté ou encore le développement de « l’électromobilité partagée ».
Dans notre classement, Nantes revient aussi en force en obtenant le Pass d’argent. La ville a fait le pari des bus rapides pour compléter son réseau de tramway. Pari réussi au vu de la fréquentation. Elle a aussi su mener une audacieuse politique de réaménagement de son centre, donnant plus de place aux cyclistes et aux piétons. Son statut de « ville apaisée » est par ailleurs récompensé par notre jury qui lui a attribué le prix thématique « Ville et automobile ». Enfin, il y a la quasi indétrônable Strasbourg qui bénéficie toujours d’une longueur d’avance prise dans les années 90. L’agglomération reste sur le podium avec le Pass de bronze grâce à la poursuite du développement de son réseau.
Lyon, Nantes, Strasbourg, un trio gagnant qui accorde une place croissante aux nouvelles mobilités, comme le réclament les voyageurs.
Marie-Hélène Poingt
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Palmarès des mobilités. Pass d’argent : Nantes Bus rapides et records de fréquentation
L’arrivée des Chronobus et le réaménagement de voiries ont contribué à l’augmentation de 6 % de la fréquentation du réseau nantais. Mais, rançon du succès, certaines lignes commencent à être saturées. 127 millions de voyageurs transportés, des recettes de trafic en augmentation de 8,7 %, un taux de « pénétration » du transport public de 218 voyages par an et par habitant, un taux de recettes sur dépenses passé de 35 % à 38 %. Les résultats 2013 de Nantes Métropole sont bons. La ville les doit au succès d’un certain nombre d’innovations. La principale, ce sont ses Chronobus, sept lignes de bus rapides qui viennent, en quelque sorte, seconder le réseau de tramway, avec des fréquences qui s’en rapprochent – parfois toutes les trois minutes – et les mêmes amplitudes horaires, de 5h à minuit et demi.
Ces lignes ont été lancées les unes à l’automne 2011, les autres il y a trois mois. Les bonds de fréquentation apportés en imposent : 29 % sur l’une, 46 % sur l’autre, une autre encore à 92 %. « Notre grand avantage a été de pouvoir confier la conception et la maîtrise d’ouvrage des aménagements de voirie nécessaires à ces lignes à notre exploitant. Il pensait à son exploitation », note Pascal Bolo, vice-président de Nantes Métropole et président de la Semitan, la Sem qui exploite le réseau Tan. Car, dans la circulation automobile, ces lignes traversent des ronds-points, empruntent des bouts de couloirs réservés, prennent la priorité aux carrefours pour garantir régularité et vitesse commerciale. Elles affichent toutes de belles ponctualités : la plus basse est de 82 % ; beaucoup sont au-delà de 90 %.
Nantes a lancé le M-Ticket : 1 000 tickets validés par jour sur les smartphones. Fin septembre, elle a commencé à distribuer des cartes de post-paiement pour les voyageurs occasionnels, 6 700 abonnés à présent. Ce qui l’a conduite, elle la résistante à la billettique informatisée, à installer des valideurs sans contacts dans ses bus. Pour le reste, on voyage encore avec des tickets papiers dans les tramways.
Mais, rançon de ce succès général, le réseau commence par endroits à être saturé. L’exemple le plus patent est le Busway, bus en site propre, conçu pour 28 000 voyageurs par jour qui en transporte 35 000. A la rentrée, les 2 min 30 de fréquence n’ont pu être assurées. Le système s’est grippé. Il est question de remplacer les bus articulés des bus de 24 m à trois caisses. De la même façon, les deux premières lignes de tramway connaissent des périodes de surcharge. Sur la ligne 1, l’esplanade nord de la gare, va sans doute être dotée d’une troisième voie de tramway, pour embarquer plus de monde plus vite et multiplier les départs.
Surtout, le réseau dans son ensemble, très concentrique a besoin de se mailler pour étaler les concentrations de trafics. « Les Nantais vont devoir apprendre qu’il y a plusieurs manières pour aller d’un point A à un point B », explique Alain Boeswillwald, directeur général de la Semitan. Encore faut-il que les solutions existent. Ce maillage figure déjà en bonne place dans le programme de certains candidats aux municipales. Autre défi, préserver un service public de transport dans les endroits moins denses et s’attaquer aux congestions automobiles du périurbain. Le travail a commencé. Pour la première fois, l’utilisation de l’automobile a diminué (de 5 %) dans l’ensemble de l’agglomération. Notamment du fait de la zone à trafic limité (ZTL) rendant plus difficile les traversées par le centre-ville. Lancée, il y a un an, elle a réduit le niveau de bruit et propulsé le nombre de vélos sur son axe central jusqu’à 5 000 vélos par jour.
Hubert Heulot
Les points forts
– Des bonds de fréquentation, jusqu’à 92 % sur certaines lignes
– Une bonne ponctualité
– Des innovations dans le paiement
– Un trafic automobile en recul
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Palmarès des mobilités. Pass de bronze : Strasbourg engrange les bénéfices de deux décennies de développement
Fréquentation en hausse, billettique NFC, réseau de tram étendu, arrivée du BHNS le dynamisme du réseau strasbourgeois lui vaut une fois de plus de monter sur le podium. L'année 2013 s'achève en fanfare à Strasbourg : la mise en service simultanée le 30 novembre d'une première ligne de BHNS sur 5,2 kilomètres et les extensions des lignes A et D du tramway (2 kilomètres à Poteries et Hautepierre) témoignent du dynamisme de la politique transport de la ville, vingt ans après la révolution de la réintroduction du tramway. Le réseau tram et BHNS de la CTS (Compagnie des transports strasbourgeois) totalise désormais 65,3 kilomètres, répartis entre sept lignes.
La fréquentation est de nouveau en hausse en 2013 : la tendance (+3 % à +3,5 %) reste à confirmer en décembre. En 2012, la hausse des recettes commerciales (+9 %) avait offert une orientation avantageuse à la contribution forfaitaire de la collectivité, en baisse de 6,5 %. 2013 devrait se solder sur une contribution forfaitaire stabilisée, autour de 110 millions d'euros en exploitation et en investissement.
Pionnière dans la billettique avec 125 000 supports électroniques Badgeo opérationnels depuis 2004, la CTS a encore innové cette année en rendant l'intégralité de sa gamme tarifaire disponible sur smartphone NFC. 200 clients ont validé le nouveau concept depuis le mois de juin. Le système de paiement s'avère prêt à être intégré avec l'opérateur Orange, dans un premier temps.
Le service de location de vélos en libre service, Vélhop, qui fête son troisième anniversaire, a connu sa première réforme tarifaire en 2013, victime de son succès avec un parc limité à 4 200 vélos. Des vélos supplémentaires sont attendus dans les 18 stations automatiques réparties dans toute l'agglomération. En attendant, le service Vélhop a lui aussi présenté une petite innovation, avec 15 vélos à assistance électrique mis en service à l'automne, un vélo cargo en test et quelques tandems à disposition des associations de malvoyants.
Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg et candidat à sa propre succession, termine son mandat en planifiant deux extensions majeures du réseau de tramway. Le faubourg de Koenigshoffen, à l'est, et la ville de Kehl, voisine allemande sur la rive droite du Rhin, seront desservis par le tram en 2017. Illkirch et la Robertsau auront droit à leurs lignes prolongées. Ensuite, place au BHNS ! « Notre réseau central de tramway est déjà saturé place de l'Homme-de-Fer, avec un passage toutes les 38 secondes en heure de pointe, observe Jean-Philippe Lally, directeur général de la CTS. L'objectif n'est plus de rentabiliser le tramway, mais de gérer les flux de manière efficace. » Le ralliement de tous les candidats aux municipales, Verts exclus, à un projet de contournement autoroutier sur 22 kilomètres en lointaine périphérie ouest pourrait redistribuer les cartes d'ici quatre à cinq ans. A cette échéance, l'autoroute sera requalifiée en boulevard urbain avec des voies dédiées aux transports en commun. Jean-Philippe Lally y verrait bien un autre BHNS.
Olivier MIRGUET

