Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • Quand le fret passe sur deux-roues

    Quand le fret passe sur deux-roues

    ULS, un opérateur logistique local à Strasbourg, associe le transport fluvial et des vélos électriques auxquels sont attelées des remorques pour remplacer les véhicules utilitaires légers dans la logistique du dernier kilomètre. Le satisfecit accordé par un élu écologiste lui a valu une avalanche de critiques mal justifiées.

    Tout a commencé par un tweet de David Belliard, adjoint au maire de Paris en charge des transports et des mobilités. Le 13 novembre sur le réseau social, l’élu s’est réjoui de la réussite de l’expérimentation à Strasbourg d’un système de livraison combinant fluvial et vélos électriques. « Génial ! Pour la première fois en France, six tonnes de pavés ont été livrées en péniche, depuis le port du Rhin à Strasbourg, puis à vélo cargo pour les derniers mètres. Comme quoi, le vélo, c’est aussi pour le transport de marchandises ! », a écrit David Belliard, adressant son témoignage de satisfaction à Jeanne Barseghian, maire EELV de Strasbourg.

    Des critiques mal fondées

    Ces quatre lignes sur le réseau social ont suscité des réactions aussi diverses que le positionnement politique de leurs auteurs. « Le retour des travaux de force comme un progrès social », a jugé l’une des critiques les plus virulentes tandis que Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef, s’est interrogée : « Mais… ça coûte combien ? Vous payez ces livreurs à vélo combien ? Quelle prime de pénibilité ? »

    L’image d’un vélo, fût-il électrique, tractant 180 kg de pavés a conduit certains lecteurs du tweet de David Belliard à s’interroger sur la pertinence d’un tel outil « vert » dans la chaîne logistique, et plus généralement sur la maturité des élus écologistes qui en assurent la promotion. A Strasbourg, Urban Logistic Solutions (ULS) a décroché plusieurs contrats de transport pour approvisionner des débits de boissons, des commerces et pour acheminer des matériaux de chantier vers la Manufacture, un projet majeur de réhabilitation de friche industrielle en centre-ville. Ce contrat spécifique porte sur la livraison de 700 tonnes de pavés, acheminés par barge fluviale entre le port du Rhin et le centre-ville puis sur les 300 derniers mètres à l’aide de vélos électriques auxquels sont attelées des remorques. ULS a été lauréate en octobre 2019 d’un appel à projets lancé par Voies navigables de France avec l’Eurométropole et la ville de Strasbourg, qui cherchent à développer de nouvelles formes de logistique urbaine.

    Une solution logistique du dernier kilomètre

    L’entreprise exploite un entrepôt de 20 000 mètres carrés dans le port du Rhin et une plate-forme de 400 mètres carrés à proximité du centre historique de Strasbourg, dans un périmètre où la collectivité interdit toute livraison motorisée à partir de 11 h 30. L’idée est d’y remplacer des camionnettes par des vélos.

    La convention pour l’occupation de la plate-forme de transbordement du quai des Pêcheurs a été accordée à ULS par la municipalité précédente, dirigée par le maire socialiste Roland Ries. « Nous avons démontré qu’une chaîne logistique élargie, qui engage une combinaison adroite du fluvial et du vélo-cargo électrique, apporte une solution pour la logistique du dernier kilomètre », se félicite Pierre Desroseaux, directeur territorial adjoint de Voies navigables de France (VNF) à Strasbourg.

    « Cette polémique est le fait d’une minorité de personnes qui n’ont pas compris notre innovation, ou font mine de ne pas la comprendre », commente avec un brin d’ironie Thomas Castan, le fondateur et dirigeant d’ULS. L’entreprise exploite sept vélos électriques attelés, deux barges capables d’emporter 122 tonnes de marchandises. Elle emploie 14 personnes. « Nos compagnons sont salariés, à 1 400 euros nets par mois », précise Thomas Castan. « Les marchandises sont chargées par une grue. Aucun salarié ne s’expose à des troubles musculosquelettiques. Les services de prévention de la Carsat peuvent le confirmer », conclut le dirigeant. ULS prévoit de dupliquer son modèle dans une douzaine d’autres villes françaises.

    Olivier Mirguet

  • Voici la première rame du REM de Montréal

    Voici la première rame du REM de Montréal

    Le bureau de projet du Réseau express métropolitain (REM) a dévoilé les premières voitures destinées à circuler sur le futur réseau de métro automatique du Grand Montréal, dont la mise en service est attendue à partir de 2022.

    L’événement s’est tenu en présence de Chantal Rouleau, ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, de Valérie Plante, mairesse de Montréal, d’autres responsables politiques locaux, de Charles Emond, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), de Macky Tall, chef des Actifs réels et des Placements privés de la CDPQ et président et chef de la direction de CDPQ Infra, de Jean-Marc Arbaud, directeur général de CDPQ Infra et bureau de projet REM, d’Éric Appert, directeur du Groupe des partenaires pour la mobilité des Montréalais (Groupe PMM, consortium qui regroupe Alstom Canada, chef de file, et SNC-Lavalin) et de Souheil Abihanna, directeur général d’Alstom Canada.

    Comme le matériel destiné à Sydney, les rames du REM sont produites par l’usine Alstom de SriCity (Inde). Issues de la plateforme Metropolis, les 106 rames de métro léger commandées pour le REM se composent de deux caisses chacune (donc 212 caisses au total), « adaptées aux enjeux de Montréal, pour leur design, leur capacité, leur accessibilité, l’expérience qu’elles offriront aux voyageurs mais aussi aux contraintes climatiques », précise Alstom. Choisie par le public, la livrée extérieure « s’inspire du pont Samuel-De Champlain et a été conçue pour une fusion parfaite avec l’environnement de Montréal, offrant aux passagers une vue à couper le souffle grâce à des fenêtres panoramiques et une large baie vitrée avant ». Cette vue dégagée sera permise par l’absence de cabine de conduite, les rames étant sans conducteur (niveau d’automatisation GoA4). C’est aussi Alstom qui fournit le contrôle de trains basé sur la communication (CBTC) Urbalis 400 et le centre de contrôle Iconis, ainsi que les portes palières et les équipements de dépôt. Précisons que l’alimentation du REM se fera par caténaire, sous 1,5 kV.

    Attribué au consortium Groupe PMM début 2018, le REM est le plus important projet de transport en commun du Québec depuis la construction du métro sur pneus de Montréal (71 km, 73 stations), dont la première ligne d’inspiration parisienne a ouvert en 1966. Avec 67 km et 26 stations, le REM devrait constituer l’un des plus grands réseaux de métro automatique du monde, reliant le centre-ville de Montréal à la Rive-Sud en 2022, puis la Rive-Nord, l’ouest de l’Île et l’aéroport international Pierre Elliott Trudeau en 2023-2024.

    P. L.

  • Alstom confirme la commande de trams-trains supplémentaires pour le T4 francilien

    Alstom confirme la commande de trams-trains supplémentaires pour le T4 francilien

    C’était un des feuilletons de l’été. Nous vous avions annoncé qu’Ile-de-France Mobilités envisageait le remplacement des trams-trains Siemens Avanto de la ligne T4, en service depuis fin 2006 entre Aulnay-sous-Bois et Bondy, par 11 Citadis Dualis d’Alstom, modèle déjà en service depuis fin 2019 sur la branche de Montfermeil de cette même ligne. Information confirmée en septembre par l’autorité organisatrice, à l’occasion de l’inauguration du prolongement de la branche vers l’hôpital de Montfermeil.

    Finalement, le 16 novembre, Alstom a annoncé avoir reçu une commande pour la fourniture de 13 trams-trains Citadis Dualis supplémentaires pour Ile-de-France Mobilités et Transilien SNCF, s’ajoutant aux 30 en service (15 sur le T11 Express, autant sur le T4) et à 34 commandés en 2018 (23 destinés au T12 et 11 au T13 Express). Le montant de cette tranche est « d’environ 70 millions d’euros », selon Alstom, Ile-de-France Mobilités précisant de son côté prendre en charge 100 % du coût de « 74,5 millions d’euros ». Comme prévu, 11 de ces trams-trains sont destinés à la ligne T4 Bondy – Aulnay-sous-Bois et Hôpital de Montfermeil, les deux autres étant destinés à renforcer le futur parc de la ligne T12 Massy – Evry. Cette levée d’options s’inscrit dans le cadre du marché tram-train conclu en 2007, portant sur la livraison d’un maximum de 200 trams-trains. Sur ce total, 78 sont en service, dont 30 en Ile-de-France (voir plus haut), 24 en Auvergne-Rhône-Alpes (Ouest Lyonnais) et 24 en Pays de la Loire (Nantes – Clisson et Nantes – Châteaubriant).

    P. L.

  • Un tableau de bord de la mobilité pour l’Ile-de-France

    Un tableau de bord de la mobilité pour l’Ile-de-France

    L’institut Paris Région a rassemblé les données sur la mobilité en Ile-de-France en un tableau de bord allant de l’avant Covid à l’actuel confinement. On y trouve, sous forme de graphique en ligne, des données comme l’évolution des kilomètres de bouchons, celles des trajets à vélo ou l’évolution de la fréquentation des lieux (loisir, achat, parcs, travail), etc..
    Le tableau de bord de la mobilité en Ile-de-France, publié pour la première fois ce  jeudi 12 novembre sera actualisé chaque mois et donnera lieu chaque trimestre à une analyse croisant toutes les informations. Une des leçons du premier tableau : « les déplacements en transports en commun ferrés sont remontés progressivement jusqu’à 70% du trafic habituel entre le premier et le second confinement », comme le remarque Fouad Awada, directeur de l’institut.
  • Le projet Taxirail labellisé par le pôle i-Trans

    Le projet Taxirail labellisé par le pôle i-Trans

    C’est un cap symbolique important pour Taxirail : parmi les solutions proposées pour la relance des « petites lignes » ferroviaires, le projet de véhicule automatique ferroviaire léger Taxirail, porté par le bureau d’études Exid, a été labellisé par i-Trans, le pôle de compétitivité des transports, de la mobilité et de la logistique basé dans les Hauts-de-France.
    Pour i-Trans, quatre grands arguments ont plaidé en faveur de cette labellisation : « son caractère stratégique au regard des objectifs du pôle et de la filière », « son caractère innovant », « la qualité du consortium » et « les perspectives du projet ».
    Hormis les caractéristiques propres à Taxirail (léger, à conduite automatique), le côté innovant de ce projet est lié aux techniques à mettre en oeuvre pour y parvenir : gestion de la vitesse, de la position et des obstacles, système de propulsion décarboné hybride (GNL, hydrogène), roues motorisées indépendantes, matériau sandwich composite et circulation en convoi (platooning)… sans oublier la possibilité d’un service à la demande.

    P. L.

  • Poma va construire un téléphérique en Mongolie

    Poma va construire un téléphérique en Mongolie

    La Mongolie s’ouvre aux téléphériques urbains. Le fabricant de transport par câble, Poma, qui a notamment déjà installé six lignes de transport par câble à Medellin en Colombie, va construire un téléphérique à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. Cette ville, qui connaît un fort développement démographique compte près d’1,5 million d’habitants, contre 580 000 en 1990.

    La ligne, longue de 6 km, permettra de partir du nord de la ville pour rejoindre son centre. Elle comportera une station intermédiaire, en plus des deux terminus et sera dotée de 122 cabines.

    « Ce mode est bien adapté aux fortes coupures urbaines de la capitale (le fleuve Tuul-Gol, le Trans-Mongolien), peut être construit plus rapidement que les autres infrastructures de transport et répond aux exigences de développement durable », explique Poma dans un communiqué.

    Le constructeur français, mandataire d’un groupement formé avec Egis, fournira et installera le système de transport, les véhicules et les ensembles électromécaniques. Egis, de son côté, est chargé de la coordination et de la synthèse durant les études et de la supervision des travaux durant la construction. C’est aussi l’entreprise d’ingénierie qui s’occupera des stations (études, fondations et construction), des courants faibles et forts. C’est le quatrième projet que les deux entreprises mènent ensemble.

    Ce projet de mobilité urbaine est financé par la direction générale du Trésor français qui soutient les entreprises françaises pour la réalisation de projets structurants, écologiques, et durables.

    Y. G.

  • Des trams Alstom Citadis X05 pour les lignes 3 et 4 de Casablanca

    Des trams Alstom Citadis X05 pour les lignes 3 et 4 de Casablanca

    Alstom a annoncé avoir décroché un contrat auprès de Casa Transports, la société gérant les transports publics de Casablanca, pour fournir 66 tramways Citadis X05, plus 22 en option, destinés aux futures lignes 3 et 4. Le contrat, qui s’élève à 130 millions d’euros, a été remporté face à CAF, qui avait remis une offre commune avec la Société chérifienne de Matériel industriel et ferroviaire (SCIF).

    Suite au succès des deux premières lignes du réseau de tram de Casablanca (47 km, 71 arrêts), en service depuis décembre 2012 et janvier 2019 et empruntés par plus de 220 000 voyageurs par jour, Casa Transports a pour nouvel objectif d’ouvrir fin 2023 les lignes 3 et 4 (26 km, 38 arrêts). C’est Alstom qui a été choisi pour le matériel destiné à ces futures lignes, après avoir fourni 124 Citadis 302, l’alimentation électrique et l’équipement de signalisation pour les lignes 1 et 2.

    Comme les Citadis de génération précédente actuellement en service à Casablanca, les nouveaux tramways circuleront par couplages de deux, formant des rames de 64 m de long qui transporteront jusqu’à 630 voyageurs.

    Des sites français seront mis à contribution

    A plancher bas intégral, les couplages de Citadis X05 pour Casablanca présenteront 8 portes doubles et 4 portes simples par côté et, « à la demande de Casa Transports, la nouvelle génération de tramways sera équipée des systèmes d’information des voyageurs les plus récents ». De plus, « conformément aux exigences de Casa Transports, Alstom propose un design à l’image de Casablanca, qui reflète son histoire et sa culture ».

    Ces Citadis seront fabriqués en partie à Barcelone et « plusieurs fournisseurs basés au Maroc participeront à la production des sous-systèmes qui seront, eux aussi, intégrés en Espagne ». Par ailleurs, la nouvelle usine Alstom de Fès fournira les armoires électriques et les faisceaux de câbles.

    Certains des sites français du constructeur seront également mis à contribution : La Rochelle pour la gestion du projet et les activités d’ingénierie, Valenciennes pour l’aménagement intérieur, Ornans pour les moteurs, Villeurbanne pour les équipements électroniques embarqués, Aix-en-Provence pour le système de mesure de la vitesse et l’enregistreur juridique, Tarbes pour les modules de puissance et les coffres disjoncteurs, et Saint-Ouen pour le design.

    Le site Alstom belge de Charleroi fournira le système de traction alors que le site espagnol de Getafe sera chargé des bogies. Enfin, des essais statiques et dynamiques seront réalisés in situ à Casablanca, le service après-vente étant assuré par l’équipe Alstom au Maroc.

  • L’offre des transports publics inchangée en Ile-de-France… pour le moment

    L’offre des transports publics inchangée en Ile-de-France… pour le moment

    Valérie Pécresse a annoncé le 4 novembre que le niveau d’offre des transports publics resterait inchangé cette semaine en Ile-de-France. Depuis le début du reconfinement, la fréquentation des transports publics franciliens atteint 50 % pendant les heures de pointe, et 30 % en moyenne le reste de la journée. « C’est trois fois plus que lors du précédent confinement car l’activité se poursuit de manière modérée, mais elle se poursuit », a commenté la présidente d’IDFM, également présidente de la région.

    Dans un second temps, l’offre pourrait toutefois être abaissée, mais dans certaines limites. « Nous allons examiner ces chiffres en concertation avec les associations d’usagers. Nous allons tout particulièrement regarder les heures de pointe qui restent chargées sur certaines lignes », annonce l’élue. Selon elle, il s’agit d’assurer un niveau d’offre « qui offre de bonnes conditions de transport sur le plan sanitaire et permet à tous ceux qui travaillent avec des horaires décalés de continuer à être transportés ».

  • Une solution de stationnement sécurisé pour les vélos testée à Rouen

    Une solution de stationnement sécurisé pour les vélos testée à Rouen

    La pratique du vélo ne cesse de se développer (et encore plus avec la crise sanitaire) mais il reste encore des freins. Selon une enquête du cabinet 6-t, 10 % des personnes interrogées achèteraient un vélo si elles disposaient d’un moyen de stationnement sécurisé dans l’espace public.

    D’où la solution présentée par deux entrepreneurs, le cadenas connecté, qui doit être testé à Rouen. Alexandre Molla, ancien chargé du développement chez Uber, puis DG pour la Suisse, et Nicolas Louvet, fondateur et directeur de 6-t, le bureau de recherche sur la mobilité, ont imaginé un système d’attache pour vélos ou trottinettes. Sharelock, c’est son nom, n’est pas seulement un cadenas en « U » mais surtout un dispositif fixé à un potelet, l’élément de mobilier urbain sans doute le plus répandu dans une ville, quelle que soit sa taille.

    Ainsi attachés, vélos et trottinettes ne peuvent ni être « emportés », ni embarqués dans une camionnette en quelques secondes. Autre avantage : les villes peuvent avoir une forme de contrôle sur le stationnement des vélos qui ne sont plus disséminés partout, en encombrant les trottoirs.

    Le cadenas inventé par Sharelock est également connecté, permettant son verrouillage et son déverrouillage. Avec une procédure mêlant communication avec le téléphone portable du propriétaire du vélo et validation avec le serveur.

    La connexion avec le serveur de Sharelock permet également de connaître « l’occupation » du cadenas et sa géolocalisation. Ainsi, chaque cycliste peut réserver sa place via l’application, avant son départ, en quelques clics. Cela permet aussi de collecter des données d’usage, qui peuvent intéresser les collectivités locales.

    Si l’installation des cadenas connectés est gratuite pour les collectivités, leur utilisation sera payante pour l’utilisateur : 10 euros par mois avec l’assurance de se faire rembourser 200 euros en cas de vol. Les créateurs de la start-up imaginent aussi une offre premium pour les possesseurs de vélos haut de gamme, prêts à payer plus cher.

    La production de ces cadenas (en France) a déjà commencé tandis qu’à Rouen, une centaine de boîtiers sécurisés installés sur des potelets doit être testée pendant quatre à six mois.

    Yann Goubin

  • Châteauroux augmente le Versement Mobilité pour financer ses transports

    Châteauroux augmente le Versement Mobilité pour financer ses transports

    Faut-il le rappeler, la gratuité des transports a un coût. L’agglomération de Châteauroux, qui avait instauré la gratuité de ses transports en 2001, a décidé de faire passer le taux du versement mobilité, payé par les entreprises de l’agglomération, de 0,6 à 0,8 % de la masse salariale.
    La décision d’augmentation a été approuvée par le conseil communautaire à l’unanimité, le 23 octobre dernier, en séance extraordinaire. « Il fallait que nous votions avant le 1er novembre, afin que la mesure prenne effet au 1er janvier prochain », explique Marc Fleuret, premier vice-président de Châteauroux Métropole, en charge des transports, et maire de Déols. «  Nous avons comparé les taux pratiqués par les agglomérations de même taille qui ont opté pour la gratuité, et nous restons sous la moyenne puisque certaines appliquent même un taux de 2 % », poursuit-il.
    Cette revalorisation du taux, permise grâce au statut de l’agglomération classée comme touristique depuis le 2 septembre, devrait dégager un peu plus d’un million d’euros. « Avec la gratuité, on avait réussi à équilibrer les dépenses, en supprimant les frais liés à la billetterie, aux contrôles. Mais depuis, nous avons considérablement augmenté l’offre de transports. Le nombre de kilomètres annuels effectués par les bus a augmenté de 39 % ces 20 dernières années. Désormais, les quinze communes de l’agglomération sont desservies », explique encore l’élu. Il y aussi « la prise en charge de nouvelles compétences, comme l’organisation des transports scolaires depuis 2008 ».
    Selon Marc Fleuret, il s’agit aussi de financer la transition vers des transports plus respectueux de l’environnement. « Nous allons acquérir six bus à hydrogène et développer l’hybride sur le reste de la flotte au fur et à mesure du renouvellement du matériel », souligne-t-il. La flotte compte 42 véhicules. Châteauroux Métropole investit également dans un nouveau centre de maintenance. Il est en cours de construction au nord de la commune, sur l’ancien site de l’usine de carrelage Cerabati, livrable en fin d’année prochaine.
    Yann Goubin