Catégorie : Politique des transports

Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports

  • Vinci Park devient Indigo, un « intégrateur de mobilité individuelle »

    Vinci Park devient Indigo, un « intégrateur de mobilité individuelle »

    Depuis le 5 novembre, Vinci Park a été rebaptisé Indigo. L’occasion pour l’entreprise leader du stationnement en France, cédée il y a quelques mois à un fonds d’investissement

    géré par Ardian (ex-Axa Private Equity) et à une filiale de Crédit agricole assurance (Vinci conservant toutefois 25 % des parts) de prendre un nouveau virage. Indigo veut devenir « intégrateur de toutes les mobilités individuelles », selon les mots de son président, Serge Clémente. Dans ce but, d’ici à la fin du mois, la société va finaliser l’acquisition d’une « plateforme technologique » qui doit être déployée partout où elle est présente. Cette plateforme, qui offrira une multitude de services, sera ouverte à d’autres partenaires qui pourront prendre des parts du capital s’ils le souhaitent.

    La plateforme permettra par exemple de réserver sa place de stationnement, de chercher une place disponible dans un parking privé, de louer un scooter ou un vélo ou encore de se faire livrer ses courses dans le coffre de sa voiture. « Dans un parking, on ne doit plus uniquement offrir du stationnement », explique Serge Clémente, qui estime que cette offre contribuera aussi à rationaliser les déplacements dans les centres-villes et à lutter contre les embouteillages. Indigo se dit aussi intéressé par la gestion de Vélib’ et compte se mettre sur les rangs lorsque le marché sera de nouveau proposé en 2017.

    « Les opérateurs de transport public s’intéressent au stationnement. On l’a encore vu récemment avec Transdev qui a créé Transdev Stationnement. Nous faisons le chemin inverse : nous nous intéressons aux transports, non pas publics, mais individuels. Nous avons une vraie légitimité », explique-t-il encore. Il s’agit aussi de prendre l’initiative face au risque d’uberisation : l’activité de stationnement pourrait elle aussi susciter l’apparition de nouvelles plateformes de services.

    Seconde ambition forte : le développement à l’international. Indigo exploite aujourd’hui 4 000 parkings et réalise 733 millions d’euros de chiffres d’affaires (52 % en France). Le groupe aux 15 000 salariés, présent dans 14 pays et déjà bien implanté en Amérique du Nord, veut maintenant développer ses activités en Amérique du Sud à partir du Brésil où il est présent depuis 2013.

    Autre zone prioritaire, l’Asie, ce qui passera d’abord par une implantation en Chine. « Nous sommes en négociations pour trouver le bon partenaire », l’idée étant de monter ensuite progressivement au capital, précise Serge Clémente. Sur les cinq dernières années, le chiffre d’affaires a globalement progressé de 20 %. L’objectif est de doubler cette progression en la faisant passer « a minima » à 40 % à l’horizon 2020.

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  • Siemens implante le siège de son activité VAL à Toulouse

    Siemens implante le siège de son activité VAL à Toulouse

    Le siège mondial de l’activité de métros automatiques VAL s’installera à Toulouse, regroupant une centaine de salariés éclatés aujourd’hui entre les sites de Châtillon (Hauts-de-Seine), Roubaix (Nord) et Colomiers (Haute-Garonne), a indiqué la direction de Siemens le 9 novembre. « A Toulouse seront progressivement réunies les activités de recherche & développement, d’ingénierie, de direction de projets et de maintenance liées aux projets clés en main de métros automatiques de la gamme Val, Cityval et Airval », a précisé Eric Cazeaux, directeur de la division Mobility de Siemens France. Le centre de compétences pour les automatismes de métros sans conducteur, qui emploie 400 personnes environ, restera basé à Châtillon.
    Une cinquantaine de salariés a déjà pris possession d’une partie des 10 000 m² de locaux réaménagés dans le quartier de Basso-Cambo, au sud-ouest de Toulouse, non loin du siège de Tisséo, qui gère les transports urbains de la Métropole toulousaine, et de Nexter Electronics, à qui Siemens a confié en avril dernier la réalisation d'équipements électriques pour la future ligne B du métro de Rennes.
    En faisant le choix de Toulouse, dont les élus ont décidé la construction d’une troisième ligne de métro, Siemens « s’appuie sur une filière industrielle toulousaine à la pointe sur les systèmes embarqués, comprenant de nombreuses PME avec qui nous sommes déjà en partenariat, comme Nexter Electronics ou Actia (qui travaille sur les automatismes du métro de New York) et sur un important vivier universitaire », explique Hervé de Lacotte, directeur de la Communication de Siemens Mobility.    

    Catherine Sanson-Stern
     

  • Les opérations anti-fraude se multiplient à la SNCF

    Les opérations anti-fraude se multiplient à la SNCF

    Scène inhabituelle le 3 novembre en gare de Paris-Nord où la SNCF a organisé ce qui serait sa plus grosse opération de lutte anti-fraude :  près de 500 personnes ont été mobilisées… …dont 300 agents de la SNCF (contrôleurs et Suge), ainsi que des agents de la RATP et de police.

     

    Déjà, en mai, une première opération « coup de poing » avait été menée. « Mais aujourd’hui, on a bouclé un périmètre beaucoup plus grand comprenant aussi toutes les lignes de banlieue qui partent ou arrivent à la gare : 5 lignes SNCF et 3 de la RATP », raconte Michel Bendjiriou-Françoise, le responsable de la sûreté et de la lutte anti-fraude du réseau Nord de Transilien. « Nous sommes là pour marquer les esprits, pour faire passer le message que la SNCF ne tolère plus les fraudes », ajoute-t-il.

     

    Un revirement car depuis 2007, la SNCF avait purement et simplement arrêté de procéder à des contrôles en gare du Nord ! Un abandon suite à un contrôle qui avait mal tourné cette année-là. « Depuis environ un an et demi, nous avons relancé progressivement les contrôles gare du Nord. Désormais, nous effectuons entre 5 à 7 opérations par mois », précise encore Michel Bendjiriou.

     

    Selon lui, novembre sera le mois de la lutte contre la fraude en Ile-de-France. Avec des résultats déjà tangibles sur le réseau de Paris-Nord puisque le taux de fraude aurait reculé de quelques points en un an. Quant à l’opération menée en mai, elle a permis de réaliser 15 000 euros de ventes en plus et a rapporté 15000 euros d’amendes encaissées immédiatement.

    Au niveau francilien, la SNCF, qui estime la fraude à 63 millions d'euros par an de manque à gagner, annonce un plan d'investissement de 49 millions d'euros entre 2016 et 2019 pour lutter contre ce phénomène. Des portillons sont notamment prévus : 14 nouvelles gares en seront équipées, dont la gare Saint-Lazare à Paris. Actuellement, 42% des gares franciliennes en ont.

     

    De même, 400 nouvelles bornes de validation seront déployées, ainsi que des portillons plus larges pour laisser passer poussettes, vélos, fauteuils roulants.

    La SNCF compte également améliorer ses outils de vente, "pour garantir aux voyageurs la possibilité d'acheter un titre de transport en toutes circonstances: amélioration de l'accessibilité, utilisation de langues étrangères, meilleure ergonomie…".

    Par ailleurs, un programme d'assermentation des agents en gare – qui informent et aident les voyageurs – est en cours. Au terme de trois jours de formation, ces agents volontaires pourront être "actifs en gare face aux contrevenants". Ils viendront, courant 2016, renforcer les 800 contrôleurs d'Ile de France.

  • Une fédération patronale s’élève contre le dispositif de remplacement de l’écotaxe

    L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), une des principales fédérations du transport routier en France, s’est élevée le 5 novembre contre le choix du gouvernement de maintenir une surtaxe de quatre centimes sur le gazole pour remplacer l’écotaxe, et non d’instaurer une vignette, comme elle le souhaitait.
    L’OTRE dénonce « une vraie mesure favorisant les transporteurs étrangers au détriment des PME françaises », contrairement à « la vignette, mesure simple, efficace et juste puisque tout transporteur, français ou étranger, y aurait été soumis, contribuant ainsi, à égalité, au financement des infrastructures« .
    La solution choisie pour remplacer l’écotaxe, et contribuer au financement des infrastructures de transport – le maintien d’une surtaxe de quatre centimes par litre sur le gazole – est inscrite au projet de loi de finances pour 2016.
    Le 29 octobre, lors du congrès annuel de l’OTRE, le secrétaire d’Etat aux Transports s’était exprimé par vidéo, et avait expliqué que « la  vignette poids lourds n’a(vait) pas été retenue car sa mise en place serait plus lourde à gérer que le maintien de l’augmentation de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) », et « ne bénéficierait pas d’un dispositif de répercussion à la différence des fluctuations du prix du gazole ».

  • Les petites lignes menacées par un autorail déficient

    Les petites lignes menacées par un autorail déficient

    Plusieurs TER ont cessé de circuler depuis le début de la semaine, en particulier en Auvergne et dans les lignes du pourtour vosgien, en Alsace comme en Lorraine. C'est la conséquence de plusieurs incidents survenus sur les autorails X 73500 align= »justify » class= »western » style= »margin-bottom: 0.35cm; line-height: 115% »>
      qui ont conduit l'Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) à interdire à compter du 2 novembre la circulation en « solo » de ces autorails. Les X 73500 peuvent continuer en circuler en unités multiples, doubles ou triples.

    Depuis la mi-octobre, plusieurs syndicats s'étaient en effet emparés du problème de shuntage – ou plutôt de déshuntage – que rencontre ce type d’autorail lorsqu’il circule en unités simples. A plusieurs reprises, il est arrivé que, par intermittences, les X 73500 circulant en « solo » ne court-circuitent plus le circuit de voie qu’ils occupent, devenant ainsi « invisibles » pour les différents systèmes de sécurité.

    L’incident le plus spectaculaire, relevé par la presse quotidienne régionale et mis en exergue depuis par les syndicats, a été un « bivoie » — déraillement dû à l'aiguillage de deux parties d'un même train vers deux voies différentes — le 12 octobre à Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique), survenu lors du passage à faible vitesse d’un autorail momentanément devenu « invisible ». Ce n’était pas le premier incident dû à un déshuntage sur ce type de matériel en service depuis 1999. Une collision sur un passage à niveau entre Brest et Morlaix en 2006 aurait été causée par un déshuntage qui n’aurait pas déclenché l’abaissement des barrières. Plus récemment, en janvier, de tels non-abaissements de barrières de passages à niveau ont été observés entre Bordeaux et Hendaye, sur une section de 11 km où l’autorail a « disparu » à sept reprises.

    C’est dans cette perspective, alors que de plus en plus de conducteurs faisaient valoir leur droit de retrait, que l’EPSF a interdit la circulation des X 73500 en unités simples. Même si un déshuntage a depuis été constaté sur une unité double vers Firminy, entre Le Puy et Saint-Etienne, à cause de feuilles mortes.

    Conséquence pour les usagers : le mode ferroviaire est remis en cause sur plusieurs lignes ou dessertes à faible fréquentation. Pourquoi mettre sur les rails une rame avec 120 places assises au moins pour transporter 15 personnes, voire moins ? Conséquence : un transfert sur route, parfois improvisé. Et un risque de voir cette situation pérennisée sur certaines lignes déjà menacées, comme la desserte du Mont-Dore. Un risque qu'a souligné la Fédération nationale des usagers des transports dans un communiqué du 4 novembre. D'autant plus important que 317 autorails de ce type sont en service en France dans la quasi totalité des régions (sauf en Nord-Pas-de-Calais et PACA), sur les lignes les moins fréquentées.

    Issu d’un programme franco-allemand des années 1990, l’autorail TER (ATER) a été commandé à De Dietrich et LHB (dont les activités ferroviaires respectives ont été reprises par Alstom) par la SNCF (X 73500 et version transfrontalière X 73900 pour l’Alsace et la Lorraine) ainsi que par la DB (VT 641), mais aussi par les CFL (2100), qui les a par la suite revendus à la SNCF.

    Patrick Laval

  • Deux associations d’élus unissent leurs forces

    L’union fait la force, c’est bien connu. L’idée qui avait été lancée en 2012 par Michel Destot, alors président de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), d’un rapprochement avec l’association « cousine », celle qui regroupe les communautés urbaines de France (Acuf), est en passe de se concrétiser.

    Le 6 novembre 2015, à Lyon, au cours d’une séance plénière « Le monde urbain, une chance pour la France », à laquelle le Premier ministre, Manuel Valls doit participer, le regroupement sera officialisé.

    Une nouvelle association d’élus verra le jour avec une identité et une gouvernance renouvelées. Ainsi, Jean-Luc Moudenc, maire (LR) de Toulouse, président de Toulouse Métropole – et de l’AMGVF – devrait prendre la présidence de la nouvelle entité dont le nom sera dévoilé vendredi prochain. Tandis que Gérard Collomb, sénateur maire (PS) de Lyon, président de la métropole de Lyon et président de l’Acuf hériterait de la présidence déléguée. Côté gouvernance, entre conseil d’administration et bureau, 38 élus mèneront le nouveau groupement, qui comptera 99 membres répartis dans quatre collèges – métropoles et communautés urbaines, communautés d’agglomérations, villes-centres, et enfin, Ile-de-France.

    Ces deux associations d’élus du monde urbain travaillant sur les mêmes questions et s’adressant au même public, leur fusion semble logique. Elles la qualifient toutefois d’« événement majeur » et d’« étape importante dans le processus de territorialisation induit par la réforme territoriale ». Elles ont aussi des problématiques communes, avec l’Assemblée des communautés de France (ADCF), avec l’Association des maires de France (AMF) ou encore celle des maires d’Ile-de-France (Amif)… pour ne citer qu’elles. Et selon l’une des parties prenantes, cette fusion est la première pierre d’un mouvement de convergence : d’autres rapprochements pourront s’opérer ensuite…

    C’est aussi la promesse de parler plus fort et l’espoir de mieux se faire entendre. Et la première épreuve du feu, c’est pour demain, avec le dossier de la réforme de la dotation globale de fonctionnement (DGF), volet important de la réforme territoriale qui sera discuté cette semaine dans le projet de loi de finances 2016. Si à peu près tous les élus s’accordent pour dire qu’il faut toiletter un système qui, à force d’empilements, finit par produire des inégalités territoriales, nombreux sont ceux qui ont peur d’être perdants. En particulier dans un contexte de baisse de l’enveloppe globale annuelle de la DGF, alors que les charges des collectivités sont, elles, plutôt orientées à la hausse.

    Le gouvernement souhaiterait décomposer la DGF en trois parts – une de base d’un montant égal pour toutes les collectivités, une « dotation de ruralité » et une autre « de centralité » pour les communes qui financent des équipements intercommunaux. Une philosophie qui ne sied pas aux associations de maires et d’Epci, qui souhaitent, de plus, que la réforme soit menée par Marylise Lebranchu, davantage que par Bercy…

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  • Alstom finalise son accord avec GE

    Le groupe industriel français Alstom a finalisé le 2 novembre la vente de son pôle énergie au groupe américain General Electric (GE), pour un montant de 9,7 milliards d'euros.
    Près de 15 mois après la signature de l'accord entre les deux groupes, cette cession fait d'Alstom un groupe de transport principalement, avec dans son portefeuille des trains à grande vitesse, métros, tramways, mais aussi des systèmes d'infrastructure et de signalisation ferroviaire, et des solutions de maintenance et de modernisation.
    L'industriel français doit également acquérir, grâce au produit de la cession, les activités de signalisation de GE – qui comptent 1 200 collaborateurs – pour un montant d'environ 700 millions d'euros. Le fabricant du TGV se réjouit dans un communiqué de se voir ainsi ouvrir « les portes du marché de la signalisation pour le fret tout en renforçant sa présence en Amérique du Nord ».
    Patrick Kron sera remplacé, début 2016, par le président d'Alstom Transport, Henri Poupart-Lafarge, tandis que le siège d'Alstom, qui était situé à Levallois-Perret, se trouve désormais à Saint-Ouen, dans les locaux de l'ancienne division transport du groupe. Alstom emploie 32 000 collaborateurs.

  • Export : ça roule pour les tramways français

    Export : ça roule pour les tramways français

    La french touch fait vendre. Les tramways français s’exportent, boostés par leurs succès hexagonaux, qui leur servent de showroom pour convaincre les décideurs dans le monde. Toute une filière en profite : constructeurs, exploitants, designers et architectes. Revue de détails avec ceux qui contribuent à son succès et sont intervenus en marge des rencontres Transrail. La table ronde « Le tramway à la conquête de monde », qui s’est tenue lors des rencontres internationales du ferroviaire et de la mobilité durable, Transrail connection 2015, fut l’occasion de mettre en lumière le renouveau des tramways en France. Alors que ce mode de transport avait quasiment disparu, il renoue avec le succès depuis une trentaine d’années. Après un retour à Nantes puis Grenoble en version TFS dans les années 80, c’est avec la commande de tramways du maire de Montpellier, que démarre la success story de Citadis. Un tramway à plancher bas conçu fin 1990 par Alstom pour répondre aux exigences du cahier des charges du maire, Georges Frêche. Ce même matériel équipera ensuite les réseaux d’Orléans puis de Dublin. En 1998, un autre maire, Bernard Rivalta à Lyon, pousse Alstom à lui proposer un nouveau Citadis XO2 à plancher bas intégral. Véhicule qui sera repris à Valenciennes, à la RATP pour le T2 et sera exporté en Afrique du Nord, d’abord à Tunis, puis à Casablanca, avant d’être destiné à équiper les villes d’Algérie, dont Oran et Alger… Et c’est encore un maire, Alain Juppé à Bordeaux, qui fera évoluer le Citadis en exigeant pour sa ville un véhicule sans fils. Alstom répondra à cette demande en développant l’alimentation par le sol qui séduira aussi les villes d’Orléans, Angers et Tours et sera exporté à Dubaï aux Emirats Arabes Unis, à Cuenca en Equateur et à Rio au Brésil. Plus récemment, la ville de Nice s’est équipée d’un Citadis XO5. Un modèle de tram sans ligne aérienne disposant d’une autonomie sans fil avec alimentation ponctuelle en station. Une première et un nouvel emblème de savoir-faire qu’Alstom entend bien utiliser pour continuer à exporter. Depuis son lancement en 1997 le Citadis a été vendu à plus de 1 800 exemplaires dans le monde. « Le marché du tram est un véritable catalyseur d’innovations », commente Bernard Dailly, vice-président Light rail vehicule platform chez Alstom Transport. Et quand Alstom gagne un marché, l’entreprise sécurise 1 000 emplois en France dans ses différentes filières et procure du travail à 3 000 personnes chez ses partenaires et ses sous-traitants.

    Le succès français, une vitrine pour l’export
    Le succès d’Alstom bénéficie à toute une filière, elle aussi française. A commencer par les exploitants. « Il y a dix ans nous avions trois métros et deux trams en exploitation. Aujourd’hui nous avons toujours trois métros, mais nous avons 11 tramways en exploitation en France », se félicite Régis Hennion, Metro and light rail director chez Keolis. Et le succès du tramway contribue au développement de la filiale de la SNCF, parce que cette activité est rentable. « Il y a les trams qui gagnent de l’argent et ceux qui gagnent beaucoup d’argent », affirme M. Hennion. Dopé par son succès français, le tramway s’exporte. Keolis a ouvert des lignes dans cinq pays en dix ans. « Nos 11 tramways français nous permettent de capitaliser un savoir-faire pour le reproduire au bénéfice des appels d’offres », explique Régis Hennion. Le succès des tramways français est une force à l’export dont les designers hexagonaux bénéficient également. Véronique Flament, directrice du Développement de l’agence de design industriel MBD, qui a travaillé pour le tram de Strasbourg, Marseille, Reims ou pour les lignes T7 et T8 à Paris, le confirme. Son agence tire 70 % de son chiffre d’affaires à l’international. « Pour le projet de tram dans la banlieue de Shanghai, si nous avons été consulté, c’est parce que nous connaissions très bien le tramway et que nous étions dans le sillage d’Alstom. Nous avons un savoir-faire, une approche mûrie des expériences françaises que l’on est capable d’amener à l’étranger. Quand on arrive, nous sommes capables de montrer de beaux exemples. Il existe peu de pays au monde qui puissent dire la même chose. » Si l’agence de Véronique Flament bénéficie du succès d’Alstom, elle accompagne aussi des constructeurs étrangers. Ce fut le cas sur le projet de rénovation du tramway de Hongkong. L’agence de design a apporté sa french touch à un constructeur chinois pour moderniser le tram hongkongais datant de l’époque coloniale, afin de le doter des technologies et du confort modernes sans lui faire perdre son âme. La flotte, qui présente la spécificité d’être à deux niveaux, sera alors remplacée à raison de deux nouveaux tramways tous les mois jusqu’en 2010. Pour le tram d’Izmir en Turquie, MDB a travaillé avec le constructeur coréen Rotem pour proposer un tramway capable de vaincre les réticences des ouvriers de cette cité turque. « Il a fallu démontrer ce que le tramway pouvait apporter à leur ville, faire des propositions d’apparence, d’aménagement ». Pari gagné, les deux lignes de tramways turques seront mises en circulation dans quelques semaines.

    Un tram acheté, une ville repensée
    Une ville qui s’équipe en tram en profite généralement pour revoir son urbanisme. Si cela n’a pas été le cas lors de l’implantation du tram à Nantes, à Grenoble en revanche, deuxième ville française à s’être équipée, l’urbanisation a été repensée sous l’impulsion du maire. Alain Carignon avait souhaité doubler l’aménagement en tram d’un acte d’urbanisme fort avec une intégration urbaine soignée et coûteuse. Coûteuse mais utile, puisque cela a permis de faire accepter de revoir la politique de circulation et de stationnement. Depuis, tous les tramways français ont permis de repenser les centres-villes. « Ils ont joué un rôle de requalification urbaine », confirme l’architecte Thomas Richez qui assure que le réaménagement urbain qui accompagne la création d’une ligne de tramway permet « Si les tramways ne sont utilisés que par 20 % des citadins, les 80 % qui ne l’empruntent pas bénéficient du réaménagement urbain qui offre notamment un centre-ville apaisé. »une satisfaction politique générale.  Bien traités les dossiers tram remportent désormais tous les suffrages en France. Thomas Richez en veut pour preuve l’exemple de la deuxième ligne du tramway à Strasbourg. « Si la première ligne avait suscité réticences et inquiétudes, lors des réunions publiques sur l’aménagement de la deuxième ligne, les Alsaciens poussaient pour réduire encore plus la place des voitures en centre-ville. »
    On l’aurait presque oublié aujourd’hui tant ce mode de transport fait partie du paysage, mais le tram a dû se battre et convaincre pour trouver sa place. « Dans certaines villes, il a fallu batailler pour l’imposer. Ce fut le cas à Strasbourg ou Bordeaux », se souvient Didier Fremeaux, directeur Grand Paris de Transdev. Depuis ce mode de transport a gagné sa légitimité. « Il est désormais acquis que pour les villes de 100 000 à 10 millions d’habitants le tramway a sa place. C’est même devenu un symbole de la ville. » Ce mode de transport a conquis une trentaine de villes françaises et débuté une carrière internationale prometteuse qui a bénéficié à l’exploitant. Transdev exploite des tramways à Dublin, Shenyang, Cincinnati, Barcelone, Porto, à la Nouvelle-Orléans et à Hongkong. Pour Didier Fremeaux, « il y a dans l’histoire des tramways français des expériences qui peuvent intéresser d’autres villes dans le monde et les inciter à passer à ce mode de transport capable de transporter 20 millions de voyageurs par an. »

    Un succès qui s’exporte
    A l’étranger le tram connaît encore les problèmes d’acceptabilité qu’il a pu rencontrer par le passé en France. Ce fut le cas à Sydney où l’architecte Thomas Richez a dû travailler pour préparer son arrivée sur George Street, l’une des principales artères de la ville australienne. L’architecte a été confronté à l’absence d’un maître d’ouvrage unique. « Le dialogue avec les génicivilistes a été compliqué », témoigne-t-il. Jean-Luc Chapoton Business development director Middle-East à RATP Dev confirme rencontrer lui aussi des difficultés lors de la mise en place de projets de lignes de tram. « En France on est face à des maires, élus et responsables de leurs projets. Au Moyen-Orient, l’exploitant se retrouve parfois face à 50 personnes qui doivent se mettre d’accord pour pouvoir avancer. Il manque une organisation institutionnelle. » Mais heureusement les choses évoluent. Autre différence constatée par M. Chapoton : « Dans notre pays les contraintes sont liées à la satisfaction des citoyens électeurs. Au Moyen-Orient les seules contraintes sont le timing événementiel. » Le Qatar avait ainsi pour seule contrainte d’avoir terminé son tramway à temps pour la Coupe du monde de football. Les pays du Moyen-Orient ont davantage de moyens qu’en Europe, mais pas la même organisation et pas les mêmes contraintes. « Les Qataris qui créent la ville de Lusail à partir d’une page blanche ont d’abord pensé à dessiner les lignes de métro/tram. La ville sera construite autour », rapporte M. Chapoton. Le développement du tramway a changé le regard que la RATP avait sur ce mode de transport au fur et à mesure de son expansion. RATP Dev est passé en quelques années de 35 km de lignes en exploitation en Ile-de-France à 143. A l’international, l’entreprise qui n’avait d’une seule ligne située à Florence en Italie en 2010, en exploite désormais 320 km dans le monde. A travers ce développement, Jean-Luc Chapoton a lui aussi constaté que le tramway à la française était un vrai vecteur de transformation de la ville et de la société.

    La force française : son savoir-faire
    Pour aborder les appels d’offres à l’étranger la France bénéficie d’une belle vitrine : « trois exploitants, 100 lignes de tram dans quinze pays, il n’y a pas d’autre pays qui dispose de ce potentiel », assure Jean-Luc Chapoton. Le savoir-faire français devrait donc offrir au tramway hexagonal un bel avenir à l’export. Surtout si les différents partenaires parviennent à davantage encore de synergie. Tous les acteurs de la filière en ont conscience. « Pouvoir allier performance technique et design est une force, reconnaît Régis Hennion. Quand on veut monter un projet à l’étranger, le design est un plus car il apporte une identité à la ville. Les étrangers ouvrent les yeux sur ce que le tram peut apporter à leur agglomération. » Car le tramway n’est pas un mode de transport comme les autres. Il devient souvent un élément identitaire fort de la ville. « Quand on a gagné des marchés avec Alstom, on avait une équipe française. Il faut mettre la french touch au bénéfice des entreprises hexagonales. Plus on gagnera de marchés, plus on en bénéficiera tous parce que cela augmente notre image », poursuit M. Hennion. Thomas Richez, qui se félicite de la réussite du tram à la française à l’international, regrette que « l’architecte ne soit attendu que si on fait passer le message que construire seulement un tramway sans penser urbanisation est limité, qu’il faut travailler la ville. Les exemples français sont là pour le démontrer ». D’où sa demande à ses partenaires : « Pensez à placer des compatriotes. »

    Quelques freins à surmonter
    Reste que même très performants les tramways français doivent se battre pour percer à l’export. « Nous avons des concurrents et il faut savoir s’imposer pour vendre nos innovations », constate Bernard Dailly qui est confronté au protectionnisme de certains marchés, comme aux Etats-Unis avec le Buy American Act, au Canada ou encore en Chine. Pire, Alstom regrette que certains marchés lui soient interdits. « On ne peut pas aller en Corée ou au Japon, affirme M. Dailly. Pour pouvoir emmener notre savoir-faire à l’export, nous sommes parfois amenés à nous localiser sur ces marchés pour pouvoir les aborder », ajoute-t-il. RATP Dev confirme les difficultés rencontrées à l’international : « Dans certains pays il existe des barrières à l’entrée. En Arabie saoudite par exemple, il faut s’associer avec un local. » Ce qui fait la force du tram français à l’export, c’est non seulement son image très forte, assure Didier Fremeaux, mais aussi « le fait qu’en France on ait la capacité d’être là sur tous les modes et pas de proposer seulement du tram. Dans le reste du monde il y a pléthore de réflexions mais aucune structurée comme le sont les transports en commun en France. » Il conclut : « Dans le monde quand on pense France on pense Dior ou Airbus, mais les transports en commun sont une flèche pour les métiers que nous faisons. » Un peu d’esprit de corps ne nuit pas.
    Valérie CHRZAVZEZ-FLUNKERT

  • L’AMGVF et l’ACUF sur le point de fusionner

    Les deux associations d’élus du monde urbain, l’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), présidée par Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole, et l’Association des Communautés urbaines de France (ACUF), présidée par Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, président de la Métropole de Lyon, s’apprêtent à officialiser leur regroupement. Le 6 novembre 2015, à Lyon, au cours d’une séance plénière « Le monde urbain, une chance pour la France », à laquelle le Premier ministre, Manuel Valls doit participer, une nouvelle association d’élus verra le jour avec une identité et une gouvernance renouvelées. La fusion de ces deux associations de référence dans la sphère des collectivités locales constitue, selon ces associations, « un événement majeur et une étape importante dans le processus de territorialisation induit par la réforme territoriale ».

  • Nouvelle plate-forme Modalohr dans le Port de Calais

    Nouvelle plate-forme Modalohr dans le Port de Calais

    Le 23 octobre, le Port de Calais a inauguré une plate-forme Modalohr, technologie de ferroutage de la société Lohr. L’entreprise française installée à Strasbourg a également livré… … 105 wagons Lohr UIC pour le nouveau service entre Calais- Le Boulou, près de Perpignan. La nouvelle ligne, VIIA Britanica entrera en service en janvier 2016 et permettra pour la première fois en France le transfert direct des semi-remorques des navires RoRo vers le rail.