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Catégorie : Politique des transports
Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports

Cuvillier succède à Cuvillier
Frédéric Cuvillier a été nommé, le 9 avril, secrétaire d'Etat chargé des Transports, de la Mer, de la Pêche, rattaché au ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Jusqu’au 2 avril dernier et depuis juin 2012, Frédéric Cuvillier, 45 ans, détenait le même portefeuille sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, avec le titre de ministre délégué. On le disait dépité de n'avoir pas figuré dans la liste des seize ministres de plein exercice. Sa fidélité à François Hollande et sa nette victoire aux élections municipales à Boulogne-sur-Mer, remarquable dans la déroute socialiste, étaient bien mal récompensées. Frédéric Cuvillier a d'ailleurs réagi vivement aux premières déclarations de Ségolène Royal sur l'écotaxe en s'interrogeant le 3 avril dans deux tweets :
« Je m'étonne que l'écotaxe ait été présentée comme un impôt nouveau. C'est tout le contraire. Alors quelles recettes nouvelles ? »
« Ecotaxe. La remise à plat, ça veut dire quoi ? A la veille du rapport que la mission parlementaire doit rendre… »
Les deux tweets-bazookas ont disparu du compte twitter de Frédéric Cuvillier quelques minutes après l'annonce de sa re-nomination. Il avait changé d'attitude deux jours après leur publication et s'était dit prêt à reprendre ses fonctions au gouvernement si on le lui demandait. Ce qui ne l'a pas empêché d'être réélu dimanche dernier maire de Boulogne-sur-Mer. Il semble qu'il n'ait pas été si facile de trouver un ministre qui souhaite s'occuper des Transports sous la tutelle de Ségolène Royal… Frédéric Cuvillier connaît en tout cas sur le bout des doigts deux dossiers très épineux : l'écotaxe d'une part, de l'autre la réforme ferroviaire. Sur ce second dossier, on imagine que la SNCF doit être soulagée de ne pas avoir à réexpliquer ses vues et le projet de loi qui en découle à un nouveau ministre. Même si Ségolène Royal a, en la personne de Jean-Louis Bianco, un conseiller spécial très au fait du dossier, auteur d'un rapport sur la réforme ferroviaire qui lui avait été demandé… par Frédéric Cuvillier.

Panama ouvre sa première ligne de métro
La ligne 1 du métro de Panama a été inaugurée le 5 avril et a été mise en service dès le lendemain. Il s'agit du premier métro de l'Amérique centrale. Le métro qui traverse la ville du nord au sud, s'étend sur 15,9 kms et dessert 14 stations de Albrook à la station Andes dont 7 sont souterraines. Le temps de parcours est à 23 minutes.
La ligne 1 du métro de Panama a été construite en un peu plus de trois ans, et a coûté environ 1,5 milliard d'euros. Le consortium qui a obtenu le contrat en 2010, composé de FCC et la compagnie brésilienne Odebrecht, prévoit de construire une extension de 2,2 km vers San Isidro.
Le groupe espagnol FCC réalisera le prolongement du métro de Lima, au Pérou, construira une partie du métro de Doha, au Qatar, et trois des six lignes du métro de Riyad, en Arabie Saoudite.

Transdev en avance sur son plan de redressement
L’opérateur de transport public Transdev a présenté le 9 avril ses résultats 2013. Les pertes nettes atteignent 130 millions d’euros contre 390 millions en 2012. class= »MsoNormal »>
« S’il reste négatif, notamment en raison de l’impact des résultats de la SNCM, ce résultat est supérieur à ce qui était prévu dans le cadre du redressement », indique Jean-Marc Janaillac, le PDG du groupe.
Transdev a réduit sa dette, la faisant passer de 1,9 milliard à 1,1 milliard d’euros aujourd’hui. Ce redressement financier a été possible grâce à l’amélioration des résultats et à l’augmentation du capital de 560 millions d’euros consentis par les actionnaires, Caisse des dépôts et Consigantions et Veolia Environnement. Même s’il a pris du retard, le programme de cession d’actifs y a aussi contribué : les activités en Belgique viennent d’être vendues, et la cession des actifs en Suède et en Finlande devrait aboutir dans le courant de l’année.
Transdev va désormais se concentrer sur les pays européens « matures », en premier lieu la France (Un pays qui pèse de plus en plus dans le chiffre d’affaires avec la politique de cessions d’actifs à l’étranger) et les Pays-Bas. Le groupe va cibler aussi « les pays développés à potentiel comme les Etats-Unis et l’Australie, enfin les pays émergents, comme l’Amérique Latine et l’Asie ».
L’année dernière, Transdev a également achevé sa réorganisation avec notamment la restructuration autour de 16 pôles régionaux « implantés au plus près des équipes ». Parmi les nouveautés, le groupe a également créé une direction de la performance « qui témoigne de la priorité donnée à l’amélioration de la performance des opérations », souligne Jean-Marc Janaillac.
Cette année, la priorité est donnée à la poursuite de la stratégie sur le métier ainsi qu’au redressement financier. Transdev va notamment continuer à revoir tous les contrats déficitaires en France car il n’est pas question de perdre de l’argent. Pas question non plus, selon Jean-Marc Janaillac, de « se faire plus grand que l’on est », référence directe à son principal concurrent Keolis qui mène une politique de développement au pas de charge mais parfois au détriment, laisse-t-il entendre, de ses finances. A Valenciennes, Transdev a trouvé un accord avec la collectivité pour sortir du contrat qui sera remis en jeu à la fin de l’année. Autre exemple compliqué, à Reims par exemple, Transdev ne souhaite pas sortir du contrat mais en revoir les avenants.
Le groupe a plusieurs grands rendez-vous programmés en 2014, dont la réponse à l’appel d’offre de Bordeaux et le renouvellement du contrat de Dublin. Il va également participer à la mise en service du métro de Mumbai avant l’été, du tramway de Besançon et d’une nouvelle ligne de tramway à Grenoble.
Cette année devrait être celle du retour à l’équilibre, soit avec un an d’avance par rapport aux projections initiales.
Pour en savoir plus : Retrouvez également l’actualité de Transdev et ses projets de développement dans le transport à la demande et dans les liaisons par autocar dans le prochain numéro de Ville, Rail & Transports de mai.
L’UTP active auprès de Bruxelles
A la veille des élections européennes, l’UTP a fait le point devant la presse de ses actions de lobbying passées et futures auprès de la commission et du Parlement européens. Une activité très importante sachant que 80 % de la législation transport découle de l’UE. Un exemple : le quatrième Paquet ferroviaire, sur lequel le Parlement s’est prononcé en première lecture le 26 février et « qui sera le gros du travail communautaire pour au moins les deux, trois années qui viennent »,a précisé Sophie Boissard, sous sa casquette de présidente de la commission Législation et Affaires européennes de l’UTP. Il devrait être adopté en 2015 ou 2016 pour « parachever la libéralisation du transport de passagers sur le marché domestique en open access, comme conventionné, et donner un fondement technique à l’interopérabilité ».Le président de l’UTP, Jean-Marc Janaillac, a rappelé dans un sourire que sur la question de la concurrence, les membres de l’UTP « discutent beaucoup » entre eux pour prendre « des décisions à l’unanimité, c’est parfois long et compliqué »… Et aussi qu’il n’y avait pas d’opposition sur le principe mais sur « l’expression de ses modalités ».
Tel que présenté par la Commision européenne le 30 janvier 2013, le quatrième paquet comprend cinq propositions de règlements et directives, organisées en trois piliers : « concurrence » – et l’UTP défend des conditions d’égalité des armes entre entreprises, la concurrence devant porter sur les savoir-faire commerciaux et industriels, le rapport qualité-prix, l’innovation – ; « gouvernance » qui prévoit le possible maintien des entreprises ferroviaires intégrées et renvoie la définition des « murailles de Chine » entre gestionnaire d’infrastructure et entreprise ferroviaire à celle des régulateurs nationaux ; et enfin « technique » qui initie une démarche progressive vers le certificat de sécurité unique. Sur ce dernier point, « on y va à petite vitesse »,a estimé Sophie Boissard.
Le volet concurrence préfigure la modification du règlement sur les obligations de service public (OSP), dont la nouvelle mouture a intégré plusieurs acquis jugés intéressants par l’UTP concernant le transport conventionné : « La prise en compte des effets de réseaux donc d’un ensemble de lignes y compris des lignes bénéficiaires, c’est important pour le développement des transports publics en Europe ; la protection du secret des affaires, le niveau de compensation des obligations de service public »,énumère Sophie Boissard. Points d’alertes majeurs en revanche : la manière d’attribuer les contrats qui n’est pas décrite, et le principe de réciprocité selon lequel « n’importe quelle autorité organisatrice peut exclure une entreprise qui a plus de 50 % de la valeur de ses contrats attribués sans mise en concurrence. »
Par le passé, deux dossiers ont occupé l’UTP : le règlement aides d’Etat et la nouvelle directive concessions. Concernant les aides d’Etat, susceptibles de fausser le libre jeu du marché, certains secteurs dont les transports publics, directement liés à des subventions publiques, bénéficient d’une exception permanente. « La Commission a eu la tentation d’y mettre fin en 2012,rappelle Jean-Marc Janaillac. A l’issue d’un dialogue soutenu, nous avons pu expliquer qu’il ne s’agit pas d’un passe-droit, mais d’un principe à la base même de l’économie des transports publics ».Quant aux concessions (au sens européen, incluant les DSP), le projet « méconnaissait les spécificités des transports et risquait de créer des rigidités notamment sur la durée des contrats prévue à cinq ans qui a été rallongée à dix ans quand des investissements sont faits ».Des réussites qui laissent espérer un dénouement favorable sur la concurrence ferroviaire, en tout cas en accord avec l’actuel projet de réforme ferroviaire. La date de la bascule dans cet univers inconnu en France est toujours prévue par Bruxelles pour la fin 2022.
Cécile NANGERONI

TER : la SNCF annonce plus de décentralisation et de transparence
Après avoir fait le tour des régions et quatre mois après être devenu directeur général Régions et Intercités de la SNCF, Alain Le Vern a présenté sa feuille de route le 8 avril. Celle-ci tourne autour de deux grands axes : décentralisation et transparence. Avec un slogan : « 20 sur 20 en 2020 ». class= »MsoNormal »>
Traduction pratique : « Il y a 20 activités en France, 20 régions qui chacune sera dirigée par un patron, le directeur de l’activité TER qui va travailler au quotidien avec le président de région », a expliqué l’ancien président du Conseil régional Haute-Normandie qui a démissionné de son mandat à la fin de l’année dernière pour entrer à la SNCF à la demande de Guillaume Pepy soucieux de « réinventer la relation avec les autorités organisatrices des transports » pour tenter de mettre fin aux tensions grandissantes.
Chaque patron devrait avoir le pouvoir de décision sur de multiples leviers comme par exemple la traction ou la maintenance. Cette orientation n’est pas nouvelle. Elle a été mise en pratique en Ile-de-France et présentée comme un modèle à suivre pour l’avenir.
Le nouveau patron des Ter et des Intercités compte aussi sur l’arrivée des Régiolis à partir du 22 avril, puis des Regio 2N cet automne pour abaisser les coûts en exploitant une flotte plus homogène. « Alors que nous avions 40 séries de train, nous n’en aurons plus que 4 ou 5 selon les régions », indique-t-il. Le nouveau patron des TER espère gagner un point de régularité en passant de 92 % à 93 % des trains à l'heure en moyenne d'ici à 2016. "Dans une majorité de régions, le taux de régularité est de plus de 95 %", précise-t-il. "Mais il y a des disparités, dans certaines, il est au-dessus de 98 %, dans d'autres plutôt autour de 90 %".
Second axe, la transparence pour répondre aux critiques des régions qui se plaignent souvent de ne pas savoir ce qu'elles paient réellement. « Nous disons aux régions que nous tiendrons nos coûts. Nous leur proposerons un certain nombre de leviers et des devis transparents. Chaque président de région connaîtra le montant de la facture sur chacun des leviers. Il pourra décider sur quel curseur il veut jouer», souligne Alain Le Vern. Chaque région dispose déjà d’une comptabilité par ligne, assure-t-il. Avant d’ajouter : « L’idée, c’est d’aller plus loin. Ce que nous allons construire, c’est 20 activités, donc 20 équipes et donc performances industrielles différentes ».
Le déménagement de la direction générale des TER et des Intercités prévu à Lyon en janvier 2016 devrait aussi contribuer à abaisser les frais généraux. Actuellement cette direction générale compte 240 personnes. A terme, elles ne devraient plus être que 150. Alain Le Vern espère ainsi globalement parvenir à un gain de productivité de 12 % sur l'activité TER d'ici à cinq ans.
Enfin, Alain Le Vern s'est vu ajouter une nouvelle mission : la lutte contre la fraude à l’échelle nationale. « Je vais dans les semaines qui viennent faire toute une série de propositions pour mettre fin à ce qui s’appelle du vol : la fraude coûte chaque année 300 millions d’euros annuels », précise-t-il, en ajoutant que ce chiffre est sans doute sous-estimé. Parmi les pistes envisagées, il devrait annoncer un raccourcissement de la durée de vie d’un billet, qui passerait de 2 mois à 7 jours « pour commencer ». La généralisation du contrôle à l'embarquement fait aussi partie des idées à mettre en pratique lorsque c'est réalisable ainsi que l'amélioration du recouvrement des amendes.

L’Europe remet en cause le statut de la RATP et de la SNCF
SNCF et RATP devront-elles devenir des SA pour se conformer au droit européen ? On peut le penser. Car en confirmant le 3 avril l'interdiction faite à Paris d'accorder une garantie illimitée d'Etat à La Poste, la Cour de justice européenne met à mal le statut des autres Epic parmi lesquels la RATP et la SNCF. La Cour de Luxembourg estime en effet, comme le Tribunal de l’UE en première instance, que le statut d’établissement public confère une aide d’Etat contraire au droit européen de la concurrence.
En septembre 2012, le Tribunal avait validé une décision de la Commission européenne selon laquelle la « garantie financière implicite et illimitée » accordée à La Poste, du fait de son statut d'Epic avant 2010, constituait une aide d'Etat incompatible avec le droit européen. Garantie qui la protégeait de la faillite et lui procurait donc un avantage concurrentiel.
La transformation de La Poste en société anonyme au 1er mars 2010 a mis fin au différend. Mais la France a quand même jugé bon d'attaquer sur le fond la décision de Bruxelles, arguant que l'entreprise ne tirait pas avantage de son statut juridique mais de son actionnariat, puissant et stable, en l'occurrence l'Etat. Objectif : protéger ses autres Epic…

Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie du Développement durable et de l’Energie
Ségolène Royal, a été nommée, le 2 avril, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, du nouveau gouvernement dont Manuel Valls est le premier ministre…
A 59 ans, l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007 et ancienne compagne du président François Hollande, retrouve un ministère qu'elle avait déjà occupé en 1992. Mais, cette fois, son poste inclut l’Energie.Elle sera la quatrième à occuper cette fonction depuis que François Hollande est président. La première a été Nicole Bricq, débarquée le 21 juin 2012 sur une affaire de droit de forage pétrolier en Guyane qui l’opposait à Arnaud Montebourg. La deuxième, Delphine Batho, a été remerciée un an plus tard, le 2 juillet 2013, pour avoir contesté des arbitrages budgétaires. Philippe Martin a pris la suite, pour neuf mois. Cette fois encore le ministère de l’Ecologie et de l’Energie est confié à un (e) socialiste. « Socialiste, et de gauche » a précisé Philippe Martin le 2 avril lors de la passation de pouvoir, se félicitant d’un profil politique qui, faut-il croire, ne va pas de soi. Rassuré aussi, a-t-il précisé, que les socialistes assument eux-mêmes la « social- écologie », et n’aient pas délégué le ministère à des écologistes.
Certes, mais c’est le refus des écologistes qui explique ce choix. Les responsables d’Europe Ecologie Les Verts reçus le 1er avril par le nouveau Premier ministre se sont vu proposer, un peu éberlués que Manuel Valls aille aussi loin, un grand ministère comme celui naguère confié à Jean-Louis Borloo. Tentant. Si tentant même que le refus de leurs représentants les divise (ce dont ils ont l’habitude). Pierre Serne, EELV, vice-président Transports et Mobilités d’Ile-de-France, en phase avec ce refus, explique : « comme il n’y avait aucun infléchissement en vue sur la contrainte budgétaire et les 50 milliards d’économie, cela voulait dire que le ministre aurait dû prendre son bâton de pèlerin pour annoncer qu’on renonçait aux projets. »
A droite, la nomination de Ségolène Royal est bien sûr critiquée. Se plaçant sur un terrain local cher à la présidente de la région Poitou-Charentes, Dominique Bussereau ironise sur le sauvetage manqué du carrossier Heuliez et de la Mia Electric. Bertrand Pancher (UDI) critique une « farce royale », le ministère confié à Ségolène Royal étant privé du logement, « pourtant premier poste d’attaque en matière de transition énergétique ».
22 ans jour pour jour après avoir pris pour la première fois ce même portefeuille, la nouvelle ministre a promis un grand avenir à la croissance verte, et lié développement durable et combat pour l’emploi. Elle a mentionné dans la litanie des sujets qu’elle va superviser « les transports propres », ce qui laisse penser qu’elle pourrait, classiquement, se voir adjoindre un ministère délégué ou un secrétariat d’Etat aux transports dont le titulaire n’est pas connu.
De nouveau Frédéric Cuvillier ? Pas sûr. Selon certains proches, le maire de Boulogne-sur-Mer, bien réélu, devrait figurer sur la liste des ministres délégués et secrétaires d’Etat attendue la semaine prochaine. Mais à quel poste ? On ne sait pas. Quant à Ségolène Royal, elle pourrait, dit-on, gérer en plus le Grand Paris. On pense aussi pour ce dossier à Sylvia Pinel, qui a succédé à Cécile Duflot au ministère du Logement et de l’Egalité des territoires, ou à Marylise Lebranchu, confirmée à la Décentralisation et la Réforme de l’Etat. Il se dit enfin que Manuel Valls, ancien maire d’Evry, pourrait garder la haute main sur le dossier, dispositif qu’on a connu lorsque Christian Blanc était secrétaire d’Etat au développement de la région capitale, auprès du Premier ministre François Fillon.

Formation et emploi, l’autre défi du Nouveau Grand Paris
Pas loin de 200 000 emplois vont être créés dans les prochaines années grâce au réseau de transports et aux logements prévus par le Grand Paris. La région a lancé une démarche de concertation pour définir les besoins et adapter les formations en conséquence. Métro souterrain, tramways, RER, bureaux, logements, commerces, entrepôts, hôtels… les projets de transport et d’immobilier du Nouveau Grand Paris vont créer un énorme appel d’air pour l’emploi : entre 175 000 à 193 500 emplois nouveaux sont attendus selon la région Ile-de-France. En raison de l’importance des projets d’infrastructures (205 km de lignes prévues, 72 gares), les industries ferroviaires devraient être à l’origine de 6 000 créations d’emplois.
Pour mieux évaluer l’impact de ce gigantesque chantier public, plusieurs études ont été lancées. Une étude prospective sur l’emploi et les compétences a notamment été menée conjointement par la fédération régionale des travaux publics en Ile-de-France (FRTP) et la direction régionale des entreprises, du travail et de l’emploi (Direccte). Présentée l’année dernière, elle estime à 12 800 le nombre de nouveaux emplois qui devront être créés dans le secteur des travaux publics d’ici à 2018. S’y ajouteront 5 400 postes liés au renouvellement des départs en retraite, soit un total de 18 000 emplois dans le secteur.
Fin 2013, le préfet d’Ile-de-France, Jean Daubigny et le président de la FRTP, José Ramo, se sont engagés sur la création de 100 emplois d’avenir d’ici à la fin décembre 2014 et 1 000 contrats de génération dans la filière d’ici à fin 2018.
Dans cette filière qui employait en 2012 pas moins de 55 800 personnes dans 800 entreprises (50 700 salariés et plus de 5 000 en travail temporaire), le renouvellement est une « problématique forte ». 14 % des salariés ont en effet plus de 55 ans et sont susceptibles de partir à la retraite d’ici à sept ans et certains métiers sont plus touchés (18 %) : conducteurs de poids lourds, terrassiers, mineurs.
« Ce phénomène pose la question globale du renouvellement des compétences et donc de formation des jeunes, et la question plus spécifique de la transmission et de la conservation des savoir-faire notamment dans les métiers experts », rapporte l’étude.
D’autres travaux prospectifs ont été menés. Ils permettent notamment « de repérer les familles de métiers pour lesquels il faudra porter une attention particulière car ils risquent de connaître des tensions en terme de recrutement », souligne la région Ile-de-France qui veut jouer un rôle moteur dans ce domaine.
Dans ce but, la région a commencé à travailler avec la FRTP afin d’examiner quelles formations peuvent être mises en place pour coller aux attentes. « Nous informons les missions locales et Pôle Emploi sur les formations proposées pour trouver des candidats. Pôle Emploi va mettre en place une plateforme spécifique pour regrouper toutes les offres d’emplois concernant les travaux publics », expliquent les services du conseil régional.
Et, pour coordonner l’ensemble des besoins dans tous les secteurs, la région Ile-de-France a décidé d’établir des « fiches diagnostic » par branche professionnelle et par territoire. « Le président du conseil régional, Jean-Paul Huchon, a souhaité que la région anime une démarche partenariale sur l’impact emplois-formation, explique-t-on à la Région. Nous avons donc demandé à toutes les parties prenantes, c’est-à-dire les employeurs et leurs représentants ainsi que divers organismes (Insee, Institut d’aménagement et d’urbanisme de l’Ile-de-France, services de la région, Pôle Emploi…) de faire le point ensemble sur ce thème. Nous avons également invité autour de la table les partenaires sociaux qui participent aux CCR (Comité de coordination région emploi formation). Il nous semblait important que la région fasse le lien. » La réflexion a été menée en coordination avec les CDT (comités de territoires définis par le Grand Paris) pour que chaque territoire puisse faire connaître aux demandeurs d’emplois les offres possibles. Pour accompagner cette démarche, la région s’apprête à mettre en place 750 000 heures de formations continues supplémentaires.
Enfin, un travail a été engagé avec l’Education nationale pour faire connaître ces métiers pour lesquels la demande des entreprises va croître à l’avenir. C’est d’ailleurs une préoccupation clé du secteur des transports, non seulement en Ile-de-France mais aussi dans tout le métier : faire connaître ses métiers et ses multiples facettes, trop souvent ignorés du grand public. Pour attirer les étudiants et peut-être faire naître de nouvelles vocations, le secteur se déploie sur tous les fronts, via des campagnes d’informations des forums de l’emploi ou des partenariats engagés avec des organismes de formation, les régions ou les chambres de commerce et d’industrie.M.-H. P.
SNCM. Suspension de la grève
Les syndicats de la SNCM ont suspendu le 1er avril le mouvement de grève entamé le 26 mars après avoir obtenu des garanties de l'actionnaire principal Transdev sur l'avenir de la compagnie maritime marseillaise.
« Le groupe Transdev a garanti par courrier à l'Etat qu'il n'enclencherait aucune procédure collective devant le tribunal », a indiqué à l'AFP Pierre Maupoint de Vandeul, délégué CFE-CGC des officiers, à l'issue d'une AG commune des organisations.
Après un conflit de près de dix jours début janvier, la CGT (majoritaire), le SAMMM (Syndicat autonome des marins de la marine marchande), la CFDT, FO et, pour l'encadrement, la CFE-CGC avaient décidé de lancer un nouveau mouvement face aux « menaces graves et imminentes » pesant sur l'opérateur historique des lignes Corse – continent.
Au fil des conseils de surveillance, Transdev (66 %), filiale de la Caisse des dépôts (CDC) et de Veolia Environnement, a affiché son hostilité croissante vis-à-vis du plan de redressement de la société, qu'il estime « fragile ».
Les syndicats ont également obtenu la tenue d'une table ronde sur la question de l'actionnariat, avec la nomination d'un coordinateur, ainsi qu'une réunion avec les équipes du nouveau Premier ministre Manuel Valls, des ministres des Transports et des Finances « dans les trois semaines à venir ».
La Deutsche Bahn affectée par la météo et le contexte économique en 2013
La compagnie ferroviaire publique allemande Deutsche Bahn a fait état le 27 mars de performances financières dégradées pour l'année 2013, en raison entre autres des dégâts causés par plusieurs événements climatiques et ce en dépit d'un nouveau record de passagers. Le patron de Deutsche Bahn, Rüdiger Grube, estime que le bilan 2013 diffère des exercices précédents, marqués par la cherté de l'essence qui avait poussé nombre de voyageurs à délaisser la voiture pour le train alors que tous les indicateurs financiers étaient à la hausse.
L'exercice 2013 s'est soldé, lui, par un bénéfice net divisé par plus de deux, à 649 millions d'euros, contre 1,5 milliard l'année précédente. Le chiffre d'affaires est resté quasiment stable à 39,1 milliards d'euros, tandis que le résultat opérationnel Ebit ajusté a reculé de 17,4 % à 2,2 milliards d'euros.
« La météo a été pour nous une vraie douche froide en 2013 », a souligné le patron de la Deutsche Bahn. Les violentes inondations dans une partie du pays au début de l'été et plusieurs épisodes de tempêtes ont coûté 200 millions d'euros à la compagnie. Elle évalue aussi à 110 millions d'euros le coût de la mauvaise conjoncture économique européenne et mondiale, à laquelle son activité de logistique et de fret est particulièrement sensible. Le transport de marchandises a fléchi de 1,5 % à 104,3 milliards de tonnes-kilomètre.
En revanche, au chapitre des bonnes nouvelles, la DB a attiré un nombre record de passagers : 2,02 milliards de personnes (+42 millions de voyageurs par rapport à 2012).
La compagnie ferroviaire estime profiter de nouvelles tendances générales sur la mobilité des personnes, qui montrent des ventes de voitures laborieuses et une désaffection pour les vols domestiques. Cette année, Deutsche Bahn espère renouer avec une hausse de son chiffre d'affaires, à environ 41 milliards d'euros, aidée entre autres par une amélioration de la conjoncture économique.