Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • Un remonte-pente à vélos à Bruxelles pour Vélo-City 2009

    La société française Poma devrait installer un remonte-pente à vélos à Bruxelles pour mai prochain, date du congrès international Vélo-City 2009 L’engin sera du même type que celui qui fonctionne depuis 15 ans à Trondheim en Norvège : il s’agit d’un rail enterré dans le trottoir ; le cycliste pose le pied droit sur une cale reliée au rail, et se laisse porter en s’appuyant de tout son poids. Le dispositif doit toutefois au préalable recevoir les agréments de sécurité en vigueur dans la communauté européenne.
    Ce remonte-pente à vélos – aussi appelé « bicycle lift » ou encore « lift vélo » à Bruxelles – a été conçu et installé en 1994 dans une petite rue de Trondheim par M. Warwik, ingénieur et fondateur de la société Design Management. L’engin a transporté sans encombre plus de 250 000 « passagers », mais il n’a jamais été reproduit ailleurs. La signature d’un accord de partenariat exclusif avec la société Poma, il y a quelques mois, devrait changer la donne. « Design Management n’avait pas la surface technique et financière suffisante pour développer sa technologie, explique Christian Bouvier, directeur commercial France et membre du directoire de Poma. Il faut notamment obtenir toutes les attestations de sécurité obligatoires dans la communauté européenne. » C’est la priorité actuelle de l’entreprise : reprendre à zéro toute la mécanique pour la reconfigurer avec des composants attestés CE. Autre frein au développement identifié par Poma : la question du service. « C’est comme pour un ascenseur : il faut pouvoir traiter les dysfonctionnements, ce qui suppose une maintenance et une surveillance. »
    Le groupe Poma est structuré pour cela, soit avec des équipes assurant le service en direct, soit en formant les agents des exploitants des machines. L’évolution des mentalités joue évidemment en faveur du « lift vélo ». « Aujourd’hui, cet engin est très tendance. Il est beaucoup moins ridicule, politiquement, qu’il y a 14 ans », conclut le dirigeant. Lors des élections municipales, le « lift vélo » est apparu dans une bonne dizaine de programmes électoraux, comme à Clamart (Hauts-de-Seine) ou Montreuil (Seine-Saint-Denis) où la société Poma s’est rendue à deux reprises. « Le soufflé est un peu retombé depuis, poursuit Christian Bouvier. Car au-delà de l’installation, il faut penser à l’exploitation : qui est l’opérateur ? Avec quel montage et quelle contribution des usagers ? … Nous ne serons pas les exploitants de ces engins, nous attendons que les professionnels du transport de voyageurs se mobilisent, à l’image de la RATP qui exploite depuis des années le funiculaire de Montmartre. »
    Bruxelles faisait partie des collectivités intéressées. La capitale de l’Europe a un lieu tout désigné : le Mont des Arts, un quartier de musées, de bureaux et de grands équipements (le palais des congrès) qui fait l’objet d’une vaste opération de réaménagement, financée sur des budgets fédéraux. « L’avenue qui mène de la gare centrale à la place royale a une côte très forte, que l’on évite en tant que cycliste. Le lift vélo sera implanté sur cette voirie de liaison, avec une partie de ces financements fédéraux », explique Christine Léonard, porte-parole du ministre régional de la mobilité, Pascal Smet. Ce dernier, qui a fait le voyage à Trondheim, a été séduit : l’engin s’intègre à sa politique vélo ciblant tous les publics, y compris les cadres ne souhaitant pas arriver au travail en transpirant. Pour la ville comme pour Poma, le congrès Vélo-City (du 16 au 19 mai) sera en outre une formidable caisse de résonnance médiatique.
    Dans un premier temps – c’est-à-dire dès mai prochain si les procédures de certification le permettent – le lift vélo sera installé sur un tronçon de 200 mètres environ, et de 7 % de déclivité. Un second tronçon, d’environ 200 mètres également mais avec une pente allant jusqu’à 9 %, sera aménagé dans un second temps. « C’est un test pour nous, poursuit Christine Léonard. Si c’est un succès, nous pensons déjà en installer à deux autres endroits de la ville : Botanique et Altitude 100. »
    Poma se veut prudent, pour ces questions de normalisation mais aussi parce que le remonte-pente ne sera, au mieux, qu’une solution parmi d’autres. Il envisage pourtant, à terme, d’autres sites référents en France. La stratégie de l’entreprise est claire : prouver la pertinence du transport par câble, y compris en milieu urbain, et son intérêt en termes de développement durable. Le groupe a réalisé l’an passé un chiffre d’affaires de 270 millions d’euros : l’export (environ 60 %) y tient une place croissante, tout comme l’activité « hors neige » (plus de 20 %).
     

    Hélène GIRAUD

  • Le vélo au Mans : doucement, doucement

    L’agglomération du Mans n’a pas de chiffres quant au développement des vélos, mais selon Bruno Melocco, « leur présence est plus visible grâce aux aménagements autour du tram ». Par ailleurs, un pôle vélo (gardiennage, petits entretiens, location) est à l’étude à la gare, suite à une forte demande liée à l’intermodalité vélo/train. Il devrait être mis en place avant l’été 2009. Le projet de location de vélos avance plus prudemment « autour de trois ou quatre points de location, et non vers une solution borne à borne comme le vélib’, précise Dominique Niederkorn. Nous souhaitons mettre en place une vérification humaine à chaque location, nous allons chercher un prestataire de service. »

  • Le nouveau viaduc prend la place de l’ancien en Haute-Normandie

    Après 112 ans de service, le pont de chemin de fer qui enjambe la ligne Paris – Rouen – Le Havre a été ripé au cours du week-end du 11 novembre Ce chantier d’envergure s’est déroulé au cours d’une interruption de trafic de 100 heures, entre le 7 novembre, à 23 h 30, et le 12 novembre à 5 heures. Il s’agissait en fait de la seconde et dernière phase d’une opération qui a commencé en… décembre 2006, pour la préparation au moins. A l’époque, RFF avait fait construire un nouveau pont ferroviaire sur la Seine, mais parallèlement à l’ancien, à seulement 13 mètres de l’actuel tracé. Puis, l’ouvrage définitif avait été mis en service au cours d’une vaste opération qui avait eu lieu les 10 et 11 mai 2008, et grâce à une interruption de trafic de 32 heures. Le nouveau pont avait toutefois été construit sur des appuis provisoires avec des remblais d’accès de part et d’autre. Après la pose et l’électrification de voies d’accès reliant le viaduc à la ligne en service, les trains avaient été détournés quelques mois pour emprunter temporairement l’ouvrage neuf, à la vitesse réduite de 40 km/h. Cette déviation du trafic avait permis la destruction de l’ancien ouvrage, en juin et novembre. Le viaduc a donc été évacué vers l’île aux Bœufs puis découpé. Quant aux culées et aux piles, laissées libres, elles ont été remaniées pour permettre d’accueillir le nouveau tablier. C’est cette opération qui a été effectuée au cours du long week-end du 11 novembre 2008. Le nouveau viaduc, d’une structure de 180 m de long et de 5 500 tonnes, a pu alors être ripé transversalement pour prendre la place de l’ancien et reconstituer le tracé préalable de la voie ferrée. Cette phase délicate et spectaculaire a également fait l’objet d’une coupure importante de la circulation. Depuis, les trains empruntent le tracé définitif avec une limitation de vitesse maintenue à 40 km/h. Mais le travail n’est pas encore tout à fait terminé. Entre décembre 2008 et mars 2009, tous les abords du chantier seront nettoyés et les sites remis en état, en portant une attention particulière à l’aspect paysagé. Quant au trafic, il reprendra progressivement. Les trains réemprunteront le tracé habituel à une vitesse d’exploitation normale, soit 130 km/h.
     

    Yann GOUBIN

  • TSO demande un certificat de sécurité, ETF pourrait suivre

    Le réseau français pourrait bientôt voir circuler deux entreprises ferroviaires supplémentaires D’après nos informations, deux sociétés de travaux ferroviaires ont entrepris des démarches en vue d’obtenir leur propre certificat de sécurité. La première, TSO (Transports du Sud-Ouest), a déjà déposé un dossier auprès de l’EPSF. La seconde, ETF (Européenne de travaux ferroviaires), filiale du groupe Vinci, s’apprêter à faire de même. « C’est une éventualité, on est en train d’y réfléchir, mais aucune décision n’a été prise pour le moment », nous a fait dire Jean-Yves Oliver, directeur de projet chez ETF. « Nous visons uniquement l’acheminement de nos trains de travaux. Nous n’avons pas du tout l’intention de faire du fret commercial », confirmait pour sa part Jean-Marie Delpy, directeur du département matériel chez TSO.
    Ces deux demandes, si elles aboutissent, présagent de grandes manœuvres à venir dans l’infra, un secteur où les sociétés de travaux ferroviaires interviennent aujourd’hui en tant que sous-traitantes de la SNCF. En disposant de leur propre certificat de sécurité, celles-ci pourraient s’affranchir de certaines contraintes lourdes, comme la nécessité de disposer d’un agent SNCF en cabine. A l’heure actuelle, seule deux entreprises, hors SNCF, disposent de leur propre certificat sur ce marché. Il s’agit des groupes VFLI (filiale du groupe SNCF) et Colas Rail (filiale de Vinci). RFF, de son côté, encourage ces candidatures, qui lui permettent d’envisager une diminution de sa facture en matière de travaux de régénération.
     

    François DUMONT et Guillaume KEMPF

  • Alstom progresse, les transports marquent le pas

    Alstom se joue de la crise. Au cours du premier semestre de l’exercice 2008/2009, le bénéfice net du groupe français a augmenté de 36 % à 527 millions d’euros, et son chiffre d’affaires de 12 %, à 8,96 milliards, le carnet de commandes se montant à 47 milliards (+26 %). Les bons résultats du groupe masquent un léger repli pour la branche transport. Le résultat baisse de 5 % à 176 millions d’euros et le chiffre d’affaires stagne à 2,7 milliards d’euros. « Nous avons pris énormément de commandes sur la période précédente, impliquant une phase de mise en place des projets, qui se traduit toujours au départ par des coûts non compensés par des facturations. Sur la totalité de l’exercice, la division transport sera bénéficiaire », a assuré Philippe Mellier, PDG d’Alstom Transport.

  • Montréal invente Bixi, son vélo en libre service

    Conçu et opéré par Stationnement Montréal, Bixi sera opérationnel dès le printemps prochain. Il s’inscrit dans le Plan de transport de Montréal adopté en juin dernier Au printemps prochain, les Montréalais auront à leur disposition 2 400 vélos en libre service dans 300 stations des quartiers centraux. C’est le Bixi – contraction de bicyclette et de taxi –, un système mis au point et exploité par Stationnement de Montréal, structure para-municipale qui gère 20 000 places de stationnement automobile sur voirie (en exclusivité) et en ouvrage. Stationnement de Montréal  s’est largement inspiré des expériences européennes et notamment françaises. Mais elle devait compter avec une contrainte majeure, le climat. Les stations, totalement modulaires, seront en effet retirées des rues entre le 15 novembre et le 15 avril.
    Le dispositif, conçu avec le designer Michel Dallaire, a des fonctionnalités et une tarification comparables aux standards français. L’approche financière est en revanche différente : « Le système devrait s’autofinancer avec les recettes des abonnés et des formules de parrainage d’entreprises », explique Michel Philibert, directeur de la communication de Stationnement de Montréal. Il ne s’agira pas de publicité à proprement parler,  plutôt de communication « corporate » avec des logos sur des espaces de 1 m2. L’investissement initial est chiffré à 15 millions de dollars canadiens. L’entreprise n’en dit pas plus : « Nous sommes solides financièrement et disposons de liquidités, précise le responsable. Nous nous sommes engagés à ce que ce produit n’affecte pas nos autres activités. » Pas question donc de financer le vélo grâce aux recettes du stationnement.
    « Il y a un an, lorsque le projet nous a été demandé par la mairie, nous étions face à une page blanche, poursuit Michel Philibert. Nous verrons comment les choses vont se dérouler. Jusqu’ici tout s’est passé comme prévu. » Le 21 septembre, Gérald Tremblay, le maire de la ville, a présenté aux habitants le projet Bixi, qui s’inscrit dans le nouveau plan de transport intitulé « Réinventer Montréal ». Pendant un mois, les Montréalais ont pu tester et manipuler les vélos, les bornes et les bollards (points d’ancrage à vélo) puis apporter leurs commentaires aux jeunes d’une « escouade » spécialement affectée au projet.
    Une seconde phase d’extension est prévue, avec 4 000 vélos. Des études de marché précises ont été menées. Comparée à Paris et même à Lyon, Montréal est une ville très peu dense (1,8 million d’habitants répartis sur 40 km), avec un relief fort dans certains quartiers : stationnement de Montréal n’anticipe donc pas des taux de rotation de vélos aussi élevés qu’à Paris. C’est un nouveau pari que lance cette structure innovante. Elle a imaginé il y a quelques années le système « Payez Partez » : l’automobiliste qui vient de garer sa voiture à une place dûment identifiée n’a pas besoin de mettre le ticket de l’horodateur sur son pare-brise, la machine ayant tout enregistré. Plus récemment, elle a monté un système permettant d’accrocher les vélos aux tiges des panneaux de stationnement, avec son propre cadenas. Légalisant en quelque sorte une pratique courante dans cette ville où les arceaux à vélo sont rares ; du coup, les vélos, fixés sur des supports inadaptés, ont tendance à encombrer les espaces publics. En 2009, Stationnement de Montréal prévoit d’ajouter 1 500 nouveaux supports à vélos aux 3 500 aujourd’hui en fonctionnement.

    Hubert HEULOT
     

  • Trop de vélos dans les trains des Pays de la Loire

    Les adeptes du trajet domicile-travail sont trop nombreux à vouloir aussi embarquer leur bicyclette dans les trains. La région lance un appel aux villes et à la SNCF Nouveau directeur TER arrivé à Nantes fin juillet, Philippe Berquin a vu la question du vélo lui « tomber dessus ». Grogne des contrôleurs, lettres de voyageurs. Pas de doute, le vélo a le vent en poupe ! Jusque dans les trains. Le nombre de ces « bagages à main » du genre roulant et encombrant a explosé dans les Pays de la Loire.
    « Cet été, j’ai vu un groupe de scouts, 20 vélos en main, prêts à grimper. Une famille avec trois enfants, chacun sa bicyclette, avec une remorque traînée par le père. Nulle part, il est écrit que nous acceptons ça », s’étonne Philippe Berquin. A la rentrée, ces mauvaises surprises de week-ends de grands départs ont mué en incidents de « migrations quotidiennes ». « Les contrôleurs, souvent cyclistes eux-mêmes, sont bien disposés à l’égard des voyageurs avec vélos. Seuls maîtres à bord pour juger de la possibilité d’embarquer les bagages volumineux, ils ont néanmoins pu être amenés à adopter une position stricte et en refuser quelques uns », reconnaît, sur la pointe des pieds, Thierry Becam, leur « patron » à Nantes.
    Officiellement, la SNCF est favorable à l’intermodalité. Son site internet, ses brochures le disent : les trains acceptent les bicyclettes. Pas tous mais la plupart. Pour preuve, les quelques places de rangement aménagées dans les rames des tout derniers TER. « Une façon d’envisager les choses vieilles de cinq ans. Dépassée aujourd’hui », reconnaît Jacques Auxiette, le président de la Région des Pays de la Loire. Pour un contrôleur, refuser à un voyageur de monter parce qu’il a un vélo pose un problème commercial. « C’est source de conflit », témoigne Christophe Bourdin, sur un quai TER en gare de Nantes. Il est responsable des équipes trains et rencontre le problème de plus en plus souvent. 15 ou 20 bicyclettes à bord, ce n’est plus rare.
    « Notre limite, c’est de préserver les accès aux portes », tempère Thierry Bécam. Mais les cas se multiplient de rames où le contrôleur n’a « pas le temps » de circuler dans l’ensemble du train, freiné dans sa progression physique par les vélos. « La sécurité peut en pâtir. Notre régularité aussi. Débarquer aux escales avec des vélos prend du temps », souligne Philippe Berquin. Sur son écran d’ordinateur de directeur TER il égraine la liste des trains problématiques ces derniers mois. Un petit nombre sur les 350 TER quotidiens de la région, mais de moins en moins négligeable. Un Nantes – Saint-Nazaire par-ci, 9 vélos. Un Angers – Saumur par là, 14. Un autre, 20. Sur une plus grande distance (un peu plus d’une heure) entre Nantes et Le Mans, 10 vélos. 17, chaque jour, à 7h11 entre la Possonnière et Angers, à 17h41 le soir dans l’autre sens. Une chance, c’est un « vieux train » doté d’un fourgon. Le contrôleur a de la place. « Un vrai puzzle pour lui, raconte Véronique Deschamps, une de ces migrantes quotidiennes. Le soir, pour gagner du temps, à Angers, il les place dans l’ordre où ils sortiront le long de la ligne : Savenières, la Possonnière, Challonnes, Chemillé, Cholet. »
    Celle-ci a essayé de s’organiser avec deux vélos, un à chaque bout du train. Mais celui qu’elle laissait le matin à la petite gare de la Possonnière était sans cesse dégradé. L’autre, qui passait ses nuits à la gare d’Angers, a été volé. Alors elle a renoncé, bien consciente pourtant « de la gêne pour les autres voyageurs ». Sa ligne, Nantes – Angers est surchargée. C’est la plus préoccupante. En gare d’Angers, une expérience Vélo+TER est bien en cours, mais elle a ses limites.
    Dans l’urgence, la Région mobilise. Son président, Jacques Auxiette explique : « Nous avons eu un temps de retard sur le sujet, il va y avoir une accélération : les gares de la région doivent être équipées de vélos. Nous y travaillons déjà avec les villes qui ont un projet de pôle d’échange multimodal. Les sociétés de bus et de tramway doivents aussi être sollicitées. Qu’elles se diversifient ! Pourquoi pas ? » La Région n’a toutefois pas de projet précis. C’est aux autres collectivités locales de faire. Elle utilisera sa ligne budgétaire « aide aux déplacements », déjà employée pour les projets de tramway, pour les aider à mettre en place des parkings sécurisés.
     

    Hubert HEULOT

  • Le BAL arrive sur Amiens – Abbeville

    D’ici un an, les poteaux en bois qui supportent l’impressionnante nappe de fils auront totalement disparu de l’artère Amiens – Abbeville C’est l’aboutissement d’un projet vieux de presque 10 ans, et qui prévoyait, dans le cadre du contrat de plan Etat-Région Picardie couvrant la période 2000-2006, le remplacement du block manuel par le block automatique lumineux (BAL).
    Un projet qui permettra au conseil régional de Picardie de mettre en place, pour le service d’hiver 2009, un cadencement à la demi-heure en période de pointe.
    Le block manuel limitait jusqu’ici à sept le nombre des passages par heure. Le BAL permettra de doubler purement et simplement ce chiffre. « Tout projet de développement de l’offre se heurtait jusqu’ici aux capacités réduites de cette artère, rappelle Frédéric Léonardi, directeur des transports à la région Picardie. Le BAL était absolument indispensable si nous voulions étoffer l’offre et permettre au TER de concurrencer la voiture dans de bonnes conditions, ce qui est un des axes de la politique du conseil régional… »
    De 17 allers-retours quotidiens, la grille passera à terme à une petite trentaine de relations, soit 60 % d’offre en plus. De quoi donner un nouveau souffle à une relation qui avait longtemps souffert d’une désaffection du public, mais dont la courbe de fréquentation s’était inversée dès 2004.
    Depuis quatre ans, l’axe Amiens – Abbeville enregistre en effet une progression d’environ 4 % par an, avec un total de 25,4 millions de voyageurs/kilomètres. Un chiffre qui fait de cette artère un élément clé du TER Picardie.
    Longue de 45 km, cette ligne à double voie non électrifiée relie en effet les deux principales agglomérations de la Somme, et draine une foule de pendulaires qui résident dans l’ouest du département et travaillent ou étudient à Amiens.
     

    Philippe FLUCKIGER

  • Toulouse – Auch en travaux jusqu’au 30 janvier

    Les travaux ont débuté le 29 septembre et se sont exécutés en trois phases Depuis le 25 octobre dernier, les TER circulent à nouveau sur Toulouse – Colomiers (16,4 km) après une interruption de 26 jours. En effet, dans le cadre du plan rail Midi-Pyrénées, la ligne Toulouse – Auch (88,4 km) est en travaux depuis le 29 septembre. Ces travaux sont exécutés en trois phases.
    La première du 29 septembre au 24 octobre sur les 10,5 km de la bifurcation d’Empalot (lignes Tarbes – Auch) à Colomiers consistait, sur 2,5 km entre Empalot et Arènes et sur 500 m entre Arènes et Colomiers à un changement de 4 000 traverses et à un relevage de la voie avec un apport de 6 000 t de ballast. Huit passages à niveau ont été refaits (PN 2/3, 4, 5, 6, 7/8, 9, 10 et 11) avec un nouveau platelage, dénommé Strail. C’est une section urbaine et une attention toute particulière a été apportée pour limiter les gênes occasionnées aux riverains et à la circulation routière. Durant cette phase, la totalité des circulations de la ligne Toulouse – Auch ont été assurées par autocars.
    La deuxième phase (24,7 km) entre Colomiers et L’Isle-Jourdain, du 25 octobre au 8 novembre, concerne les trois courbes traitées en urgence fin 2005 avec armement inadéquat actuellement, mais non reprises lors du renouvellement voie ballast Colomiers – L’Isle-Jourdain à l’été 2007. Durant cette phase, sur la section Colomiers – Auch, les circulations sont effectuées par autocars.
    Quant à la troisième phase, entre L’Isle-Jourdain et Auch (47 km), elle débutera le 8 novembre pour s’achever le 30 janvier prochain. Il s’agit d’un RVB sur 34 km. Les 13 kilomètres restants avaient été traités en RVB en septembre 2007. Ils se situent dans les courbes. Durant cette phase les circulations sur cette section seront également assurées par autocars.
    Ces régénérations de voies actuelles nécessitent 59 000 traverses, 60 000 t. de ballast et 3 300 t. de rails. Ces derniers, du type U 50 (50 kg/m), sont posés en LRS (longs rails soudés) sur traverses béton avec attaches Fastclip. Six tabliers métalliques de ponts seront remplacés. Sur les phases 2 et 3, vingt-quatre passages à niveau, les PN 25, 48 et 49 de Toulouse et les 21 autres entre L’Isle-Jourdain et Auch, seront refaits. La modernisation de la ligne d’Auch représente un investissement de 8 millions d’euros.
    Soixante-trois mille passagers empruntent quotidiennement les 94 circulations TER de la ligne. Pour mémoire, à l’aube des années quatre-vingt, la ligne était condamnée à la fermeture
     

    Bernard VIEU

  • Les subventions de rénovation doublées pour RFF

    En 2005, moins de 750 millions d’euros allaient à la rénovation. On atteint maintenant les 2 milliards annuels RFF devait signer le 3 novembre un contrat de performance avec l’Etat. Ce document qui fournit un cadre financier pluriannuel pour la période 2008-2012 prévoirait aussi, selon nos sources, qu’une enveloppe de 12 milliards d’euros soit consacrée en six ans à la rénovation du réseau. Soit, grosso modo, un doublement des subventions. Le gestionnaire qui souhaitait, selon un membre de sa direction, « une couverture du coût complet de l’infrastructure », aurait initialement réclamé 14 milliards, Matignon ayant arbitré à 12.
    Pour mémoire, au moment du rapport Rivier en 2005, moins de 750 millions d’euros allaient chaque année à la rénovation de quelque 400 km de ligne. Le Plan Perben prévoyait de porter ce total à 1,4 milliard en 2010. On atteint maintenant les 2 milliards annuels « en période de disette, on se frotte les yeux », sourit un observateur du secteur. Faute d’investissements massifs pendant des années, certaines lignes classiques en piteux état obligent la SNCF à des ralentissements sur des centaines de kilomètres. Reste à connaître les détails de ce financement.
    Peut-il provenir en partie d’une baisse de l’enveloppe consacrée à l’entretien courant, soit selon la dernière convention de gestion 11 milliards entre 2007 et 2011 ? Jean-Pierre Audoux, délégué général de la FIF se réjouit de « cet effort significatif, qui enclenche les conditions d’une dynamique vertueuse, avec concomitamment une diminution significative des coûts de l’entretien courant, au bout de quelques années ». Il ne faut pas perdre de vue en effet l’objectif d’inverser la proportion actuelle d’un tiers des sommes pour la régénération, deux tiers pour l’entretien.
     

    Cécile NANGERONI