Catégorie : Mobilités douces

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  • Le nouveau viaduc d?Orgon est en place

    Ses 335 m et ses 9 700 tonnes font du viaduc d’Orgon, sur la Durance, le plus long et le plus lourd pont ferroviaire mis en place par ripage en France Point d’orgue d’un chantier de deux ans, le ripage, le 25 août dernier, du viaduc d’Orgon, sur la Durance, s’est déroulé sans encombre. Il s’agissait d’une opération délicate. « Avec ses 335 m et ses 9 700 t, c’est le plus long et le plus lourd pont ferroviaire de France qui a été mis en place par procédé de ripage », souligne-t-on au service communication de RFF en Paca. Il a en effet nécessité un engin de poussée de six vérins et de treuils hydrauliques pour réaliser l’opération – un déplacement latéral sur 13,25 m –, à la vitesse de 3 m/heure. Depuis vingt-cinq ans environ, l’ancien ouvrage construit en 1868 montrait des signes de fatigue. « Les avaries constatées sur le tablier, les difficultés à procéder à des réparations ou à des renforcements, l’endommagement de tous les composants de l’ouvrage ont conduit à décider du remplacement du tablier », explique-t-on chez RFF. Deux grands types d’avaries affectaient le tablier du pont-cage à cinq travées (dont deux reconstruites en 1945), vieux de 140 ans. D’abord, des ébranlements d’assemblage sur les longerons, susceptibles d’évoluer rapidement en fissures. Ces défauts entraînent des restrictions de circulation et tendent inéluctablement vers la condamnation du viaduc. Ensuite, le mauvais état des longrines en bois et des fondations, pour lesquelles des reconnaissances effectuées en 2001 et 2002 avaient révélé « un état de fragmentation et de fissuration important du béton de chaux, ainsi que la disparition de parties hautes de caissons des piles ». Il était devenu impératif d’intervenir pour sécuriser les circulations et réduire les coûts de maintenance de l’ouvrage d’art. Situé au sud de Cavaillon, sur la ligne Avignon – Miramas par Salon-de-Provence, le viaduc soutient une double voie électrifiée où les convois ferroviaires circulent à 120 km/h. Le trafic moyen y est de 15 TER et 44 trains de fret. C’est dans le cadre de son programme de renouvellement de voies et d’ouvrages d’art que RFF en Provence-Alpes-Côte d’Azur a financé ce remplacement pour un montant de 25,2 millions d’euros (sur un total de 58 millions consacrés à ce programme en 2008). Pilotés par la SNCF, les travaux ont mobilisé 60 salariés du groupement Campenon Bernard Méditerranée et Richard Ducros, ainsi que 20 agents de la SNCF. Dès juin 2007, l’assemblage des poutres métalliques débutait à côté de l’ancien tablier, et les lancements successifs du nouveau tablier s’étaient déroulés de décembre à avril derniers. Jusqu’en juillet, les agents s’affairaient à la constitution de la dalle inférieure du tablier, la pose de voie et des caténaires. « Le tablier neuf comprenait une voie complète et ballastée sur 15 cm et une autre avec les traverses et caténaires, le bon compromis entre un ripage à vide et un pont complètement terminé », a-t-il été calculé. La phase de ripage à proprement parler a commencé le 16 août, le nouveau tablier étant mis en place 10 jours plus tard sur les appuis existants remaniés et des fondations renforcées. Les circulations ont pu reprendre, mais à allure réduite, au 1er septembre. Il reste encore à démonter l’ancien ouvrage, un tablier de 2 500 t ! et le chantier devrait s’achever en avril 2009. Situé à proximité d’une importante zone de captage d’alimentation en eau potable, le chantier a fait l’objet de mesures environnementales exceptionnelles. Il s’agissait d’éviter le risque de pollution accidentelle des eaux superficielles et de la nappe phréatique. C’est pour cette raison aussi que le nouveau viaduc a été construit sur les mêmes piles. Il n’était pas question de modifier l’écoulement des eaux de la Durance.
     

    Cécile NANGERONI

  • Les conducteurs de la Deutsche Bahn apprennent à rouler écolo

    En cinq ans, la DB a réussi à faire baisser de 200 000 tonnes ses rejets de CO2 La hausse des prix de l’énergie a des conséquences contrastées pour la Deutsche Bahn. La compagnie se félicite ainsi régulièrement qu’un nombre croissant d’Allemands délaissent leur voiture pour le train. Revers de la médaille : faire rouler ses rames coûte également plus cher à la DB. Depuis 2001, sa facture énergétique a grimpé de 200 %. L’an dernier, ses dépenses en électricité et en diesel ont ainsi atteint 1,9 milliard d’euros. La Bahn, qui est le plus gros consommateur d’électricité d’Allemagne, cherche donc des solutions pour alléger la note. L’opérateur historique a notamment lancé un vaste programme de formation qui vise à sensibiliser ses cheminots à une conduite favorisant l’efficacité énergétique. « Le potentiel d’économie est énorme », affirme un porte-parole. « Sur un trajet Hambourg – Munich [environ 780 km], les conducteurs formés peuvent ainsi réduire de 4 000 kWh les besoins en électricité d’un ICE, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’un foyer de quatre personnes. » Régulièrement, la Bahn convie ses 20 000 conducteurs à des stages pratiques. A travers des exercices effectués sur un simulateur de conduite, ils doivent apprendre à changer leurs habitudes. Une mise à jour nécessaire, même pour plus expérimentés d’entre eux. « Dans 99,9 % des cas, leur façon de piloter peut être améliorée dans le sens des économies d’énergie », assure un formateur. La phase de « décollage » étant la plus gourmande en énergie, le « truc » consiste à atteindre la vitesse maximale le plus rapidement possible. L’énergie cinétique alors accumulée par le train lui permet de se maintenir dans la vitesse et l’horaire souhaités, sans utiliser les moteurs. « La sécurité et la ponctualité gardent bien sûr la priorité », explique Reymund Weizel, le responsable de DB Training, la filiale de la compagnie en charge des formations. « Mais sur certaines liaisons, on peut relâcher l’accélérateur 50 km avant l’arrivée en gare, sans pour autant mettre le train en retard. » Depuis la mise sur pied de ce programme en 2002, la Bahn a épargné 270 millions de kWh et 9,5 millions de litres de diesel. Soit 30 millions d’euros en moins à débourser. « Au final, c’est aussi l’environnement qui y gagne », conclut Julia Halbach, responsable des questions énergétiques. « En cinq ans, la DB a ainsi diminué de 200 000 tonnes ses rejets de CO2. »
     

    Antoine HEULARD